Mohammédia (en , en berbère : ⵎⵓⵃⴰⵎⴰⴷⵉⵢⴰ), anciennement Fḍala (en arabe : فضالة Fḍala, en berbère : ⴼⴺⴰⵍⴰ Fḍala) est une ville et commune du Maroc, située dans la région tribale berbère zénète des Zenata Tamesna, dans la banlieue de Casablanca, chef-lieu de la préfecture de Mohammédia, dans la région administrative du Casablanca-Settat et anciennement dans le Grand Casablanca.

Elle abrite la seule raffinerie du Maroc, la Samir, jusqu'à l'arrêt de l'activité en 2015.

On trouve également dans sa banlieue la plus grande centrale électrique thermique du pays, qui alimente en grande partie la région du Grand Casablanca. Elle accueille aussi le principal port pétrolier du royaume, qui alimente la Samir.

Histoire

vignette|redresse|gauche|Entrée de la Casbah et vue sur la mosquée Al Atik.

Histoire de Fedala L'histoire n'a jamais attesté avec exactitude comment fut baptisée Fedala. El Bekri la mentionne comme étant un port du pays des Berghouatas. Les traces existent encore de son rôle commercial sous les Almoravides décrit par Obeid Allah Al Bakri, géographe de l'Andalousie. Des pêcheurs et des marchands espagnols, génois et vénitiens commerçaient avec Fédala dès les et siècles. Au , ce port sous le nom de Fédale ou de « l'isle de Fédala » servait surtout de refuge momentané aux légers bâtiments des corsaires de Salé dans les courses auxquelles ils se livraient dans les eaux de l'Atlantique.

La ville qui ne comptait que quelques centaines d'habitants atteindra son apogée lorsque le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah y construisit la kasbah en 1773, dont les murailles abritaient des entrepôts céréaliers de la région de Tamesma. Il édifia également la mosquée blanche Al-Atik. vignette|gauche|La gare en 1912. Fédala devint une ville d'envergure en 1912 lorsque Georges Hersent créa la compagnie franco-marocaine qui prit une part importante au développement de la cité.

En se constitue la compagnie du port de Fédala. La ville balnéaire prit corps en 1925 et l'esplanade fut construite en 1938.

Plage du débarquement des Alliés Le , lors du débarquement des Alliés en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale, les plages de Fedala, Mannesmann, et Pont Blondin, sont les sites « Red » et « Blue » du débarquement des forces terrestres américaines (groupe central) dirigées par le général Patton.

La garnison de Fedalahttp://cagrenoble.fr/victoire/victoire.html, où se trouvent de grosses batteries côtières d'artillerie, exécute l'ordre du général Béthouart, de ne pas s'opposer, et en une journée, de cette armée (qui en compte ) avec ses blindés, son artillerie et son matériel vont débarquer sur ses plages, prendre le port, et progresser sur la route des Zénatas, réussissant à atteindre après de violents combats près de l'aérodrome de Tit Melil, les Roches Noires, aux portes de Casablanca, le . Car le général Béthouart, favorable à la résistance et aux Alliés, est déjà arrêté par le général Noguès, résident général au Maroc, vichyste, qui fait tirer sur les Américains comme l'amiral Michelier, qui engage l'escadre française dans un combat naval désastreux, où elle est entièrement coulée ou détruite par la puissante armada américaine de l'amiral Hewitt.

Le cessez-le-feu ordonné par les autorités à Alger depuis le entera en vigueur le 11 à Casablanca, mettant fin à trois jours de combats acharnés et meurtriers.Le succès du débarquement en Afrique du Nord marque un tournant important dans la guerre, qualifié par Churchill, de « fin du commencement », la conférence d'Anfa avec le président Roosevelt, Winston Churchill, le général de Gaulle et le général Giraud pourra avoir lieu, présageant pour les Alliés, la défaite successive sur tous les fronts des troupes de l'Axe, jusqu'à la victoire, le .

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'office chérifien de l'habitat se chargea de la disparition des bidonvilles par la création des lotissements de Fédala El Alia.

De Fedala à Mohammedia

La construction d'un pipeline maritime en 1951 fit de Fédala le premier et le plus moderne port pétrolier d'Afrique du Nord. Fédala a été renommée Mohammedia le en hommage au roi Mohammed V, symbole de l'indépendance marocaine, à l'occasion de la pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole Samir.

À la sortie du protectorat et jusqu'aux années 1970-1980, Mohammedia était surtout une grande station balnéaire qui comptait un casino (aujourd'hui fermé), une marina, un champ de courses, un golf royal, un club de tennis et de nombreux restaurants internationaux et luxueux hôtels internationaux (Miramar, Hôtel Novotel, Ibis, Avanti, Sphinx)..... Mohammédia est maintenant essentiellement un pôle industriel en passe de rejoindre Casablanca, qui n'est située qu'à une vingtaine de kilomètres au sud, notamment avec la création de la ville nouvelle de Zenata.

Géographie Situation Mohammedia est une grande ville située sur la côte de l'océan Atlantique, à au Nord-Est de Casablanca, la capitale économique du royaume. Le périmètre urbain de la ville s’étend sur 3.320 ha et se situe entre les embouchures de Oued El-Maleh et Oued Nfifikh. La ville est limitée au Nord par l'océan Atlantique, à l'Est et au Sud par la Province de Ben Slimane et à l'Ouest par la préfecture du Sidi Bernoussi-Zenata.

