Crisnée [kʁisne] (en néerlandais Gerstenhoven, en wallon Crusnêye) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège, ainsi qu'une localité où siège son administration.

Étymologie Les formes wallonnes et flamandes remontent, selon toute vraisemblance, à un prototype commun. Mais l'étymologie de Crisnée [kʁisne]. pose problèmes ; linguistes et historiens (Kurth, Petri, Gamillscheg, Devleeschouwer) ne sont pas d'accord. Une possibilité : .

Le nom wallon de Crisnée La traduction wallonne et la graphie (actuelles) du nom des autres covillages de l’entité est Tis, Fise, K’mèh’ et Ôdeû. Pour Crisnée, le panneau apposé sur la façade de l’administration communale propose Crus'nêye. Cette forme ne fait pas l’unanimitéAucune unanimité parmi tous ceux qui, jadis, l’ont nommé et/ou écrit, et aujourd’hui, le prononcent et/ou l’orthographient en wallon : la toponymie et les toponymistes, les dictionnaires, les habitants des villages circonvoisins et surtout les anciens Crisnéens intéressés au premier chef. ; Les villages voisins sont généralement d’accord pour se nommer réciproquement comme indiqué ci-dessus, ils sont divisés sur la prononciation wallonne de Crisnée ; on y entend toutes les variantes imaginables.

Dans son Dictionnaire français-liégeoisédit. 1948, , Jean Haust présente trois possibilités de traduction : Crus’nêye - forme choisie pour le susdit panneau - mais également Cruch’nêye et aussi Cruch’gnêye, ou encore Crus’gnêye (dans Kemexhe), Crichgnêye (dans Odeur). Dans ses fascicules consacrés de 1937 à 1962 aux cinq villages, Jules Herbillon ne se prononce pasDictionnaire liégeois, 1933, ..

Le g comme le ch ne sont pas exceptionnels. Ce ch et ce g surtout se trouvent, six siècles durant, dans les plus anciennes graphies du village. La forme Crestengneis est souvent citée comme datant d'environ ; par exemple, le village est nommé Crissengné en l’an dans une charte du comte de Looz ; puis encore Cristegees en , Criscengnees en , Cristengnées en , Crissengneez en , Crisgnée en et , Crissignée en , Crisseignée en , Chrisgnée en Le même g se retrouve dans le nom du village.

La forme Cruch’gnêye était couramment prononcée avant la Seconde Guerre mondiale par les anciens wallons du village. Plusieurs témoins sont encore vivants. Jules Herbillon l’admet dans sa Toponymie de Crisnée1949, lorsqu'il écrit, en note 2 : . Géographie

Trois chemins, venant de Kemexhe, Fize-le-Marsal et Oreye descendent de la grand-route et se rejoignent au crucifix ; les trois autres, venant de Thys, Lowaige et Odeur, se rencontrent au pont ; et ces six voies ramassées en deux axes convergent vers le centre du village : so l'vêye.

Le village est situé à environ de Liège, chef-lieu de province et d'arrondissement judiciaire et de Waremme, chef-lieu d'arrondissement administratif.

Crisnée n'a pas de véritables et nettes frontières naturelles. Ses limites approximatives sont, du sud à l'ouest : la grand-route que longeaient les tramways vicinaux et électriques et que parcourent les autobus, une artère qui a perdu de l'importance depuis la mise en service de la proche autoroute E40 ; du sud à l'est, la Chaussée-Verte (li Tchâssîe) qui, menant d'Amay à Tongres, sépare plus ou moins d'Odeur ; l'ancienne route de Liège à Saint-Trond (li vôye di Sint-Trond), appelée jadis Voie Royale, qui passe au nord de la localité.

Le territoire de Crisnée, d'une superficie de , est aux marches de la Wallonie car il est contigu aux communes flamandes limbourgeoises de Lowaige (Lauw) et de Herstappe. Crisnée quatre autres villages : Odeur, Kemexhe, Fize-le-Marsal et Thys, avec lesquels il forme, depuis la fusion du , l'entité Crisnée qui s'étend sur où vit une population de habitants.

Le point culminant du village, à environ d'altitude, se trouve à l'extrême nord-est, près de la Tombe (dite de Herstappe, et qui se trouve en fait sur le territoire de Lowaige) ; de là-haut, apparaissent plusieurs clochers, les tours de la Basilique Notre-Dame de Tongres et, par temps clair, les terrils des charbonnages de la Campine, et quelquefois même ceux de la région liégeoise.

