L'Homme des hautes plaines () est un film américain réalisé par Clint Eastwood et sorti en 1973.

Pour sa seconde réalisation, Clint Eastwood s'essaie au western, genre qui l'a rendu populaire comme acteur. Ce film reprend la mythologie de l'homme sans nom déjà exploitée dans la trilogie de Sergio Leone : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand. Le film est aussi inspiré du travail avec un autre réalisateur, Don Siegel. Le meurtre de Kitty Genovese, en 1964, a quant à lui inspiré la trame du film.

Synopsis À Lago, petite ville du désert de l’Ouest sauvage américain, le massacre d’un homme portant une étoile à coups de fouet par trois malfrats revient en flashs à plusieurs reprises au cours du film.

Un étranger, tout de noir vêtu, arrive dans la ville. Trois hommes semblent y faire la loi. Rapidement menacé lui-même par ces hommes dans le saloon, l’étranger va bientôt affirmer sa personnalité en tuant ses trois agresseurs qui viennent de nouveau lui chercher querelle chez le barbier. Alors qu’il ressort, une jeune femme, Callie Travers, le bouscule volontairement et l’insulte copieusement sans raison apparente. L’étranger lui réplique que si elle désirait faire connaissance avec lui, elle n'avait qu'à le demander. Offusquée, Callie se montre encore plus virulente en paroles vis à vis de l'étranger et finit par faire tomber le cigare qu'il est en train de fumer par terre d'un coup de main. L'étranger déclare à Callie qu'elle a besoin d'une leçon de politesse et l'emmène dans une grange où il la viole, malgré ses cris et ses coups, cependant la jeune femme finit par prendre du plaisir à l'acte et ses cris de détresse se transforment en râles de plaisir et elle ne cherche plus à se débattre de l'étreinte de l'étranger, au contraire elle le retient. Elle est d'autant plus étonnée lorsque l'étranger la laisse en plan sans prévenir après avoir fini son affaire. Impressionnés et terrifiés par le personnage, les habitants vont lui demander par l’intermédiaire du shérif de tuer pour eux trois autres bandits, Stacey Bridges, Dan et Cole Carlin, que les habitants avaient fait mettre en prison et qui seront bientôt libérés. Ils ont en effet juré de revenir se venger en détruisant la ville.

L’étranger retourne chez le barbier pour prendre un bain. Il est attaqué dans sa baignoire par une Callie vengeresse qui le manque de peu en lui tirant dessus à plusieurs reprises. Le shérif s’interpose, désarme Callie et propose à l’Étranger un crédit illimité pour mener à bien l’exécution de Stacey, Dan et Cole. L’Étranger profite abondamment de ce crédit ; chez l’épicier, il donne des bocaux de bonbons à des enfants indiens et une pile de couvertures à leur grand-père, puis prend une poignée de cigarillos pour lui. Chez le bottier, il s’offre trois paires de bottes neuves. Il choisit aussi la plus belle selle chez le sellier. Au saloon, il offre une tournée générale et nomme Mordecai, le nain qui travaille chez le barbier, shérif et maire de la ville. On apprend que le marshal tué à coups de fouet l’a été par Stacey, Dan et Cole sans que les habitants interviennent. Seule la femme du gérant de l’hôtel semble désapprouver ce meurtre collectif.

L’étranger organise la défense de la ville et réquisitionne la plupart des hommes pour l’entraînement. Il demande à des menuisiers mexicains de fabriquer des tables de banquet. Ils prennent le bois sur la grange de Lewis Belding, le gérant de l’hôtel. Celui-ci est mécontent, mais l’étranger s’en moque et lui demande de plus d’expulser les clients de son hôtel, qu’il se réserve entièrement. Il demande également aux habitants de préparer le banquet (notamment un bœuf rôti), des draps pour les nappes et de nombreux pots de peinture rouge. Certains habitants commencent à le trouver trop envahissant.

