Patrick Trémeau, né le , est un violeur en série récidiviste français ayant sévi entre 1986 et 2005, dans les et de Paris. Surnommé le « violeur des parkings », il agissait principalement la nuit et attaquait des femmes dans les parkings souterrains où il les menaçait d'un couteau et les violait par la suite.

Patrick Trémeau est condamné en à 16 ans de réclusion criminelle. Libéré en , après 10 ans de détention, il récidive et est arrêté en septembre de la même année. Au même moment, une loi sur la récidive est votée et Patrick Trémeau est condamné en à 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de 10 ans.

Libéré en , par le juge d'application des peines, il est ré-incarcéré en pour harcèlement moral et condamné à un an de prison, en janvier et .

Biographie

Jeunesse Patrick Trémeau est issu d'une famille très pauvre. Il vit chez sa mère Janine à la cité des Hautes-Mardelles à Brunoy dans l'Essonne. Sa mère est femme de ménage la nuit et a deux autres enfants« Les proches du « violeur des parkings » sous le choc » Article de Sandrine Binet et Jean-Marc Ducos publié le 26 septembre 2005 dans Le Parisien.

Il n'a pas connu son père et déclarera par la suite que son beau-père le frappait et abusait de lui. Il est placé dès son plus jeune âge dans différents foyers. Sa mère dit de lui que c'est . Instable, souffrant de troubles nerveux et en situation d'échec scolaire, il est néanmoins jugé sympathique et dispose de réels talents manuels.

Au début des années 1980, il obtient un CAP de plomberie. Il trouve du travail sans problème et donne satisfaction à la plupart de ses employeurs.

En , Patrick Trémeau est arrêté pour s'être masturbé devant une auto-stoppeuse. Trémeau écope, le , d'une peine de 18 mois de prison dont dix avec sursis pour attentat à la pudeur. Il est libéré en 1985.

Premier viol et incarcération Le , Patrick Trémeau viole une femme à Créteil. Après avoir été reconnu lors de l'attaque, il est arrêté et placé en garde à vue. Il finit par avouer les faits, mais affirme avoir perdu tout contrôle de lui-même et promet de s'amender. Au terme de sa garde à vue, il est inculpé pour viol puis placé en détention provisoire.

Patrick Trémeau comparaît, du 28 au , devant la cour d'assises du Val-de-Marne pour le viol commis sous la menace d'une arme. Il est condamné à 7 ans de réclusion criminelle« Le violeur récidiviste Patrick Trémeau jugé pour trois nouveaux viols » Article publié le 2 février 2009 dans Le Parisien, également publié dans La Dépêche du Midi.

En , Patrick Trémeau sort de prison, après quatre ans de détention. Il est embauché comme magasinier dans une entreprise de quincaillerie. Son comportement vis-à-vis de ses collègues féminines n'est pas anormal. Il séduit et collectionne les conquêtes féminines. Mais ses amoureuses le quittent rapidement et il ne supporte pas les ruptures.

Tout se passe relativement bien jusqu'en où il fait plusieurs tentatives de suicide à la suite de plusieurs ruptures amoureuses, il quitte son travail.

Le D' à , Patrick Trémeau est responsable dans 15 dossiers : il viole 11 femmes, et tente d'en violer 4 autres. Ses victimes sont toutes des femmes, d'une vingtaine d'années à 35 ans, aux longs cheveux, la majorité sont des femmes brunes, ayant une activité professionnelle les faisant rentrer tard le soir. Il les repère, il les suit jusque dans leur immeuble et généralement attend qu'elles rentrent garer leur voiture dans le parking. Puis il les menace d'un couteau et les viole dans l'obscurité pour que ses victimes ne le reconnaissent pas. Il les agresse entre minuit et 4 h du matin, dans les parkings souterrains des et de Paris. Au début de l'agression il est très menaçant. Une fois que sa victime est soumise, il change radicalement et ses paroles deviennent tendres, il embrasse sa victime, lui fait des compliments« Trémeau, le violeur aux "mots tendres" » Article d'Ondine Millot publié le 6 février 2009 dans Libération. S'il va jusqu'au viol, il utilise toujours un préservatif. Il jette parfois l'emballage de préservatif sur le lieu du viol mais il n'y laisse jamais d'empreinte digitale. En , il viole une femme presque chaque semaine.