Sections # Nom Superficie.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Crisnée 2,80 1.399 500 64021A0 2 Odeur 2,70 214 79 64021A1 3 Kemexhe 4,56 615 135 64021A3 4 Fize-le-Marsal 1,87 1.059 566 64021A4 5 Thys 5,05 286 57 64021A5

Communes limitrophes

Hydrographie Le village de Crisnée appartient au bassin hydrographique de la Meuse par le Geer où vont se déverser ses eaux, après la traversée de Thys.

Ses rouâs (« ruisseaux », mais ils ne portent pas de nom) qui découpent le territoire, mis en parallèle avec le réseau routier original, ceinturent sur leurs versants les vergers rajeunis que fleurissent les printemps. Toutes les eaux ruissellent et affluent des points culminants de la commune que sont le carrefour d'Odeur, la gare de Thys et les confins de la Tombe.

Entre ces hauteurs se sont creusées, au cours des siècles, deux vallées principales parcourues par autant de grands rouâs. Le premier, venant de Villers-l'Évêque par Odeur, se noie dans le bassin d'orage qui jouxte la Chaussée ; mais il en sort, se reprend en Charlevaux, traverse la rue d'Odeur « â Pont » devant la chapelle et, parvenu en Sart, se jette dans l'autre « rouâ » son grand frère.

Celui-ci vient de Fexhe-le-Haut-Clocher, par Freloux et Kemexhe, entre à Crisnée près de la râperie, longe la rue Sylvain-Panis dans les prairies, passe en contrebas de l'église, s'engouffre « int' lès treûs cot'hès », et parvient dans le Sart où il reçoit son affluent.

Ensuite, les deux « rouâs » réunis suivent la « vôye dè Bwè » (le chemin du Bois) et quittent Crisnée, par d'altitude, vers le village de Thys, le Broeck, le Geer et la Meuse.

Du côté Sud, deux petites vallées secondaires se rattachent à ce dernier grand rouâ. L'une,venant de Fize-le-Marsal, traverse la vôye di Favray, c'est le Rôyetê, (ou petit rouâ), dit jadis riweteau des beghinnes ; l'autre vient également des limites de Fize, passe au lieu-dit âs bômes et gagne Thys. Les dépressions de terrain existent bien, mais, s'il y eut là des petits rouas, ils ont tari depuis longtemps.

Tous ces débouchés, pour les eaux de ruissellement, n'empêchent pas l'existence de bouchons dans trois endroits bien précis : à Pont, int' lès trëûs cot'hês et è SârtQue surviennent deux grosses averses, un orage trop généreux, ou une fonte de neiges trop brutale, et aussitôt à Pont, int' lès trëûs cot'hês et è Sârt, l'exubérance des flots a tôt étranglé les conduites, raviné les chemins, submergé les carrefours ; elle transforme les cours en mares à canards, et le spoiler des voitures en étraves de porte-avions. Au temps de la fabrication à la râperie, l'eau de lavage des betteraves chantonnait en écume sa course ocrée où les écoliers lançaient leurs bateaux de papier à qui accomplirait au plus vite le trajet allant du pont da Henri Bolland jusqu'à la sortie du pré Deltour, en face de chez Djîles da Mélanie.. Les bourgmestres font curer les rigoles et nettoyer les rouâs, en vain.

Les anciens rouâs Un rouâ s'est appelé Kemexhe. Ce renseignement se trouve dans Le Geer, rivière hesbignonne de François Mahiels. Cet auteur complète son travail en présentant le fruit des recherches d'un autre historien. En 1923, A. de Rijckel publiait Rivières et ruisseaux de la Province de Liège. Étudiant d'anciennes cartes militaires, compulsant d'anciens registres, il a découvert les traces de cours d'eau disparus et a abouti à la conclusion que ceux-ci portent, pour la plupart le nom d'un des villages qu'ils traversent.

Il explique ainsi que des ruisseaux et rivières de Belgique s'appellent la Salm, l'Amblève, l'Hermeton, d'autres Le Piéton, le Burnot, la Magne, le Bolland, etc. Le même phénomène explique le nom du « Kemexhe ».

