Pinsot est une ancienne commune française située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis le , elle a le statut de commune déléguée de la commune nouvelle du Haut-Bréda.

Ses habitants sont appelés les Pinsotins et les Pinsotines.

Son histoire est très marquée par l'exploitation, jusqu'au début du , d'un vaste filon de minerai de fer et l'activité industrielle qui en découle.

Géographie La commune de Pinsot est située au creux de la vallée du Haut Bréda dans la chaîne de Belledonne, au pied du massif du Gleyzin ( m) et proche de celui des Sept Laux. Le village est situé au confluent des torrents du Bréda, du Gleyzin et du Jalon. Son altitude est de au niveau de l'église. Entouré de forêts d'épicéas et de feuillus, il est dominé par le glacier du Gleyzin et les premiers contreforts de la chaîne de Belledonne.

En aval et à se trouve la ville d'Allevard-les-Bains et, à en amont, le village de La Ferrière, nom qui fait référence sans ambiguïté à la très ancienne activité minière. Il se trouve à une distance de de la ville de Grenoble et à de la ville de Chambéry.

La commune de Pinsot, sur une surface d'environ hectares, couvre les deux versants d'une partie de la vallée du Bréda et de la totalité de celle du Gleyzin. Les traces d'anciennes fosses, de haldes, espaces où le minerai sorti de la fosse est stocké et exposé aux agents atmosphériques pour être oxydé, et de fours de plusieurs types y sont encore nombreuses. L'énergie hydraulique y est abondante et fut aussi une des causes de l'établissement de taillanderies et de moulins nécessaires à la vie de ses habitants et au commerce. La population y était de 73 feux, soit environ 292 habitants en 1339 "Allevard et son Mandement" - J.-J.-A. Pilot (archiviste) - mai 1887 - Xavier Drevet, Éditeur - Grenoble. et va atteindre un maximum de en 1826"Paroisses et Communes de France - Isère" - Éditions du CNRS - 1983. avant de décroître jusqu'en 1975. Cette population, au gré de l'exploitation des fosses, a déterminé la localisation d'un grand nombre de hameaux et de maisons d'habitation isolées dont certains ne sont plus que ruines recouvertes par la végétation.

Communes limitrophes :

Accès : depuis Grenoble, autoroute A41 vers Chambéry, sortie du Touvet, puis direction Goncelin, Morêtel-de-Mailles, Saint-Pierre-d'Allevard et Allevard ; depuis Chambéry, autoroute A41 vers Grenoble, sortie Barraux, puis direction Pontcharra, Détrier et Allevard.

Sites géologiques remarquables Les « mines de fer d'Allevard La Rochette et sentier du fer » sont un site géologique remarquable de qui se trouve sur les communes de Pinsot et d'Allevard (aux lieux-dits de Les Ayettes et Montouvrard). En 2014, le site est classé « trois étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique »Inventaire du patrimoine géologique : résultats, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer - DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, 24 janvier 2014 (mis à jour le 31 mars 2015), accès le 23 septembre 2016..

Toponymie Au , il est désigné comme : , dédiant ainsi son église à la protection de saint Maurice, le saint patron des pays alpins dont elle abrite quelques reliques et dans laquelle se trouve toujours une statue du saint martyr d'Agaune. Au , il devient Pinceto dans le cartulaire de la Chartreuse de Saint-Hugon (élection de sépulture de François d'Arvillard en 1241)Eugène Burnier, « La Chartreuse de Saint-Hugon », Mémoires de l'Académie de Savoie, 1869, 2° série, T.2, page xx.. En 1339, on rencontre les appellations de « Pingoto », « Pinezoti », « parrocchia de Pinzoto » et « Pinczotz ». Au mois de février 1340, lors de la visite pastorale de Jean de Chissé, la paroisse est connue sous le vocable de "Sancti Mauritii de Pinssoto"Georges Salamand : "Histoire anecdotique du prieuré clunisien de Saint-Pierre d'Allevard"- 2011-. En 1414, dans le compte rendu de la visite pastorale de Aymon de Chissé, on trouve l'orthographe «Pinczocto »chanoine U. Chevalier : "visites pastorales des évêques de Grenoble de la famille de Chissé". Au cours de cette visite, l'évêque note que l'église est bien tenue, qu'elle entretient les reliques du bienheureux Maurice, martyr, que les paroissiens sont bons chrétiens et que la dîme est perçue au profit du prieuré clunisien de Domène., puis « Pinsectum » au et « Pinsotto ». Le nom actuel de « Pinsot » est signalé à partir de 1566.

