vignette|droite|Intervention de la brigade en 1900. vignette|droite|Auto-pompe au Salon de l'Automobile de Paris en 1903. vignette|droite|La brigade de sapeurs-pompiers de Paris au défilé du 14 juillet 2003. vignette|droite|Brigade des sapeurs-pompiers de Paris lors du défilé du 2008 sur les Champs-Élysées à ParisLe colonel Malie, commandant le d'incendie, défile en tête du détachement de la BSPP lors du défilé du 2008 sur les Champs-Élysées à Paris.
La brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), familièrement appelée la Brigade, est une unité du génie de l'Armée de terre française, placée sous l'autorité du préfet de police de Paris. Elle est commandée par le général de division Arnaud de Cacqueray-Valménier depuis le ..
Cette brigade, au statut militaire et à vocation principalement civile, intervient sur le territoire de l'agglomération parisienne, dans Paris et ses trois départements limitrophes (« petite couronne ») : Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne. Elle assure également la protection de la base spatiale de Kourou, en Guyane française, et de la base d'essais de missiles de la DGA, à Biscarrosse.
La devise de la BSPP est : « Sauver ou Périr ». La BSPP comprenait sapeurs-pompiers en 2025https://www.terre.defense.gouv.fr/sites/default/files/pompiers-paris/2026_BSPP_Tryptique_Chiffres_Cles_De_2025.pdf, 300 officiers, , et la majeure partie composée de militaires du rang, soit environ 119 pompiers pour . La moyenne nationale étant de pour , mais la zone couverte par la BSPP est très petite et permet donc des temps d'interventions courts avec un effectif relativement réduit : on compte par km dans la zone BSPP, contre 0,34 en moyenne en France.
Le budget annuel de fonctionnement est de 470,54 millions d'euros en 2025, dont 81,4 % de soldes (rémunération et cotisations sociales), 18,6 % de matériel, d'investissement immobilier et de loyers et charges. Les contributeurs à ce budget sont les départements (29 %), la ville de Paris (26 %), le ministère de l'Intérieur (24 %) et les autres communes (21 %).
La BSPP est actuellement régie par les articles R. 3222-13 à R. 3222-18http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;?idSectionTA=LEGISCTA000019840829&cidTexte=LEGITEXT000006071307 du code de la Défense. Elle remplit globalement le même rôle que les SDIS des autres départements français.
Histoire Sous l'Ancien Régime Pendant longtemps, la lutte contre l'incendie a été à la charge des habitants eux-mêmes ou bien des corps non spécialisés ; cette tâche fut donc confiée successivement au guet royal, au guet bourgeois, aux magistrats communaux. Les anciennes ordonnances de police de 1371, 1395 et 1400 imposaient aux propriétaires d'avoir en permanence un muid d'eau près de leur porte, mais ne donnaient aucune indication quant aux dispositions à adopter en cas d'incendie.
En 1524, le parlement de Paris ordonna que des habitants soient commandés chaque soir par le prévôt des marchands de Paris pour constituer le guet de nuit, que soient constituées des provisions d'eau dans chaque maison, et que des lanternes allumées soient mises aux fenêtres (premier éclairage public à Paris).
Le , une ordonnance de police imposa la présence au feu des corporations du bâtiment.
Le , nombre de seaux et brocs fut distribués dans Paris et ses faubourgs, et déposés dans les couvents, chez les échevins, et chez les notables. Un dépôt central était situé à l'hôtel de ville, avec des dépôts secondaires indiqués aux habitants. Mais finalement, il n'y avait guère que les membres des communautés religieuses et des corporations du bâtiment aptes à intervenir, auxquels Louis XIV ajouta alors les Gardes suisses et françaises qui devaient « se porter à l'incendie à la première alerte ».
À cette époque, il y avait alors obligation de maintenir en bon état les puits et puisards, ainsi que tous les moyens de puisage. Cependant, les résultats n'étant pas ceux espérés, en 1699, pour remédier à cette situation, François Dumouriez du Perrier se fit accorder par privilège royal et pour trente ans la construction et la fourniture exclusive des pompes à incendie nouvelles avec boyaux de cuirsChef de Bataillon A. Arnaud, Pompiers de Paris, France Sélection, Paris, 1958..
En 1715, François Dumouriez du Perrier est nommé par Louis XIV au poste de directeur général des Pompes publiques pour remédier aux incendies, sans que le Public soit tenu de rien payer. Il devient le premier pompier professionnel de France.
En 1719, publiques sont réparties dans cinq quartiers de Paris, entretenues et manipulées par une quarantaine de gardiens et sous-gardiensAlmanach royal pour l'an 1719, publié par Laurent d’Houry, Paris, 1719, les premiers pompiers de Paris. Ils ne sont pas encore professionnels : trois pompes dans le couvent des Augustins, tenues par Duhamel (serrurier), Herbain (potier), Quenet (menuisier), Laisné (cordonnier), Duhamel (menuisier), Monneton (serrurier), Corbonnot (serrurier) et Legrand (cordonnier) ; trois pompes dans le couvent des Carmes, tenues par de La Potte (cordonnier), Pelletier (menuisier), Saintbon (menuisier), Pelletier (serrurier), Carel (menuisier), Baumail dit Montauban (cordonnier), Pied, et Jean (relieur) ; trois pompes dans le couvent de la Mercy, tenues par Paris (cordonnier), Granger et Granger (cordonniers), Blanvillain (menuisier), Pilon (cordonnier), Vlu (cordonnier), Champion (tapissier) et Fendoré (cordonnier) ; trois pompes aux petits Pères, tenues par Robert (cordonnier), Ferrand, Thibou (serrurier), Le Bret (maître brodeur), Lacour (cordonnier), Masson, Couillard, Compagnon (maître brodeur) ; quatre à l’hôtel de ville ; une chez François Dumouriez du Perrier, rue Mazarine.
