Florenville (en gaumais Floravile) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.
Elle est située en Gaume et fait frontière avec l'Ardenne et la France. Elle surplombe un méandre de la Semois et est orientée vers le tourisme.
Le parc national de la Vallée de la Semois est situé au sud de la province de Namur et au sud-ouest de la province de Luxembourg et comprend les communes de Bertrix, Bouillon, Chiny, Florenville, Herbeumont, Paliseul, Tintigny et Vresse-sur-Semois. Ses sites naturels font partie du réseau Natura 2000.
Toponymie
Géographie
La ville est délimitée au sud-ouest par la frontière française qui les sépare du département des Ardennes et de la région Grand Est.
La commune est située en Gaume, région de la province de Luxembourg. Florenville est bordée au nord par la Semois, qui y forme un méandre.
La Roche de l'Appel, à Muno, est un centre d'intérêt géologique d'importance européenne, situé au milieu d'une réserve naturelle de . On y voit du poudingue, sorte de ciment naturel formé de cailloux qui signale la limite entre deux régions géologiques : la Lorraine belge et l'Ardenne.
Sections # Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Florenville 17,14 154 85011A 2 Villers-devant-Orval 31,63 528 17 85011B 3 Chassepierre 14,94 423 28 85011C 4 Lacuisine 25,40 704 28 85011D 5 Fontenoille 7,65 289 38 85011E 6 Sainte-Cécile 21,08 454 22 85011F 7 Muno 30,22 659 22 85011G
Autres villages Azy Conques Laiche Lambermont Martué Le Ménil Watrinsart
Géographie humaine Le gaumais est la langue vernaculaire traditionnelle.
Démographie
Évolution démographique avant la fusion de 1977
Source : DGS, 1831 à 1970 = recensements population, 1976 = habitants au 31 décembre.
Évolution démographique de la commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,2199499,6199599,9199699,3199798,3199898,3199997,9200096,9200196,3200296,2200396,3200496,0200596,7200695,2200795,2200895,2200995,5201094,9201195,8201296,3201396,6201496,9201597,3201698,4201798,4201898,4201997,5202097,8202199,42022100,82023102,02024101,1202599,7202699,3
Histoire L'histoire de Florenville est celle d'une entité rurale, paisible et discrète, collée à une frontière mouvante et disputée et partant, occupée, traversée ou échangée par des belligérants étrangers. Elle est intimement liée au destin du comté de Chiny.
Antiquité Avant la conquête romaine, le territoire de Florenville est situé en Gaule et occupé par les Trévires.
En 45 av. J.-C., l'empereur Claude fait construire la chaussée romaine reliant Reims à Cologne qui traverse la région. Des fouilles menées dans le hameau de Chameleux révélèrent le site d'une auberge-relais composée de plusieurs bâtiments répartis de part et d'autre de la chaussée et de nombreux objets du quotidien (pièces de monnaie, outils, une clé, d'innombrables tessons, pierres sculptées )
Haut Moyen Âge Aux , le territoire de Florenville se situe sur le comté de Chiny, en Lotharingie.
Un prieuré est bâti à Muno en 1053 par des Bénédictins. L'abbaye d'Orval est fondée en 1070 par des moines bénédictins venus de Calabre sur des terres offertes par Arnoul, comte de Chiny.
Louis, comte de Chiny, offre le prieuré de Conques à l'abbaye d'Orval en 1173.
: la seigneurie de Florenville Louis, comte de Chiny crée la seigneurie de Florenville pour doter sa fille, IsabeauPrésente avec sa belle-fille Agnès parmi les reines qui assistent en 1285 aux fêtes du Tournoi de Chauvency, d'après le trouvère Jacques Bretel., qui épouse Othon III de Trazegnies au début du .
