En botanique, la double fécondation (ou xénie) est une fonction particulière à la reproduction des angiospermes. Le grain de pollen contient deux noyaux, tous deux haploïdes (n chromosomes), alors que par exemple le spermatozoïde des mammifères ne contient qu'un noyau. Un de ces noyaux est destiné à féconder l'oosphère, ce qui donnera l'embryon, à l'origine de la future plante. Le deuxième s'unit aux noyaux polaires à l'origine de l'albumen, tissu alors triploïde (3n chromosomes) qui fait partie de la graine et qui servira généralement à nourrir l'embryon.
Lorsqu’un grain de pollen atteint la partie réceptrice de la fleur, il germe et forme un tube pollinique qui progresse jusqu'à l'ovule. Ce tube transporte deux gamètes mâles, aux destins différents : le premier fusionne avec la cellule-œuf pour former l'embryon, tandis que le second fusionne avec la cellule centrale pour donner naissance à l'albumen. L'albumen joue un rôle essentiel dans le développement de la graine, il assure notamment les échanges de nutriments entre les tissus de la plante mère et l'embryonPar sa fonction d'interface entre la mère et l'embryon, l'albumen peut être comparé, avec certaines limites, au placenta des mammifères.. Au cours des trois à quatre premiers jours suivant la fécondation, l'albumen se développe rapidement. Ses noyaux se multiplient d'abord sans que des parois cellulaires ne se forment entre eux, il constitue alors une grande cellule contenant de nombreux noyaux, un cœnocyte. Dans un second temps intervient la cellularisation : des parois apparaissent progressivement autour des noyaux et individualisent les cellules. Cette transformation ne se produit pas partout au même moment : elle commence à proximité de l'embryon puis progresse vers l'autre extrémité de la graine (le chalaze), la région par laquelle l'ovule est relié aux tissus maternels. L'albumen présente ainsi une organisation polaire, avec des zones n'ayant ni la même structure, ni le même devenir. On a longtemps pensé que cette organisation était une propriété intrinsèque de l'albumen ; en 2016, une nouvelle étude montre que l'embryon contribue à organiser le tissu qui l'entoure : il produit le peptide PIPL7 qui active le gène HAIKU2 de l'albumen (signalisation paracrine). HAIKU2 code une protéine-kinase de la membrane des cellules, capable de recevoir le signal PIPL7 provenant de leur environnement, puis de transmettre cette information à l'intérieur de la cellule. En contrôlant son environnement immédiat, l'embryon maximise ses chances de survie...
Notes et références Notes
Références
Liens externes
Catégorie:Reproduction végétale