L'Association de la Régie théâtrale (ART) est une association loi de 1901 fondée en 1911 et reconnue d'utilité publique par décret du . Elle a pour objet la conservation de toutes documentations sur le théâtre à Paris et sa région : relevés de mise en scène, manuscrits, programmes, correspondances, photographies, affiches, maquettes de décors et de costumes, collections de périodiques… Depuis 1969, son siège social, pour y poursuivre son action, ainsi que toutes ses collections, sont installés à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, selon une convention signée alors avec la Préfecture de Paris puis renouvelée en 2007, puis en 2012 par la Mairie de Paris. Ses multiples documents sont à la bibliothèque en consultation libre ou soumise aux ayant droit, avec une visibilité partielle sur son site internet.

Historique Paris, à la fin du est un lieu essentiel de la création lyrique et théâtrale. À une époque où les organismes sociaux ne sont pas encore inventés, Hubert Génin, directeur de la scène du théâtre du Châtelet et journaliste au journal Comœdia, lance l’idée de la création d’une amicale qui unirait les régisseurs et directeur de scène - également metteurs en scène à l’époque - dans un but de confraternité, de solidarité et d’aide aux plus anciens. L’Amicale des Régisseurs de théâtre est créée le Historique de l'ART sur son site officiel. Elle rassemble 48 régisseurs œuvrant sur les plus grandes scènes de la capitale.

En 1916, la maison de retraite de Ris-Orangis est fondée avec l’aide de Blon D'hin et de Dranem. La création de la journée des artistes plus connue sous la dénomination Sabot de Noël, toujours en action durant les fêtes de fin d’année dans les théâtres, suivra dès 1919, avec la participation de l’Amicale.

C’est après 1918 que la notion de l'importance du relevé de mise en scène prend son essor, suivi de la création d’une bibliothèque constituée, au départ, par tous les dons des sociétaires. En 1923, l’association s’installe 18, rue Laffitte et y organise ses collections.

Reconnaissance d’utilité publique Le , par décret présidentiel signé Alexandre Millerand, l’association est reconnue d’utilité publique. L’organisation se structure, un catalogue est commencé. Louis Jouvet, inscrit sous le matricule 274, et Gaston Baty, envisagent de créer un enseignement spécifique, mais renoncent en raison de la crise de 1929. En 1934, l’Amicale devient Association des Régisseurs de Théâtre et poursuit son développement, participant ainsi à l’exposition universelle de 1937, comme en témoigne un article du journal l’Illustration signé Emile Vuillermoz titré L'Envers du décor "L'Illustration, 28 janvier 1939 . Durant la Seconde Guerre mondiale, les sociétaires parviennent à préserver leurs collections des risques de l'Occupation.

Accord avec le syndicat des metteurs en scène En 1946, Gaston Baty, Président du nouveau syndicat des metteurs en scène obtient du syndicat des Directeurs de Théâtre que le travail du metteur en scène soit reconnu comme œuvre de l’esprit. Le relevé reprend son importance et devra être déposé à l’Association des Régisseurs de Théâtre. Plusieurs metteurs en scène, André Barsacq, Raymond Rouleau, Pierre Dux, Jean Mercure, donnent l’exemple. En 1955, Gabriel-Daniel Vierge rationalise l’organisation et le rayonnement de la Bibliothèque qui reçoit quelques subsides de l’État et de la société des auteurs (SACD).

Création du « Prix du Brigadier » En 1958, c’est Jacques-Louis Antériou, ancien membre du Cabinet du secrétariat d’État aux beaux-arts, qui est appelé à présider l’association. Il sera à l’initiative de la création du Prix du Brigadier en 1960, décerné pour la toute première fois à Château en Suède de Françoise Sagan, aidée par l’Association des amis de la Bibliothèque de l’ART.

