thumb|upright=1.2|Travaux de réparation sur une ligne de chemin de fer, peinture de Constantin Savitski exécutée en 1874.

La maintenance vise à maintenir ou à rétablir un bien dans un état dans lequel il peut accomplir la fonction requise.

La maintenance regroupe ainsi les actions de contrôle, de vérification, de réglage, de nettoyage, de révision, de dépannage et de réparation des biens immobiliers ou matériels (machines, véhicules, bâtiments, objets manufacturés, etc.) ou même immatériels (logiciels); ainsi que l'organisation connexe de ces actions, managériale ou administrative.

Le secteur de la maintenance emploie en France en 2024 plus de dans l'industrie, l'immobilier et le tertiaire. Un service de maintenance peut également être amené à participer à des études d'amélioration du processus industriel, et doit, comme d'autres services de l'entreprise, prendre en considération de nombreuses contraintes comme la qualité, la sécurité, l'environnement, le coût

vignette|Maintenance d'un générateur électrique mobile par le soldat Tracey Gonzales dans le hangar du porte-avions américain Carl Vinson en 2011.

Évolution sémantique En français, au , le mot « maintenance » signifie pour évoluer vers .

Le terme est emprunté outre-Manche vers la même époque, dans le sens de « tenue », « comportement », évoluant, au début du , vers celui de « maintenir ou garder en vie »The Oxford Talking Dictionary, The Learning Company, 1998..

Dans son acception actuelle, le terme de « maintenance » est un anglicisme partiel. Il est donné comme « réemprunt intégré » par le linguiste Jean Tournier dans Les Mots anglais du français : Jean Tournier, Les Mots anglais du français, Belin, 1998, section « Armement, armée », ..

Histoire La notion contemporaine de la maintenance et sa mise en œuvre apparaissent dans la seconde moitié du , à la fois comme une évolution et une rupture avec les pratiques traditionnelles de l'entretien . Dès le début de l'ère industrielle, des services entretien, sous-fonction de la production, emploient des mécaniciens, des électriciens ou des graisseurs pour maintenir les biens en bon état de fonctionnement; la majorité des interventions étant alors des actions de nettoyage, lubrification et graissage, puis de réparation lorsque la panne survient. L'industrialisation et le taylorisme sont à l'origine, au début du , d'une séparation des services de production et des services d'entretien. La rationalisation industrielle entamée dans l'entre-deux guerre se poursuit durant les Trente Glorieuses et s'applique à l'entretien : dans les années à la mise en œuvre de pratiques d'entretien préventif systématique visant à diminuer la fréquence des pannes est accompagnée de l'apparition de fiches de procédures et de traçabilité; les services « entretien » se structurent et commencent à apparaître comme un secteur d'activité. L'optimisation des méthodes de travail et l'adaptation aux nouvelles techniques de l'automatisation se poursuivent durant les années et , le terme maintenance remplace progressivement celui d'entretien à partir de .

Définitions normatives Une première définition normative de la maintenance est donnée par l'AFNOR en 1985 (norme NFX 60-000), à savoir « l'ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un bien dans un état spécifié ou en mesure d’assurer un service déterminé ». Depuis 2001, elle a été remplacée par une nouvelle définition, désormais européenne (NF EN 13306 X 60-319) :

La Fédération européenne des sociétés nationales de maintenance (en anglais ou EFNMS) Site de l'European Federation of National Maintenance Societies (EFNMS) propose une définition similaire en anglais : (littéralement : ).

Le domaine d'application de la norme NFX 60-000 sur la maintenance exclut explicitement la maintenance des biens immatériels tels que les logiciels.

Typologie de la maintenance du matériel vignette|Entretien d'un chasseur Republic F-84F Thunderstreak de l'armée de l'air française entre 1955 et 1965. Les actions de maintenance sont organisées de deux façons complémentaires : la maintenance préventive et la maintenance corrective.

La maintenance préventive consiste à intervenir sur un équipement avant que celui-ci ne soit défaillant, afin de tenter de prévenir toute panne. On interviendra de manière préventive soit pour des raisons de sûreté de fonctionnement (les conséquences d'une défaillance étant inacceptables), soit pour des raisons économiques (cela revient moins cher) ou parfois pratiques (l'équipement n'est disponible pour la maintenance qu'à certains moments précis). La maintenance préventive se subdivise en : maintenance systématique, qui désigne des opérations effectuées systématiquement, soit selon un calendrier (à périodicité temporelle fixe), soit selon une périodicité d'usage (heures de fonctionnement, kilométrage, nombre d'unités produites, nombre de mouvements effectués) ; maintenance conditionnelle, réalisée à la suite de relevés ou de mesures, de contrôles révélateurs de l'état de dégradation de l'équipement (thermographie infrarouge, analyse vibratoire, contrôle non destructif, mesure d'épaisseur, analyse d'huile) ; maintenance prévisionnelle, réalisée à la suite d'une analyse de l'évolution de l'état de dégradation de l'équipement (par exemple contrôle periodique défini par le constructeur ou l’expérience).

La maintenance corrective consiste à intervenir sur un équipement lorsque celui-ci est défaillant ; elle se subdivise en : maintenance palliative : dépannage (donc provisoire) de l'équipement, permettant à celui-ci d'assurer tout ou partie d'une fonction requise ; elle doit toutefois être suivie d'une action curative dans les plus brefs délais ; maintenance curative : réparation (donc durable) consistant en une remise en l'état initial ou apte à la fonction requise. Diverses méthodes permettent d'organiser la planification et l'ordonnancement des actions de maintenance : le réseau PERT, le diagramme de Gantt, la méthode MÉRIDE, l'analyse AMDEC.

