La Princesse de Montpensier est un film franco-allemand de Bertrand Tavernier, sorti en France le .

Il s'agit d'un film historique inspiré de la nouvelle homonyme de Madame de La Fayette, dont l'action se déroule à l'époque des guerres de religion, s'achevant peu après la nuit de la Saint-Barthélemy. Le film présente donc l'histoire d'amour romancée entre le jeune Henri de Guise et , contrainte d'épouser le prince de Montpensier, à la suite d'un accord politique entre leurs pères, le marquis de Mézières et le duc de Montpensier.

Il a été présenté en compétition à la sélection officielle du Festival de Cannes de 2010 sans obtenir de prix et a été sélectionné dans plusieurs catégories pour la des César de 2011 où il a obtenu le césar des meilleurs costumes.

Cette quatrième et dernière collaboration entre Bertrand Tavernier et Jean Cosmos pour le scénario a failli ne pas se réaliser en raison d'un manque de financement, dû au contexte économique de l'époque. Le film doit son existence à l'intervention du ministère de la Culture, conformément à la volonté personnelle du ministre Frédéric Mitterrand. vignette|Costume du personnage de François de Chabannes dans le film. L'équipe de tournage a pu disposer de plusieurs sites historiques classés, notamment dans la région Centre-Val de Loire, où se trouvent de nombreux châteaux de la Renaissance. Une partie du film a également été tournée dans le Massif central, au château de Messilhac, situé à Raulhac (Cantal). Contexte vignette|

L'action se déroule de 1567 à 1572, sous le règne de Charles IX, à un moment où Catherine de Médicis n'exerce plus la régence, mais détient encore une grande partie du pouvoir. Catherine et ses enfants sont confrontés aux affres des guerres de Religion, dont le massacre de la Saint-Barthélemy, dans la nuit du est l'événement emblématique.

L'action du film se déroule au sein d'un petit groupe d'aristocrates de haut rang, appartenant aux grandes familles de France : la Maison de Guise, branche cadette de la Maison de Lorraine et proche des souverains d'Écosse ; la maison de Bourbon-Montpensier, proche des Dauphins d'Auvergne ; la Maison de Valois qui règne alors sur la France, ici représentée par Henri de Valois, duc d'Anjou et futur roi de France.

L'essentiel des scènes du film se situeil s'agit, ici, des lieux où, historiquement, ces scènes sont censées se situer, au château du marquis de Mézières, puis dans le château de Philippe de Montpensier. Plusieurs scènes, dont l'entrevue avec Catherine de Médicis et le bal, se déroulent à la cour du Roi Charles IX, au palais du Louvre puis à l'hôtel des MontpensierL'hôtel du Petit-Bourbon, situé, 2, rue de Tournon à Paris et une des dernières scènes du film (l'adieu à Henri de Guise) se déroule au château de BloisLe château de Blois est le seul site historique utilisé de façon authentique (et donc adaptée) dans le film.

Synopsis Le film s'ouvre sur la vue d'une campagne verdoyante et dévoile une scène de guerre propre au . Des cavaliers apparaissent sur un champ de bataille où l'on découvre des corps jonchant le sol. Il s'agit du comte de Chabannes et de ses hommes qui poursuivent des fuyards. Le comte pénètre alors dans une maison isolée. Emporté par le feu des combats, il transperce une femme enceinte avec son épée, puis sort de la maison pour nettoyer son arme souillée par le sang. À la suite d'une grande chevauchée dans la campagne, il déclare à son compagnon d'arme, Nicolas, qu'il renonce au combat. Quelques instants plus tard, des cloches sonnent la trêve et la fin des combats. Chabannes apprend ensuite qu'il est banni par les deux camps (royalistes et réformés) qui le considèrent comme un traître à leurs causes. Dès lors, il donne congé à Nicolas et part seul à travers la campagne. Il se retrouve près d'un arbre et, épuisé, finit par s' y endormir à son pied. Réveillé brutalement par des individus, vraisemblablement des brigands qui, le prenant pour un réformé, veulent le détrousser et le pendre, il ne doit la vie qu'à l'intervention subite de Philippe de Montpensier, prince de sang, qui fut autrefois son élève d'armes. Le comte de Chabannes lui avoue qu'il est ruiné, proscrit et déserteur, mais Philippe demande de l'accompagner dans sa route pour rejoindre son père qui a pris la décision de le marier.

vignette| Au château des Mézières, le duc de Montpensier après une longue et âpre discussion parvient à convaincre son ami, le marquis de Mézières, de marier sa fille, Marie, à son fils Philippe en lieu et place d'un membre de famille cadette de Lorraine plus connue sous le nom de « Maison de Guise »maison qui se positionnait en "championne de la cause catholique et romaine". Pendant ce temps-là, dans le jardin du château, Henri de Guise s'amuse à des jeux de passion et de baisers avec Marie de Mézières qu'il dénomme affectueusement Mariette. Autour d'eux, d'autres jeunes gens semblent s'égayer, dont Catherine et Charles, respectivement la jeune sœur et le frère cadet d'Henri. Sur ces entrefaites, Philippe et le comte de Chabannes parviennent à l'entrée du château. Un nouveau duel s'ensuit entre Henri et Philippe qui, régulièrement, s'organisent ce type de rencontres. Très rapidement, le combat est interrompu par les aînés qui doivent les informer de leurs décisions. Marie, qui reste éloignée des conciliabules, s'inquiète. Henri de Guise, soutenu par son oncle le Cardinal de Lorraine, est outré de la décision de Mézières de préférer un Montpensier pour sa fille, plutôt qu'un Guise (même s'il ne s'agit en réalité que de son frère cadet, Charles) et veut s'en prendre à Philippe, mais Chabannes s'interpose et s'attire les foudres d'Henri. Le duc de Montpensier demande à son fils de garder le comte près de lui. Marie subit les violences de son père et finit par suivre les conseils de sa mère afin qu'elle accepte de se marier avec Philippe de Montpensier. La nuit tombée, Marie va embrasser Henri dans son lit et lui avoue qu'elle a accepté ce mariage à ses parents.

