Le Féru des Sciences (anciennement musée de l'Histoire du Fer) est un établissement de culture scientifique, géré par la métropole du Grand Nancy. Le musée est consacré à l'utilisation du fer et de ses dérivés, depuis le Moyen Âge et l'apparition du haut-fourneau jusqu'au . Ce musée est situé dans le Parc de Montaigu où se trouve également le château de Montaigu à Laneuveville-devant-Nancy, à proximité de Nancy, en Lorraine.
Collections Origine de la collection Pendant les travaux de construction du Féru des Sciences, les premières collections se constituèrent, composées d'acquisitions, de dons et de dépôts sous l’action du Centre de Recherches de l’Histoire de la Sidérurgie. Les collections et le musée furent constitués par plusieurs spécialistes : Bertrand Gille (1920-1980), Édouard Salin (1889-1970), Albert France-Lanord (1915-1993), le Général Joseph Belorgey (1900-1970) et Georges Henri Rivière (1897-1985) qui contribua au programme muséographique. Le Laboratoire d'Archéologie des métaux fut également mis à contribution pour la création de fac-similés et de maquettes. En 1965, l'inventaire du Féru des Sciences comptait environ 500 objets. Les acquisitions du musée se faisaient alors sur des axes précis : des outils, machines, instruments de production de fer, de transformation de fer, des produits finis renvoyant à une époque définie, des cartes, schémas, diagrammes et des maquettes
De nombreuses maquettes furent déposées par le Musée des Arts et Métiers, aujourd'hui, 18 sont encore dans les collections du musée. Le musée compte un autre dépôt significatif de collections: le dépôt du Musée lorrain, d'environ 84 objets d'archéologie, d'ethnographie, des objets liés aux métiers du fer présentés à partir des encyclopédies Diderot et D'Alembert.
En ; les collections inventoriées du Féru des Sciences rassemblent unités pour des collections couvrant plusieurs domaines : "objets ethnographiques, collection Beaux-arts, objets archéologiques, objets scientifiques, techniques et industriels, maquettes, militaria, armement, minéralogie, photographies, arts graphiques, ferronneries et fontes d'ornement, éléments d'architecture, design et collection Jean Prouvé".
Toujours en 2019, le récolement des collections du Féru des Sciences a atteint 69% des collections. 1279 notices ont été créées sur la base de données Micromusée et 8477 notices ont été modifiées et enrichies.
Typologie des collections thumb|Premier étage du musée. La mission de conservation du Féru des Sciences se porte sur la mémoire des techniques de production de Fer, ses dérivés et ses produits finis depuis les origines jusqu'à la fin du . S'ajoute également la dimension sociale et humaine du travail du fer, de l'artisanat au monde ouvrier. Le programme muséologique permet une vraie diversité dans l'acquisition des collections et donc, la multiplication des points de vue sur l’histoire du fer.
Les objets d’histoire des techniques et de l’industrie La place des collections techniques est primordiale au Féru des Sciences, elle représente d'ailleurs la typologie présentant le plus grand nombre d'objets conservés. Cette collection rassemble des outils de fabrication, des instruments de mesures et d'études, des modèles réduits, des maquettes pédagogiques, des documents scientifiques associés… Ces objets de collection proviennent principalement d'entreprises de sidérurgie et de métallurgie, d'usines, d'ateliers et de bureaux d'études. S'ajoutent à ces objets, des exemples de ferronnerie d'art, de fonte d'art et d'ornement, d'éléments architecturaux de la région Grand Est.
La collection archéologique En lien étroit avec Édouard Salin, fondateur du Centre de Recherche de l'Histoire de la Sidérurgie, du Féru des Sciences (anciennement Musée de l'Histoire du fer) et du Laboratoire d'Archéologie des Métaux, la collection d'archéologie présente l'usage du fer et des métaux à travers les âges. Elle représente 184 objets originaux et explore l'illustration des techniques de transformation des métaux, l'archéométrie et l'évolution de leur présence à travers l'Histoire.
La collection d'arts graphiques Bien plus fournie que la collection d'objets archéologiques, la collection d'art graphique regroupe en 2019 : 457 dessins, dessins et estampes d'ateliers de ferronnerie, des affiches, mais également 201 planches de l'encyclopédie Diderot et D'Alembert et un fonds de 2038 cartes postales et images populaires. Cette collection couvre une large période allant du au .
Deux fonds sont particulièrement intéressants : le fonds Manchelle et Peltier (ancien atelier parisien) acquis en 1994, ce fonds compte 2101 dessins de ferronnerie d'art. Le second fond est constitué de 120 dessins préparatoires de Ignace-François Bonhommé.
En 2016, le fonds de dessins Ignace-François Bonhommé a été valorisé dans un film visible dans les salles d'expositions. Une exposition temporaire a mis en lumière cet artiste en 1996.
La collection de Beaux-Arts Les peintures conservées au Féru des Sciences sont d'un grand intérêt historique : elles montrent les différentes représentations de l'industrie sidérurgique et métallurgique dans les Beaux-Arts. L'œuvre majeure de cette collection est la Tôlerie des Forges d'Abainville par Ignace-François Bonhommé, réalisée en 1837.
D'autres œuvres sont conservées au musée, elles représentent l'industrie ou le travail artisanal du fer pendant le . Autour de ce thème sont regroupés des artistes au style divers : Volot, Nadezda Prvulovic, Anders Montan, Maria Onken Palme, Auguste-Michel Colle, Alfred Renaudin, Camille Hilaire… et d'autres peintres de la région Lorraine.