Le Kemexhe prenait sa source à Roloux, se dirigeait vers Fexhe-le-Haut-Clocher, Freloux, puis Kemexhe ; il traversait Crisnée et Thys pour se jeter dans le Geer au lieu-dit Nomerange. Le Kemexhe est cité dans des actes datés de 1294, 1301, 1342,1348 et 1586.

Depuis des décennies, sa source a tari, de même que l'appoint des eaux boueuses qu'y déversaient les râperies de Fexhe et de Crisnée. Seules l'alimentent occasionnellement aujourd’hui les eaux de ruissellement.

Le roua du Tchâlvâ n'est pas repris dans l'ouvrage mentionné ci-dessus. Sans doute ne roula-t-il jamais que les eaux accumulées par les pluies et la fonte des neiges dans le fond de la Chaussée-Verte. Son débit est maintenant régularisé par le bassin d'orage, cette réalisation du remembrement.

Le Wihogne prenait sa source près du château de Waroux, et se dirigeait par Xhendremael et Wihogne vers Freeren et le Geer. Le Russon prenait sa source à Bierset, passait Awans, longeait Hognoul, traversait la campagne de Xhendremael, descendait vers Othée et après Russon se dirigeait vers le Geer. Son affluent, le Hognoul, débutait à Velroux, se dirigeait par Voroux, Fooz et Villers-l'Évêque jusqu'au confluent, à Russon.

L'Yerne prend sa source à Verlaine, non loin de Yernawe, hameau de Saint-Georges. Il traverse Haneffe, Donceel et Limont, et il passe à Remicourt, Lamine et Hodeige avant de courir au Geer à Lens-sur-Geer. Son affluent, le Jeneffe qui passait par Momalle et Fize, revevait lui-même la Berwinne à Momelette (actes de 1348, 1478).

Santé

Qualité de l'air Dans le cadre de l'enquête organisée parmi les Crisnéens par l'Administration communale, les citoyens de la commune ont suggéré les recommandations suivantes concernant la qualité de l'air que respirent les Crisnéens et Crisnéennes en 2002.

Sont particulièrement dénoncés les feux de jardin et l'incinération sauvage (52 %), l'utilisation des véhicules à moteur (28 %), le chauffage au mazout (12,5 %), les pesticides agricoles (7,7 %) et, dans une moindre mesure, les pesticides, le fumier, l'électricité, les tondeuses à essence, les barbecues.

Sont encouragés : le triage des déchets, le compostage avec utilisation d'un broyeur, les emballages réutilisables, le respect de l'environnement par réglementation de l'épandage de lisier, la limitation en durée du dépôt de fumier sur les terres avant charruage, le réglage et l'entretien des appareils de chauffage, imposer l'équipement de protection sur les machines d'épandage de pesticides/herbicides, privilégier les transports en commun et le covoiturage, la plantation d'arbres et de haies dans jardins et pâtures, le long des routes et même des chemins de remembrement, l'emploi de produits de nettoyage écologiques, la promotion de la marche par l'aménagement de sentiers pédestres, l'interdiction de stationnement sauvage de camions (sur la Place d'Odeur par exemple), sans préjudice du nettoyage des voiries afin d'éviter les écoulements d'eaux usées et les mauvaises odeurs.

Sécurité civile Une des deux Unités opérationnelles de la Protection civile, dépendante du SPF Intérieur, est basée sur la commune.

Population

Quelques chiffres En 1712, Crisnée compte 42 familles et 180 communiants. Par comparaison, à la même époque, les villages voisins comptent : à Kemexhe, 43 ménages et 160 communiants ; à Fize, 40 ménages et 160 communiants ; à Otrange, 44 ménages et 135 communiants ; à Thys, 34 ménages et 90 communiants ; à Odeur, 13 ménages et 60 communiants.

Evolution dans le temps De 1806 à 1811, Crisnée passe de 302 à 308 habitants. L'indépendance de la Belgique est fêtée par 336 habitants logés dans 64 demeures réparties comme suit : 9 fermes dont 4 grandes; 10 maisons particulières, 20 habitations rurales et 25 cabanes construites en bois et en argile, et couvertes de paille.

Dix ans plus tard, les Crisnéens sont 380, logés dans 77 maisons dont 5 forment le hameau Aux Croix sur la grand-route. En 1860, les habitants sont au nombre de 425 ; en 1890, ils sont 488 habitants dans 104 maisons.