Le , vers 18 h 45, Patrick Trémeau viole Marie-Ange Le Boulaire. Sa victime écrira par la suite un livre après sa récidive de 2005. Trémeau récidive à quatre reprises en octobre et puis en janvier et . L'enquête policière est très difficile car il n'y a pas d'indice exploitable. Les portraits robot sont imprécis. À la même période dans le secteur de l'Est parisien, un autre prédateur sévit : Guy Georges. Certains des crimes de Guy Georges ont lieu également dans des parkings souterrains. Pendant un temps, la police va croire qu'il s'agit d'un seul criminel. Ce n'est qu'après son arrestation que la police comprendra qu'elle avait affaire à deux criminels rôdant dans la même zone géographique.

Le , Patrick Trémeau viole une autre jeune femme, puis récidive à la mi-mars et le .

Arrestation, incarcération et détention Patrick Trémeau est finalement arrêté le pour avoir fracturé des voitures dans un parking. Au commissariat de police, pendant son interrogatoire, un policier remarque qu'il cherche à se débarrasser d'un emballage de préservatif vide. Il est interrogé au même moment où sa dernière victime Gladys est en train de déposer plainte pour viol. Elle mentionne qu'elle a très bien vu que son violeur avait des chaussures jaunes. Ce détail interpelle le commandant Bertrand. Il a remarqué que Patrick Trémeau porte lui aussi des chaussures jaunes. Ils lui font retirer ses chaussures et les apportent dans le bureau où est Gladys, elle les reconnaît tout de suite. Les policiers réalisent un tapissage. Parmi le groupe d'hommes derrière le miroir sans tain, Gladys désigne immédiatement son violeur : Patrick Trémeau. Elle l'a identifié car elle a reconnu son regard. Par la suite, les autres victimes de Trémeau l'identifient également. Certaines n'arrivent à l'identifier qu'en entendant sa voix.

Patrick Trémeau en garde à vue avoue presque instantanément tous les viols qu'il a commis, mais nie avoir menacé ses victimes avec un couteau ou un cutter. Il est mis en examen et incarcéré à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis pour 14 viols, commis entre et .

Le procès de Patrick Trémeau s'ouvre en dans la quasi indifférence générale : en effet, aucun journaliste n'est présent pour couvrir cet événement malgré le nombre impressionnant de victimes (13). La dernière victime n'est pas avertie de la tenue du procès et n'a pas pu se constituer partie civile. À l'issue du procès, Patrick Trémeau est condamné à 16 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de 8 ans« Un violeur récidiviste arrêté à Paris » Article du 25 septembre 2005 sur LCI.

Emprisonné à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis depuis , Trémeau est transféré à la Prison de Fresnes en , puis au Centre de détention de Melun en . Au cours des années qui suivent sa condamnation, Patrick Trémeau demande à plusieurs reprises sa remise en liberté, entre et , mais ne l'obtient pas.

Libération et récidive Le , après avoir passé 10 ans en prison, Patrick Trémeau est libéré de la prison de Melun, en fin de peine. Il est en liberté conditionnelle, mais sans aucune obligation ni suivi socio-judiciaire.

Le , Cécile, une femme de 24 ans, est agressée et violée dans le local à poubelle de son immeuble dans le de Paris. Quinze jours plus tard, le , une autre jeune femme est agressée dans son immeuble rue de Thionville dans le (les circonstances de cette agression restent inconnues) et une troisième jeune femme est agressée le « Le terrible récit d'une victime du violeur des parkings » Article publié le 5 février 2009 dans Le Parisien.