En 1722, Louis XV fonde la Compagnie des Gardes des Pompes du Roy, toujours sous la direction de Dumouriez.
Huit brigades sont créées aux Augustins, aux Carmes, à La Mercy, aux Petits Pères, à La Trinité, aux Jésuites, à l'Oratoire, et aux Capucins. Les pompes sont réparties dans 21 dépôts. Chaque brigade est composée de sept hommes : un inspecteur, un brigadier, un sous-brigadier, deux gardes, et deux sous-gardes. Ils ne sont pas encore des professionnels du feu puisqu'ils exercent toujours leur métier de base (cordonniers, menuisiers) Dumouriez est secondé par son frère, lieutenant. En outre, quatre hommes sont nommés pour servir de Haut le pied (ou Avertisseurs). La première compagnie de pompiers de Paris comportait alors 62 hommesAlmanach royal pour l’an 1728, publié par la Veuve d’Houry, Paris, 1728. La liste des Pompes du Roy est absente de l’Almanach royal entre 1721 et 1727..
Dumouriez dirige la compagnie jusqu’à sa mort. Son fils lui succède.
Denis Morat est nommé directeur des pompes du roi et commandant de la compagnie des garde-pompes le 15 aout 1760. Il améliore l'organisation dont la réputation se répand en Europe. Au cours de ses trente-trois années de commandement, Morat quintuple les postes de garde permanents dans Paris. La capitale est défendue par 270 hommes répartis en trois compagnies..
De l'Empire à la Troisième République thumb|left|Départ des pompiers, film Lumière, 1897 En , un corps de garde du palais de Saint-Cloud, en surchauffant un poêle, met le feu au salon de la résidence de , qui est présent cette nuit-là. Bien que le feu soit rapidement éteint, l'Empereur décide de créer une garde de nuit spéciale à toutes les résidences impériales, garde composée de sapeurs du Génie et transformée le en compagnie de sapeurs du génie de la Garde impériale.. À la suite de l'incendie de l’ambassade d’Autriche, qui cause la mort d'une centaine de convives le , l'Empereur charge le ministre de l'Intérieur et Étienne-Denis Pasquier, préfet de police, de trouver une nouvelle organisation pour remplacer le corps des gardes pompes. La proposition d’une formation militaire est retenue et officialisée par décret impérial du , qui crée le bataillon de sapeurs-pompiers de Paris. Quatre compagnies sont formées. Une est installée dans une caserne aménagée pour l'occasion dans les bâtiments de l'ancien hôtel de Chavigny rue de la Culture-Sainte-Catherine, actuelle rue de Sévigné.
Conséquemment à l'extension de Paris en 1860 aux communes limitrophes au-delà des fortifications, le bataillon s'agrandit et de nouvelles compagnies sont créées (--).
thumb|upright|Sapeur-pompier en parade (milieu du ). Le bataillon devient régiment de sapeurs-pompiers de Paris par décret impérial le LCL Aristide Arnaud (E.R.), Pompiers de Paris, France Sélection, page 112 édition de 1985.
En 1868, un homme du régiment sort de l'anonymat et devient une véritable célébrité : le caporal Thibault.
Première et Seconde guerres mondiales vignette|gauche|Les pompiers de Paris stationnés à Reims pendant la Grande Guerre. Pendant la Première Guerre mondiale, trente pompiers de Paris et deux autopompes sont arrivés à Reims début pour combattre les incendies causés par les bombardementsPaul Hess, La Vie à Reims pendant la guerre de 1914-1918, Anthropos 1998, p. 272Décret du 4 juillet 1919, attribution de la croix de chevalier de la Légion d’honneur à la compagnie des sapeurs-pompiers de Reims.
Dans la nuit du 5 au , à Vauquois, une offensive engage un détachement du régiment, formant la compagnie dite « compagnies Z » rattachée au du génieLa Butte meurtrie, Vauquois, .. Celle-ci dispose d'appareils lance-flammes conçus par le capitaine ingénieur Schilt. Chaque appareil est constitué d'un réservoir cylindrique, contenant un liquide composé de 30 % de pétrole et 70 % d'huile légère de houille, relié à une bouteille d'acétylène dissout. Le mélange est enflammé au moyen de grenades incendiaires. L'effet de souffle produit par l'explosion d'un dépôt de munitions allemand, touché par ce mélange, rabat le liquide enflammé sur les lignes françaises. Parmi les victimes, on dénombre des sapeurs-pompiers et des hommes du du RI, présents dans les tranchéesJMO du Génie du d'armée (France).
thumb|upright=0.7|left|Casque des pompiers de Paris des années 1940. En 1939, le plan de mobilisation générale fait passer l'effectif du régiment de 53 officiers, 260 sous-officiers et du rang à 171 officiers et 7090 sous-officiers et militaires du rang. Des compagnies sont déployées sur l'ensemble des communes de la Seine. La mission du régiment dans ces communes se limite dans un premier temps à une mission de défense passive contre les attaques aériennes, les interventions courantes demeurant sous la responsabilité des communes. Les sapeurs-pompiers communaux, mobilisés dans diverses unités militaires, sont placés progressivement en affectation spéciale pour servir dans le cadre de la défense passive au sein de leur corps de sapeurs-pompiers municipal. Rapidement le maintien de l’organisation communale et la présence de sapeurs-pompiers militaire en attente de bombardement montra ses limites.
Le décret-loi du et la loi du prévoient que la zone d’intervention du Régiment est étendue aux 81 communes du département de la Seine.