Installation à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris En 1969, la situation devient difficile, les locaux sont devenus trop exigus et le financement manque. Un accord est pris avec la Préfecture de Paris pour installer au sein de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, à la fois l’Association qui poursuivra sa mission et son fonds, dans les locaux réhabilités depuis peu de l’Hôtel d'Angoulême Lamoignon. Cette nouvelle organisation va permettre un classement plus scientifique et une meilleure conservation des documents.

Création de la « Théâtrothèque » et modification des statuts Le relevé écrit de mise en scène étant devenu de plus en plus obsolète, une idée d’enregistrement sur support vidéo, avec l’arrivée des premières cassettes, prend corps. Cette Théâtrothèque, nécessitant deux ans de négociations avec les syndicats professionnels concernés, deviendra opérationnelle, sous la présidence de Serge Bouillon en 1975. Une mise en œuvre artisanale fera les premières captations sur support VCR. Les difficultés de la maintenance technique du matériel et son évolution constante feront, qu'à partir de 1983, cette mission sera confiée à Olivier Morel qui vient de fonder L'Envol. C'est toujours lui qui, depuis plus d'un quart de siècle, sous la vigilance des membres de l'association missionnés pour diriger cette Théâtrothèque (Fabienne Barbey, puis Jean-Pierre Granet), veille à ces précieux tournages qui privilégient la création contemporaine d'expression française, conservant ainsi leur mémoire, et qui ne sont consultables qu'après accord des ayants droit, comme les anciens relevés de mise en scène. Il n'est pas rare que certaines reprises de spectacles dans des théâtres parisiens puissent se faire grâce à ce document souvent unique.

Constatant la vocation d'expansion de l'Association, Serge Bouillon organisera une refonte des statuts en 1976, transformant l’association en Association de la Régie Théâtrale, permettant d’élargir le recrutement à tous les cadres du spectacle, Directeurs, Administrateurs, Décorateurs, Metteurs en scène, Costumiers…

Des expositions… des catalogues En 1982, Serge Bouillon souhaite qu'une première exposition permette de valoriser les collections de l'association. Elle est organisée à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, grâce à Madame Hélène Verlet, Conservateur en chef, avec un catalogue réalisé par Marie-Odile Gigou, conservateur :Avant les trois coups.

Depuis 1983, c’est Danielle Mathieu-Bouillon qui préside l’association, ayant mis l’accent sur l’enrichissement des collections et sur le travail des décorateurs en faisant reproduire, avec l’aide des créateurs, les décors marquants de l’après-guerre, en récupérant aussi des maquettes originales, générant ainsi une importante collection de maquettes de décors en volume et en organisant plusieurs expositions, grâce au soutien de Jean Dérens, conservateur général de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, avec le concours notamment de Geneviève Latour, historienne du Théâtre. Ces expositions successives vont faire mieux connaître ce centre de ressources théâtrales avec lequel désormais les professionnels vont compter :

