vignette|350px|Les Alliés occidentaux (en bleu) et communistes (en rouge) en septembre 1945. 350px|thumb|right|Les États communistes entre 1979 et 1983. 350px|thumb|Les États communistes en 2026 : la Chine, la Corée du Nord, Cuba, le Laos et le Viêt Nam.À l'exception de la Corée du Nord, ces États se sont progressivement éloignés du collectivisme dans le domaine économique au profit de diverses formes d'économie de marché, mais gardent un système autoritaire ou totalitaire du parti unique générant une idéologie d'État obligatoire, sous des appellations qui leur sont propres.

Un État communiste., un État marxiste-léniniste, un régime communiste, un pays communiste., un système communiste () : . ou dans d'autres cas un État socialiste, un régime socialiste, un pays socialiste ou une république socialiste est le régime politique d'un État dans lequel un parti, se réclamant du communisme ou dans d'autres cas du socialisme, exerce le monopole de la gestion des affaires publiques, en tant que parti unique officiel ou bien en tant que parti dominant d'une coalition rassemblant les seuls partis autorisés. Au cours du , un tiers environ de l'humanité a vécu sous un régime politique catégorisé comme ou .

Les États identifiés comme se réclament ou se sont réclamés du marxisme-léninisme, et se sont présentés comme , le stade du socialisme étant considéré comme la première étape précédant l'avènement de la société communiste proprement dite (autrement dit, une société sans classes et sans État) : ils furent néanmoins, par convention, désignés comme des , les partis les dirigeant se désignant eux-mêmes comme tels. Dans le discours officiel de ces partis affirmant suivre une idéologie désignée sous le nom de marxisme-léninisme, les termes communément employés étaient État socialiste., démocratie populaire. ou encore État ouvrier, affirmant ainsi représenter les classes ouvrières de ces pays .. Les termes de et de sont des éléments centraux de la propagande de régimes politiques dont l'URSS a été le principal modèle. : le mot a lui-même été employé, par extension, pour désigner l'ensemble des systèmes de gouvernement pratiqués par les États — souvent différents dans leur organisation et leur pratique politique — considérés comme communistes.. Le terme de stalinisme a été créé pour qualifier ces régimes dictatoriaux se réclamant du communisme, mais n'a été que rarement revendiqué par les acteurs du communisme étatique (par exemple en Albanie sous Enver Hoxha)..

Malgré des références idéologiques communes, des points communs dans leur organisation et des alliances plus ou moins étroites selon les époques, les États communistes se différencient les uns des autres par un ensemble de réalités économiques, sociales, politiques et culturelles liées tant à leurs particularités culturelles et historiques, qu'aux conditions d'arrivée au pouvoir des communistes locaux. : en fait, bien que la majorité des régimes communistes du aient été alignés sur l'URSS, ils ne constituaient pas un bloc homogène à l'échelle du monde. Ces régimes créés après 1945 en Europe, ainsi que d'autres en Asie et en Afrique étaient de fait dirigés de manière coercitive par une oligarchie appelée nomenklatura en URSS et dans le bloc de l'Est, princes rouges en Chine et songbun en Corée du Nord. Cette classe s'appuyait sur des moyens dictatoriaux comme une police politique toute-puissante exerçant de manière plus ou moins discrète un terrorisme d'État à l'encontre de la population, et une organisation répressive fondée sur une justice politique et des moyens variés d'incarcération et de mise au secret voire d'élimination physique des détenus, dont notamment des camps de travail forcé (le Goulag soviétique ou le Laogai chinois). Certains courants communistes sont cependant restés critiques et en opposition vis-à-vis des États inspirés du marxisme-léninisme du , par exemple les conseillistes, ou encore des anarcho-communistes et marxistes libertaires. Ces courants communistes contestataires considèrent que les régimes marxistes-léninistes (URSS, Chine) ne sont pas des pays socialistes, mais plutôt des dictatures exploitant et opprimant le prolétariat sous un système économique de « capitalisme d'État ».

Les différences entre la gouvernance réelle de ces États et leur discours officiel, déjà critiquées depuis des décennies par ceux que l'on qualifiait de « dissidents », ont été officiellement admises (pour être combattues) lors de la glasnost et de la perestroïka, et encore davantage depuis la dislocation de l'URSS et la chute des régimes communistes en Europe : cela a eu pour effet de discréditer le mouvement historique dont ces États se revendiquaient et d'affaiblir le mouvement communiste international, et tout particulièrement les partis communistes présents dans les démocraties occidentales, , , , ..

