La « Très Noble et Généreuse Ville de Huaraz » et « Capitale de l'Amitié Internationale » se situe dans la partie centrale de la Cordillère des Andes péruvienne (à au nord de Lima par la route), au centre du département de Ancash, sur la rive droite de la rivière Santa à d'altitude dans la vallée Callejón de Huaylas (en français : « Impasse de Huaylas »).
Le département de Ancash est un département avec un riche passé historique comportant des sites archéologiques pré-incas. Selon l'hypothèse de l'archéologue et anthropologue péruvien Julio C. Tello, cette culture péruvienne est autochtone et originaire de Chavin de Huántar. Les premières peuplades de Chavín vinrent du piémont amazonien vers la cordillère voisine, à l'Est de la cordillère Blanche, où ils ont prospéré jusqu'à aboutir en 1200 à la culture Chavín.
En , un séisme détruit la ville de Huaraz ; les dégâts furent énormes tant en vies (plus de dans toute la vallée) qu'en dégâts matériels. C'est alors que débuta la reconstruction de la ville incluant une réforme urbanistique donnant lieu au nouveau Huaraz. Ville cosmopolite avec une architecture, un tracé et des constructions qui n'ont pas les caractéristiques des villes andines mais avec un fort potentiel touristique.
L'agglomération s'étend sur et compte près de , ce qui en fait la deuxième plus grande ville des Andes péruviennes centrales après Huancayo. C'est la plus grande ville du Pérou. Huaraz, où se trouve la cathédrale San Sebastián, est le siège épiscopal de la province.
Histoire
Le département de Ancash est un département avec un riche passé historique. Selon l'hypothèse de Julio C. Tello, la culture péruvienne est autochtone et originaire de Chavín de Huántar. Les premières peuplades de Chavín vinrent du piémont amazonien jusqu'à la cordillère voisine de la Cordillera Blanca où ils ont prospéré jusqu'à fonder au la culture Chavín. Les origines de Huaraz remontent à la période hispanique. C'est l'un des nombreux noyaux urbains qui furent mis en place sous le gouvernement du vice-roi du Pérou, Francisco de Toledo.
Toponymie Le nom Huaraz () vient du mot quechua waraq qui signifie « aube »Diccionario qheswa- español de la Municipalidad de Qosqo ( 1995)Pequeño Diccionario Larouse 2008Marcos Yauri Montero Reina del Viento Leyendas.Ediciones Azalea, Lima 1998. Pág. 63. Les anciens habitants de la région avaient en effet, parmi leurs divinités principales, Waraq Quyllur (l'étoile de l'aube), c'est-à-dire la planète Vénus.
Héraldique vignette|gauche|250px|Drapeau de Huaraz, créé en 1982. vignette|gauche|250px|Blason de Huaraz. Drapeau : Le drapeau utilisé par la municipalité est rectangulaire avec un rapport de 2 sur 3, il est entièrement bleu avec les armoiries de la ville au centre.
Armoiries : Les armoiries ont été créées le par la résolution , signée par le maire de l'époque Victor Valenzuela Guardia.
L'écu est de type français moderne. Le champ est partitionné en diagonale, tranché de gueules et d'azur avec une bordure d'or. Sa conception est basée sur le patrimoine naturel et culturel de la province : Le champ d'azur est au Vallunaraju un haut sommet enneigé () visible depuis la place d'armes de la ville, qui symbolise la richesse et la beauté de la nature locale, sur fond du ciel toujours bleu à Huaraz. Le champ de gueules est au torreon de Huilcahuain, un temple sacré situé près du village de Paria, à au nord-ouest de Huaraz à une altitude de , qui symbolise la richesse culturelle et historique pré-incas de la province, sur fond rouge comme le sang des guerres anciennes et de la combativité de la population face à l'adversité. La bordure est d'or (jaune) à 5 troncs de queñual aux bourgeons de feuilles vertes, un arbrisseau des Andes qui représente la richesse de la flore sauvage, avec le mot Huaraz inscrit en écriture gothique.