Climat Mohammedia jouit d'un climat méditerranéen caractérisé par des hivers doux et humides et des étés chauds et secs. Sa proximité à l'océan Atlantique tend à rafraîchir la ville en été et à la réchauffer en hiver. Elle profite largement du soleil durant toute l'année.

La période de mai à octobre est relativement chaude caractérisée par un air sec avec des températures moyennes maximales de 23–29 °C et minimales de 14–19 °C, mais la température dépasse souvent les 32 °C et atteint parfois les 35 °C.

La période de novembre à avril est douce et humide avec des pluies fréquentes. Les températures moyennes maximales sont de 15–21 °C et les minimales de 8–12 °C, cependant la température peut facilement baisser aux alentours de 2 °C tôt le matin ou atteindre les 27 °C pendant quelques jours d'hiver.

La grande partie des précipitations qu'enregistre la ville a lieu entre novembre et avril. La moyenne annuelle est autour de 400mm. Ces précipitations sont généralement des averses de pluie passagères, mais parfois des pluies torrentielles et abondantes, voire des orages. Aucune chute de neige n'a jamais été enregistrée dans la ville.

Environnement Une grande partie du sable utilisé chaque année dans la construction au Maroc est extraite illégalement de Mohammedia selon un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) paru en 2019, mettant en danger son littoral. Selon des associations écologistes marocaines, les responsables seraient des entreprises liées à des notables, parlementaires ou militaires à la retraite, disposant de passe-droits. Le sable est prélevé avant tout pour la construction d'infrastructures liées au tourisme..

Vie politique et gestion

À la tête de la ville de Mohammedia se trouve le Président de la Commune, aussi appelé le Maire.

Élections récentes Depuis les élections communales de 2021, le Maire de Mohammedia est Hicham Aït Menna.

Il s'était présenté sur la liste du RNI, qui est arrivée en tête avec 17 sièges. +ListeNombre de sièges au conseil municipal RNI17PAM7USFP3Alliance de la fédération de gauche 3PJD3Union Constitutionnelle 2

Quartiers El Alia, signifie la «partie haute», à cause de ses pentes et de sa surélévation au-dessus de la ville créée par les Français et bâtie dans l'ancienne lagune. Divisions : Les quartiers anciens : El Hassania, Derb Marrakech, Derb Rabat, L'habitat, Derb Jamila, Derb Ourida, Derb Fath, Derb Douchmane, Riyad Salam, Les Crêtes, Laâyoune, Riyad, Chabab, Sâada (Lkarwa, Derb Fouzia, Derb 60, Derb Abderazak)... Quartiers récents : Hay El Falah, Anfa, Hay El Houria, Rachidia, Hay Reda, Hay Nasr, Hay El Fajr, La colline, Hay Al Wahda, Hay El Amal, Andalous Mohammedia. El Kasbah (le centre de l'ancienne "Fedala"). Divisions : El Kasbah, Diour El kram, Diour El Kraii, Diour Doukkala. El Marsa, Al Wafa. Lotissements Parc Plaza I II.

Partie Est de Mohammédia (connue spécialement pour ses plages) Divisions : les plages (par ordre du centre vers l'est de la ville): Plage du centre, Plage Mannesmann, Plage Yasmina, Plage Santa Monica, Plage La Siesta, Plage Les Sablettes. les lotissements : lotissement Yasmina, lotissement Soleil, lotissement Nice, lotissement Al Assil, Les Florianes, "Marina" Beach, Les Orchidées. Mohammedia s'ouvre sur deux autres petits villages: Ben Ykhlef (El Luizia), connue pour sa forêt qui la traverse Oued Nfifikh vers plage Sablette. El Mansouria, connue pour sa plage et ses résidences touristiques.

Transports La ville est desservie par l'autoroute qui relie Rabat à Casablanca, et qui est considérée comme l'autoroute payante la plus fréquentée en Afrique ( par jour). Elle est aussi desservie par la voie ferrée: Le réseau TNR qui fait la liaison Casablanca-Kénitra. La route nationale 1 traverse aussi la ville.

Les lignes d'autobus Casabus 32D (université), 800, 900,906 ,905 ,904.903.902.907

Économie De nombreuses entreprises ont élu domicile à Mohammédia et notamment dans les quartiers sud de la ville (Bd Hassan II). Il s'agit essentiellement d'unités de production. La ville de Mohammédia acquiert ainsi au fil des années une véritable vocation industrielle.

Mohammedia joue un rôle clé dans l'économie de la région Casablanca-Settat, avec une contribution significative au PIB régional. En 2017, le PIB par habitant de Mohammedia était estimé à 50 000 DH, supérieur à la moyenne régionale de 48 000 DH. Cette performance économique est principalement due à la forte présence industrielle, avec la ville représentant 49 % du PIB national dans ce secteur..

Le sort de la Samir, seule raffinerie de pétrole du Maroc, arrêtée en 2015 et mise en liquidation, marque toutefois la vie économique. La possibilité de sa réouverture est évoquée par le gouvernement en 2024.

Vie scolaire et estudiantine Enseignement primaire et secondaire La ville dispose d'environ 15 écoles primaires et de quelque 13 collèges et lycées rien que pour le secteur public. Le secteur privé est également en développement. Plusieurs écoles, collèges et lycées privés ont ouvert leurs portes ces 10 dernières années dont la capacité dépasse pour certains les 600 élèves.