Le mariage entre Marie et Philippe se déroule au château, suivi d'un repas assez terne, essentiellement composé d'anguilles. Marie est préparée pour sa nuit de noces, des suivantes étant présentes pendant toute la durée du premier rapport sexuel entre les jeunes époux. Les pères respectifs attendent en jouant aux échecs. Une duègne apporte ensuite les couches de Marie pour prouver que l'acte de défloraison a bien été effectué par les jeunes mariés. Dès lors les deux hommes se félicitent. Le lendemain, accompagnés par le comte de Chabannes, Marie et son nouvel époux quittent le château de Mézières pour celui de la famille de Montpensier qui est désormais la sienne. Lors d'une halte, Chabannes échange quelques propos sur ses faits d'armes durant la guerre, sa décision de suivre l'armée protestante de Condé, puis son retournement et son crime d'avoir tué « au nom du Christ » une femme enceinte l'obligeant, par dégoût, d'abandonner le combat. Marie découvre avec inquiétude son nouveau château (dénommé Montsurbrac dans le film), présenté comme « rustique » par Philippe. Elle choisit, pour elle, une chambre donnant sur le lever du Soleil.

vignette| La mère de Philippe est malade, mais son époux, le duc de Montpensier décide cependant de rentrer à Paris avec elle. Philippe doit le suivre et quitter Marie à la demande du roi. Avant de quitter le château, le comte de Chabannes lui prodigue quelques conseils. En échange Philippe parle de plaider sa cause à la cour et lui demande d'assurer l'instruction de Marie, devenue la princesse de Montpensier et qui le jour venu devra assurer son rang à la cour. Cours de latin, d'écriture et d'astronomie (en réalité d'astrologie) sont prodigués à Marie par le comte, entraînant celle-ci dans des digressions d'ordre philosophique. Profitant d'une sortie où ils cueillent ensemble du céleri sauvage, Marie questionne Chabannes sur l'amour et lui avoue sa propre souffrance.

Pendant ce temps-là, la guerre fait rage. Henri de Guise et Philippe de Montpensier se battent vaillamment dans l'ultra violence, le sang et la poussière. S'emparant de la bannière des Condé, ils clament leur victoire sur les hérétiques. Henri profite de la fin des combats pour évoquer Marie à Philippe, celui-ci s'éloigne sans répondre. Au château de Montsurbrac, après avoir assisté de façon furtive aux ébats de sa servante Jeanne, Marie évoque le péché avec Chabannes. Celui-ci lui déclare ne pas être son confesseur et finit même par lui avouer son amour, Marie le remet à sa place et lui pardonne aussitôt ses mots. Dès lors, la conversation se déplace sur la poésie ... Quelque temps après, un colporteur arrive au domaine des Montpensier et donne des nouvelles de la guerre aux gens du château, annonçant la victoire d'Henri de Guise et la déroute de Gaspard II de Coligny et de ses troupes réformées. On assiste ensuite à la découpe d'un sanglier par les paysans du domaine et Marie est conviée à y participer. Tout ce sang entraîne une conversation avec son précepteur sur le sang du Christ, la religion et la foi qui entraîne cette phrase de Chabannes : . Réclamé par Philippe, le comte de Chabannes doit quitter le château. Avant de partir, celui-ci demande à Marie d'écrire régulièrement à son époux.

Après avoir rejoint Philippe qui se plaint de sa condition, Chabannes l'accompagne jusqu'au campement du prince Henri, duc d'Anjou, frère du roi de France. Alors qu'un orage se déchaîne sur le campement, Philippe de Montpensier découvre le prince royal, en train de suivre des cours de polonais, avec un précepteur, car il est pressenti par sa famille pour prétendre au trône de Polognetitre qu'il finira par obtenir à la fin du film. Le Valois fait aussitôt suspendre la leçon et se réjouit à Philippe de sa venue tout en se plaignant du risque de subir (pour lui-même) un mariage arrangé, mais Philippe ne réagit pas. À son tour, Henri de Guise, défraîchi, fait son apparition dans la tente du prince royal pour annoncer la trêve. Henri de Valois s'enquiert de sa mauvaise mine et Guise dit avoir assisté à l'agonie de son meilleur compagnon d'armes, puis quitte la tente du prince. Le duc d'Anjou demande alors à Philippe de présenter l'homme qui l'accompagne. François de Chabannes s'exécute. Le prince royal semble douter quelque peu de la sincérité du revirement du comte, mais décide tout de même de lui donner sa confiance. Ensemble, ils partagent une bouteille de bon vin d'Aÿ.

Philippe, accompagné de Chabannes, rentre au château et retrouve Marie. Montpensier la couvre de compliments pendant que Marie lui demande si la guerre est finie, ce que Philippe semble croire. Ils se retrouvent seuls dans leur chambre et Marie semble se défiler à ses caresses. Philippe pense alors que la guerre les a trop longtemps séparés. Il part retrouver Chabannes et tous deux devisent sur Marie. Philippe exige que Chabannes appelle Marie par son titre de princesse, et uniquement par son titre.

Un matin, un courrier du père de Philippe, le réclamant à Paris, arrive au château de Montsurbrac. Chabannes l'apporte dans la chambre des époux alors qu'ils sont tous les deux nus et enlacés dans leur lit. Chabannes semble gêné et Marie semble ravie. Philippe lit la lettre et évoque son retour à la cour. vignette|