Les noms de personnes en Espagne se composent, comme dans la plupart des pays hispanophones, d'un prénom (nombre) et de deux noms de famille (apellidos) : traditionnellement le premier nom de famille du père (patronyme), suivi du premier de la mère, même si, en Espagne, la loi sur l'égalité des sexes de 1999, autorise désormais n'importe quel ordre.. Dans un contexte informel, on utilise le plus souvent le prénom suivi du premier apellido. Le nom au complet sert dans le cadre juridique, formel, et documentaire.
Système des noms en Espagne En Espagne, les gens ont deux noms de famille, et un prénom — soit simple, comme Juan, soit composé, tel que Juan Pablo ; néanmoins, dans le prénom composé, Pablo n'est pas un deuxième prénom, mais fait bien partie du prénom Juan Pablo. Traditionnellement, le premier nom de famille est le premier du père (apellido paterno), suivi du premier de la mère (apellido materno). Les lois contemporaines sur l'égalité des sexes permettent la transposition des composants du nom de famille, à condition que tous les enfants d'un même foyer portent le même nom, qui sera inscrit dans le Registro Civil ; et là encore il existe des exceptions légales.
Par conséquent, on parle de José Antonio Calderón Barras en tant que Señor Calderón (Monsieur Calderón), et non Señor Barras, parce que Calderón est son nom paternel. Qui plus est, M. Calderón peut être cité comme (ⅰ) José Antonio (Joseph-Antoine), (ⅱ) José, (ⅲ) Pepe, (ⅳ) Antonio, ou (ⅴ) Toño. Parmi les anglophones, certains Espagnols adoptent le trait d’union pour lier les composants de leur nom de famille, pour éviter toute confusion, comme : M. José Antonio Calderón-Barras. Un tel assemblage des noms de famille par le trait d’union n’est pas une marque de noblesse.
Prénoms Les parents choisissent le prénom de leur enfant, qui doit être inscrit dans le Registro Civil pour établir son identité légale .. Moyennant quelques restrictions, les parents peuvent choisir un prénom à leur guise, le plus souvent selon leur goût, ou en l'honneur d'un parent, ou choisi dans la liste des saints catholiques, ou de noms traditionnels de l'Espagne. La législation espagnole sous Francisco Franco avait limité la possibilité de nommage aux prénoms chrétiens (Jésus, Marie, Joseph) et aux noms espagnols typiques (Antonio, Carmen). De nos jours, la seule limitation qui reste est celle de la protection de la dignité de l'enfant, à qui ne peut être imposé un prénom qui le diminuerait auprès des autres, ni qui soit offensif au public. Par exemple, des limitations sur variantes d'hypocoristiques, familières, non reconnues en tant qu'un prénom, et sur . ; toutefois, la loi actuelle 3/2007 : Identidad de género (« Identité du genre ») . accepte désormais les diminutifs.. thumb|400px|Concentration des noms de famille par province espagnole : les pourcentages de population née avec les dix noms les plus courants. Source : Instituto Nacional de Estadística, 2006.
María et José Les filles catholiques étaient souvent prénommées María, en l'honneur de la Vierge Marie, et ajoutant en suffixe soit le nom d'un lieu saint ou d'un sanctuaire, soit d'un concept religieux, soit un vocable, à María. Dans la vie de tous les jours, ces femmes omettent le préfixe nominal « Marie de la… » et se servent de la partie suffixe (avocación) comme identité publique, sauf dans les affaires administratives, juridiques, et solennelles.
Par conséquent, les filles qui portent les prénoms mariaux (Marie des Anges), María del Pilar (Marie du Pilier), et María de la Luz (Marie de la Lumière), se font souvent appeler Ángeles (Anges), (Pilier), et Luz (Lumière) ; cependant, toutes peuvent être appelées familièrement María (Marie) ; également, les parents peuvent baptiser une fille d'un simple « María » sans autre spécificité. De même, le prénom officiel d'un garçon peut inclure María, lorsque précédé d'un nom masculin, comme José María Aznar (Joseph-Marie Aznar) ; à l'inverse, le prénom officiel d'une fille peut être María José (Marie-Joseph), ce qui devient familièrement Marijosé (Marie-Jo), en l'honneur de saint Joseph. Enfin, le prénom María est souvent abrégé en M. (José M. Aznar), Ma. (José Ma. Aznar), ou M.ª (José M.ª Morelos).
