Les Cellules révolutionnaires (en ou RZ) sont une organisation de guérilla urbaine de gauche active en Allemagne de l'Ouest de 1973 à 1993.

Selon le bureau du procureur fédéral allemand, les , au cours de leurs vingt années d'existence, ont revendiqué , dont 40 à Berlin, la plus célèbre ayant été le détournement d'un avion Air France au cours de l'été 1976 vers Entebbe.

Histoire Débuts Les premières cellules ont été formées par des membres du Secours noir, du Secours rouge et du Revolutionärer Kampf"LEFT-WING TERRORISM IN THE FEDERAL REPUBLIC OF GERMANY" par Bruce Allen Scharlau, à l'Université de Saint Andrews ..

La centralisation de la RAF a ainsi montré ses faiblesses lors des 8 arrestations de . Pour prendre le relais, en évitant les expériences désastreuses de la RAF, les Revolutionäre Zellen évitent la clandestinité et toute centralisation. Volontairement peu nombreux, sélectionnés après des années de tests dans plusieurs associations comme le Secours rouge, ils ne se rencontrent que dans les bois, où ils s'entraînent et peaufinent armement et faux passeports.

Le groupe est fondé par quatre salariés d'un petit éditeur de Francfort, "Red Star". Parmi eux, le comédien amateur Wilfried Böse, fondateur du comité de soutien local aux "Black Panthers" et sa femme Brigitte Kuhlmann, qui vient d'échouer à cacher Ulrike Meinhof à Hanovre, où un voisin qui avait pourtant promis la solidaritéSelon les protocoles d'interrogatoire de la police de Gerhard Müller relatifs aux processus de Stammheim, au printemps et à l'été de 1976 . l'a dénoncée en juin. Également salariés de "Red Star", le couple formé de Johannes Weinrich et Magdalena Kopp, qui partent en Bavière près d'Erlangen, avec Gerd-Hinrich Schnepel, un autre petit éditeur francfortois, le cinquième cofondateur.

Wilfried Böse contacte Hans-Joachim Klein, délégué du Secours rouge, qu'il sait "très actif dans les manifs" se "baladant un peu partout" pour "participer à des meetings". Apprenant qu'il est "fana des armes" il l'emmène dans une armurerie. Avec les Revolutionäre Zellen, il fera d'abord "des petites actions" et a "beaucoup voyagé, surtout en Allemagne""Nous l'avons tant aimée, la révolution", par Daniel Cohn-Bendit FeniXX, 1986 .

Les principaux secteurs d’activité ont été Berlin-Ouest, la région de Francfort et la Ruhr. Cependant, les cellules révolutionnaires n’ont pas été une organisation très développée et n'ont pas eu une structure hiérarchique verticale: les différentes cellules ont agi de manière autonome. Très peu de ses membres connaissaient tous les groupes.

Les RZ avaient moins d'activistes que le Mouvement du 2 juin qui en avait moins que les 15 à 25 clandestines permanents de la RAF. Leurs activistes gardaient une activité normale pour éviter les dangers découlant de la clandestinité.

Leur discours a toujours déclaré qu’ils font "partie des masses", et pas des groupes de guérilla urbaine isolée mais de la "guérilla tactique pratiquée par les masses". Ils spéculant, dans cette optique sur le climat de l'époque, avec des sondages de 1972 montrant que la proportion d'allemand considérant la RAF comme pratiquant un combat politique culmine chez les moins de 25 ans à près d'un sur 5 ou sur 4.

Lors de la visite de Sartre à Baader en 1974, des centaines de photos montrent Klein, qui conduit la Peugeot de l'avocat Sephan Baier, du cabinet Johannes Riemann, chargé de la défense de Baader avant Klaus Croissant, puis en tant qu'observateur à l'arrière-plan de la conférence de presse"Le chauffeur de Sartre" par Hans Schueler dans Die Zeit le 9 janvier 1976 .. Klein travaillera jusqu'en pour le cabinet Johannes Riemann, qui plus tard défendra Brigitte Heinrich, compagne de Klaus Croissant, condamnée à 21 mois de prison "pour trafic d'armes" en 1980 et 2e sur la liste des Verts en 1984.

