Samoëns (prononcé ) est une commune française située dans le sud du département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes, jouxtant la frontière suisse. Village de la communauté de communes des Montagnes du Giffre, la commune comptait en . Sa station de ski et son domaine skiable ont fusionné avec le domaine du Grand Massif. Géographie Situation

La commune de Samoëns est située au cœur des Préalpes du nord dans la vallée du Giffre. Cette commune de montagne est une des plus étendues du département de la Haute-Savoie. La vallée de Samoëns et ses neuf hameaux se distinguent par la richesse de son patrimoine et une activité continue tout au long de l'année, principalement emmenée par le tourisme hivernal et estival.

Le chef-lieu est situé à 703 mètres d'altitude, mais la commune culmine à à la pointe des Avoudrues.

Communes limitrophes

Relief, géologie vignette|gauche|L'Aouille de Criou en hiver. vignette|gauche|Le rouleau de Bostan à Samoëns. Juillet 2020. La commune est protégée par l'Aouille de Criou et à deux pas du cirque du Fer-à-Cheval, dernier bastion des Alpes calcaires.

Le calcaire prédomine aux alentours ; Samoëns est traversée par le Giffre, qui est le principal affluent de l'Arve.

Si les montagnes de Samoëns restent d'altitude relativement modeste, la commune est renommée pour son relief karstique original et pour ses cavités souterraines d'une extraordinaire profondeur tels les gouffres Jean-Bernard et Mirolda.

Le nom des sept monts ou alpages entourant selon la tradition la commune sont : Cuidex, Vigny, Folly, Oddaz, Bostan, Chardonnière, Freterolles, La Vullie (semble être sur le Criou) ; dans un document ancien, on parle aussi de Versitorie, mais le lieu n'est plus connuSimon Violaine, guide de la Société des Maçons de Samoëns..

Hydrographie

Lac des Mines d'Or. vignette|centré|redresse=3.2|Le lac des mines d'or, à Samoëns. La montagne est le Rouleau de Bostan. Juillet 2020.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arâches-la-Frasse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Samoëns est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de SamoënsUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Samoëns comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... La commune est en outre hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (88,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (88,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (42,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (19,7 %), zones agricoles hétérogènes (7,7 %), zones urbanisées (2,1 %), prairies (1,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,5 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Morphologie urbaine

Immobilier

De nombreuses maisons et appartements sont achetés comme résidences secondaires ou investis par des familles citadinesGEO, d'avril 2012 p.12.. La commune atteint un taux de 80 % de « lits froids » (inexploités hors saison estivale), ce qui pose un sérieux problème pour les gens de la vallée.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Samoens en 1167 et SamoënD'après .; Samoyn, Semoeng au ; Samoùan en 1652.

Le toponyme Samoëns désignerait, selon une croyance locale, les « sept monts ou montagnes », parfois « alpages », qui entoureraient la commune. Il s'agit d'une étymologie populaire à partir du francoprovençal sat « sept » et de moens « mont » (mot issu du latin ), mais qui serait à prendre en ce cas au sens d'« alpage ». Cette référence proviendrait des alpages albergés par les sires de Faucigny aux habitants, vers le . C'est à partir de cette étymologie populaire que des clercs ont latinisé le nom en Septimontium et vallis septem montium qui a servi à forger le gentilé Septimontain, selon un processus récurrent en toponymie.

L'auteur Théophile Perrenot et le toponymiste Albert Dauzat considèrent que ce nom de lieu est d'origine burgonde, c'est-à-dire germanique orientale, on a par ailleurs trouvé des traces d'établissements burgondes dans le vallonThéophile Perrenot, Albert Dauzat, La Toponymie burgonde, 1942, p. 200, 284.. Samoëns représenterait la . Il s'agit d'un composé de l'anthroponyme Sanemod, Senamod, suivi du suffixe germanique -ing, romanisé en -ingos, qui explique de manière générale la terminaison en -ens, parfois -ans, dans la région. On rencontre en effet plusieurs toponymes ayant cette finale, comme : Franclens, Marlens, Neydens, Thorens, Usinens, Randens (Savoie), Rotherens (Savoie)

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Samouan (graphie de Conflans) ou Samouens (ORB).