État civil Le Registro Civil enregistre officiellement l'identité d'un enfant en un prénom (simple ou composé) et les deux noms de famille ; toutefois, un enfant peut être baptisé de plusieurs prénoms, comme le fils de l'infante Elena, Felipe Juan Froilán de Marichalar y de Borbón ; cependant, de tels nommages sont généralement pratique royale et de noblesse, sans sanction légale.
Le nom de jeune fille En Espagne, lors du mariage, la femme ne change pas ses noms pour prendre ceux de son mari, vu que la coutume espagnole ne connaît pas le concept de nom de jeune fille — ainsi, lorsque Leocadia Blanco Álvarez épouse Pedro Pérez Montilla, elle conserve son nom original Leocadia Blanco Álvarez. Dans le chapitre V de la du classique Don Quixote (1605, 1615), Teresa Panza aborde ce sujet en rappelant à son époux Sancho que l’on devrait s’adresser à elle comme Teresa Cascajo, par son patronyme, et non pas son nom d’épouse, à savoir : thumb|400px|Répartition géographique des noms de famille les plus fréquents.
Noms de famille Transmission générationnelle Dans la transmission générationnelle des noms de famille, la préséance du nom paternel élimine par la suite le nom maternel de la lignée familiale. Toutefois, le droit contemporain assure l'égalité des sexes en permettant la transposition du nom de famille maternel à la première place, mais la majorité suit l'ordre traditionnel patronyme-matronyme. Ainsi, la fille et le fils dÁngela López Sáenz et de Tomás Portillo Blanco pourraient être Laura Portillo López et Pedro Portillo López, quoiqu'ils pourraient aussi se nommer Laura López Portillo et Pedro López Portillo. Quel que soit le choix fait par la famille, tous leurs enfants doivent conserver le même ordre adopté au départ, une fois inscrit dans le Registre civil.
La transmission du patronyme n'a pas toujours été la norme : jusqu'au milieu du , les sociétés hispanophones pratiquaient la transmission du matronyme, baptisaient les enfants du nom de famille maternel, et parfois, dotaient l'enfant du nom de famille d'un grand-parent (pourtant porté par aucun des deux parents) pour le prestige, ou dans un but intéressé, flattant la matriarche ou le patriarche dans l'espoir d'hériter de ses terres. Comme pour les noms catalans, la coutume espagnole inclut l'option de joindre les noms de famille avec la conjonction y (« et »), par exemple José Ortega y Gasset et Tomás Portillo y Blanco, un usage aristocratique ancien ; les noms catalans utilisent i à la place de y.
Tous les noms de famille ne sont pas d'un seul mot ; un tel usage de jointure est commun aux noms doublés (matronyme-patronyme), les noms composés ancestraux légués aux générations qui suivent — surtout quand le nom paternel ne se distingue pas socialement, comme l'ex-maire de Madrid José María Álvarez del Manzano y López del Hierro, dont le nom contient un prénom composé (José María) et deux noms de famille composés (Álvarez del Manzano et López del Hierro) ; d'autres exemples viennent de toponymes religieux tels que San José (Saint Joseph) ; ainsi, dans le cas d'un nom à composants déjà doubles, l'usage est d'insérer la particule conjonction y (« et ») entre le patronyme et le matronyme.
