Le quartier Giraudeau, parfois appelé quartier Général-Renault ou Giraudeau-Maryse-Bastié, voire plus simplement Giraudeau-Bastié, est un quartier français de la ville de Tours. Situé à l'ouest de la commune, c'est un quartier populaire qui compte près de habitants en 2022. Longtemps un terrain en friche, le quartier est industrialisé au début du avant d'être surtout urbanisé après la Seconde Guerre mondiale. Il est limité par le Cher au sud, la commune de La Riche à l'ouest, la rue du Plat d’Étain au nord et enfin la rue Giraudeau à l'est, tel que défini par l'Insee dans son partage de la commune en 22 IRIS .
On trouve au cœur du quartier Giraudeau plusieurs cités de logements sociaux, qui figurent parmi les premiers de la ville. Ils ont été construits à partir des années 1920 et surtout des années 1950 pour les premiers logements collectifs, ce qui fait du quartier un précurseur avant l'aménagement de grands ensembles bien plus vastes. De nombreux ouvriers et militaires peuplent alors le quartier. Le secteur Maryse-Bastié est aujourd'hui inclus parmi les quartiers prioritaires de la politique de la ville et compte près de habitants.
Au nord du quartier Giraudeau, on trouve les anciennes casernes militaires de Beaumont-Chauveau, abandonnées en 2009. L'espace laissé libre donne naissance à un projet de quartier urbain de plus de dix hectares qui s'inscrit dans une ambition de réhabilitation urbaine. Ce projet de quartier mixte est entre autres à destination de l'Université de Tours, en plus de logements et bureaux d'entreprises. Il devrait être totalement achevé en 2023Tours Info Juin 2011.
Histoire Origines industrielles thumb|gauche|Le portail d'entrée des anciens établissements Schmid.
L’emplacement de l'actuel quartier Giraudeau était très peu urbanisé avant le , sa situation aux limites extérieures de la ville de Tours ayant longtemps nuit à son développement. Des travaux archéologiques ont toutefois mis en évidence une présence ancienne au nord du quartier, sur un emplacement accueillant plus tard des casernes militaires. En effet, des vestiges de l'ancienne abbaye Notre-Dame, construite en 1002 et occupée par des bénédictins, ont été découverts sur le sitehttp://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Loisirs/Patrimoine-tourisme/n/Contenus/Articles/2017/05/26/Une-abbaye-de-l-an-mil-sous-les-casernes-Beaumont-Chauveau-3112704 Une abbaye de l'an mil sous les casernes Beaumont-Chauveau] sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 26 mai 2017.
Le nom du quartier est tiré de la rue Giraudeau, qui marque la frontière Est du quartier. Il est aussi parfois appelé « quartier Général-Renault », nom de la principale rue qui traverse le cœur du quartier d'est en ouest. À l'origine, le quartier abrite surtout les lignes de chemins de fer, des entreprises ferroviaires et d'autres petites entreprises industrielles. Elles sont principalement orientées vers la métallurgie, la production de goudron, de matériaux de construction et de cartons et papiers notamment.
vignette|L'ancienne caserne Beaumont. Les établissements Schmid sont longtemps les plus importantes industries du quartier. Situé depuis 1918 sur la rue du Général-Renault, le site de six hectares fabrique des récipients métalliques. Victime du ralentissement économique qui suit les pics pétroliers, les établissements n'emploient plus que 450 personnes en 1980 contre plus de mille à la fin des années 1930. Ils sont définitivement fermés en 1985 mais le portail et la verrière d'entrée sont conservés en mémoireLes quartiers et faubourgs de Tours - Quartier du Général Renault sur persee.frLes établissements Schmid à Tours sur 37degres-mag.fr.
