Jean-Claude Fourneau est un peintre français proche du surréalisme, né à Paris le , et mort dans cette ville le .
Au cinéma, Robert Bresson lui a fait tenir le rôle de l’évêque Pierre Cauchon dans le film Procès de Jeanne d’Arc, sorti en 1962.
Le peintre
thumb|Jardin public, ca 1935 (coll. Fourneau)
thumb|Nadine Cail, huile sur contreplaqué, 1961 (coll. Fourneau)
Par sa mère, Jean-Claude Fourneau descend de Victor de Lanneau, refondateur du collège Sainte-Barbe, de Juliette Adam, créatrice de La Nouvelle Revue, égérie de Léon Gambetta et mère spirituelle de Pierre Loti, et du chirurgien Paul Segond. Son père, Ernest Fourneau, est le fondateur de l'école française de chimie thérapeutique.
Dessinateur et peintre empreint de classicisme et de surréalismeRédigeant des « Instructions générales communiquées à Marcel Duchamp » en vue de la publication d'un « Almanach du surréalisme » par la revue Flair, André Breton cite Jean-Claude Fourneau par deux fois. La première, dans « Flair - Chronologie du surréalisme 1916 - 1953 », et la seconde, dans une lettre où, parmi les œuvres dont il pense faire figurer la reproduction dans l'Almanach, il inclut un tableau du peintre. Cf. le site de l'Association André Breton (Chronologie, vignette 120 et Lettres, vignette 10)., Fourneau est remarqué dès 1932 par André Salmon, à l’occasion de sa première exposition chez Jeanne CastelAndré Salmon, Gringoire, juin 1932 : , laquelle le recevra à de nombreuses reprises jusqu’en 1948.
Claude Roger-Marx compare ses dessins à ceux d'un médium et il en apprécie la minutie : À propos du caractère « littéraire » de son inspiration, le critique rappelle une déclaration de l’artiste lui-même :
Fourneau se spécialise bientôt dans l'art du portrait Jean Bouret, « 7 jours avec la peinture », Les Lettres françaises, , 14 novembre 1963., et sa réputation s'inscrit durablement dans les milieux aristocratiques et mondains ; Oriane de La Panouse, Isabelle d'Orléans-Bragance, les familles d'Harcourt, de Brantes, Faucigny-Lucinge, Seillière, Broglie, Pourtalès, Maillé, Montesquiou, Wendel, etc. se succèdent devant son chevalet. Un succès confidentiel, mais certain, le soutient. , titre François Pluchart dans Combat lors de son exposition à la galerie André Weil en 1963François Pluchart, « Le Tout-Paris a trouvé son peintre : Fourneau », Combat, 6 novembre 1963.. C'est à cette époque (1961) qu'il interprète l'évêque Cauchon dans le Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson.
Une exposition à Casablanca en 1954 l'a fait connaître au Maroc. Il y vit plusieurs années. Il y peint les portraits de Lalla Malika, la sœur du roi Hassan II, de Lalla Lamia, sa belle-sœur, de Karim Lamrani, son Premier ministre, du général Oufkir et de nombreuses personnalités de la cour marocaine.
Claude Rivière évoque cependant « le contraire d’un peintre mondain » : « Très admirateur d’Antonin Artaud, de Paulhan, d’Aragon aussi, l’artiste, avec une ferveur née de tous les interstices existentiels dus à son incarnation, va heurter en premier chef son modèle. Il le dépossède de ses propres mythes afin que ceux-ci se recréent dans les dimensions qu’il veut affirmerClaude Rivière, « Jean-Claude Fourneau peintre de la vie moderne », Combat, 14 novembre 1963.. » Et Jean Paulhan lui-même se demande « par quel biais (ou quel secret) il est donné à J.-C. Fourneau de disposer à la fois d'un tel foisonnement, d'une telle âpreté« L'actualité artistique », Le Figaro littéraire, 14 novembre 1963. ».
