thumb|150px|Blason de Pons (Charente-Maritime) Cet article présente les faits marquants de l'histoire de Pons, petite ville du sud-ouest de la France, dans le département de la Charente-Maritime.

La ville de Pons est une création médiévale autour d'un prieuré bénédictin dédié à Saint-Marin.

Son nom qui désigne un pont en bois sur la Seudre n'apparaît qu'au milieu du comme celui d'une seigneurie.

L'archéologie révèle sur la hauteur oppidum gaulois puis une occupation romaine sui ont laissé peu de traces et aucune source écrite.

Habitat néolithique

Des traces anciennes ont été trouvées aussi bien au lieu-dit pont d'Husson qu'à St-Léger, mais aussi sur le plateau que forme actuellement la place de la mairie. Des temps où «les chasseurs moustériens avaient choisi les abris sous roches qui bordent la Soute'oppidum de Pons, par L. Lassarade, Revue de la Saintonge et de l'Aunis, Tome IV, 1978, page 30 » comme habitat. Lors de la sédentarisation de ces populations, durant le néolithique, ces derniers se fixèrent sur le promontoire, où différentes campagnes de fouilles ont permis la découverte d'outils et d'armes en silex noirin Pons à travers l'histoire, par P. Sénillou, Tome 1, Publications de l'Université francophone d'été, éditions Bordessoules, 1990, page 17.

Oppidum gaulois

Occupation préhistorique Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques menées sur l'oppidum de Pons, notamment sur le site de La Dague, au nord de la villein Guide de l'art et de la nature : la Charente-Maritime, par M. De la Torre, éditions Nathan, promotion culturelle, 1985 (Monographie sur Pons), ont montré des traces d'occupation humaine remontant à l'époque du Second Âge du Fer, c'est-à-dire vers le avant l'ère chrétienne.

Oppidum des Santons À l'époque gauloise, le promontoire rocheux est aménagé pour former l'oppidum de Pons. Il recouvrait alors une surface de soixante hectaresChiffre de la surface du site primitif de Pons avancé dans Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, par J.L.Flohic (ouvrage collectif sous la direction de), Collection Le patrimoine des communes, Flohic éditions, 2002, Tome II, page 602 et offrait les conditions idéales pour un site défensif, ce à quoi s'employèrent activement les premiers colons celtes.

En effet, dès les derniers siècles avant l'ère chrétienne, ce sont les Celtes, ou plus précisément les Santons, qui occupèrent activement le site actuel de la ville, correspondant à un oppidum de type "éperon barré". Ils y établirent une petite cité fortifiée qui "s'étendait derrière un rempart de blocs de calcaire et de terre, long de in Guide des départements : la Charente-Maritime, par J. Combes (ouvrage collectif sous la direction de), éditions du Terroir, 1985, page 113".

Pons pendant la période gallo-romaine

Un établissement romain

Le nom de cet établissement n'est pas plus connu à la période romaine qu'à la précédente.

Lorsque les Santons se sont soumis aux armées de Jules César en 58 av. J.-C., les Romains ont remonté sans tarder la vallée de la Carantelos, l'actuelle Charente, et ont pu atteindre l'oppidum de Pons. Selon P. Sénillou, « il est fort probable que les Santons aient secrètement souhaité le concours puis la protection romaine pour se protéger aussi bien des trop fréquentes incursions côtières des Vénètes (...) que de la menace plus grave encore d'une imminente invasion des Helvètesin Pons à travers l'histoire, par P. Sénillou, Tome 1, Publications de l'Université francophone d'été, éditions Bordessoules, 1990, page 31 ». Les Romains, en s'établissant sur le rocher déjà fortifié par les Santons, y laissent alors un simple détachement de quelques cavaliers casqués.

Mais après la révolte gauloise de 52 av. J.-C. il est possible que les Romains aient incendié l'oppidum de Pons, puis qu'ils l'aient transformé en castrum. Ils apparaissent alors sous les traits d'un «rude conquérantPour reprendre l'expression de l'historien régionaliste Louis Delayant dans son Histoire du département de la Charente-Inférieure » prêt à mater toute tentative de soulèvement. Après l'"incendie du village gauloisin L'oppidum de Pons, par L. Lassarade, Revue de la Saintonge et de l'Aunis, Tome IV, 1978, page 22", les Romains ont construit une petite cité romaine selon les règles urbanistiques de l'époque, où sur le promontoire rocheux "on assiste après l'occupation romaine, à un déplacement de l'habitat, d'une part vers la pointe de l'éperon, d'autre part vers le croisement des deux grandes voies délimitant le « Canton ». Il ne semble pas qu'on puisse invoquer simplement une extension de l'habitat car il ne parait pas y avoir eu superposition de l'habitat gaulois et de l'habitat gallo-romainin L'oppidum de Pons, par L. Lassarade, Revue de la Saintonge et de l'Aunis, Tome IV, 1978, page 19".

L'occupation romaine du promontoire est confirmée en trois points de l'ancien oppidum de Pons, il devient un vicus dans les trois dernières décennies de la République romaine, c'est-à-dire la période allant de 52 av. J.-C. à 27 av. J.-C.. Il reste quelques vestiges comme un élément de corniche d'un fronton triangulaireLes bâtiments de cette période ont complètement disparu mais des vestiges de corniches, d'un fronton triangulaire, d'un claveau sommital peuvent être observés dans le dépôt lapidaire du Musée archéologique de Pons., une statuaire romaine souvent imposante dont la statue d'une «déesse-mèreTrouvée en 1252 et devenue Notre-Dame-de-Recouvrance », un petit aqueduc"Dont le soubassement et les piédroits étaient en larges pierres de taille et dont la couverture était de tegulae ; on y trouva également de la céramique sigillée" in L. LASSARADE, L'oppidum de Pons, Revue de la Saintonge et de l'Aunis, Tome IV, 1978, et au carrefour des deux voies antiques, l'actuelle Chapelle-du-Fâ serait la réminiscence d'un fanum, aujourd'hui disparuAyant probablement eu une fonction de protection pour les voyageurs et/ou de borne routière ».