Cependant, l'étymologie du nom n'est pas connue, certains font référence au domaine de « Pincius » ou de « Pinsectus »sur le site de Henry Sutter : "Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs", noms de personne, ce qui est plus probable qu'une origine tirée de pinus (lieu planté de pins, en latin), ou celle de pinô, nom d'un résineux en patois ou pinôta (petit sapin) ou encore pinotin (petit résineux).

Histoire L'étude de la toponymie permet d'estimer qu'un site préceltique et trois domaines gaulois auraient été implantés sur le territoire actuel de la commune de Pinsot "Le Grésivaudan - Toponymie et peuplement d'une vallée des Alpes" - J. Bruno - 1977 - Imp. Guirimand - Grenoble. . Au , la paroisse de Pinsot est dépendante du prieuré clunisien de Domène, établissement monastique du Grésivaudan qui comptera, comme prieur, au début du , le futur abbé général de Cluny, Pierre de Montboissier dit Pierre le Vénérable. Dans un passage de son Livre des miracles - - l'abbé de Cluny rapportera la fameuse Légende de l'ange et du mineur qu'il situera dans la paroisse voisine de La Ferrière, dont l'église dépendait également du prieuré de Domène.

Pinsot fit partie jusqu'en 1790 du mandement d'Allevard qui regroupait Allevard, Saint-Pierre-d'Allevard, La Chapelle-du-Bard, La Ferrière et Pinsot. À cette date ces cinq communes furent organisées en un canton auquel on ajouta Le Moutaret. La commune de Pinsot fut rattachée à Allevard par arrêté du représentant du peuple le 16 frimaire an III (6 décembre 1794) et en fut détachée par arrêté du 9 brumaire an X (31 octobre 1801).

Les mines de fer

Premières exploitations La proximité d'un vaste filon de minerai de fer pose le cadre de l'intense industrie métallurgique qui se développa dans la vallée du Haut Bréda, principalement sur la rive gauche. Outre l'importance du gisement de minerai de fer qui s'étend de Vizille à Saint-Georges-des-Hurtières en Savoie, ce gisement présente la particularité d'affleurer la surface du sol en de nombreux endroits, ce qui explique son exploitation très ancienne et ses qualités particulièrement intéressantes. Cependant, si la ressource en minerai de fer couvre une vaste étendue géographique, il ne s'agit pas d'un filon continu. La surrection de la chaîne de Belledonne se produit à l'ère tertiaire et ce n'est que quelques millions d'années plus tard que des fluides chauds s'élèvent des profondeurs et se déposent dans les fractures ou failles. Ainsi se sont formés les filons (ou veines) de sidérite, le minerai de fer local, en compagnie de quartz et d'autres minerais, cuivre, zinc et plombKerckhove C. - panneaux explicatifs sur le Sentier du Fer.. Ces bouleversements géologiques expliquent les difficultés d'exploitation rencontrées au cours des siècles.