Jean-Claude Fourneau paraît sur la photographie des surréalistes rassemblés au café de la Place Blanche en 1953André Breton 42, Rue Fontaine, catalogue de la vente Calmels Cohen, avril 2003, ., et André Breton le cite parmi les membres du groupeCatalogue Calmels Cohen, ibid. Au dos de cette photo, comme le précise la légende du catalogue, Breton a écrit les noms des membres du groupe, dont celui de J.-C. Fourneau.. Autant littéraire que plastique, l’influence du surréalisme est marquée chez Fourneau par la figure tutélaire de Breton, pour qui il éprouve, dès leur première rencontre en 1924 et jusqu'à la fin, une admiration intimidée. Timidité traversée de certaines hardiesses, telle cette lettre2 lettres de Jean-Claude Fourneau à André Breton. [Paris], 9 décembre 1954 ; 12 février 1955. Bibliothèque Jacques Doucet, adressée rue Fontaine en 1954, qui prétend concilier Histoire d’O, dont il fut l’un des plus fervents défenseurs, et la représentation de la femme sublimée par Arcane 17. Comme si « l’amour fou », « l’amour électif », ne pouvait trouver de meilleur épanouissement qu’à travers le jeu paradoxal de la résolution des contraires : le plaisir et la douleur, la violence et la douceur, le libertinage et la fidélité, la force et la faiblesse...
De retour à Paris en 1968, Jean-Claude Fourneau poursuit son activité de portraitiste et expose une dernière fois en 1976.
L'œuvre Tous les tableaux de cette liste non exhaustive sont visibles sur le site consacré au peintre.
Andrée Seillière, huile sur toile, 1942 (coll. Andrée Jaigu). La Princesse Jean-Louis de Faucigny-Lucinge et son fils, huile sur contreplaqué, ca 1945 (coll. Faucigny-Lucinge). Josée de Chambrun, huile sur toile, 1947 (coll. Fondation Josée-et-René-de-Chambrun). Félix Youssoupoff, huile sur toile, 1951 (coll. Fourneau). Agnès Bourgois, créatrice d'agnès b., huile sur contreplaqué, 1953 (coll. Fondation Agnès-Troublé). Chez les Saint-Marceaux à La Ciotat, 1954 (coll. Fourneau). Clotilde Rabinovitch, 1955 (coll. Joano). Le Général Catroux, huile sur toile, 1955 (coll. Maison d'éducation de la Légion d'honneur de Saint-Denis). Céleste Albaret, huile sur toile, 1957 (coll. Fourneau). S.A.R. Lalla Malika du Maroc, huile sur toile, 1958 (coll. palais royal du Maroc). Driss Debbagh, 1958 (coll. Debbagh). Jeanne-Marie de BroglieMembre du conseil d'administration du musée d'Orsay, membre du conseil d'administration de la société des amis du Louvre, ancienne directrice de Christie's Europe, donatrice des Musées nationaux., huile sur toile, 1958 (coll. J.-M. de Broglie). Éric Ollivier, huile sur toile, 1962 (coll. É. Ollivier). Jean Paulhan, huile sur contreplaqué, 1964 (coll. Jacqueline Paulhan). Dominique Aury (Pauline Réage), huile sur isorel, 1965 (coll. Fourneau). Diane de France, huile sur contreplaqué (coll. Diane de Würtemberg). Karl de Würtemberg, huile sur toile (coll. Karl de Würtemberg). Anne-Aymone Giscard d'Estaing, huile sur toile, 1969 (coll. A.-A. Giscard d'Estaing).
Expositions
thumb|Pierres, ca 1960 (coll. Fourneau)
Personnelles
1948 : Galerie Jeanne Castel, Paris 1954 : Galerie du Livre, Casablanca 1962 : Centre culturel français, Rome 1963 : Galerie André Weil, Paris 1976 : Centre français d’art et d’artisanat, Paris
Collectives
1932 : Galerie Jeanne Castel, Paris 1933 : Galerie Jeanne Castel, Paris 1936 : Galerie Jeanne Castel, Paris 1938 : Galerie Montaigne, Paris 1939 : Salon des Tuileries, Paris 1946 : Galerie Jeanne Castel, Paris 1947 : Galerie Jeanne Castel, Paris 1949 : Galerie du Siècle, Paris
Références
thumb|Francine Roberty, huile sur contreplaqué, 1950 (coll. Fourneau)
Revue de presse
« Juliette Adam a visité hier l’exposition de son arrière-petit-fils », Comœdia, . .