Jacques Hébertot le magnifique à la Bibliothèque historique de la ville de Paris en 2006 (pour servir de catalogue : le livre éponyme d'Antoine Andrieux-Guitrancourt et Serge Bouillon) Les Bâtisseurs de rêves - Les décorateurs de théâtre 1950-1980 à la Bibliothèque historique de la ville de Paris en 2003 (livre catalogue de Roger Jouan et Alain Baude Defontaine) Hommage à Jean Mercure à la Bibliothèque historique de la ville de Paris en 2001 avec, pour servir de catalogue, le livre de Paul-Louis Mignon Jean Mercure, un Théâtre de la ville La création théâtrale dans les théâtres privés de Paris 1950-2000 organisée dans le cadre du anniversaire du Centre Français du Théâtre au congrès international Utopie 2000 à Marseille au Palais du Pharo Les Extravagants du Théâtre - de la belle époque à la drôle de guerre à la Bibliothèque historique de la ville de Paris avec un livre catalogue de Geneviève Latour et Georges Richar en 2000 Cyrano a cent ans exposition organisée par Danielle Mathieu-Bouillon à la Mairie du arrondissement et au Théâtre National de Chaillot en 1997 Aquarelles Photographiques exposition de photos originales de Bernard Richebé à la Bibliothèque historique de la ville de Paris puis au Théâtre du Rond-Point en 1997 Les Cabarets-Théâtres 1945-1965 à la Bibliothèque historique de la ville de Paris avec un livre catalogue de Geneviève Latour en 1996 Le Théâtre, reflet de la République à la Bibliothèque historique de la ville de Paris avec un livre catalogue de Geneviève Latour (Prix du Syndicat de la critique dramatique 1995) Jacques Noël, décorateur de Théâtre à la Bibliothèque historique de la ville de Paris en 1993 avec un livre catalogue de Christian Giudicelli, iconographie de Geneviève Latour et un film de 35 min conçu par Danielle Mathieu-Bouillon et réalisé par Xavier de Cassan en 1993 Les Théâtres de Paris exposition organisée avec la Délégation à l'action artistique de la ville de Paris, dans plusieurs mairies, à l'occasion du centenaire de la libération des théâtres, (mairies du , du , du et du arrondissement), livre catalogue de Geneviève Latour et Florence Claval en 1991 Jean-Denis Malclès - décors de théâtre à la Bibliothèque historique de la ville de Paris avec un livre catalogue de Geneviève Latour et Jean-Denis Malclès en 1990Petites scènes, grand théâtre (le théâtre de création de 1944 à 1960) à la Bibliothèque historique de la ville de Paris avec un livre catalogue édité à l'occasion de la première présentation de l'exposition à la Mairie du arrondissement, de Geneviève Latour en 1987

Les collections

Ces collections, adossées aux dons initiaux des fondateurs, s'enrichissent des legs et donations des professionnels du spectacles (metteurs en scène, comédiens, techniciens, etc.) attirés par l'aspect corporatif de l'association, et par l'achat à l'occasion de diverses successions, et couvrent l'histoire du Théâtre parisien de la fin du à nos jours.

Après bientôt cent années d’existence, des dons et des achats de toutes sortes de documents liés au spectacle vivant en général et au théâtre en particulier, ont augmenté l’importance du fonds de l’A.R.T. Du fait de leur appartenance au milieu professionnels, les membres de l’association enrichissent sans cesse cette collection de dons divers, actuels ou anciens.

Les relevés de mises en scène dramatiques antérieurs à 1946

Ils ont été collationnés après la guerre de 1914 et dépassent les 3000 exemplaires. Une liste alphabétique par titre existe, mentionnant le nom de l’auteur, l’année de la création de la pièce, le théâtre où elle a été présentée. Plusieurs relevés différents concernent parfois la même œuvre. Certains d’entre eux sont enrichis de photos, de plans de décors, parfois de maquettes, de plans des lumières, de listes d’accessoires, de mobilier et de costumes, voire de conduite sonore. La consultation de ces mises en scène est libre.

Les relevés de mise en scène dramatiques postérieurs à 1946 Compte tenu de la reconnaissance à partir de cette date du droit d’auteur du metteur en scène, ils sont sous le contrôle direct de l’Association et leur consultation est soumise à l’autorisation des ayants droit. Ces relevés, actuellement en cours de numérisation, sont les œuvres notamment des metteurs en scène de l’après-guerre ayant toujours soutenu l’Association de la Régie théâtrale. Parmi eux on peut citer : Jean Anouilh, André Barsacq, Georges Douking, Jean Mercure, François Périer, Raymond Rouleau, Georges Vitaly, etc. À quelques exceptions près, depuis 1975, ces relevés sont devenus obsolètes et sont exécutés en captation vidéo du spectacle, avec une seule caméra, plein cadre, sous la direction de la Théâtrothèque de l’Association..

Les relevés de mises en scène lyriques