Mineurs paysans

L'exploitation du minerai comporte deux périodes dont, pour la première, l'origine n'est pas connue et qui va progressivement se terminer aux alentours de 1874 avec l'arrivée de la Société Schneider sur le site de La Taillat. Durant cette première partie les mineurs-paysans vont suivre le minerai à l'intérieur des failles, creusant de petites galeries (visibles en parcourant le sentier du Fer) aux tracés sinueux et irréguliers causes de nombreux accidents mortels.Selon Émile Gueymard (1817), .La charte minière du 29 mars 1395 réglementera jusqu'en 1817 l'exploitation des fosses. Toute personne, sans distinction de rang ni de condition, avait le droit d'ouvrir une fosse que l'on marquait, devant deux témoins - qui par la suite se transportaient devant notaire pour en rédiger procès-verbal - par une petite excavation. Il était interdit d'ouvrir une autre fosse à moins de 25 pieds autour de cette marque.Selon Thérèse Sclafert, la communauté de Pinsot, au Moyen Âge, était celle de tout le mandement d'Allevard qui comptait la plus grande proportion de travailleurs du fer : mineurs, fourniers, charbonniers. Les fosses étaient alors situées au-dessus des Ayettes et au Grand-Crêt, entre son territoire et celui de Saint-Pierre, mais également au Mont Mayen et au Praillet. Chaque fosse portait le nom de son exploitant principal et les exploitants pouvaient également s'associer à plusieurs pour des exploitations parfois très limitées dans le temps jusqu'à épuisement de la mine (un ou deux ans seulement)Thérèse Sclafert :" L'industrie du fer dans la région d'Allevard au Moyen Âge" Revue de Géographie alpine

Selon les anciens témoignages de visiteurs, les mineurs ne travaillaient que l'hiver, s'enfermant dans leurs fosses de novembre à mars. Le minerai extrait était suffisant pour une année, mais les rendements étaient très faibles, ne laissant en fin de compte au mineur indépendant, qui payait de ses propres deniers la poudre, les pointerolles et tous les autres outils indispensables, et était en outre tenu de livrer au fourneau un minerai trié, grillé et bocardé tout prêt, que quelques livres...

À plusieurs reprises et par-devant les notaires d'Allevard, les mineurs de Pinsot protestèrent collectivement contre la rapacité des seigneurs de Barral, maîtres de forges qui avaient, en outre, spolié la communauté des forêts productives de Chinfert et des Rambaudes. En 1836, 54 d'entre eux refuseront, d'un commun accord, de fournir le fourneau d'Allevard.

Premiers hauts fourneaux

Sur les 16 hauts fourneaux recensés, ayant été construits toutes époques confondues sur le territoire du mandement puis canton d'Allevard, six le furent sur Pinsot : La Chevrette dans la vallée de Veyton, appartenant à la famille de Marcieu ; La Pelouse - dont il reste encore quelques vestiges - ayant appartenu successivement aux familles Peloux ou Dupeloux, Genton, Marcieu, puis Morard ; le Pont de Veyton, rive gauche, ayant appartenu aux Peloux ; Le Plan, sur la rive droite du torrent du Glaisin aux familles Eymery et Bressand ; sur la rive gauche, le fourneau de Pomine-du-haut; et plus tard, sur la rive droite du Bréda, le haut fourneau Chaper, très haut et très étroit, , qui sera cédé à Félix Penet, commerçant et industriel, de plus député et maire de Grenoble, puis aux forges d'Allevard : (Bouffier). Il succédait à la dernière malheureuse tentative de renouer avec les bas fourneaux à travers l'expérience du fourneau à la catalane initiée par les maîtres Grasset, prédécesseurs d'Achille ChaperGeorges Salamand : "Histoire de la forge catalane de Pinsot" Histoire du fer au pays d'Allevard n°2 - 1997 -.

Parmi les innovations du travail du fer sur le territoire de Pinsot et grâce à l'apport technique des fourneliers bergamasques, en particulier, ici, de la famille Vittally, il faut signaler la première mention, pour tout le Dauphiné de la soufflerie à eau au martinet de Pinsot en 1632Jean-François Belhoste : Les maîtres de l'acier, musée dauphinois 1996. Article la conquête de l'acier à l'époque moderne. Pendant de nombreuses années, le minerai de fer spathique du Pinsot alimentera également, et jusqu'en 1864, la fonderie royale de canons de marine de Saint-Gervais fondée en 1679.

Période moderne des mines de Pinsot