Le golfe du Mexique (en espagnol : Golfo de México, en anglais : Gulf of Mexico) est une mer bordière de l'océan Atlantique située au sud-sud-est de l'Amérique du Nord.
Il s'étend sur et son plus grand diamètre est de (de Veracruz, au Mexique, à l'embouchure de la , en Floride). Il baigne la péninsule de Floride, l'Alabama, le Mississippi, la Louisiane, le sud-est du Texas, la côte orientale du Mexique, les côtes ouest et nord de la péninsule du Yucatán et une partie du littoral nord de Cuba.
Géographie L'Organisation hydrographique internationale définit les limites du golfe du Mexique de la façon suivante. : au sud-est : une ligne joignant le phare du cap Catoche () avec le phare du cap San Antonio () à Cuba, à travers cette île jusqu'au méridien de 83°00' de longitude ouest et en direction du nord le long de ce méridien jusqu'à la latitude de la pointe sud de Dry Tortugas (), puis le long de ce parallèle vers l'est jusqu'aux (), de là à travers les hauts-fonds et les Keys de Floride jusqu'à la terre ferme, à l'extrémité orientale de la baie de Floride (), tous les détroits entre Dry Tortugas et la terre ferme étant considérés à l'intérieur du golfe.
Les principaux pays qui bordent le golfe du Mexique sont : les États-Unis au nord et à l'est-nord-est ; Cuba à l'est-sud-est ; le Mexique au sud et au sud-ouest.
Le golfe du Mexique communique au sud-est avec la mer des Caraïbes par le canal du Yucatán (qui est inclus dans cette même mer) et à l'est avec l'océan Atlantique par le détroit de Floride. Sa profondeur maximale est estimée à l'abysse Sigsbee entre et .
Des accords de délimitation frontalière maritime Le Mexique et Cuba : l'accord sur la délimitation des espaces maritimes des États-Unis mexicains et de la république de Cuba, dans les domaines desquels lesdits espaces seront limitrophes en vertu de l'établissement de la zone économique exclusive du Mexique et la création éventuelle d'une zone économique de Cuba (ou son équivalent), du . Le Mexique et les États-Unis : le traité pour résoudre les différends frontaliers et en suspens et pour maintenir le Rio Bravo et le Colorado comme la frontière internationale entre les États-Unis mexicains et les États-Unis d'Amérique, du ; le traité sur des limites maritimes entre les États-Unis mexicains et les États-Unis d'Amérique, du , et le traité entre le gouvernement des États-Unis mexicains et le gouvernement des États-Unis d'Amérique sur la délimitation de la plate-forme continentale dans la région occidentale du golfe du Mexique, au-delà des deux cents milles nautiques, du . Les États-Unis et Cuba : l'accord sur des limites maritimes entre les États-Unis d'Amérique et la république de Cuba, du .
Environnement et écologie vignette|Plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique. vignette|Plusieurs arrivées massives de sédiments contribuent à l'eutrophisation du golfe (7 avril 2009). vignette|Bateau et plates-formes offshores sur le golfe du Mexique. C'est une zone écologiquement très riche, et une zone de pêche importante pour les États-Unis et Cuba.
En raison de la quantité toujours croissante d'azote et de phosphates dissous dans les eaux du golfe du Mexique, la pollution a plus que doublé depuis 1950. Selon les estimations actuelles, on trouve trois fois plus d'azote circulant dans le golfe qu'il y a . Chaque été, il y a maintenant une zone au sud du littoral de la Louisiane, plus grande que l'État américain du Massachusetts avec plus de , qui est hypoxique. Ces eaux ne transportent pas assez d'oxygène pour soutenir la vie marine.
Il y a également fréquemment des proliférations d'efflorescences algales. qui tuent régulièrement (par anoxie ou par libération de toxines) les poissons et les mammifères marins et peuvent causer des problèmes respiratoires chez les humains et certains animaux domestiques lorsque les fleurs atteignent les rives. Cela se produit surtout sur la côte sud-ouest de la Floride, depuis les Keys jusqu'au comté de Pasco où se développe périodiquement l'une des plus grandes zones marines mortes (« marine dead zone ») du monde.
La compagnie pétrolière Taylor Energy exploite plusieurs gisements sous-marins dont s'échappent quotidiennement des milliers — voire dizaines de milliers — de litres de pétrole. Si les cadres de l'entreprise ne reconnaissent qu'une quinzaine de litres déversés, un rapport de l'agence américaine d'observation océanique et atmosphérique publié en fait état de de pétrole quotidiennement, et ce depuis le début de la marée noire de Taylor en 2004 — soit plus de l'estimation donnée par la compagnie. Des experts de la Cour fédérale évoquent des quantités encore plus importantes, allant de à ..
La première administration Trump prend des mesures visant à étendre considérablement le forage en mer dans les eaux américaines, notamment dans le golfe du Mexique.
Historique Formation On sait peu de choses sur l'histoire géologique du bassin du golfe du Mexique avant la fin du Trias. Certains auteurs ont postulé la présence d'un bassin dans la zone pendant la majeure partie du Paléozoïque, mais la plupart des éléments semblent indiquer que les roches du Paléozoïque ne servent pas de base sur la plupart du bassin du golfe du Mexique. Il semble également que, à la fin du Paléozoïque, la région faisait partie du supercontinent de la Pangée..
