Le congrès de Reims est le congrès ordinaire du Parti socialiste, qui a lieu à Reims (Marne) du 14 au .
L’objectif du congrès est de fixer la ligne générale du Parti socialiste, de désigner un nouveau premier secrétaire en remplacement de François Hollande ainsi qu'une nouvelle direction à tous les échelons du parti : section locale, fédération départementale, instances nationales. Ce congrès se tient après la défaite des socialistes aux élections présidentielle et législatives de 2007 et les victoires aux élections municipales et cantonales de 2008.
Ce congrès est marqué par une fragmentation en trois motions de l'ancienne majorité (motions de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal) qui s'opposent surtout sur la méthode et la personnalité pour conduire le parti. Les résultats sont serrés et les débats ne peuvent aboutir à une synthèse. Le congrès ne s'achève véritablement qu'avec l'élection par les adhérents du premier secrétaire. L'écart de voix au second tour est si restreint que son dépouillement est tendu. Finalement, le conseil national du parti valide le l'élection de Martine Aubry avec 102 voix d'avance sur sa concurrente Ségolène Royal, soit 50,04 % des suffrages exprimés. Elle est la première femme à exercer cette fonction au PS.
Organisation du congrès
Le congrès est organisé par le bureau national du Parti socialisteCalendrier du congrès de Reims, Parti socialiste..
Localisation du congrès Originellement envisagé à Toulouse après la victoire de Pierre Cohen aux élections municipales, le congrès est finalement fixé à Reims après un vote à bulletin secret du bureau national du Parti socialiste. Les questions de proximité de Paris ont été évoquées, mais le contexte (affrontement annoncé entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal) a joué contre Toulouse dont le maire et la fédération départementale étaient des proches de Lionel Jospin et de Bertrand Delanoë alors que la maire de Reims, Adeline Hazan est une proche de Martine Aubry.
Calendrier du congrès Mercredi : Conseil national d’enregistrement des contributions générales et approbation du calendrier et des modalités de préparation du congrès; date limite de dépôt des contributions générales et thématiques. Mardi : Dépôt des motions; conseil national de synthèse. Jeudi : Vote sur les motions dans les sections. Du vendredi au dimanche : Congrès fédéraux. Vendredi 14, samedi 15 et dimanche : Congrès national ordinaire à Reims. Jeudi : Vote simultané dans toutes les sections pour l'élection du premier secrétaire, du premier secrétaire fédéral, du secrétaire de section. Vendredi : Second tour de scrutin pour l'élection du premier secrétaire, du premier secrétaire fédéral, du secrétaire de section. Samedi : Conseil national : désignation du bureau national et élection du secrétariat national (finalement tenu en deux sessions le puis le ).
Contributions Les contributions générales Il y a 21 contributions générales déposées pour ce congrès de Reims (contre 18 lors du précédent congrès) : « Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France » présentée par François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste et soutenue entre autres par Julien Dray. « Clarté, courage et créativité : Choisir maintenant, pour agir demain » présentée par Bertrand Delanoë, maire de Paris. « Une vision pour espérer, une volonté pour transformer » présentée par Martine Aubry, maire de Lille, ancienne ministre. « Debout la gauche ! » présentée par Marc Dolez et Forces militantes. « Aux militants » présentée par Gaëtan Gorce, animateur de Nouvelle voix. « Socialistes, Altermondialistes, Écologistes » présentée par le Mouvement Utopia. « Reconstruire à gauche » présentée par Laurent Fabius, ancien premier ministre, ancien ministre, candidat à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2007. « Combattre et proposer » présentée par Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, ancienne ministre, candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle de 2007. « Unité et refondation (s) ! » présentée par Frédéric Leveillé. « Reconquêtes » présentée par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, animateurs du Nouveau Parti socialiste. « Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste » présentée par Jean-Marc Ayrault, président du groupe Socialiste, radical et citoyen à l'Assemblée nationale. « Besoin de gauche » présentée par Pierre Moscovici, animateur de Socialisme et démocratie et soutenue entre autres par Arnaud Montebourg, animateur de Rénover maintenant et Catherine Trautmann, ancienne ministre. « La Ligne claire » présentée par le collectif du même nom, fondé par Gérard Collomb (maire de Lyon), Jean-Noël Guérini (président des Bouches-du-Rhône) et Vincent Feltesse (président de la Communauté urbaine de Bordeaux), rejoints par Manuel Valls (maire d'Évry). « Réinventer la Gauche » présentée par Jean-Luc Mélenchon, animateur de Trait d'union. « Pour un socialisme du siècle en France » présentée par Pascal Jacquemin et la fédération de Meurthe-et-Moselle. « Changer ! » présentée par Marie-Noëlle Lienemann. « D’abord, redistribuer les richesses » présentée par Gérard Filoche, animateur de Démocratie et Socialisme. « Brèves de campagne » présentée par Marylise Lebranchu, ancienne ministre. « Pour un socialisme écologique » présentée par Géraud Guibert, animateur du Pôle écologique du PS. « Urgence sociale » présentée par Pierre Larrouturou, animateur de Nouvelle Gauche. « Et si le Parti restait socialiste ? » présentée par Jacques Fleury, fondateur de l'Office universitaire de recherche socialiste.