Stacey, Dan et Cole ont été relâchés de prison et se dirigent vers Lago. En chemin, ils rencontrent trois voyageurs qu’ils tuent pour voler leurs montures et leurs vêtements. Ils perdront par la suite un des chevaux, boiteux, ce qui ralentit leurs mouvements.

Pendant ce temps, les commerçants se réunissent, divisés sur l’étranger. Celui-ci invite Callie, laquelle continue à lui tourner autour en dépit du viol, à partager son souper. D'abord réticente, Callie tente de se défendre, mais L'Étranger la désarme, l'embrasse et elle finit par accepter son offre. Après le dîner, les deux amants finissent par passer la nuit ensemble à l'hotel. Elle s’esquive cependant au petit matin, alors qu’un groupe mené par Morgan Allen, actionnaire de la mine et amant de Callie, tente d’assassiner l’étranger en le frappant par surprise avec des gourdins dans sa chambre d’hôtel. Sauvé par un sixième sens, l’Étranger réplique en dynamitant sa propre chambre et en abattant trois des quatre assaillants. Seul Allen parvient à s’échapper à cheval, mais il est blessé au bras. On soupçonne que Callie était de mèche avec eux. Blake, le patron de la mine, pour s’excuser de cette agression, propose 500 $ par tête pour les outlaws à l’étranger, qui exige 500 $ par oreille, soit 3 000 $. N’ayant plus de chambre à cause de l’explosion, il décide par ailleurs de passer la nuit suivante dans celle de la femme de l’hôtelier, Sarah Belding, qui s'arme d'abord d'une paire de ciseaux pour se défendre, car tout le monde sait ce qu'il a fait avec Callie dans la grange, mais l'étranger reste très calme et réplique à Sarah qu'elle le désire depuis son arrivée en ville. Offusquée Sarah se jette sur lui afin de le tuer avec les ciseaux, mais l'étranger réussit à la désarmer sans avoir à recourir à la violence et Sarah finit par succomber à son charme et à s'abandonner à lui comme l'a fait Callie avant elle et ils finissent par passer la nuit ensemble. Le lendemain matin, elle lui parle de la mort du marshal Duncan.

L’étranger fait enterrer les morts et organise l’accueil des desperados qui approchent. Il fait poster les hommes sur les toits et les fait s’entraîner à atteindre une cible en mouvement : un chariot et des mannequins. Ils doivent également par ailleurs repeindre toute la ville en rouge. Le mot « Hell » (Enfer) est également peint en rouge sur le panneau d’entrée de la ville par l'étranger. D’une discussion, entre Sarah et Lewis Belding (l’hôtelier et sa femme) on comprend la raison de la mort du marshal Duncan. En fait, il avait découvert que la mine était la propriété de l’État et qu’elle devait normalement être fermée, ce qui aurait entraîné la ruine de tous les habitants. Ils se sont mis d’accord pour le faire assassiner et ont payé Stacey, Dan et Cole dans ce but. Ils se sont ensuite débarrassés d’eux en les faisant condamner pour vol. Sarah, qui a toujours désapprouvé ce meurtre, décide alors de quitter son mari.

Pendant ce temps, Morgan Allen, grièvement blessé au bras, est parti à la rencontre des truands. Il négocie avec eux en tant qu’ex-commanditaire. Stacey veut qu’il lui donne la combinaison du coffre. Allen refuse et Stacey l’achève. L’étranger, qui avait suivi Allen, observe la scène du haut d’une colline et leur tire dessus. Il arrache l’oreille de l’un d’eux et les met en fureur en faisant exploser des bâtons de dynamite. Puis il retourne à Lago, où il semble abandonner les habitants interloqués, juste avant l’attaque des trois bandits.