Praxis Au-delà de la diversité des modes de gouvernement ou du détail des politiques appliquées, la « praxis » politique commune de ces régimes, analysée comme une forme de totalitarismePascal Cauchy, « Les scénarios imaginés pour la fin de l’URSS », La Nouvelle Revue d'histoire, de septembre - octobre 2015, ., a abouti en 1989-1991 à la chute de la plupart d’entre euxArchie Brown, The Rise and Fall of communism, Vintage Books, 2009, page 105 ou à leur métamorphose, comme en Biélorussie, Russie, Chine ou Indochine, en « dictatures de marché »Jean-François Soulet, Histoire comparée des États communistes de 1945 à nos jours, Armand Colin, coll. « U », 1996, pages 11-42 ; cette pratique était basée surAlexandre Zinoviev, Le Communisme comme réalité, Julliard, 1981, pages 58 et suivantes. : la position constitutionnelle de jure du parti communiste local en tant que « parti unique et organe dirigeant de l’État », interdisant de facto la constitution d’associations, syndicats ou autres structures sociales indépendantes du pouvoir, et imposant un courant de l’autorité et de légitimité » (souveraineté), allant du sommet (le Comité Central) vers la base (les autres structures du Parti, les institutions, les entreprises, les citoyens)… ; une logistique policière massive de surveillance et répression de la société civile, articulée autour de la police politique, active par la censure, l’écoute aléatoire et sans aucun contrôle juridique des conversations téléphoniques, l’ouverture du courrier, le quadrillage territorial, institutionnel et professionnel systématique du pays, la pratique courante d’arrestations arbitraires, de tortures en cours d’interrogatoire et d’internement psychiatrique et de déportation des citoyens arrêtés, avec ou sans « jugement », dans les réseaux de camps de travail forcé comme le Goulag ou le Laogai… ; une planification économique d’État par la nationalisation de toutes les structures de production, ne touchant pas seulement les orientations macro-économiques et le commerce international, mais aussi toutes les sources d’existence, de la distribution et de la consommation, au mépris des ressources disponibles, des possibilités techniques, de l’environnement et des besoins de la population, interdisant toute forme d’autogestion et induisant des inégalités entre la haute bureaucratie du parti, de l'État, de l'armée et de la police politique qui disposait d’un niveau de vie satisfaisant, et le reste de la population confronté à une pénurie permanente d’énergie, de denrées, de produits finis et de services (ce qui encourageait le développement d’une économie informelle, mais spéculative)… ; un strict contrôle des activités culturelles, des médias et des droits des citoyens à l’opinion, à l’expression et au déplacement (nécessitant des autorisations et divers visas préalables pour changer d’emploi, de domicile, de résidence à l’intérieur du pays, et encore plus pour voyager hors du pays, et surtout dans les pays non-communistes) ; l'éducation présentait, comme dans la Sparte antiqueEdmond Lévy, Sparte : histoire politique et sociale jusqu’à la conquête romaine, Seuil, coll. « Points Histoire », Paris 2003 ., la triple particularité d'être organisée par la cité, obligatoire, collective, axée sur l'entraînement sportif et militaire (« esprit spartakiste »)Priestland David, The red flag : A history of communism, Grove Press, New York 2009 . ; l'existence d'un « nomenclateur social » (russe социального номенклатурный, coréen 출신성분 songbun) qui classe les citoyens, théoriquement égaux mais en fait ainsi différenciésL'humour populaire affirmait alors que dans la société communiste, toutes les briques sont théoriquement égales, mais pratiquement celles du dessous doivent supporter le poids de celles qui sont au-dessus : Ben Lewis, Les blagues de l'époque communiste, in : Prospect (magazine), Mai 2006 Hammer & tickle. et Humour, blagues, textes drôles sur Russie virtuelle : . en fonction de deux types de critèresViktor Pavlovitch Mokhov, Советская номенклатура как политический институт, номенклатура в истории советского общества (« La nomenklatura soviétique comme institution politique : classification et histoire de la société soviétique »), Perm 2004. : les origines sociales de leurs familles avant le régime communiste (« saines » : ouvriers industriels, agricoles et des services, simples soldats ; « douteuses » : artisans, paysans ayant possédé des animaux ou un lopin de terre (« koulaks »), sous-officiers ; « petits bourgeois » : anciennes classes moyennes, professions libérales, chefs d'atelier, petits fonctionnaires des régimes antérieurs au communisme, membres des administrations des régimes antérieurs au communisme, officiers de rang moyen ; « grands bourgeois » : notables, hauts fonctionnaires, cadres industriels, gros commerçants, officiers de rang supérieur ; « exploiteurs et parasites du peuple » : actionnaires, patrons et hauts cadres de l'industrie, aristocrates et propriétaires terriens, responsables des administrations et membres des forces de l'ordre des régimes antérieurs au communisme) ; « ennemis du peuple » : toute personne s'étant opposée au et à son pouvoir, ou en ayant doutéC'est sur ce barème que se basait l'action de la police politique soviétique : le novembre 1918, Martyn Latsis, définit, dans le journal La Terreur rouge du novembre 1918, les tâches de cette police : « La Commission extraordinaire n'est ni une commission d'enquête, ni un tribunal. C'est un organe de combat dont l'action se situe sur le front intérieur de la guerre civile. Il ne juge pas l’ennemi : il le frappe. Nous ne faisons pas la guerre contre des personnes en particulier. Nous exterminons la bourgeoisie comme classe. Ne cherchez pas, dans l'enquête, des documents et des preuves sur ce que l'accusé a fait, en acte et en paroles, contre le pouvoir soviétique. La première question que vous devez lui poser, c'est à quelle classe il appartient, quelle est son origine, son éducation, son instruction et sa profession. Ce sont ces questions qui doivent décider de son sort. Voilà la signification et l'essence de la Terreur rouge ». Cité par Viktor Tchernov dans Tche-Ka, ed. E. Pierremont, et par Sergueï Melgounov, La Terreur rouge en Russie, 1918-1924, éditions des Syrtes, 2004, . Aujourd'hui, en Corée du Nord, c'est la « Division 39 » qui applique ces discriminations. ; leur attitude par rapport au Parti unique (« fiable » : entièrement dévoué, ne discutant jamais les ordres ; « douteuse » : favorable au régime mais ayant tendance à discuter les ordres, à les interpréter, à prendre des initiatives, ou ayant soutenu une ligne politique finalement condamnée par l'un ou l'autre Congrès du parti unique ; « hostile » : opposé au pouvoir communiste, catégorie très large incluant aussi bien les ennemis déclarés du régime, que des citoyens simplement accusés d'être hostiles, des cadres accusés de « sabotage » pour avoir contesté ou échoué à exécuter des ordres absurdes ou irréalisables, ou encore des paysans ayant soustrait des provisions aux réquisitions pour éviter de ).