Nipissing-Ouest est une municipalité ontarienne située sur la rive nord et sud-ouest du lac Nipissing dans le district du même nom.

Elle a été créée le par la fusion de dix-sept et demie d'ancienne villes, villages, cantons et communautés non organisées.

Celle-ci comprend la communauté la plus bilingue de l'Ontario avec 73,4 % de sa population qui parle l'anglais et le français. De ce fait, elle compte une majorité franco-ontarienne.

Géographie La municipalité de Nipissing-Ouest est située dans le district de Nipissing dans le Nord-Est de l'Ontario à mi-chemin entre Sudbury et North Bay.

La superficie terrestre est de a. Statistique Canada, Recensement de la population de 1996, Profil des divisions et subdivisions de recensement : Nipissing, produit 95F0181XDB96001 au catalogue de Statistique Canada. Consulté le .b. Statistique Canada. 2002. Profils des communautés de 2001. Nipissing Ouest (Code 3548055), Ottawa. 93F0053XIF au catalogue de Statistique Canada. Diffusé le ; modifié le . Consulté le .c. Statistique Canada. 2007. Profils des communautés de 2006, Recensement de 2006 Nipissing Ouest (Code 3548055) (tableau)., produit nº 92-591-XWF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le . Consulté le .d. Statistique Canada. Nipissing Ouest, Ontario (Code 3548055) (tableau). Profil du recensement, produit nº 98-316-XWF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Recensement 2011, diffusé le . Consulté le .e. Statistique Canada. 2017. Nipissing Ouest, M (Subdivision de recensement), Ontario et Canada (tableau). Profil du recensement, Recensement de 2016, produit nº 98-316-X2016001 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 3 mai 2017. (site consulté le 10 mai 2017)..

Le territoire s'étire le long du lac Nipissing et est alimenté par la rivière aux Esturgeons et la petite rivière aux Esturgeons..

Plusieurs plans d'eau parsèment le territoire, notamment les lacs Muskosung, Badgerow, Duff, Cache, Pike, Sand, Mud, Tanner et Bain.

Le lac Nipissing compte de nombreuses îles dont les îles Gaulais et Hardwood (Île aux Chênes), ainsi que plusieurs découpements comme les baies Collins et Aubin..

Urbanisme vignette|gauche|200px|Centre-ville de Verner. Le paysage se caractérise par la diversité du territoire rural et de petits hameaux. La municipalité s'est développée autour des centres-villes de Sturgeon Falls et de Verner. Outre ces deux pôles urbains, la municipalité compte plusieurs localités et cantons incluant Cache Bay, Field, Lavigne, River Valley, Kipling, Désaulniers, Evansville/Goulard, Dutrisac/Salter, Leblanc/Sabourin, Janes et Dana, McWilliams, Crerar, Gibbons, Bastedo, Fell, Hugel, Badgerow, Grant, Domrémy, Kirkpatrick, Caldwell et Springer, Collins Bay, Pedley, Beaucage, MacPherson, Loudon, Falconer, Latchford, Bertram, Bain Lake, Tomiko Lake, Chebogomog Lake, Muskosung, Pike LakeMunicipalité de Nipissing Ouest, 2011, p. viii.. La collectivité est traversée par les grands axes de transport transcanadien est-ouest, soit la route 17 (route Transcanadienne) et le chemin de fer continental du Canadien National. La route 64 relie Verner à Noëlville au sud et Sturgeon Falls à Marten River au nord. La municipalité est également desservie par les routes secondaires 539 et 575..

Histoire Les premiers habitants de cette région étaient les Anishinaabes, nom qui signifie « peuple des origines ». Cette dénomination inclut les Algonquins, les Outaouais, les Ojibwés et les Potawatomis, des tribus autochtones parlant une racine de langues algonquines présentant une certaine similitude. Le nom Nipissing provient de Nipissing, groupe autochtone habitant la contrée lors du passage de Jean Nicolet en 1620-1629.. Au les explorateurs français puis les trappeurs et coureurs des bois canadiens-français arpentent cette contrée. Le Chevalier de Troyes fait connaître cet endroit en dynamisant le commerce de la fourrure avec les autochtones et le poste de traite du fort Témiscamingue. L'arpentage des terres débute en 1783. En 1858, le district de Nipissing est créé.

Dès 1866, l'entrepreneur John Booth a acheté des droits de coupe dans les cantons de Field, Badgerow et Crerar, qui donnent sur la rivière aux Esturgeons. Le développement de l’industrie forestière attire des Canadiens français. « Les exploitants n’hésitent pas à les embaucher », selon le sociologue Roger Bernard, « parce que la qualité de leur travail en tant que bûcherons et draveurs est légendaire », puis ils acceptent « de travailler dans des conditions pénibles. » Or, Booth voit d’un mauvais œil les colons canadiens-français – les familles Aubin, Deschamps, Filion, Hébert, Jarbeau, Labelle, Ménard, Ranger et Vézina – qui s’établissent sur les terres à proximité dans la décennie et craint qu’ils causent des feux ou du gaspillage de bois. En remontant la rivière vers Désaulniers, on trouve aussi les Joanisse, Moreau et Quenneville, des familles venues du Québec, de l’Est ontarien et des États-Unis.

Situé à quelques kilomètres au nord du lac Nipissing, aux chutes de la rivière aux Esturgeons, Sturgeon Falls est érigé près de l’ancien poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Le jésuite J.-U. Hanipaux y a construit une petite chapelle en 1847, mais les premiers colons sont anglophones, originaires des comtés de Muskoka et de Simcoe. Des concessions sont attribuées pour la coupe depuis 1872 et des premières petites scieries, dont celles de Booth, émergent le long de la rivière. En 1884, une gare est ouverte, la municipalité du canton de Springer est établie et un premier plan de ville est élaboré.