En , des empreintes digitales prises à l'hôpital de Vienne permettront le rapprochement. "De toute évidence", Klein était au service de Croissant estime alors la presse allemande d'autant que Croissant vient d'être arrêté, entre-temps, le , accusé de soutenir l'activité terroriste de la RAF. Klein était déjà poursuivi pour sa participation répétée aux squats à Francfort, et connu pour vol et cambriolage et ses liens depuis 1971 avec Hanna Elisa Krabbe, de la RAF, impliquée dans la prise d'otages du à Stockholm, qui a échoué à libérer 26 détenus de la Bande Baader. Klein avait partagé avec elle un logement dans les années 1972/73"Où sont les commanditaires?" par Hans Schueier, dans Die Zeit du 23 avril 1976.

Les liens avec la FAR Les RZ ont été créées à la mi-1972, avec des "gens de la Fraction armée rouge qui ont soutenu le projet" même si la plupart "avaient été anéantis par les arrestations du premier semestre 1972" qui ont décapité la Fraction armée rougeHistoire des RZ (source non neutre, à recouper). Traduit de l’italien, du blogue de Salvatore Ricciardi .

Ayant « assumé les conséquences au niveau de l’organisation » de l'échec de la FAR, il est décidé de ne plus "mettre sur pied une grosse logistique illégale" car "beaucoup de véhicules, beaucoup de papiers, beaucoup d’appartements" avait "été fatal à la FAR" et "d'éviter dans la formation des RZ que les militants de l’organisation agissent hors de la légalité et de la gauche légale", se souvient un fondateur. Les RZ sont "l’après-1972" c'est-à-dire après la Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich de pour laquelle ils n'ont fourni qu'une aide logistique.

Le stock de grenades volées Les Revolutionäre Zellen ont trouvé, au même moment, une aubaine dans le vol d'un stock de grenades à fragmentation en Allemagne en 1972. Ces grenades 75 M26 ont été volées dans un raid terroriste dont la date n'est pas connu, la cause et l'auteur inexpliqués, mais qui n'a pu avoir lieu qu'entre le et le à Miesau., dans une base aérienne américaine. Le stock était traçable grâce aux numéros de série. Il sera aussi utilisé dans d'autres attentats des RZ, à Vienne contre l'OPEP, ou à La Haye "Islamic Terrorism: Myth Or Reality", Volume 1 par M. H. Syed, page 61.. Les grenades sont découvertes le au domicile d'un certain Hannes KCOUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, arrêt du 3 mai 2016 ., qui reconnaît avoir eu des contacts avec des "organisations palestiniennes " mais aussi des membres de la Fraction Armée Rouge, mais qu'après son démantèlement, une autre a pris sa suite, les RZ. D'autres grenades M26 provenant du même vol avaient déjà servi dans un vol avec arme commis en dans une banque de Hambourg, attribué aux RZ, d'autre étant même retrouvées en lors de perquisitions chez des membres des RZ, puis en 1978 dans une cache d'armes attribuée à cette même organisation.

Une partie de ces grenades sont découvertes le au domicile d'un certain Hannes K, qui reconnaît avoir eu des contacts avec des « organisations palestiniennes » mais aussi des membres de la Fraction Armée Rouge, mais qu'après son démantèlement, une autre a pris sa suite, les RZ. D'autres grenades M26 provenant du même vol avaient déjà servi dans un vol avec arme commis en dans une banque de Hambourg, attribué aux RZ, d'autre étant même retrouvées en lors de perquisitions chez des membres des RZ, puis en 1978 dans une cache d'armes attribuée à cette même organisation.

Dans la poche du manteau de l'un des agresseurs, les enquêteurs ont trouvé la clé d'une voiture de location louée cinq jours avant par un "Jürgen Schulz", sur présentation d'une fausse carte d'identité fédérale, un des papiers d'identité volés par Ulrike Meinhof et Karl-Heinz Ruhland en 1971 au bureau du maire de la ville hessoise de Langgöns. Un autre de ces papiers d'identité sera retrouvé par la police française, deux mois plus tard, le dans l'appartement parisien où a eu lieu la Fusillade de la rue Toullier au cours de laquelle "Carlos" venait d'abattre l'agent palestinien Moukarbal et deux agents de la DST, accompagnés des grenades du même stock.