La collection de photographies Les photographies de cette collection allient technique et esthétique et montrent divers pans de l'industrie sidérurgique et métallurgique en France. La chronologie de cette collection s'étendu du dernier quart du jusqu'aux années 1980. Les photographies sont classées en 3 catégories distinctes :
- Les albums de photographies d'entreprises représentant des hommes et des enfants prenant la pose à l'entrée des usines (avant 1914) ;
- Les photographies documentaires des usines pendant la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et l'Entre-deux-guerres (1911-1951) ;
- Le fonds de la Chambre Syndicale de la Sidérurgie Française regroupant des vues d'usines et d'infrastructures industrielles, certaines par des photographes reconnus : John Craven (photographe), Henri Lacheroy, Jacques Windenberger, Jean Dieuzaide, Henri Baranger…
Les collections de géologie et de minéralogie Cette collection provient de Camille Cavallier (1854-1926), dirigeant des Fonderies de Pont-à-Mousson, aujourd'hui Usine métallurgique de Pont-à-Mousson.
Les collections monumentales Des colonnes en fonte, le portique de l'aéroport d'Orly et des structures métalliques de Jean Prouvé, une installation de fonderie industrielle au sable, un martinet hydraulique dont l’origine remonte au , une batterie de trois martinets hydrauliques du , une forge en état de fonctionnement et une section d’un escalier de la tour Eiffel ont été implantées dans les espaces verts autour du musée et dans son jardin.
Les objets phares
Boyotte ou locomotive pour voie étroite La boyotte est une locomotive à vapeur utilisée dans les usines de production de fer en Lorraine. Le modèle 1880 exposé au rez-de-chaussée du Féru des Sciences a été construit en 1902 par la Société anonyme de construction Meuse à Liège-Seraing en Belgique. Elle servait à l'usine de production de fer de Neuves-Maisons de la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons qui disposait en 1955 d'un parc de 26 locomotives.
Utilisées de 1903 à 1953, les boyottes assurent les manœuvres dans l'usine. Sur 1,4 km de voies de chemins de fer étroits de 77 cm, elles transportent des lingotières et des lingots d'aciers de la halle de l'aciérie à la halle du laminage. Ces locomotives ont un moteur de 70 chevaux, ne pouvant dépasser 20 km/h. Chargées de 75 tonnes d'acier, elles ne dépassaient pas la vitesse de 9 km/h.
La boyotte exposée au Féru des Sciences porte le numéro 9. Il s'agit d'un don de la Société des Aciéries et Tréfileries de Neuves-Maisons Châtillon. Il existe une autre boyotte installée à l'entrée des cités industrielles de Messein à Neuves-Maisons.
Maquette de convertisseurs Bessemer
Cette maquette fait partie d'une grande collection de maquettes techniques présentant les évolutions l'industrie de la sidérurgie et de la métallurgie.
Celle-ci présente l'atelier de la première ville à avoir fait fonctionner le procédé Bessemer : Imphy en 1862. Cette usine est mise en route après que Henry Bessemer l'ait breveté. Son invention est une rupture technologique dans l'histoire de la production de l'acier car il devient désormais possible de produire en grande quantité de l'acier, aux propriétés supérieures à la fonte moulée et au fer puddlé.
La maquette représente l'atelier d'Imphy qui se composait de deux convertisseurs permettant un rondement entre chargement, déchargement et transformation. La fonte liquide est acheminée dans une rigole par le bec de la cornue. L'oxygène est ensuite introduit par le bas du convertisseur et les fumées s'évacuent par une cheminée. Le contenu transformé est ensuite transféré dans une poche de coulée afin d'être versé dans les lingotières en fonte. Le processus se termine par le laminage et la forge.
La maquette provient du Collège d’enseignement technique de Dombasle-sur-Meurthe. Constituée de bois et d'acier, elle mesure . Entrée dans les collections du Féru des Sciences en 1966, elle est exposée dans l'espace permanent.
Modèle réduit des grilles de la place Stanislas Reproduction miniature d'une des porte de ferronnerie d’art de Jean Lamour de la Place Stanislas, ce modèle réduit est une pièce de fonderie, fidèle à l'original, réalisé en ferronnerie d'art , jusqu'au moindre détail. Sont représentés avec exactitude les ornements en tôles minces dorées et rivetées des grilles : les rinceaux, coquilles, feuillages, rocailles et le coq gaulois portant la lanterne. Est également présenté l'assemblage entre la structure solide et la grille constituée du châssis et des barres.
Les grilles originales furent créées par Jean Lamour, serrurier d'art Lorrain au service de Stanislas Leszczynski de 1752 à 1755. Le travail de serrurerie d'art effectué sur la place Stanislas permet le classement de cette place, de la place de la Carrière et la place d'Alliance au patrimoine de l'UNESCO depuis 1983.
Le modèle réduit est conservé au Féru des Sciences depuis 2008, visible dans l'exposition permanente. D’autres collections du musée témoignent de la richesse du travail des ferronniers d’art et également de l’art de la serrurerie comme le Recueil des ouvrages en serrurerie que Stanislas le Bien-Faisant, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, a fait poser sur la Place royale de Nancy, à la gloire de Louis le Bien-Aimé.
Coq de Longwy Le Coq est une sculpture en tôles d'acier rivées et soudées, réalisée en 1979 par les ouvriers de Longwy pendant les grèves contre la fermeture de l'usine de sidérurgie. Deux plans de restructuration (1978 et 1984) avaient mis en péril des milliers d'emplois ouvriers à Longwy, cité ouvrière frappée par la crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain. Lors du premier plan de restructuration de 1978 les ouvriers choisirent et brandirent le coq comme symbole de résistance.