Le clitoris est un organe du système reproducteur exclusif aux individus femelles (ou de sexe féminin) des animaux amniotes. Il est présent chez tous les mammifères, dont Homo sapiens, et chez certains Sauropsides. Il peut apparaître au cours du développement embryonnaire, et est généralement possédé en un unique exemplaire, bien que des individus puissent en avoir plusieurs, à l'instar des squamates qui possèdent deux hémiclitoris.
Le clitoris est issu de la même structure que le pénis qui est donc son homologue. Sa morphologie et son positionnement par rapport aux autres organes génitaux varient selon l'espèce animale. Chez l'humain, ses parties externes sont le gland et le capuchon du clitoris. Il se prolonge à l'intérieur du corps par les corps caverneux du clitoris et les bulbes du vestibule. Il est situé à l'intérieur de la vulve, protégé sous les grandes lèvres et positionné au bas du mont du pubis. Il est rejoint par les petites lèvres. L'anatomie du clitoris des autres animaux est généralement mal connue, mais chez les mammifères, elle semble suivre un modèle approchant.
Le clitoris est un organe très sensible, car fortement innervé, dont la fonction physiologique est érogène et orgasmogène lorsqu'il est stimulé. Il en est de même pour les quelques espèces animales pour lesquels la physiologie de cet organe a été étudiée.
Le clitoris peut être affecté par plusieurs pathologies comme le syndrome d'excitation génitale persistante, le phimosis, une forme de vulvodynie, des tumeurs et des kystes. Le clitoris est éventuellement l'objet de modifications anatomiques intentionnelles ou non. Elles peuvent par exemple avoir lieu à cause de mutilations génitales féminines , d'une transition de genre ou bien être réalisées sous la forme de piercings génitaux.
Les travaux sur le clitoris ne commencent réellement à émerger dans la littérature scientifique qu'à partir du . Tantôt perçu par la médecine occidentale comme un organe inutile, tantôt jugé responsable de nombre de maux féminins et donc volontiers excisé, il devient après la Seconde Guerre mondiale un symbole du féminisme. Son anatomie et sa physiologie, dont les études connaissent un renouveau depuis la fin des années 1990, sont encore méconnues du grand public.
Dénomination et étymologie Le mot clitoris est, avec quelques menues variantes, utilisé tel quel en turc et dans les langues européennes modernes.. Ce terme d'origine latine est emprunté au traité d'anatomie en grec ancien Des noms des parties du corps humain ( ou ) de Rufus d'Éphèse où il apparaît sous la forme de l'accusatif singulier (kleitorida). La forme verbale (kleitoriazein) y exprime l' du clitoris.. Le mot féminin (kleitoris) pourrait être un dérivé du verbe « fermer » et désigner un objet qui sert à fermer, à l'instar d'une clef, un verrou, un loquet, une barre de fermeture. Sa dénomination résulterait d'une métaphore, le gland du clitoris évoquant une pièce de serrurerie.... D'autres étymologies, aujourd'hui rejetées, ont été proposées. Par exemple, clitoris aurait été une dérivation d'un mot arcadien (kleitor) qui signifierait « colline », « Kleitoris » voulant dire « la petite éminence ». Or, ce terme ne se rapporte qu'à une ville arcadienne en terrain plat..
Pour désigner le clitoris, Rufus d'Éphèse mentionne aussi le terme myrte du grec myrton, la baie de myrte, appellation attestée aux , ou bien encore hypodermis, « sous la peau », et nymphè, étymologiquement « la voilée » qui désigne aussi une jeune fiancée. Comme l'explique Soranos d'Éphèse (fin -début ) dans Des maladies des femmes, c'est parce qu'il ..
En latin classique, désigne la tension, c'est-à-dire l'érection priapique, même chez la femme. Par une évolution métonymique genrée, il désigne le clitoris à la fin du Moyen Âge. Le mot latin , bouton ou petit gland., est employé pour clitoris. Il va donner en ancien et moyen français landie. Des périphrases et métaphores ont été souvent utilisées pour nommer le clitoris durant le Moyen Âge, par exemple les termes langue et lanterne. La transmission du vocabulaire grec via le latin, l'arabe ou les langues vernaculaires, a souvent abouti à des approximations et des confusions dans les sources savantes..