Cette seigneurie incluait Florenville, Martué, Chassepierre, Sainte-Cécile, Cugnon, Auby, Mortehan et Conques. Un château* J. de Rémont, André Matthys, Le château des seigneurs de Florenville, Service national des fouilles, 1972. fut construit dans le bas de la ville, en bordure de la Semois, au lieu-dit de la CoueDes vestiges étaient encore visibles au début du (Annales de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques et des Œuvres d'Art dans la Province de Luxembourg, Arlon, Bruck, 1832 ,en ligne ). On peut encore deviner les fondations sur les photos aériennes (), sur Google Maps par exemple..
Le titre de seigneur de Florenville se transmit de père en fils comme suit. Jean l'Ardinois de Florenville de Trazegnies, né vers 1235, fils d'Othon III de Trazegnies. Il affranchit le village de la Loi de Beaumont le . Fontenoille avait précédé en 1270 ; Chassepierre, Laiche, Azy et Le Ménil suivent en 1274, Lacuisine en 1304 et Martué en 1327 (date de l'érection de la croix de Justice). Arnould de Trazegnies, né vers 1260. Gérard de Trazegnies, mort en 1345. Gérard de Florenville de Trazegnies, écuyer de Guillaume de Hainaut, transmet le titre à sa fille, Claire de Florenville de Trazegnies qui semble s'éteindre avec le titre.
En 1364, Arnoul de Rumigny vend le comté de Chiny à Wenceslas , duc de Luxembourg qui sera enterré à Orval en 1383.
: de la France aux Pays-Bas des Habsbourg En février 1413, Charles d'Orléans donne ou vend la seigneurie de Sedan et la terre de Florenville à Guillaume, sire de Braquemont, qui était son conseiller et chambellan - et conseiller et chambellan du roi Charles VI lui-même, d'ailleursLouis Moreri, Le grand dictionnaire historique, Chez Jean Brandmuller, 1731, ..
Son filsGuillaume de Braquemont eut 6 enfants de son épouse Marie de Campremi : Louis de Braquemont, chevalier, seigneur de Bracquemont et Pontrancart, marié avec Ysabelle La Maréchalle ; Braquet de Braquemont, sieur de Berry au Bacq ; Guillaume II de Braquemont, marié avec Jeanne de HARCOURT ; Marie de Braquemont, marié en 1396 avec Louis d’ARGIES, seigneur de Béthencourt sur Somme, puis avec Evrard de La Marck, seigneur d’Arenberg ; Robine de Braquemont, marié avec Jean de BETHENCOURT ; Marguerite de Braquemont, mariée en 1401 avec Jean Tyrel, seigneur de Poix et Mareuil., Louis de Braquemont, échanson du Dauphin, hérite de ces domaines. Lui-même sans héritier, il les vend à Évrard II de La Marck-Arenberg le 8 mai 1424. Signalons que Marie, fille de Guillaume de Braquemont, avait déjà épousé en secondes nocesPremières noces avec Louis d’Argies, seigneur de Béthencourt-sur-Somme. le même Evrard de la Marck en 1401Maur-François Dantine, et al., L'Art de vérifier les dates des faits historiques (...), chez Alexandre Jombert Jeune, 1784, ; Anselme de Sainte-Marie [(1625-1694)], et al., Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la couronne & de la maison du Roy, & des anciens barons du royaume (...), éd., tome septième, compagnie des libraires associez, 1733, ..
1443, Élisabeth de Goerlitz vend le duché de Luxembourg à Philippe le Bon et verse ainsi Florenville aux Pays-Bas bourguignons.
Héritière de Charles le Téméraire (1433-1477), Marie de Bourgogne (1457-1482) passe l'essentiel de sa courte vie à défendre ses droits face aux revendications de roi de France, tout en devant faire face à des crises internes. Le duché de Luxembourg restera néanmoins intégré aux Pays-Bas des Habsbourg jusqu'au traité de Versailles de 1756, mais les guerres de successions seront incessantes entre la maison de France et la maison de Habsbourg, perturbant la vie dans les régions frontalières.
L'abbaye d'Orval se voit autorisée à construire une forge par lettres patentes de Charles Quint. Les bâtiments, classés, en sont toujours visibles. En 1521, le château des Trazegnies, datant du est détruit par Charles Quint, à qui Robert II de La Marck, seigneur de Florenville, avait déclaré la guerre.