Dans le cas de bâtardise — lorsque le père est inconnu, ou bien refuse de reconnaitre la parenté — l'enfant porte les noms de sa mère ; donc, si María López Sáenz met au monde un fils José, d'un tel homme, les noms de famille du garçon seraient López et Sáenz, d'où il serait José López Sáenz. À l'occasion, quelqu'un doté d'un patronyme quelconque et d'un nom matronyme inhabituel peut devenir connu sous le nom maternel, comme l'artiste Picasso (Pablo Ruiz Picasso), le poète Lorca (Federico García Lorca), et le politicien Zapatero (José Luis Rodríguez Zapatero). D'une manière inverse, l'écrivain uruguayen Eduardo Hughes Galeano est connu sous le nom Galeano (son matronyme), parce que son patronyme anglais « Hughes » n'est pas espagnol, bien que, lorsqu'enfant, il lui arrivait de signer son nom Eduardo Gius, une transcription phonétique approximative hispanique de l'anglais « Hughes ».
Noms de famille en Castille et en Álava Lors de la cohabitation linguistique de la culture basque avec son voisin néolatin, le nom de famille indique le nom du père et la maison (famille). Ainsi, le patronyme néolatin est joint au toponyme basque avec la particule prépositionnelle de, comme le nom José Ignacio López de Arriortúa — le nom de famille composé López de Arriortúa n'est pas un nom double (pas une liaison de deux noms indépendants) et Arriortúa en est le toponyme original, adjoint au patronyme López formant le nom de famille complet —. Ceci peut prêter à confusion, vu que le López espagnol et le de Arriortúa basque sont des noms venant de cultures distinctes.
Conjonctions nominales
La particule « de »
En grammaire espagnole, la particule « de » (préposition) sert de conjonction dans deux styles d'orthographe des noms, et pour clarifier un nom de famille. Le premier style est en formules d'orthographe patronymique et toponymique., comme Gonzalo Fernández de Córdoba, Pero López de Ayala, et Vasco Núñez de Balboa, comme beaucoup de noms de conquistadors..
L'orthographe espagnole des noms contenant la particule prépositionnelle de est ambigüe lorsqu'il manque un patronyme la précédant, un style orthographique commun aux noms de noblesse. Ainsi, l'écriture en minuscule de la Rúa (« de la ruelle ») ou de la Torre (« de la tour »), et celle avec majuscule De la Rúa ou De la Torre sont tout aussi corrects. Absent d'un patronyme À la différence du français, l'orthographe espagnole n'exige pas une élision lorsqu'un nom commence par une voyelle, mais de el (« de le ») devient del (« du »), comme dans le cas pour Carlos Arturo del Monte (« Charles Arthur du Mont »). L'exception patronymique La loi actuelle de 1958 (article 195 du règlement du registre d'état civil) n'autorise pas l'ajout d'une particule préfixe de à son nom — l'exception est faite pour l'ajout d'un de au nom de famille (apellido) pour le distinguer d'un prénom (nombre) . ; donc, un enfant pourrait être déclaré comme Pedro de Miguel Jiménez pour éviter au nom de famille Miguel d'être pris pour la deuxième partie d'un prénom composé tel que Pedro Miguel.
En espagnol, la particule de dans un nom n'est pas nécessairement marque de noblesse, particulièrement en Castille et en Alava, le de indiquant habituellement le lieu (ville, village, ou lieu-dit) d'où la personne tient ses origines ; cependant, au , l'usage du de se répandit comme moyen d'indiquer que le porteur est de souche noble, pour se distinguer des Juifs et des Maures. En ces jours-là, beaucoup de gens, quelles que furent leurs véritables origines, s'auto-déclarèrent le droit à la particule, comme Miguel de Cervantes, Lope de Vega, etc. ; de plus, dans cette même mode, des nobles déjà élevés socialement, tel Francisco Sandoval Rojas, qui s'appela Francisco Gómez de Sandoval y Rojas. Durant le , la noblesse espagnole adopta la coutume française du de comme marque identifiante ; mais nombreux roturiers portaient déjà la particule, ce qui rendit l'usage du de incertain, ce qui incita la noblesse à ajouter des informations de descendance.
La particule y (« et »)