. Peter Bell, « Jean-Claude Fourneau (galerie du Livre) », Maroc demain, Casablanca, . Renée Syve, « J.-C. Fourneau à la galerie du Livre », Les Arts à Casablanca, . Albert Abt, « Jean-Claude Fourneau à la galerie du Livre », Les Arts à Casablanca, . . . . R. J., « Les Arts sur la rive droite », Le Monde, . . « Le peintre du Gotha n’a pas trahi ses illustres modèles », Paris Jour, . Jean Bouret, « 7 jours avec la peinture », Les Lettres françaises, , . Claude Rivière, « Jean-Claude Fourneau, peintre de la vie moderne », Combat, . Martine Girbal, « Jean-Claude Fourneau, apôtre de la personnalité », 1963. .
Illustrations
1945 : Vrille, 1945 : Philémon et Baucis (huile sur toile, ca 1940). 1946 : Alfred Fabre-Luce, Les Sept Voluptés spirituelles, chez l’auteur, Paris, 1946 ; L'Incendiaire, chez l'auteur, Paris, 1982 : portrait de l’auteur en frontispice (encre sur papier). 1955 : Henri Kréa, Longue Durée, Paris, P. J. Oswald, 1955 : couverture et frontispice (plume sur papier). 1956 : : portrait du général Catroux (huile sur toile, 1955), avec pour légende : « Son portrait préféré, par le peintre Fourneau, arrière-petit-fils de Juliette Adam ». 1962 : « Esclavage », dans Dictionnaire de sexologie, Jean-Jacques Pauvert, 1962 : illustration (plume sur papier). 1983 : Le Bucentaure, , : portrait de Jean Paulhan (huile sur bois, 1964). 1997 : : sans titre [Nymphe hamadryade] (huile sur toile) et portrait de Monique Motte (huile sur toile). 2008 : Jean-Benoît Puech et Yves Savigny (dir.), Benjamin Jordane : Une vie littéraire, Champ Vallon, 2008 : portrait de la comtesse de Durat (huile sur isorel, ca 1960) ; portrait de Bessie de CuevasFille du marquis de Cuevas, devenue sculpteur sous le nom d'Elizabeth Strong-Cuevas (Œuvres et Biographie). (huile sur toile, 1978). 2009 : : La Vérité (huile sur Isorel, 1965-1980). 2010 : : portrait de Mary-Sargent Abreu (huile sur toile, 1961). 2014 : : portrait de madame Charles de Yturbe, née Laurette de Leusse (huile sur toile, ca 1948). 2014 : : portrait de Céleste Albaret (huile sur toile, 1957). 2017 : : Philémon et Baucis, huile sur toile, ca 1940. 2018 : : portrait de Céleste Albaret (huile sur toile, 1957).
Collections publiques
Fonds national d'art contemporain (maison d'éducation de la Légion d'honneur, Saint-Denis) : portrait du général Catroux (huile sur toile, 1955). Fondation Josée-et-René-de-Chambrun (château de la Grange-Bléneau, Courpalay) : portrait de Josée de Chambrun (huile sur toile, 1947). Fonds Marc Vaux du Musée national d'art moderne (bibliothèque Kandinsky, centre Georges-Pompidou, Paris) : plaques photographiques des clichés de Marc Vaux reproduisant les œuvres de Fourneau. Fonds national d'art contemporain (palais du Luxembourg, Paris) : Nature morte (huile sur toile, 1939).
Liens externes
Le site Jean-Claude Fourneau présente un choix de peintures et de dessins de l'artiste. La revue Ironie a publié des extraits de ses Notes et carnets.
Notes
Catégorie:Naissance en mars 1907 Catégorie:Naissance dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XXe siècle Catégorie:Décès en octobre 1981 Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Élève de l'École des Roches Catégorie:Décès à 74 ans