À la limite ouest du quartier, l'usine de métallerie Voyer se dressait à proximité de la jonction entre le boulevard Tonnellé et l'avenue du Prieuré ainsi qu'une usine à gaz construite en 1953. Cette dernière possède une architecture imposante, culminant à 45 mètres de haut. Avec l'implantation progressive du gaz naturel en France, le site doit fermer dès 1969. La conversation des bâtiments est cependant défendue pendant près de vingt ans, étant donné son architecture atypique. Un projet pour le transformer en musée d'art à l'image du Tate Modern de Londres est soumis à l’État, mais faute de financement, l'idée est abandonnée et le site détruit à l'explosif en 1989L’usine à gaz de Tours sur 37degres-mag.fr, le 12 juillet 2016Fac de médecine : inauguration aujourd'hui sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 4 septembre 2014.
Le quartier connait surtout un important passé militaire, avec l'installation de deux casernes militaires dans sa partie nord. La caserne Chauveau est construite en 1875 entre les rues du Plat d’Étain et François Richer, et surtout la caserne Beaumont, bien plus imposante, est construite en 1913 sur des terrains appartenant à l'ancienne abbaye royale Notre-Dame, entre les rues du capitaine Pougnon et du Plat d’ÉtainReconversion des casernes Beaumont-Chauveau sur urbanisme.tours.fr. Jusqu'à hommes y sont affectés.
Maryse-Bastié
Le développement du quartier Giraudeau a surtout été impulsé par la décision de la ville de Tours d'y installer ses tout premiers logements sociaux. Trente-sept maisons individuelles en pierre sont bâties à partir de 1924, au nord-ouest de la rue du Général-Renault sur la rue du Sénateur-Belle. La « cité du Général-Renault » comporte 74 logements destinés aux ouvriers mal logés. Chaque maison est divisée en deux et comporte son propre jardin, ce qui rapproche le secteur d'une cité-jardin à l'anglaise. Précurseurs, ces travaux ont lieu alors que la notion de « logement social » est encore naissante en France. Certaines familles vivent encore dans ces maisons depuis leur construction, alors qu'elles sont considérées comme toujours adaptées aux besoins des habitantsLa cité du Général Renault sur 37degres-mag.fr, le 3 novembre 2015.
Les premiers logements collectifs sociaux du quartier sont ensuite bâtis après la Seconde Guerre mondiale : l'organisme d'habitations à loyer modéré Tours Habitat y bâtit les cités Maryse Bastié (ancienne) et Petit Beaumont au milieu des années 1950. Avec 220 logements, l'ensemble est d'une taille modeste. Il s'agit du premier grand ensemble de la villeQuartier Maryse-Bastié à Tours sur agglo-tours.fr. La cité du Petit Beaumont loge les militaires de la caserne attenante au nord. Détruite en 2014, la cité fait place en 2016 à soixante logements collectifs repartis dans deux immeubles, et quinze maisons, le tout à « très haute performance énergétique ». Ils sont toujours destinés aux militaires affectés dans la villeUn " petit Beaumont " à Maryse-Bastié sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 27 janvier 2015.
Après la guerre la cité Merlusine se trouvait au milieu de la rue Merlusine et était composée de baraquements en bois (démolis vers 1962) (comme la place de Strasbourg), le seul bâtiment en dur se situait à l'extrémité de la rue et faisait partie de la cité Maryse Bastié (ainsi nommée à l'époque). De part et d'autre de la rue Maryse Bastié, on a l'ancienne et la nouvelle Cité Maryse Bastié.
Cependant, étant donné le très faible espace disponible dans la ville entre d'un côté les secteurs déjà urbanisés au nord et l'est, et de l'autre le Cher et la commune de La Riche au sud et à l'ouest, la ville décide de lancer le chantier du Sanitas en 1959. Malgré tout, la ville bâtit son dernier grand ensemble du quartier Giraudeau au début des années 1960Patrimoine sur sem-marysebastie.fr, terminant l'urbanisation du secteur. Celui-ci comprend 360 logements et prend le nom de Maryse Bastié, aviatrice française.
Projet Beaumont-Chauveau vignette|Vue de la partie sud de la caserne Beaumont.