Stacey, Dan et Cole arrivent en ville et voient le « banquet » provocateur dressé « en leur honneur », puis laissent libre cours à leur violence, abattant plusieurs civils qui s'étaient armés contre eux, ceux-ci n'essayent d'ailleurs même pas de riposter. Ils incendient plusieurs maisons et, à la nuit tombée, rassemblent les habitants survivants dans le saloon et les menacent ; quand, tout à coup, un coup de fouet attrape la gorge de Cole Carlin et le tire dehors. L’étranger fouette Cole à mort, exactement comme eux l’avaient fait pour le marshal Jim Duncan. Après avoir dispersé la foule, et les deux tueurs survivants sortis voir le corps, avec un faux bâton de dynamite, l’étranger attrape Dan Carlin par le cou et le pend. Il affronte ensuite Stacey en duel et l’abat de plusieurs balles, sans céder à son ultime demande : connaître son identité, dont on ne sait toujours rien. Lewis Belding, le propriétaire de l’hôtel, tente de profiter du duel pour tuer l’étranger par-derrière, mais Mordecai l’abat avant.

Le lendemain, l'étranger quitte une ville ruinée, aux habitants humiliés. Mordecai achève de graver le nom de Jim Duncan sur sa stèle funéraire, jusque là anonyme, et dit à l’étranger s'en allant qu’il n’a jamais su son nom. « Bien sûr que si », lui répond celui-ci en regardant la tombe. Selon les langues des versions, on comprend que l’étranger n’est autre que le frère du marshal Duncan ou peut-être son esprit vengeur.

L’étranger s’éloigne à cheval dans la plaine surchauffée et disparaît dans la chaleur comme un fantôme.

Fiche technique Titre original : Titre français : L'Homme des hautes plaines Réalisation : Clint Eastwood, assisté de James Fargo Scénario : Ernest Tidyman, avec la participation non créditée de Dean Riesner Musique : Dee Barton Directeur de la photographie : Bruce Surtees Direction artistique : Henry Bumstead Montage : Ferris Webster Décors : George Milo Costumes : James Gilmore, Joanne Haas, Glenn Wright (costumes et garde-robe non crédité) Maquillage : Joe McKinney et Gary Morris (non crédité) Production : Robert Daley Producteur délégué : Jennings Lang Société de production : The Malpaso Company Sociétés de distribution : Universal Pictures (États-Unis), Cinema International Corporation (France) Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleur (Technicolor) – 35 mm – 2,35:1 – mono (Westrex Recording System) Genre : western Durée : 105 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : Classification : États-Unis : R (Restricted) France : interdit aux moins de 13 ans.Avec le changement de pallier d'interdictions des longs-métrages en France en février 1990, le film a été « interdit aux moins de 12 ans » jusqu'à la réévaluation de la classification par le CNC en octobre 1991 vers une mention « tous publics » (visa d'exploitation .), puis tous publics (visa d'exploitation depuis 1991.). Affiches : Bill Gold (États-Unis), Enzo Nistri (Italie)

Distribution

Production thumb|Le lac Mono où se situe Lago Genèse et développement Dans sa première réalisation, Un frisson dans la nuit (1971), certains producteurs reprochent à Clint Eastwood son manque de présence à l'écran. L'acteur-réalisateur accepte donc pour son film de revenir au western et d'incarner un personnage omniprésent, dans la veine de ceux qu'il a incarnés dans la trilogie du dollar de Sergio Leone.

Universal Pictures acquiert les droits d'un court récit d'Ernest Tidyman qui a notamment remporté l'Oscar du meilleur scénario adapté en 1972 pour French Connection. Très marqué par les circonstances du meurtre de Kitty Genovese à Brooklyn, en 1964, et la non-intervention de nombreux témoins présents lors de l'agression, Clint Eastwood demande au scénariste de s'en inspirer pour l'intrigue du filmCe même fait divers où tous les témoins d'un crime ne réagirent pas, inspirera plus tard le réalisateur Lucas Belvaux pour son film 38 Témoins sorti en 2012.. Le scénario est, de plus, teinté d'allégories et d'humour noir influencé par Sergio Leone.

Attribution des rôles On trouve dans ce film l'acteur Geoffrey Lewis, qui tournera encore six fois avec Clint Eastwood (Le Canardeur, Doux, dur et dingue, Bronco Billy, Ça va cogner, Pink Cadillac, Minuit dans le jardin du bien et du mal).