Maracaibo ou Maracaïbo est une ville du Venezuela et la capitale de l'État de Zulia. Elle est située à l'entrée du lac de Maracaibo, à à l'ouest de Caracas. La population de son aire urbaine était estimée à en 2011. Maracaibo, dont l'économie repose sur l'exploitation du pétrole du lac de Maracaibo, est la deuxième plus grande ville du Venezuela après la capitale.

Géographie thumb|Maracaibo, au centre de la carte, est situé sur la rive occidentale du chenal qui relie le lac Maracaibo au sud et le golfe du Venezuela au nord.

Localisation La ville est située au nord-ouest du Venezuela, à de la frontière colombienne et borde le chenal qui relie le lac de Maracaibo et le golfe du Venezuela dans la plaine de MaracaiboPlanicie de Maracaibo en espagnol. Elle est reliée à la rive orientale du chenal par le pont du Général-Rafael-Urdaneta long de .

Hydrographie La région possède un bon drainage naturel du fait de la présence de gorges naturelles qui débouchent sur le lac.

Géologie, relief et sismicité Le relief de la région et de la ville sont peu marqués, Maracaibo étant située dans la plaine alluviale liée au chenal du lac Maracaibo. La sismicité est peu importante en raison de l'éloignement relatif de Maracaibo par rapport aux bords de la plaque des Andes du Nord où elle occupe une position centrale, éloignée des failles principales, notamment celle de Boconó dans les Andes vénézuéliennes.

Faune et flore Faune Parmi les mammifères endémiques de l'écorégion du nord-ouest du Venezuela que l'on peut trouver à Maracaibo ou dans ses environs proches, on peut citer l'opposum Marmosa xerophila et le rongeur Calomys hummelincki. Parmi les oiseaux, on peut citer le Martinet pygmée (Tachornis furcata), le Colibri trompeur (Leucippus fallax), le Picumne cannelle (Picumnus cinnamomeus), le Synallaxe à moustaches (Synallaxis candei), le Batara à dos noir (Thamnophilus melanonotus), le Tyranneau à bec fin (Inezia tenuirostris), le Tohi de Tocuyo (Arremonops tocuyensis) et le Cardinal vermillon (Cardinalis phoeniceus).

Flore La terre est peu fertile et la végétation varie de la savane que l'on trouve tout autour du lac Maracaibo, à la forêt tropicale sèche fragmentaire aux espèces xérophiles. Parmi les espèces courantes, citons les comestibles acéroles (cerise des Antilles et Byrsonima crassifolia) et parmi les autres espèces végétales de la région, on compte des espèces de graminées (Axonopus canescens), de Fabaceae (Bowdichia virgilioides, Galactia jussiaeana, Acacia glomerosa, Copaifera venezuelana, Myrospermum frutescens, Piptadenia flava), une espèce de Rubiaceae du genre Borreria, des Cyperaceae (Bulbostylis capillaris), des Dilleniaceae (Curatella americana), un palmier à cire du genre Copernicia (Copernicia tectorum), des Annonaceae (Xylopia aromatica), un grand représentant des Zygophyllaceae pouvant mesurer jusqu'à (Bulnesia arborea), des Boraginaceae (Bourreria cumanensis), des Hernandiaceae (Gyrocarpus americanus), des Theophrastaceae (Jacquinia pungens) et une espèce de cactus columnaire (Stenocereus griseus).

En 1997 est né un programme d'implantation d'une espèce d'arbre, le margousier, connu localement sous le nom de neem ou nim (Azadirachta indica) qui a comme particularité de croître rapidement par rapport aux espèces indigènes sans apport important d'eau, de résister aux hautes températures et de fournir une ombre permettant d'abaisser la température au sol. Mais on attribue à l'introduction de cet arbre la disparition d'espèces d'oiseaux car sa toxicité serait responsable de leur stérilité, ainsi que des décès humains après consommation de cette plante.