En 2008, la réforme des armées prévoit le transfert de l'École de la logistique et du train de la caserne Chauveau née en 2004 et implantée à Tours, ainsi que la caserne Beaumont. Une étude est alors engagée par la ville de Tours pour reconvertir ces terrains militaires en quartier mixte. À partir de , le site sert d'annexe à l'UFR Médecine du site Tonnellé et des services centraux de l'Université de Tours qui s'installent dans des bâtiments rénovés de la caserne Beaumont. Dès 2011, le départ des militaires laisse 24 logements vides rue Adjudant Velin et rue du Sergent LeclercEt soudain, au détour d’une rue, des logements vides... sur La Rotative, le 10 mars 2014. Ils sont détruits par la ville puis remplacés par des bâtiments modernes en 2016, qui comportent 75 logements toujours destinés aux militairesMaisons des militaires : squattées et bientôt démolies sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 11 décembre 2013.
À cheval entre le quartier Giraudeau et le quartier Rabelais-Tonnellé, le projet prévoit de totalement revoir la circulation actuelle avec le tracé d'un nouveau maillage de rues et le prolongement du boulevard Jean Royer afin de favoriser l'insertion d'un transport en commun en site propre, potentiellement la seconde ligne de tramway. Des constructions auront lieu mais certains bâtiments militaires et les vestiges et de l'abbaye royale ne seront pas détruits. De même, l'emplacement de la place d'armes sera conservée pour devenir un jardin public de .
thumb|Avancée des travaux du Carré Rabelais en septembre 2024. Le site abrite déjà les services de la présidence de l'Université, le siège de l'Université centre Val-de-Loire, ainsi que des logements d'étudiants (résidence Rabelais), un centre de recherche et un restaurant universitaire livrés en 2017. Dans le futur, le cœur du quartier devrait contenir un jardin public, des équipements collectifs, des commerces, des activités tertiaires et la direction des ressources humaines de l'armée de terre. Quelque 550 logements seront également implantés sur le site, dont 10 % de baux sociaux et 10 % d'accession sociale à la propriété. De plus, le Centre chorégraphique national et la nouvelle école primaire Maryse-Bastié devraient s'installer dans le secteurTours : Le nouveau quartier des casernes enfin lancé ? sur 37degres-mag.fr, le 21 mars 2022.
Le projet est toutefois plusieurs fois repoussé, le temps que la ville rachète à l’État les terrains à un prix préférentiel. La transaction a été rendue plus difficile par l’État à la suite de la décision du maire de Tours Serge Babary de réduire le nombre de logements sociaux, initialement prévus à 40 % par l'ancien conseil municipal. En 2018, des fouilles ont lieu à proximité de l'abbaye et mettent en évidence une centaine de sépulturesLe projet des Casernes Beaumont-Chauveau en chiffres sur info-tours.fr, le 15 juillet 2019. Les bâtiments militaires sont détruits l'année suivante tandis que les premiers travaux ont débuté en 2022. Les premiers habitants sont arrivés en au sein du programme « carré Rabelais », qui compte 400 appartements dont 130 logements étudiants et 90 sociauxA Tours, les murs des casernes Beaumont-Chauveau vont tomber sur info-tours.fr, le .
Conditions de vie vignette|La place Montgolfier au sein de la cité Maryse-Bastié, après rénovation. Le quartier Giraudeau est un quartier populaire, bien qu'il présente une certaine mixité sociale. Son urbanisation ayant été de concert avec le développement des habitations à loyer modéré, près de 48 % des logements du quartier sont à caractère social. Les revenus moyens des habitants sont assez bas : euros par an et par ménage en moyenne, soit environ euros par mois et par ménage. Ce dernier contient en moyenne 1,9 personne. Paradoxalement, le taux de chômage se situe à 14 % en 2009, soit le même que pour l'ensemble de la commune. Près de 66 % des salariés du quartier sont ouvriers ou employés et seuls 7 % des habitants sont propriétaires de leur logementTours - Giraudeau sur kelquartier.com.