Les ornements extérieurs sont, le heaume (yelmo en espagnol) avec visière ajourées, tourné vers la droite dont sortent des végétaux jaunes et rouges, surmonté d'un condor sortant des flammes : Le heaume symbolise l'anoblissement de Sebastián de Torres premier encomendero de la zone de Huaraz, par décision de Francisco Pizarro. Le condor, oiseau des hauts sommets des Andes, représente la faune très spéciale des villes andines. Il est connu sous le nom de « Roi des Andes ». À Huaraz, on peut facilement le voir dans la Cordillère Blanche. Le condor est représenté sortant du feu, comme s'il s'agissait du Phénix qui renaît de ses cendres, symbolisant ainsi les catastrophes du passé (glissements de terrain et tremblements de terre) subis par la ville de Huaraz, mais dont la population a toujours su se relever. Du heaume, sortent à droite et à gauche, entourant l'écu, des ornement de lambrequins ressemblant à des feuilles ou à des algues, qui donnent consistance à l'ensemble.
Ère précolombienne Il y a un peu de connaissance sur l'histoire de Huaraz, avant l'arrivée des Espagnols. Toutefois, des traces d'occupation humaine depuis avant J-C. par des populations de chasseurs-cueilleurs sont avérées, comme l'atteste la Grotte du Guitarrero en face de la ville de Mancos, située au nord de Huaraz. De ces premiers établissements humains autour des rivières Quilcay et Santa, la région évolua ensuite grâce au développement de l'agriculture dans la zone de Vicuas et Villaqui.
Pendant l'antiquité, du , la civilisation Chavín a développé la culture urbaine. Ainsi, ils ont édifié le village de Waras avec son centre cérémoniel situé sur la colline de Pumacayan. Ensuite se succédèrent du au les Recuay, puis les Huari au qui construisirent les ensembles de Huilcahuain et de Waullac qui sont aujourd'hui des sites archéologiques. Enfin, la zone fut annexée à l'Empire Inca.
Période coloniale Au - La colonisation vignette|gauche|150px|Huaraz a été fondé sous le gouvernement du vice-roi Francisco de Toledo. En 1533, l'armée espagnole arrive dans cette zone sous le commandement d'Hernando Pizarro. Ses hommes en font la première description, rapportant qu'il s'agit d'un sol vert et fertile, avec beaucoup de bétail dans les hautes terres et des villages prospères.
Francisco Pizarro, le conquistador espagnol du Pérou, alors maître de Cuzco, est au centre de l'expansion coloniale espagnole. Il procède à la distribution des terres et des mines et fonde de nouvelles villes.
En 1538 il remet le commandement de Huaraz au conquistador Sebastián de Torres et en 1574 le capitaine fonde le une réduction hispanique indigène sous le nom de Pampa Huarás de San Sebastián organisée en 14 quartiers. Sebastián de Torres est nommé Encomendero, avec droit de percevoir les impôts dans la région qui fait maintenant partie de la province de Huaraz.
Les années 1537 à 1548 voient les luttes intestines se développer dans la province et se terminent par la mort de l'encomendero Sebastián de Torres.
Sous le gouvernement (1556-1560) du vice-roi Andrés Hurtado de Mendoza il y eut une tentative d'urbanisation de Huaraz, mais à cause de la rudesse du climat de la région, cela resta un projet.
En 1576 le vice-roi Francisco de Toledo crée le corregimiento de Huaylas et désigne Huaraz comme le siège de cette division territoriale.
Dès le début, les Espagnols ont exploité les richesses minérales de la région où plusieurs gisements de minerais métalliques ont été découverts : argent, plomb, étain, entre autres. Dans les années 1570, des centaines de Quechuas étaient déjà esclaves dans ces mines. vignette|270px|Plan de Huaraz en 1782.
Au - Fin du système bourbonien Le système imposé par les Bourbons sur leurs territoires outre-mer engendra une série de rébellions de la part des Indiens réduits en esclavage et des métis qui exigeaient des changements fiscaux, des améliorations dans les industries et la liberté du commerce. C'est sous le règne de Charles III qu'un malaise majeur se produit dans la population, entraînant la rébellion des Alcabalas de Huaraz en .