Il semble que l'actuel bassin du golfe du Mexique tire son origine de la fin du Trias, lors du clivage de la plaque nord-américaine, à l'époque où elle a commencé à se fissurer et à dériver loin des plaques de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. La faille s'est probablement accentuée pendant le petit et le moyen Jurassique, avec la formation d'une croûte continentale « en extension » (ou « de transition ») le long de la partie centrale du bassin. Les avancées intermittentes de la mer dans l'ouest de la zone continentale, à la fin du moyen Jurassique, ont abouti à la formation d'un large dépôt salin. Il semble que le principal épisode de dérive ait eu lieu au début du Jurassique supérieur, après la formation des dépôts salins. C'est à cette période que le bloc du Yucatán se déplace vers le sud et se sépare de la plaque nord-américaine et qu'une véritable croûte océanique se forme dans la partie centrale du bassin.
Depuis la fin du jurassique supérieur, le bassin a été une zone géologiquement stable, caractérisée par la persistance de sa partie centrale, probablement en raison du refroidissement et de la sédimentation du bassin au niveau de ses limites nord et nord-ouest, principalement pendant le Cénozoïque.
À l'est, la plate-forme stable de Floride n'a pas été recouverte par la mer avant la fin du jurassique ou le début du Crétacé. La plate-forme du Yucatán était émergée jusqu'au milieu du Crétacé. Dès lors, les deux plates-formes furent submergées. Cette période géologique est caractérisée par la formation de carbonates et d'évaporites. La majorité du bassin était encerclé par des plates-formes de carbonate au crétacé inférieur et son flanc occidental était engagé dans une déformation compressive, à la fin du crétacé et au début du Tertiaire. Cet épisode compressif, l'Orogenèse laramienne, est à l'origine de la création de la Sierra Madre orientale, à l'est du Mexique.
Exploration européenne vignette| redresse=1.4| A map of Louisiana and of the River Mississipi (« Carte de la Louisiane et de la rivière Mississippi »), 1721. vignette| redresse=1.4| Carte d'une partie de l'Amérique Septentrionale, qui contient une partie de la Nouvelle Espagne et de la Louisiane (François Pagès, 1782).
Christophe Colomb est crédité de la découverte des Amériques, mais au cours de ses quatre voyages, aucun de ses bateaux n'a jamais atteint le golfe du Mexique. Colomb navigue plutôt dans la région des Caraïbes, autour de Cuba et Hispaniola.
La première exploration européenne du golfe est réalisée par Amerigo Vespucci, en 1497. Il suit les lignes côtières d'Amérique centrale avant de rejoindre l'océan Atlantique par le détroit de Floride, entre la Floride et Cuba. Dans ses lettres, Vespucci décrit ce voyage et, une fois Juan de la Cosa revenu en Espagne, ils réalisent une carte du monde où Cuba était représentée comme une île.
En 1506, Hernán Cortés prend part à la conquête d'Hispaniola et de Cuba, ce qui lui rapporte une grande propriété ainsi que des esclaves (Amérindiens) en récompense. En 1510, il accompagne Diego Velázquez de Cuéllar dans son expédition pour la conquête de Cuba. En 1518, Velázquez le place à la tête d'une expédition pour l'exploration et la sécurisation de l'intérieur du Mexique afin de préparer la colonisation.
En 1517, Francisco Hernández de Córdoba découvre la péninsule du Yucatán. C'est la première rencontre avec une civilisation avancée aux Amériques, avec des bâtiments en dur et une organisation sociale complexe qui est comparable à celle de l'Ancien Monde. Ils ont également des raisons de penser que ce territoire est riche en or. Tout ceci motive le lancement de deux expéditions supplémentaires, en 1518 sous le commandement de Juan de Grijalva et en 1519 sous celui d'Hernán Cortés. Cette dernière conduit à l'exploration espagnole, à l'invasion militaire et finalement à l'installation et la colonisation connue aujourd'hui sous le nom de conquête du Mexique. Hernández ne vit pas assez longtemps pour voir la poursuite de son travail. Il meurt en effet en 1517 de ses blessures, de la soif extrême lors des voyages et de la déception quand il apprend que Velázquez a privilégié Grijalva pour conduire l'expédition au Yucatán.
En 1523, navigue en direction du Mexique quand son navire s'échoue le long des côtes de l'île Padre, au large du Texas, en 1554. Lorsqu'un mot de la catastrophe atteint la ville de Mexico, le vice-roi demande à ce qu'une flotte de secours soit immédiatement envoyée et ordonne à Villafañe de retrouver le trésor des navires. Villafañe voyage jusqu'à Pánuco où il loue un navire de transport. Il arrive en même temps que García de Escalante Alvarado (le neveu de Pedro de Alvarado), commandant de l'opération de sauvetage, le . L'équipe travaille jusqu'au pour tenter de retrouver le trésor. Cette perte, ainsi que le grand nombre de catastrophes maritimes dans le golfe, conduiront à l'installation d'une colonie sur la côte nord du golfe pour protéger les expéditions et accélérer les opérations de sauvetage. En conséquence, l'expédition de Tristán de Luna y Arellano est envoyée dans la baie de Pensacola, le .
Le , Charles Quint accorde à Pánfilo de Narváez le droit de revendiquer les côtes du golfe, à la suite de l'expédition de Narváez. Le contrat lui laisse un an pour rassembler une armée, quitter l'Espagne, fonder au moins deux villes pouvant accueillir chacune une centaine de personnes et construire deux forteresses de plus le long des côtes. Le , ils débarquent au nord de ce qui est connu aujourd'hui sous le nom de baie de Tampa. Ils voyagent pendant deux jours vers le sud, à la recherche d'une grande rade que le capitaine Miruelo connaissait. Au cours de ces deux jours, l'un des cinq navires restants est perdu sur la côte sauvage, mais on ne sait rien d'autre sur cette expédition.