LOxford English Dictionary indique que la forme abrégée « » (« clito » en français), dont la première occurrence a été constatée aux États-Unis, est utilisée sous forme imprimée depuis 1958 : jusque-là, l'abréviation courante était « »..
Dans la littérature médicale et sexologique, le clitoris peut être dénommé organe bulbo-clitoridien, ou faussement, complexe clitoridien ou clitoris-urétro-vaginal.. Le clitoris est parfois appelé « pénis féminin », ce qui dénote une vision androcentrée du corps féminin.. Le terme clitoris est couramment utilisé pour désigner le gland seul..
Développement embryonnaire et homologie alt=Schémas commentés figurant la transformation des organes génitaux en fonction du sexe depuis le tubercule génital.|vignette|Étapes du développement des organes génitaux externes chez l'humain.vignette|gauche|Homologie du pénis et du clitoris humain.|alt=Schéma commenté figurant par l'emploi des mêmes couleurs les parties anatomiques homologues dans le pénis et le clitoris.
Chez les Amniotes, le développement embryonnaire des organes génitaux dépendants du sexe commence avec le développement de trois structures appariées, les gonflements cloacaux antérieur et postérieur et le tubercule génital, une structure indifférenciée. Les hormones sexuelles, les estrogènes ou la testostérone dirigent le développement des organes génitaux respectivement féminins ou masculins... Les bourgeons génitaux issus du tubercule génital se situent dans l'entrée du cloaque. Soit ils restent séparés pour former une paire d'hémiclitoris ou d'hémipénis chez les squamates, soit ils fusionnent pour former l'appareil érectile que sont le clitoris ou le pénis chez les crocodiles, les oiseaux (lorsque le pénis est présent), les tortues et les mammifères. Le clitoris est présent chez tous les Amniotes mais, selon les espèces, peut disparaître au cours du développement embryonnaire.. Le clitoris, quelle que soit sa forme, est homologue au pénis.
Parmi les Squamates, la différenciation sexuelle résulte soit de la génétique , soit de conditions environnementales , soit d'une combinaison des deux.
La différenciation sexuelle des mammifères est déterminée par le spermatozoïde qui porte un chromosome X (femelle) ou Y (mâle). Le système reproducteur se développe à partir de deux structures différentes , les canaux de Müller pour les voies féminines, les canaux de Wolff pour les masculines... Les gonades primordiales se différencient en ovaires sauf s'il y a activation du gène SRY sur le chromosome Y. Chez l'humain, la différenciation des organes génitaux externes commence vers la dixième semaine.
Pour l'espèce humaine, le gland et le corps du clitoris se forment à partir des mêmes tissus qui deviennent le gland et la tige du pénis. Cette origine embryonnaire partagée rend ces deux organes homologues, c'est-à-dire qu'ils sont des versions différentes de la même structure. Les replis uro-génitaux restent ouverts et deviennent les petites lèvres pour l'embryon féminin, se rejoignent autour d'une gouttière et forment la partie terminale de l'urètre, qui traverse le pénis, chez l'individu masculin. Les bourrelets génitaux fusionnent à leurs deux extrémités pour devenir les grandes lèvres féminines, fusionnent en totalité pour former le scrotum masculin où migreront ultérieurement les testicules. Pour la femme, l'orifice du sinus uro-génital devient le vestibule vulvaire, dans lequel viennent s'ouvrir le vagin et l'urètre.
Le clitoris présente un capuchon qui est l'équivalent du prépuce du pénis, qui recouvre le gland. Il possède également une tige qui est attachée au gland. Les corps caverneux masculins sont homologues aux corps caverneux clitoridiens, le corps spongieux est homologue aux bulbes vestibulaires situés sous les petites lèvres, le scrotum est homologue aux grandes lèvres et le raphé périnéal est homologue aux petites lèvres.