En 1881, le Canadien Pacifique implante sa ligne de chemin de fer.

C’est donc à l’ouest de la réserve que la population canadienne-française se concentre dans les localités – d’est en ouest – de Sturgeon Falls, Cache Bay, Verner, Warren – au nord – Field, Desaulniers, River Valley – puis au sud – Lavigne, Monetville, Saint-Charles, Ouellette, Noëlville, Alban, French River et Bigwood.

C’est en 1867 que Félix Mageau et Judith Roy quittent Sainte-Julienne (Lanaudière), selon leur fils Zotique qui a deux ans au moment de la migration, pour « se tailler une terre en pleine forêt vierge, au Castor, à deux milles du village d’Embrun ». Ce dernier est instruit dans les écoles du comté de Russell, dont un passage à l’école anglaise pendant trois mois pour y apprendre l’anglais et agir « comme interprète dans ses marchés avec les écossais de Mosswood, de Winchester et même de Morrisbargh ». À l’âge de 16 ans, il accepte un salaire de 30$ par mois pour bucher à Luther, au centre du Michigan, « où un camp de cent hommes coupent des billots de pin blanc et n’ont que des bœufs pour haler ». Il rentre à Ottawa en 1882 pour travailler au magasin Chabot, dont le propriétaire l’envoie en pour ouvrir des magasins rudimentaires (parfois en tente) aux stations ferroviaires du Canadien-Pacifique Sudbury, Biscotasing, Chapleau et White River. L’image que Mageau laisse de ces postes pionniers est un monde d’hommes, qui boivent, font de la contrebande et se battent pour aboutir en prison avant de recommencer le même cycle. Mageau marie Saladine Serré de Sturgeon Falls en 1887 et s’y installe de façon définitive en .La colonisation canadienne-française commence après que les premiers ingénieurs y soient passés en 1881 pour tracer le parcours de la voie ferrée. Né à Saint-Fabien (Bas-du-Fleuve) en 1857, Joseph Michaud a fait des études au collège de Rimouski et travaillé comme marchand à Sainte-Anne-des-Monts avant d’œuvrer, entre 1878 et 1883, comme commis aux postes sur le Canadien Pacifique. En 1883, il achète un magasin à Sturgeon Falls et s’associe en 1887 à Georges Lévesque, qui arrive de Rivière-Ouelle (Québec). Les familles Jodoin, Parisien, Serré, Côté, Bélanger et Arbour s’installent à la même époque. En 1891, la paroisse du Sacré-Cœur et une école sont construits. Le Colonisateur en 1898 promeut un paradis agricole qui ne fait qu’attendre des colons :

Sturgeon-Falls a un brillant avenir en perspective. Elle est sans aucun doute, destinée à devenir la ville la plus importante du district et peut-être de tout le nord de l’Ontario. Elle est le centre d’une immense région agricole. Des limites à bois, les plus belles et les plus riches d’Ontario, sont à sa porte…

Son climat, très sain et très salubre, donne à ses habitants une santé robuste et vigoureuse. Les lacs qui l’environnent foisonnent de poissons.

La construction d’un moulin se prépare depuis la fondation du village. L’accès à la rivière pour transporter des billes et générer de l’hydroélectricité rend le site attrayant. Un entrepreneur de Huntsville échoue à la tâche en 1894, mais une corporation britannique achète la Sturgeon Falls Pulp Company et ouvre un moulin en . Les investisseurs ont obtenu le droit de récolter l’épinette, le pin gris, le peuplier et le mélèze surtout sur les cinq milles sur chacune des rives de la rivière et ses tributaires, soit 75 milles carrés sur 21 ans. En retour, la compagnie s’engage à dépenser un million de dollars sur le moulin et embaucher au moins 240 personnes. Selon le Globe de Toronto :

"Sturgeon Falls is extremely fortunate to have secured the location of this company here. For years past our legislators have allowed the Americans to take our wood without duty, manufacturing it into paper, and sell that paper manufactured from Canadian wood in the English market. This system must be changed. The raw material must be manufactured at home. This is Canada’s opportunity."

La ville introduira l’électricité (1898), les égouts (1902), le téléphone (1902) et les aqueducs (1906) aux maisons. À Sturgeon Falls, de 1896 à 1912, le moulin rebondit entre six propriétaires, la capitalisation du moulin demeure insuffisante et l’accès à l’emploi est instable. Au début du siècle, les locaux rencontrent des difficultés, jugeant que trop d’étrangers y travaillent – contrevenant peut-être à la Alien Labour Act. La compagnie est accusée de violer la Lord’s Day Act, qui interdit les opérations le dimanche et certains hommes sont obligés de le faire ou congédiés pour refuser de le faire. On s’en plaint au procureur à North Bay. Les conflits contribuent à nourrir l’organisation des travailleurs. L’International Brotherhood of Paper Makers est la première à organiser les travailleurs à Sturgeon. On gagne la journée de travail de huit heures et du travail limité les dimanches en 1906. Un stoppage le est provoqué par le manque de considération de la compagnie pour l’entente. La grève implique 141 travailleurs (dont 4 femmes). Au , le nombre de grévistes a atteint 350, surtout des chefs de famille qui refusent le travail les dimanches. La compagnie répond en important des travailleurs étrangers le . Il n’est pas clair si le syndicat survit, mais la compagnie est mise sous séquestre à l’automne 1907 et restera fermée pendant cinq années. Selon High, l’accès variable au bois, la concurrence internationale, la fluctuation des marchés globaux, l’évolution technologique et les préoccupations environnementales se trouvent au cœur de cette instabilité.