L'Immeuble de la Johnson Wax (1936-1939) est le siège mondial et un bâtiment administratif de SC Johnson & Son, Inc à Racine, dans l'État du Wisconsin, a été conçu par l'architecte américain Frank Lloyd Wright, pour le président de la société, Herbert F. « Hib » Johnson. Il a été désigné National Historic Landmark en 1976, comprenant le bâtiment de l'administration et la tour de recherche, SC Johnson et Fils. Il incarne la vision de Frank Lloyd Wright du travail en milieu urbain.

Conception

En 1935, Hibbard Johnson, le président de la SC Johnson Wax, fabricant de cire, voyant sa société familiale prospérer, décide que la compagnie doit se doter d'un nouveau siège qui améliorera la vie quotidienne de ses employés de bureau, ce qui augmentera leur productivité, et donnera une image de modernité à la société.

Wright écrit à ce propos : Ce lieu, d'après Hibbard Johnson, a permis une augmentation de 25 % de la productivité des employés.

Il visite Taliesin et demande à Frank Lloyd Wright de lui dessiner un bâtiment administratif.

La carrière de Wright est en perte de vitesse, il est en dehors de la construction depuis sept ans et est presque ruiné. Ce projet va relancer sa carrière. Wright veut faire un .

Le bâtiment prévu à l'origine s'amplifia beaucoup. En effet, le budget prévisionnel était fixé à ce qui équivaut à environ 3,9 millions de dollars ., et finalement l'édifice coûta environ 13,3 millions de dollars , soit 9,5 millions d'euros. Le coût se multiplia donc par 3,4. Hibbard Johnson ne refusa rien à Wright, comprenant l'importance architecturale de la réalisation que proposait l'architecte, et la Johnson pouvait se permettre de dépenser autant.

D'après Wright le bâtiment était une .

Pour l'architecte ce bâtiment est une .

On apprend dans l'autobiographie de Frank Lloyd Wright que la commission industrielle du Wisconsin n'autorisa pas vraiment la construction mais ne l'interdit pas non plus. Elle laissa faire en tant qu'expérience architecturale et suivit de près le projet. Ce n'était qu'une autorisation conditionnelle.

Quand le bâtiment a été achevé ce fut un triomphe, il attira beaucoup de monde et la presse en parla énormément.

Composition thumb|left|Intérieur du grand atelier.

Le plan est libre : . Pour Wright, Entretiens avec H. Downs, .. De ce fait il n'y a pas d'angles droits, même entre le plafond et les murs latéraux. Pour éviter ces angles, les murs latéraux et le plafond sont dissociés, ils sont reliés entre eux, là où pourrait se trouver une corniche, par une sorte de claire-voie en tubes de pyrex, ce qui crée un arrondi.

Le plan est asymétrique et fondé sur l'horizontalité. L'édifice est construit en béton armé, matériau nouveau dans la première moitié du , les architectes l'utilisent peu et on est encore en train de travailler à des théories sur la résistance des matériaux. Il est bâti pour être ..

L'édifice, vu de l'extérieur, est composé de longs murs aveugles, Il n'y a pas une façade sur rue qui soit mise en valeur. Il n'y a qu'une seule entrée, sur le côté ouest, c'est une entrée de parking. L'entrée du bâtiment donne sur ce parking, elle est très discrète et ouvre sur la réception. .

Il est composé de volumes enroulés sur eux-mêmes qui reprennent la forme de la spirale. Forme que l'on retrouve dans l'œuvre de Wright dès 1924 avec son projet pour le Gordon Strong Planétarium (qui ne sera jamais construit), puis dans le musée Guggenheim de New-York qu'il dessine à la fin de sa vie, dont le bâtiment principal est en spirale évasée, ou encore la maison qu'il réalise pour son fils David en 1950. .

Le bâtiment affiche un profil bas, tout en longueur, pour accentuer l'horizontalité. De ce fait il va à l'opposé des gratte-ciel qui apparaissent en grand nombre à Chicago.

Le bâtiment s'organise autour de la grande salle de travail, un rectangle de par de côté, au plafond très haut. Cet espace est créé pour être une . Il n'y a pas de cloisons, c'est ce qu'on appellera plus tard un . Idée du collectif, où tout le monde est sur un pied d'égalité. Toute la salle est scandée de colonnes en forme de nénuphars, de de haut, dont la base ne mesure que 22 centimètres de diamètre et qui s'élargissent en haut jusqu'à créer un toit. Elles sont reliées entre elles par une couverture en briques de verre.

Tout le bâtiment est fondé sur ces colonnes en forme de champignons ou de nénuphars. . Les « petits sabots de cuivre » permettent une souplesse afin d'éviter que le bâtiment ne s'effondre en cas de séisme (voir palais de Tokyo).

Wright crée une forme et en fait une typologie qu'il répète partout dans l'édifice avec des adaptations selon les endroits.

Des mezzanines entourent la grande salle, ce sont les espaces des chefs de service, ouvert sur celui du personnel. On retrouve là un élément de l'école du Bauhaus dessiné par Walter Gropius : l'espace réservé à l'administration et au directeur de l'école est placé en hauteur ce qui permet d'avoir une vue sur les ateliers et sur l'école. La direction est en hauteur, le bureau d'Hibbard Johnson est le seul à avoir une ouverture sur l'extérieur et un balcon. Malgré l'idéal d'égalité, Frank Lloyd Wright n'a pas échappé à la hiérarchisation de l'espace.

Un auditorium est placé au-dessus de la réception. C'est un lieu pour le personnel, qui sert de cafétéria, de lieu de rencontre, de spectacle, de concert, de projection de films, de conférences. Il est coiffé d'un plafond en cascade.

On retrouve des tubes de pyrex un peu partout dans l'édifice. Wright les emprunte à l'industrie chimique. Il les utilise pour les baies, pour les claires-voies, pour certaines cloisons, pour des plafonds. Il les utilise pour faire différentes formes, avec différentes épaisseurs afin de créer divers effets. Ces tubes permettent de laisser passer la lumière sans qu'on ne puisse voir à travers. Au fil du temps ces tubes seront remplacés par du plexiglas, qui offre une meilleure isolation et plus de solidité.

Cinq ans après l'inauguration du bâtiment, il est décidé qu'il faut créer un laboratoire de recherche. Johnson s'adresse à nouveau à Frank Lloyd Wright qui propose de bâtir une tour. L'idée était de monter dans les airs autour d'un pilier central énorme avec les étages en porte-à-faux dessus, pour donner de la lumière et de l'espace à chaque étage. Ainsi est bâtie la tour autour d'un noyau central en béton. Une colonne est enfoncée à de profondeur dans le sol, et les planchers sont disposés en porte-à-faux sur cette colonne, un sur deux étant plus petit et qui fait une mezzanine. À l'extérieur il y a un mur-rideau, fait de briques et de pyrex alternés. Ici non plus il n'y a pas d'angles droits, les angles sont tous arrondis. Le pilier central contient les fluides, les câbles, un escalier et un ascenseur, il est la colonne vertébrale de l'édifice. Ici encore, pas d'entrée monumentale, on entre dans la tour par l'intérieur, celle-ci étant reliée au reste du bâtiment. Cette tour est aujourd'hui fermée car non conforme aux nouvelles exigences de sécurité.

Annexes

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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