Selon P. Sénillou, les habitants de « l'oppidum assistent à des transformations stupéfiantes, à l'éclosion d'édifices éblouissants de blancheur, de proportions surprenantes comme on n'en avait jamais vu encore ici, sur la falaisein Pons à travers l'histoire, par P. Sénillou, Tome 1, Publications de l'Université francophone d'été, éditions Bordessoules, 1990, page 38 ».

Les Romains ont établi plusieurs fronts de colonisation (le long de la vallée de la Seugne et de part et d'autre de la vallée en direction d'Archiac et de Gémozac, ainsi qu'en direction de la Forêt de Pons) et implanté des villae qui sont devenues plus tard les villages, signalés par leur toponymie typique avec la terminaison en « acin À la recherche de la Saintonge Maritime, par F. Julien-Labruyère, éditions Rupella, 1980, page 118 ».

Pons pendant le Haut Empire romain La découverte au début du dans une place centrale de la villename="M.A. GAUTIER, "/ de «blocs de pierre qui avaient appartenu à un ou plusieurs monuments du Haut-Empirein La Charente-Maritime - L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, par J. Combes (ouvrage collectif sous la direction de), éditions Bordessoules, 1981, page 80 » atteste que la ville eut une période d'occupation romaine et de développement urbain en même temps que Mediolanum Santonum, capitale de l'Aquitaine augustéenne attestée juste avant le de l'ère chrétienne.

De rares vestiges, témoignent de l'époque du Haut Empire romain, comme les deux bornes milliaires d'origine gallo-romaine à l'intérieur du passage voûté du porche Saint-Gilles.

Pons était à un "carrefour routier" par lequel divergeaient les voies impériales, l'une en direction de Bordeaux, via Consac où une borne impériale a été découverte, et l'autre en direction de Périgueux, via Chadenac où une borne impériale est encore visible.

Le site était desservi par la voie impériale, qui reliait Limonum à Burdigala via Mediolanum Santonum, mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin et dans la Table de Peutinger.

Le déclin pendant le Bas Empire romain Après que le site ait été abandonné à la fin du règne de Tibère, en même temps d'ailleurs que celui d'Aunedonnacum, actuelle Aulnayin Guide des départements : la Charente-Maritime, par J. Combes (ouvrage collectif sous la direction de), éditions du Terroir, 1985, page 28, Pons entre dans une longue période de léthargie qui durera jusqu'à la fin du Bas Empire.

Pendant le Bas Empire romain, la cité végète, tandis que Mediolanum Santonum s'entoure de ramparts de près de d'épaisseur«Saintes s'entoure de solides remparts de près de d'épaisseur, réduisant considérablement la superficie urbaine ( intra-muros contre sous le Haut-Empire)» in J. COMBES (Ouvrage collectif sous la direction de), Guide des départements : La Charente-Maritime, Éditions du Terroir, 1985, .

Des habitants reconstruisirent la cité haute, P. Sénillou explique que "la dispersion des quelques blocs colossaux en réemploi dans les murailles confirmerait qu'ici, comme dans toutes les cités gallo-romaines, la terreur des invasions barbares du fit sacrifier sans scrupule les plus beaux monuments à l'urgente nécessité de se protéger derrière un rempartin Pons à travers l'histoire, par P. Sénillou, Tome 1, Publications de l'Université francophone d'été, éditions Bordessoules, 1990, page 33".

La paix et la prospérité reviennent pendant le , "les coteaux saintongeais sont de nouveau couverts de vignes et de prés verdoyantsin Guide des départements : la Charente-Maritime, par J. Combes (ouvrage collectif sous la direction de), éditions du Terroir, 1985, page 30", la petite cité aurait pû retrouver un nouvel essor.

Mais Pons a du connaître une destruction quasi totale du au car même l'archéologie n'est d'aucun secours pour éclairer cette période de l'histoire de la ville.

Il n'y a donc pas de continuité avec la petite cité de Pons sera créée au début du Moyen Âge grâce à l'essor du christianisme en Saintonge.

Pons, une création médiévale thumb|right| Pons devient un centre important pour le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle au Moyen Âge.

Viguerie carolingienne La vie de la cité s'organise autour d'un château fort et de son église Saint-Martin qui est construite au et appartient aux prieurs des Bénédictinsin Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime, par M.A. Gautier, éditions Les chemins de la Mémoire, Saintes, page 106.

Du au , la seigneurie de Pons appartenait à une famille qui détenait le siège d'une viguerie relevant directement du roi.

Un pont qui donne son nom à la seigneurie

Le nom de Pons apparait pour la première fois en 1160, comme celui de Bertrand, premier seigneur, dans les plus anciens registres de la ville. Ponto dans un manuscrit du début du name="M. KORSAK, 2002, "/, proviendrait des ponts sommaires qui enjambaient la Seugne et ses nombreux bras de rivière. Ces constructions courantes au Moyen Âge, qui étaient composées de madriers ou de rondins juxtaposés afin de faciliter le passage des charrettes, se nommaient alors pontis, terme latin à l'origine du mot pontname=onc/.

Au début du , la Saintonge est dans la mouvance des comtes-ducs d'Aquitaine, et trois grands vassaux se partagent ses terres : les seigneurs de Cognac, ceux de Taillebourg, et les sires de Pons "qui commencent à affirmer leur pouvoirin À la recherche de la Saintonge Maritime, par François Julien-Labruyère, éditions Rupella, 1980, page 188".