Il existe des méthodes (par exemple, la méthode Maxer) et des logiciels de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO), spécialement conçus pour assister les services de maintenance dans leurs activités.

Typologie de la maintenance des logiciels En informatique logicielle, on divise la maintenance en plusieurs types : la maintenance corrective : elle consiste à corriger les défauts de fonctionnement ou les non-conformités d'un logiciel ; la maintenance adaptative : sans changer la fonctionnalité du logiciel, elle consiste à adapter l'application afin que celle-ci continue de fonctionner sur des versions plus récentes des logiciels de base, voire à faire migrer l'application sur de nouveaux logiciels de base (un logiciel de base étant un logiciel requis pour l'exécution d'une application; exemples : système d'exploitation, système de gestion de base de données).

La maintenance évolutive consiste à faire évoluer l'application en l'enrichissant de fonctions ou de modules supplémentaires, ou en remplaçant une fonction existante par une autre, voire en proposant une approche différente.

Niveaux de maintenance La norme NF X 60-000 () définit, à titre indicatif, cinq Les 5 niveaux de maintenance industrielle, infoqualite.fr (consulté le 8 janvier 2023). qui permettent de classer les interventions selon leur complexité et les moyens à mettre en œuvre. +TravauxPersonnelExempleNiveau 1Actions simples nécessaires à l'exploitation et réalisées sur des éléments facilement accessibles en toute sécurité sans autre outillage que celui intégré au bien. Aucune maintenance corrective ne relève du niveau 1Exploitant du bien ou agent de maintenanceTest de lampes, graissage, purge de filtres, contrôles d'encrassement.Niveau 2 Opérations de maintenance courante effectuées par un personnel qualifié avec des procédures détaillées et un outillage individuel légerPersonnel qualifiéRemplacement d'interrupteurs, de fusibles, filtre à air, ou pièces d'usure accessibles - réenclenchement de disjoncteurNiveau 3Actions qui nécessitent des instructions complexes et/ou des équipements de soutien portatifs, d'utilisation ou de mise en œuvre complexes.Technicien qualifiéMaintenance préventive intrusive ou nécessitant des appareils de mesures, maintenance corrective nécessitant une action structurée de diagnosticNiveau 4Actions dont les instructions impliquent la maîtrise d'une technique ou technologie particulière et/ou la mise en œuvre d'équipements de soutien spécialisés.Technicien ou équipe spécialisésRévisions partielles ou générales ne nécessitant pas le démontage complet de la machine. Analyses vibratoires. Réparations de fissures ou défauts d'étanchéitéNiveau 5Actions dont les instructions impliquent un savoir-faire, faisant appel à des techniques ou technologies particulières, des processus et/ou des équipements de soutien industriels.Constructeur du bien ou société spécialiséeRévisions générales avec démontage complet. Reprises dimensionnelles et géométriques. Réfection d'une chaussée ou d'un réseau. Reprise complète d'un revêtement Il convient d'associer, dans la détermination des niveaux, la documentation et le matériel nécessaires, ainsi que les habilitations des intervenants. Le lieu de réalisation de l'opération de maintenance n'est pas un critère de définition de niveaunorme NFX60-000 (2016) chap.4.2.2 Echelon d'organisation de maintenance : ..

Intervenants de la maintenance La réparation peut être effectuée par des professionnels qualifiés, certifiés, ou diplômés, à domicile chez des particuliers, ou dans leurs propres locaux, conçus à cet effet (ex. : garage automobile) ; ou par des particuliers même sans connaissances ou certifications particulières liées au domaine de l'équipement concerné. Ces particuliers peuvent, le cas échéant, être assistés sur place dans des ateliers ou des locaux ad-hoc, ou en distanciel et en ligne, par des professionnels de la réparation.

Sigles de la maintenance De même que le mot et le concept, les nombreux sigles de la maintenance sont d'origine anglo-saxonne. Toute une néologie a vu le jour, dont l'élément le plus spectaculaire est la kyrielle des sigles commençant par « MT » (initiales de « mean time », littéralement « temps moyen » (anglicisme), c'est-à-dire durée moyenne, intervalle de temps moyen, et par voie de conséquence, moyenne des temps). Quelques sigles à titre d'exemples, assortis de leur traduction plus ou moins littéraleSource : The words of industrial maintenance / Les mots de la maintenance industrielle, English-French dictionary for the maintenance professional / Dictionnaire anglais-français pour le professionnel de la maintenance, CERAV, Paris, octobre 2009. : sigles de 4 lettres : MTBD : mean time between defects, temps moyen entre défauts MTBE : mean time between errors, temps moyen entre erreurs MTBF : mean time between failures, temps moyen entre (deux débuts de) pannes MTBM : mean time between maintenances, durée moyenne entre maintenances MTBO : mean time between overhauls, temps moyen entre révisions MTBR : mean time between removals, temps moyen entre déposes MTTF : mean time to failure, temps moyen de fonctionnement avant panne MTTM : mean time to maintenance, temps moyen jusqu'à la maintenance MTTN : mean time to notification, temps moyen de signalement (du problème) MTTR : 1/ mean time to recovery, temps moyen jusqu’à la remise en route ; 2/ mean time to repair, temps moyen jusqu'à la réparation ; 3/ mean time to restoration, temps moyen jusqu'à la remise en service MTUR : mean time to unscheduled removal, temps moyen (s’écoulant) jusqu’à la dépose non programmée.

sigles de 5 lettres : MTBCF : mean time between critical failures, temps moyen entre (deux débuts de) pannes graves ou « critiques » (anglicisme) (sur matériel redondé à dégradation progressive) MTBUR : 1/ mean time between unscheduled removals, temps moyen entre déposes non planifiées ;