Louis XIV installe une ligne de défense composée de redoutes et de fortifications tout le long de la Semois. La redoute de Florenville, qui existe toujours (voir le chapitre Patrimoine), apparaît dans une liste datée de 1697 qui en mentionne 28 relevant de cette ligne de fortification.
Dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne, la France envahit les Pays-Bas espagnols en février 1701.
La guerre provoquera des troubles importants dans la région jusqu'au traité d'Utrecht en 1713 qui transfère les Pays-Bas espagnols aux Habsbourg d'Autriche.
Un incendie ravage la ville en 1759.
Florenville, Martué, Lacuisine, Chassepierre... apparaissent bien sur la carte de Ferraris (1777). On distingue différents éléments : une chapelle Sainte-Anne, toujours située rue d'Izel, devant le cimetière (2024) ; deux moulins à eau situés le long de l'actuelle rue de la RosièreLes bâtiments peuvent correspondre à l'actuelle maison des jeunes et du Florenville, petit ruisseau qui prend sa source au centre de Florenville et se jette directement dans la SemoisPhilippe Vandermaelen, Dictionnaire géographique du Luxembourg, À l'Établissement géographique, 1838, .. Notons que la redoute de Louis XIV n'est pas clairement mentionnée sur la carte ; un moulin à eau à Martué, face à une île sur la Semois ; cinq passages sur la Semois sur la boucle qu'elle dessine entre Martué et Lacuisine ; l'île sur la Semois au sud de Lacuisine ; un ermitage à Izel ; une petite église au centre de FlorenvilleElle datait du ; toujours debout vers 1832 ; grand hôtel superbe et tableaux anciens (Annales de la Société pour la Conservation des Monuments Historiques et des Œuvres d'Art dans la Province de Luxembourg, Arlon, Bruck, 1832 (en ligne ). Aujourd'hui disparue ; l'actuelle église de Florenville (2014) se trouve à une autre emplacement.. On voit également que les routes qui partent de Florenville sont majoritairement dirigées vers le sud, en direction de Villers-devant-Orval et Izel.
Lors de la révolution brabançonne (1787-1790), la région de Florenville reste fidèle à la couronne d'Autriche et n'intègre pas les États belgiques unis.
Le 17 mai 1793, Joseph Massart, maître d'école et résistant aux autorités françaises, fut tué par des soldats français dans une maison près de l'église.
L'abbaye d'Orval est incendiée et pillée le 23 juin 1793.
Par le décret du 14 fructidor an II (31 août 1794), la région est intégrée au département des Forêts ; Florenville en est le , lui-même divisé en cinq circonscriptions. Le 2 juin 1796, Florenville devient chef-lieu du canton.
Dans son Dictionnaire géographique et topographique paru en 1804Charles Oudiette, Dictionnaire géographique et topographique des treize départements qui composaient les Pays-Bas autrichiens, Pays de Liège et de Stavelo; les Electorats de Trèves, Mayence et Cologne... Juliers, Guildre, Clèves [...] réunis à la France [...], vol. 1., Paris, Cramer, 1804, ., Charles Oudiette donne une brève description de Florenville.
FLORENVILLE, village, départ. des Forêts, arrond. de Neuf-Château, ci-devant province de Luxembourg. Pop. 12 à 1300 habitants avec ses dépendances. Il était une chef-lieu de canton avant les préfectures, à une lieue de Chiny.
Le Dictionnaire du LuxembourgDictionnaire géographique du Luxembourg, Dictionnaire du Luxembourg, À l'Établissement géographique, 1838, en ligne, . publié en 1838 donne une description plus complète de l'état de la commune au début du .
FLORENVILLE, commune et chef-lieu du canton de son nom ; de l'arrondissement et à 3 lieues S. de Neufchâteau ; à 6 lieues O d'Arlon et à 10 lieues [???] O de Luxembourg.
Ses dépendances sont Chameleux, Hayon et Scierie.