Le lien avec Carlos et les FPLP-SC Le terrorisme palestinien était de son côté très actif depuis quatre ans, avec première attaque contre un avion d’El Al le , détourné vers Alger, qui signe la scission créant le FPLP-SC, distinct du FPLP. Après un mois de négociations tendues, les otages sont libérés, en échange de la libération de 16 prisonniers palestiniens détenus en Israël"Im Schatten des Schakals: Carlos und die Wegbereiter des internationalen Terrorismus" par le journaliste Oliver Schröm, aux éditions Ch. Links Verlag, 2012 .. Georges Habache, chef du FPLP, est opposé à cette stratégie (en 1969, 87 avions sont détournés) et le Mossad commence à liquider les membres du FPLP-SC.

Wadie Haddad est même violemment exclu du FPLP après son rôle dans la débâcle de Septembre noir, au début de , et il exclura lui-même, plus tard, Carlos, accusé d'avoir voulu dérober la rançon de l'attentat de 1975 à Vienne, dans lequel Carlos avait embarqué Klein.

De son côté, Carlos abandonne fin 1972 les cours d’espagnol à Londres pour se consacrer à son engagement pro-palestinienDer Spiegel du 05.01.1976 . et entre au groupe de Mohamed Boudia, directeur du « Théâtre de l’Ouest », mais surtout chef de la branche européenne du FPLP.

Mohamed Boudia est tué par une bombe le à Paris, puis remplacé par le Libanais Michel Moukarbel, étudiant en art à Paris. Michel Moukarbel est alors chargé de contacter les RZ, le Mouvement du 2 Juin, les Brigades Rouges, l’ETA et l'Armée Rouge Japonaise, pour une plate-forme logistique commune en Europe.. Deux mois après, le RZ font leur premier braquage avec une des grenades volées. Carlos deviendra son bras droit après la tentative d’assassinat, le , de Joseph Edward Sieff, président de Marks & Spencer et du congrès juif anglais.

Les attentats La période 1973 Le groupe a offert des services logistiques lors de la prise d'otage de à Munich mais se fait d'abord connaître à partir d' par un braquage dans une banque de Hambourg.

L'attentat contre les bureaux de l’ITT (International Telephone and Telegraph) à Berlin-Ouest le et à Nurenberg le est leur première activité revendiquée, liées à l’implication selon eux de la société ITT dans le renversement du gouvernement de Salvador Allende le au Chili et à la dénonciation de l’impérialisme américain" dans le "tiers monde".

La période 1974 Les RZ commettent rapidement des attentats à l'international, avec les grenades volées en Allemagne en 1972 et déjà utilisées lors d'un braquage en Allemagne fin 1973. Le premier est la prise d'otages du à l'ambassade de France à La Haye, menée sous la direction de Fusako Shigenobu, de l'Armée rouge japonaise"Les Fanatiques. Histoire de l'Armée rouge japonaise: Histoire de l'Armée rouge japonaise" par Michaël Prazan Le Seuil . qui a juste avant causé 7 morts au Japon en faisant exploser une bombe devant le siège de Mitsubishi, accusé d'avoir profité de la Guerre du Vietnam.

Le , un vol en provenance de Beyrouth (Liban) se pose à l'aéroport d'Orly"Carlos ou l'attentat oublié", par Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut avec Philippe Mesmer au Japon, dans L'Express du 15/05/2013 .. Dans l'attaché-case, doté d'un double fond, de Yutaka Furuya, né en 1949, au Japon et sympathisant de l'Armée rouge japonaise, les douaniers trouvent trois autres passeports, en faux billets et une liste de compatriotes établis à Paris où il a un mystérieux rendez-vous, à l'hôtel Sainte-Anne, à la demande d'un ami palestinien. Son passeport, délivré en à Tokyo, provient d'un ensemble contrefait.