La Police Judiciaire de Paris, chargée de ces trois affaires de viols, arrive à la certitude que ces femmes ont été victimes du même violeur qui a sévi 10 ans plus tôt : Patrick Trémeau.

Arrestation, ré-incarcération et nouvelle détention Le , deux inspecteurs se rendent au domicile de la mère de Patrick Trémeau et y trouvent ce dernier. Placé en garde à vue, Patrick Trémeau avoue en pleurant, mais nie avoir violé Cécile, la première victime. Il est mis en examen pour viols, commis en état de récidive, puis placé en détention provisoire.

Le procès de Patrick Trémeau s'ouvre le « Procès Patrick Trémeau - Le "violeur des parkings" jugé pour récidive » Article publié le 2 février 2009 dans France-Soir« Comparution de Patrick Trémeau, violeur récidiviste » Article publié le 3 février 2009 dans L'Express. Toutes les victimes de Trémeau y sont présentes sauf deux. Il apparaît au cours du procès que Patrick Trémeau semble regretter ce qu'il a fait mais toise ses victimes. Henri Leclerc, l'avocat de Patrick Trémeau, souligne que son client est sincère quand il déclare regretter d'avoir violé toutes ces femmes ; par ailleurs, Maître Leclerc dit que Patrick Trémeau a connu une enfance difficile (les supposées violences de son beau-père à son égard, les violences également subies de la part du personnel des différents foyers d'institution).

Le , la cour condamne Patrick Trémeau à 20 ans de réclusion criminelle (comme l'avait préconisé l'avocat général Philippe Bilger croyant à la rédemption de l'accusé et à ses regrets) assortie d'une peine de sûreté de 10 ans et d'une obligation de soin pendant et après sa libération. Trémeau est potentiellement libérable à partir de , mais reste néanmoins incarcéré« Le violeur récidiviste Patrick Trémeau condamné à vingt ans de prison » Article publié le 6 février 2009 dans Le Monde« Le violeur récidiviste Patrick Trémeau condamné à 20 ans de réclusion » Article publié le 6 février 2009 dans La Dépêche du Midi« Le violeur récidiviste Patrick Trémeau condamné à 20 ans de prison » Article publié le 6 février 2009 dans Le Point« Viol : Trémeau condamné à 20 ans de prison” jugé pour récidive » Article publié le 6 février 2009 dans Paris Match« Vingt ans de réclusion requis contre le violeur récidiviste Patrick Trémeau » Article publié le 6 février 2009 dans Le Point« Patrick Trémeau est condamné à 20 ans de réclusion » Article publié le 7 février 2009 dans L'Express.

Le , il vole une clé USB dans la cour de sa prison. Découverte dans sa cellule, celle-ci lui est immédiatement retirée. Il est mis en examen pour le recel de la clé USB.

Trémeau était censé être jugé en , mais le procès se voit reporté, à la suite d'une tentative de suicide du prévenu. Patrick Trémeau s'en sort indemne et est condamné le à 2 mois de prison supplémentaires.

Libération après 16 ans de détention Trémeau est libéré le , après avoir purgé près de 16 ans de sa peine. Initialement accueilli à Coulommiers, les habitants manifestent pour le contraindre à s'en aller ; il demeure ensuite à Saint-Denis à partir du . Jugé indésirable là aussi, il s'y fait agresser à son domicile dans la nuit du 6 au ..

Il trouve enfin refuge à Amiens et est hébergé depuis au foyer l'Ilot, sous une fausse identité. C'est là qu'il fait la connaissance d'une jeune serveuse de 26 ans, dans une enseigne de restauration du foyer. Celle-ci échange régulièrement des messages avec Trémeau, qui lui offre des cadeaux et lui envoie des SMS auxquels elle répond.

En , le bracelet électronique de Trémeau sonne à plusieurs reprises ; démontrant qu'il ne respecte pas les conditions de sa libération conditionnelle.

Arrestation et incarcération pour harcèlement