Climat thumb|Le poète Udón Pérez (1871-1926), auteur de La Tierra Del Sol Amada, « la Terre du Soleil chéri », qui a donné l'un des surnoms de Maracaibo en raison de son climat chaud et ensoleillé tout au long de l'année. Maracaibo a un climat semi-aride, BSh selon la classification de Köppen est connue comme « La Terre du Soleil chéri »La Tierra Del Sol Amada, en espagnol, en référence au poème d'Udón Pérez, titre qui témoigne du climat ensoleillé que l'on trouve toute l'année ou presque. Maracaibo est l'une des villes vénézuéliennes où l'on enregistre les températures les plus élevées. Elle possède un climat chaud, seulement atténué par une influence modérée du lac d'où proviennent les alizées. La température annuelle moyenne s'élève à 28,1 °C. Le lac de Maracaibo est un des endroits au monde où il y a le plus d'impacts de foudre, avec près de 300 jours d'orage par an.

En raison de ses températures, Maracaibo et sa région comptent parmi les villes à la consommation électrique la plus élevée d'Amérique latine du fait d'une intense utilisation de systèmes d'air conditionné corrélée à son architecture qui, depuis les années 1970, est inadaptée aux caractéristiques climatiques d'une ville tropicale côtière. Ces caractéristiques ont pour conséquence un fort impact économique et environnemental en raison de ses effets au cours du temps.

Dans le passé, le climat de la ville et des régions côtières du lac, alliant hautes températures et taux d'hygrométrie élevé ont contribué à la persistance du fléau due aux essaims de moustiques. Toutefois, l'urbanisation actuelle et le contrôle des zones de reproduction ont contribué à faire baisser les problèmes liés à la propagation de ce vecteur de maladies.

Voies de communication et transport thumb|Un taxi à Maracaibo

Voies routières

Le Pont du Général-Rafael-Urdaneta est situé à l'embouchure du lac de Maracaibo,et permet de relier la ville au reste du pays.

Transports en commun thumb|Le métro de Maracaibo à proximité de la station Sabaneta.

Les transports urbains sont qualifiés de médiocres tant la qualité de service est fluctuante. Toutefois, la ville possède une ligne de métro d'orientation sud-ouest/nord-est inaugurée en novembre 2006 et comportant 6 stations. Une extension de cette première ligne est en projet, tout comme la construction d'une seconde ligne d'orientation est-ouest. La ville est également desservie par le système des carritos por puesto, privilégié par les habitants, sorte de véhicule à 5 passagers qui circulent là où le système de bus est déficient. Ce dernier possède des lignes qui convergent autour du centre-ville.

Transport ferroviaire et aérien Hormis l'ancien tramway et l'actuel réseau de métro, la ville de Maracaibo ne bénéficie d'aucune desserte ferroviaire, tandis qu'à l'échelle nationale le transport ferroviaire est particulièrement réduit et ne totalise pas en 2014. Toutefois, depuis 1999, il existe différents projets de développement du réseau ferré vénézuélien. En 1999, on projette la construction de deux lignes, une premièe d'environ , la linea occidental pour relier le nord de l'État de Zulia (Guasare, Puerto Bolívar et Maracaibo) avec sa partie ouest La Concepción, Villa del Rosario, Machiques, El Cruce puis une antenne avec le réseau colombien, puis le cœur de l'État de Táchira à La Fría et sa capitale San Cristóbal ; et une seconde ligne de pour relier Maracaibo à la rive orientale du lac (avec les villes de Cabimas, Bachaquero dans l'État de Zulia, Sabana de Mendoza dans l'État de Trujillo avec une branche orientale vers Barquisimeto et la capitale Caracas, El Vigía dans l'État de Mérida puis La Fría en relation avec la première ligne. Toutefois, le projet initial semble avoir depuis été réduit au profit d'une ligne plus courte entre Maracaibo et La Fría, sans liaison avec San Cristóbál ni avec la Colombie, ligne qui se poursuit vers El Vigía, Sabana de Mendoza, sans branche de retour vers la rive orientale du lac Maracaibo, mais se poursuivant directement vers Barquisimeto.