Les contributions thématiques Plus de 300 contributions thématiques ont été déposées.. On peut citer entre autres : « Un nouveau souffle pour la Gauche » « L'économie sociale et solidaire ou l'individu-citoyen au centre du système économique » par la Fédération des Alpes-Maritimes Contribution déposée par Homosexualités et socialisme « La diversité et le parti socialiste » par Rachid Mammeri « La Contribution des EGALES » par Geneviève Couraud
Motions Motions déposées Motion A (Bertrand Delanoë) La motion A « Clarté, courage, créativité » a pour premier signataire Bertrand Delanoë. Elle est issue de la fusion des contributions présentées par Bertrand Delanoë, François Hollande, Jean-Marc Ayrault et une partie de la contribution soutenue par Pierre Moscovici. Elle est notamment soutenue par : Lionel Jospin, ancien Premier ministre et ancien premier secrétaire du PS ; Michel Rocard, député européen, ancien Premier ministre et ancien premier secrétaire du PS ; Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, ancien secrétaire d'État ; Élisabeth Guigou, députée de la Seine-Saint-Denis, ancienne ministre ; Jean Glavany, député des Hautes-Pyrénées, ancien ministre ; Michel Sapin, député de l'Indre, ancien ministre ; Alain Rousset, président de la région Aquitaine et député de Gironde ; Harlem Désir, député européen ; Pierre Cohen, député-maire de Toulouse élu en 2008 ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Michel Destot, député-maire de Grenoble ; Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg ; André Vezinhet, président du conseil général de l'Hérault.
Motion B (Pôle écologique) vignette|redresse|Jean-Louis Tourenne. La motion B « Pôle écologique » est issue des contributions de Géraud Guibert et Christophe Caresche. Elle est notamment soutenue par : Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne ; Geneviève Gaillard, députée-maire de Niort ; Jean Launay, député du Lot ; Michel Moine, maire d'Aubusson ; Philippe Plisson, député et conseiller général de Gironde ; Jean-Louis Tourenne, président du conseil général d'Ille-et-Vilaine ; Philippe Tourtelier, député d'Ille-et-Vilaine. Maurice Ronai
Motion C (Benoît Hamon) vignette|redresse|Benoît Hamon en 2000. La motion C « Un monde d’avance. Reconstruire l'espoir à gauche » a pour premier signataire Benoît Hamon.
Dans l'optique du dépôt des motions, les courants Ambition socialiste (autour de Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès), Démocratie et Socialisme (autour de Gérard Filoche) ainsi que Jacques Fleury (auteur de la contribution « Et si le parti restait socialiste ! ») acceptent de fusionner leurs contributions avec celle du NPS. Après plusieurs contacts avec Martine Aubry, ils décident de ne pas poursuivre le rapprochement à cause de son alliance avec les strauss-kahniensFrance Info, chronique « L'invité de la mi-journée », 24 septembre 2008.. Après discussions, Trait d'union (autour de Jean-Luc Mélenchon), Forces militantes (autour de Marc Dolez) et le NPS font motion commune le matin même de la date de dépôt de la motion. Avec le ralliement de Nouvelle Gauche (homonyme distinct de la tendance fondée par Hamon, autour de Pierre Larrouturou), la veille, toute l'aile gauche du PS s'est ainsi réunie sur la intitulée « Un Monde d'Avance : reconstruire l’espoir à gauche », dont le premier signataire est Benoît Hamon à qui Henri Emmanuelli a cédé la première place. Jean-Luc Mélenchon qualifie alors cette union d'.
La motion est notamment soutenue par : Razzy Hammadi, ancien président du MJS Paul Quilès, ancien ministre, maire de Cordes-sur-Ciel Jacques Généreux, économiste français Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris, ancien président de l'UNEF Olivier Dussopt, maire d'Annonay et le plus jeune député de l'Assemblée nationale Marc Gricourt, maire de Blois Liêm Hoang-Ngoc, économiste et député européen Jean-Pierre Dufau, député-maire de Capbreton dans les Landes Michel Vergnier, député-maire de Guéret dans la Creuse André Lejeune, sénateur de la Creuse Jean-Pierre Godefroy, sénateur de la Manche Régis Juanico, conseiller général et député de la Loire Jean Auroux, ancien ministre, auteur des Lois Auroux rédigées par Martine Aubry
Motion D (Martine Aubry) vignette|redresse|Martine Aubry à Aubervilliers. La motion D « Changer à gauche pour changer la France » a pour première signataire Martine Aubry. Elle est issue de la fusion des contributions présentées par Martine Aubry, Marylise Lebranchu, Laurent Fabius et une partie de la contribution soutenue par Pierre Moscovici. Elle est notamment soutenue par : Sandrine Mazetier, députée de Paris Laurence Rossignol, vice-présidente du conseil régional de Picardie Laurence Dumont, députée du Calvados Catherine Lemorton, députée de la Première circonscription de la Haute-Garonne Claude Bartolone, conseiller général et député de Seine-Saint-Denis, ancien ministre Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris Adeline Hazan, députée européenne et maire de Reims Arnaud Montebourg, député et président du conseil Général de Saône-et-Loire Alain Vidalies, député des Landes Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France Didier Migaud, député de l'Isère et président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale Frédérique Calandra, maire du arrondissement de Paris Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, ancien ministre René Souchon, président de la région Auvergne Gilbert Roger, maire de Bondy Alain Le Vern, sénateur de Seine-Maritime et président de la région Haute-Normandie Charles Gautier, sénateur de la Loire-Atlantique Pierre Mauroy, ancien premier ministre et ancien premier secrétaire, sénateur du Nord
Motion E (Ségolène Royal) vignette|redresse|Ségolène Royal en 2007. La motion E « L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes », dont Gérard Collomb est le premier signataire, est la fusion des contributions présentées par Ségolène Royal, Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, Frédéric Léveillé et Gaëtan Gorce. Elle est notamment soutenue par : Patrick Allemand, premier secrétaire de la fédération des Alpes-Maritimes et vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur Sylvie Andrieux-Bacquet, vice-présidente du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et députée des Bouches-du-Rhône