Histoire Lors de la guerre qui oppose les Suisses et les Bourguignons, le duché de Savoie se rallie à ces derniers et une armée savoyarde assiège la ville valaisanne de Sion. En représailles, les troupes confédérées de Berne et Lucerne franchissent le col de Joux Plane et incendient le bourg de Samoëns le 10. ou 11.. . Elles détruisent le château de la Tornaltaz situé au sommet de ce qui est aujourd'hui le jardin botanique alpin La Jaÿsinia. Puis elles évacuent par le col de CouxSamoëns, histoire et patrimoine, Pascal Roman, Éditions de l'Astronome 2010, ..

Vingt ans plus tard un incendie accidentel embrase l'église et une partie du bourg qui venait d'être reconstruit.

Du au , les tailleurs de pierre de Samoëns sillonnèrent l'Europe. Parmi leurs constructions figurent les hôtels de ville d'Annecy et de Bonneville, l'église paroissiale de Ferney-Voltaire, la cité de Carouge, plusieurs forts de Vauban, les canaux bâtis sous Napoléon, le Sénat de Savoie à Chambéry, et même des édifices en Louisiane. Certains devinrent architectes et l'un d'eux fut élu maire de Ferney-Voltaire. Selon la tradition, la confrérie des tailleurs de pierre de la vallée, les « frahans », serait beaucoup plus ancienne et remonterait à l'époque des empereurs romains, où quatre d'entre eux, chrétiens, furent martyrisés pour avoir refusé d'édifier une statue vouée au culte de l'empereurMickaël Meynet, Les Frahans, 2008Mickaël Meynet, Cent ans à la Jaÿsinia, 2006.

Les montagnes de Samoëns accueillent, au milieu du , des exilés républicains du Second Empire français, comme les familles Pollet et Milliet..

Lors des débats sur l'avenir du duché de Savoie, en 1860, la population est sensible à l'idée d'une union de la partie nord du duché à la Suisse. Une pétition circule dans cette partie du pays (Chablais, Faucigny, Nord du Genevois) et réunit plus de , dont 352 pour la commune... Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »..

Seule station de sports d'hiver à pouvoir se réclamer d'être patrie des tailleurs de pierre., Samoëns voit aujourd'hui son activité principalement articulée autour du tourisme. Après avoir accompagné la démocratisation des sports d'hiver depuis les années 1960, elle a misé avec succès sur le tourisme estival de montagne, jouant sur la proximité d'axes majeurs de communication : ligne de TGV Paris - Saint-Gervais, autoroute A40, proximité de l'aéroport international de Genève. Devant l'afflux qu'elle suscite, elle s'efforce de préserver les spécificités et le caractère savoyards de son environnement.

Politique et administration Les maires

Jumelages La ville de Samoëns est jumelée avec : .

Population et société Démographie Évolution démographique Les habitants sont les septimontains peut-être en souvenir des sept « monts » ou alpages communaux dont jouissaient les habitants des siècles passés, mais l'ancien usage était Samoisiens (Article consulté le 5 septembre 2012).. Le gentilé semble toutefois apocryphe.

Pyramide des âges

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à s'élève à 28,6 %, soit en dessous de la moyenne départementale (35,9 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à est de 29,9 % la même année, alors qu'il est de 22,1 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait pour , soit un taux de 51,50 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (50,80 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Sports vignette|L'ancienne patinoire au cœur du village. Sports d'hiver

Le sports de montagne est omni présent en période hivernale, les plus importants sont le ski et le snowboard, pratiqué en club (l'ESF, ESI, ou d'autre) ou pour le plaisir. La station de Samoëns permet de rejoindre d'autres stations du domaine du grand massif (les Carroz, Morillon ou Flaine). De ce fait, beaucoup de personnes s'y rendent l'hiver.

D'autres sports comme la randonnée (en raquettes ou en bottes), la luge ou le patin à glace sont aussi réalisable. Ces sports restent très accessibles et appréciés, de nombreux espaces y sont dédiés.