Anatomie Le clitoris est un organe exclusivement présent chez les femelles et les individus de sexe féminin. Il est observable chez les animaux amniotes, en particulier chez tous les mammifères dont lHomo sapiens avec la femme. Il constitue une caractéristique de dimorphisme sexuel., et sa seule fonction physiologique connue est érogène et orgasmogène, c'est-à-dire capable de générer des messages nerveux susceptibles d'augmenter l'excitation sexuelle, de procurer du plaisir ou de déclencher l'orgasme, lorsqu'il est stimulé.. Il a une fonction reproductive indirecte dans la mesure où il peut inciter à des rapports sexuels qui peuvent être reproductifs.. L'anatomie du clitoris a fait l'objet de peu d'études chez les non-humains, contrairement à celle du pénis, alors que des milliers d'espèces animales en sont pourvues..
Anatomie chez la femme thumb|Vulve avec la partie visible du clitoris et les parties situées sous la peau.|alt=Schéma commenté figurant la vulve d'une femme en position anatomique.Le clitoris fait partie de l'appareil génital féminin externe mais la plupart de ses composants ne sont pas apparents.
Le clitoris comprend deux réseaux neurovasculaires appartenant à des structures distinctes. L'une est formée de deux corps caverneux fusiformes, entourés d'une tunique albuginée. L'autre est constituée de deux corps spongieux tumescents entourés d'une fine tunique. Ces deux réseaux sont connectés fonctionnellement par un plexus veineux, le plexus de Kobelt.
Réseau des corps caverneux Corps caverneux
vignette|Les muscles du périnée féminin.|alt=Schéma commenté avec la position et les zones d'insertion des muscles. Les corps caverneux du clitoris ou piliers, au nombre de deux, sont insérés chacun séparément sur les faces inférieures et antérieures des branches ischio-pubiennes du bassin osseux.. Ils sont entourés d'une albuginée puis par les muscles ischio-caverneux. Cette paire de régions de tissu érectile en forme d'éponge s'engorge de sang pendant l'érection clitoridienne., tout comme les corps caverneux du pénis..
Les corps caverneux se rejoignent en avant de la symphyse pubienne, formant ainsi un V, et sont en communication vasculaire. Ils sont adjacents aux bulbes vestibulaires. À leur point de réunion, les corps caverneux forment le corps du clitoris dont il est distingué différentes parties. Le corps ascendant du clitoris long d'environ est poursuivi par un angle vers le bas et l'avant, dénommé genou ou coude du clitoris. Il se prolonge ensuite par le corps descendant, long d'environ , aussi appelé hampe ou tige du clitoris. Le genou du clitoris est relié à la symphyse pubienne par un ligament suspenseur, dont l'aponévrose s'étend de la paroi abdominale jusqu'aux grandes lèvres, à l'urètre et à la paroi vaginale.. Le corps du clitoris est, comme les piliers, recouvert d'une albuginée, puis par une gaine, le fascia du clitoris.
Gland thumb|Extrémité visible du clitoris humain.1 : capuchon - 2 : gland - 3 : petites lèvres.|alt=Photographie en gros plan, commentée, du clitoris d'une femme.Le gland clitoridien, fortement innervé, est positionné à l'extrémité supérieure du corps clitoridien. Issu des petites lèvres vaginales, le gland clitoridien est la seule partie émergée du clitoris.. Il prend la forme d'une calotte. Il est de forme très variable et de couleur rosée chez la jeune femme, quelle que soit la couleur de la peau, plus rouge chez la femme non ménopausée, et généralement plus terne voire bleu-gris chez la femme ménopausée.. Ces différences de couleur sont la conséquence de variations dans la vascularisation.
Il mesure généralement entre de long pour en moyenne de diamètre. Les dimensions du gland n'ont aucun rapport avec la taille ou le poids, l'usage d'un contraceptif ou la ménopause, mais varient selon l'appartenance ethnique, et augmentent avec la grossesse..