Les corregimientos furent abrogés par le roi Charles III en 1784 en raison de la révolution de Túpac Amaru II et des abus commis contre les Indiens et ses territoires devinrent des intendencias donnant naissance à celle de Huaylas.
Sa capitale administrative située à Tarma, gérait les régions de Huaylas, Conchucos et Huánuco. En 1788 le vice-roi Teodoro de Croix éleva Huaraz au rang de ville en y créant un cabildo, puis en nommant en , le premier maire Jacobo del Real.
Période républicaine Au - Vers l'indépendance Le noyau de patriotes de Huaraz partisans de l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne, était composé de personnalités telles qu'Andrés Mejía, Juan de la Mata Arnao, Felipe Antonio Alvarado, Juan de la Cruz Romero, Manuel Jesús González et des frères José María et José Manuel Robles Arnao. vignette|gauche|Statue de Pedro Pablo Atusparia à Huaraz. À la mi-, José de San Martín envoya des émissaires dans la ville pour proclamer l'indépendance. Juan de la Cruz Romero y fit des proclamations en faveur de l'indépendance en Quechua, inquiétantes pour les autorités de la ville restée fidèles à la royauté espagnole. Devant la résistance des autorités, San Martín renforça le noyau de rebelles en envoyant le colonel Campino avec , qui proclamèrent l'indépendance dans la ville de Huaraz. Le patriote Juan Mata Arnao fut élu gouverneur provisoire.
Le , alors qu'il séjournait au nord de Lima, le général José de San Martín a fondé provisoirement 4 départements, dont Huaylas lui donnant comme capitale la ville de Caraz avec à sa tête le général Toribio de Luzuriaga.
Sous la République, le département de Huaylas fut créé le , comprenant les villes de Huaraz, Caraz, Huacra, Mato, Jatun Huaylas et Macate.
C'est à Huaraz, que les généraux Antonio José de Sucre et Simón Bolívar réorganisèrent l'armée péruvienne, et la majorité des Huaraciniens ont soutenu l'expédition qui, commandée par le général Manuel Bulnes, a vaincu Santa Cruz à la bataille de Yungay le .
La ville de Huaraz était alors considérée comme la capitale du nouveau département de Huaylas, officiellement établi en dans le gouvernement de Felipe Santiago Salaverry. Puis elle fut la capitale du département d'Ancash lorsque ce nom a remplacé celui de Huaylas, en dans le gouvernement de Agustín Gamarra.
Enfin, en 1857 sous le gouvernement de Ramón Castilla, le Huaylas fut divisé en deux, donnant naissance à la nouvelle jeune province de Huaraz avec sa capitale, l'actuelle ville de Huaraz.
Par décret suprême du , les districts de Independencia et de Huaraz, sont créés. C'est sur ces territoires que s'étend aujourd'hui la ville de Huaraz.
Lors de la guerre du Pacifique, le général Andrés Avelino Cáceres (surnommé le sorcier des Andes), est passée par Huaraz en 1883 pour mener sa dernière bataille contre l'armée chilienne, à Huamachuco.
En 1885, le maire amérindien d'un village proche de Huaraz, , mène une rébellion armée contre les taxes, les bas salaires et les mauvais traitements. Cela aboutira - longtemps après en 1969 - à une réforme agraire et au statut de citoyen pour les ouvriers agricoles.
Au - Catastrophes en série vignette|225x225px|Monument aux victimes des glissements de terrain de 1941 et 1970 - Puente Quillcay - Boulevard Pastorita Huaracina. En 1941, une grande partie du côté nord et une grande partie du centre de la ville sont détruites par des inondations et des glissements de terrain causés par l'effondrement d'un réservoir approvisionnant la ville en eau. Le barrage réservoir, qui se trouvait à environ à l'est de la ville et à plus de au-dessus, s'est rompu à cause de la pression soudaine causée par une avalanche de glace tombée du glacier, probablement à la suite d'un tremblement de terre localisé. En quatre minutes, une masse d'eau, de boue, de rochers et de débris, dont la crête au moment où elle a atteint la ville, avait dépassé de hauteur, s'est abattue sur la banlieue la plus moderne, détruisant la majeure partie de la moitié nord de la ville.