La ville est desservie par l'aéroport international La Chinita, reliant Marcaibo à la plupart des villes importantes du pays, et à l'étranger, notamment Miami aux États-Unis et Panama.

Étymologie L'origine du nom de Maracaibo est controversée. Si les faits sont relativement bien consignés dans les documents historiques Hermano Nectario María, Catálogo de los documentos referentes a la antigua provincia de Maracaibo, existentes en el Archivo General de Indias de Sevilla, Universidad Católica Andrés Bello: Instituto de Investigaciones Históricas, Caracas 1973 Rodrigo de Argüelles et Gaspar de Párraga, Descripción de la ciudad de Nueva Zamora, su término y Laguna de Maracaibo, description effectuée sur ordre du gouverneur Juan Pimentel qui serait le premier rapport sur Maracaibo et sa région, cité par d'autres sources., les détails sont rares et ambigus, les interprétations divergentes au point que la même source historique peut être citée de façon contradictoire dans les travaux les plus récentsnotamment dans les ouvrages de Rodrigo de Argüelles et Gaspar de Párraga, Descripción de la ciudad de Nueva Zamora, su término y Laguna de Maracaibo, face aux travaux de Rodríguez Días et Escamilla Vera, 500 años del nombre de Venezuela et ceux de Arlene Urdaneta Quintero et al., Los orígenes de Maracaibo y el dominio del Lago: diversidad social y mestizaje.

Certains historiens se bornent à mentionner qu'au moment de la première fondation de la ville, le conquistador allemand Ambrosius Ehinger choisit le nom de Maracaibo ou Maracaybo en l'honneur d'un chef indien ou cacique de la région de l'embouchure du lac de Maracaibo Francisco Martínez, Diccionario geográfico del estado Zulia, Universidad de Los Andes, publicaciones del rectorado, Mérida, Venezuela 1968, sans ISBN. D'autres sources attribuent à ce personnage une grande influence et une importance emblématique dans la région bien que les données sur l'étendue de son territoire soient ambiguës Arlene Urdaneta Quintero, Ileana Parra Grazzina, Germán Cardozo Galué, Los orígenes de Maracaibo y el dominio del Lago: diversidad social y mestizaje. Centro de Estudios Históricos. La Universidad del Zulia. Maracaibo, Venezuela, Lire en ligne.

thumb|L'île de la Providence serait le lieu d'origine du jeune et courageux cacique indien Mara. Les conquistadors espagnols se seraient écriés « Mara cayó », « Mara est tombé », après l'avoir mis en déroute, Mara cayó serait l'une des origines possibles du nom de Maracaibo. Une autre hypothèse quant à l'origine du nom de Maracaibo relate la mort du cacique Mara, un jeune et courageux chef de l'île de la Providenceisla de Providencia, en espagnol sur le lac Maracaibo qui aurait offert une résistance acharnée aux troupes du conquistador Ambrosius Ehinger. Après la bataille, les Espagnols auraient crié « Mara cayó », « Mara est tombé » en français, à l'endroit même où le chef indien aurait été mis en déroute Alberto J. Rodríguez Díaz et Francisco Escamilla Vera, 500 años del nombre de Venezuela Revista Bibliográfica de Geografía y Ciencias Sociales. Universidad de Barcelona, , 19 avril 1999, ISSN 1138-9796 Lire en ligne.. Plusieurs historiens assurent qu'il s'agit là d'un mythe et que le nom d'un cacique ou d'un chef indien du nom de Mara n'apparaît dans aucun registre historique et qu'aucun de ces faits n'apparait dans les sources originelles ou fiables. L'hypothèse la plus probable est que les noms de Mara et de Maracaibo correspondent à un même personnage historique dont on connaît peu de choses et qui fait l'objet de nombreuses spéculations.