thumb|Champ de maïs en France Les variétés françaises de maïs ont évolué des introductions, la plupart informelles, réalisées dès les voyages d’exploration de l’Amérique, et en particulier des Antilles et de la côte des Caraïbes, à partir du . Entre autres, l'explorateur Jacques Cartier mentionne les terres cultivées pleines de maïs au Québec en 1535.
Culture de maïs en France Les surfaces consacrées à la culture de maïs en France se sont rapidement développées entre 1955 et 1975, passant de à .
La culture du maïs occupe environ 9 % de la surface agricole utile (SAU) en France. Avec une prédominance dans certaines régions comme l’Alsace (44 % de la SAU) ou les Landes (60 %). Le maïs est cultivé sur l’ensemble du territoire, la Bretagne et les Pays de la Loire concentrant à eux seuls plus d’un hectare sur quatre.
En 2010, la surface totale se répartissait de la façon suivante. : 1,68 million d’ha en maïs grain (13,7 MT) avec un rendement moyen d'environ 97 q/haBilan de campagne 2012 - Arvalis (contre environ 30 q/ha à la fin des années 1950) ; 1,44 million d’ha en maïs fourrage (16,1 MT) ; 17 000 ha en maïs doux ; (0,13 MT) ; 49 400 ha en maïs semence (0,10 MT)
60 % des gains de productivité sont attribués au progrès génétique soit 0,8 q/an en maïs grain et plus de de matière sèche pour le maïs fourrage qui est également cultivé sur 1,6 million d’hectares. Les autres 40 % sont attribués à la maîtrise des méthodes culturales. Une grosse moitié est récoltée sous forme de grains mûrs (« maïs grain » dont hectares de production de maïs doux et plus de hectares en production de semences), l’autre moitié sous forme de plante entière avant la maturité complète des grains (stade pâteux) et destinée à l’ensilage (« maïs fourrage »).. Environ la moitié de la production de grains est exportée vers les pays membres de l’Union européenne. Le secteur des semences de maïs ( hectares) occupe le second rang mondial des exportations derrière les États-Unis.
Maïs corné (précoce) ou denté (tardif) Les types de sol et les conditions climatiques déterminent le choix de la variété de maïs à cultiver.
Il existe trois types de grain différents : maïs denté, maïs corné et corné-denté : Denté (variétés à floraison tardive) : grain long et assez plat présentant une dépression au sommet et une part importante d'amidon tendre (plus adapté à l'alimentation animale), Corné (variétés à floraison précoce) : grain lisse, brillant, de forme arrondie constitué d'amidon dur et vitreux, Corné denté : combinaison génétique des deux types précédents aboutissant à un grain aux caractéristiques intermédiaires.
En France, le Sud-Ouest présente les caractéristiques climatiques spécifiques à la culture des variétés tardives à très tardives, et donc dentées.
Le rendement du maïs tardif est supérieur de 15 à 20 % aux variétés plus précoces (environ 120 q/ha pour le maïs tardif contre environ 100 pour le maïs précoce). Aucun agriculteur du Sud-Ouest n’a donc intérêt à semer des variétés précoces là où la culture de variétés tardives est possible. D’où la recommandation de semer exclusivement du maïs denté dans l’aire climatique du Sud-Ouest favorable à son implantation.
Contrairement aux autres régions productrices de maïs grain en France, qui utilisent des variétés de type précoce et demi-précoce, le Sud-Ouest (Aquitaine, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes) se caractérise par la production de maïs tardifs à très tardifs utilisés notamment pour engraisser volailles et cochons.
À chaque variété correspond un niveau de précocité. La précocité correspond à la durée du cycle de développement de la plante, entre le semis et la récolte. Une variété très précoce a un cycle court, par opposition à une variété tardive dont le cycle est long. Les variétés sont réparties en 6 groupes : très précoces, précoces, ½ précoces, ½ tardifs, tardifs, très tardifs.
Ces variétés présentent des grains différents. Les différences se situent au niveau génétiqueCAUDERON, 1982, anatomique et histologiqueDAVID, 1982 - PANOUILLET, 1992.
Pour chaque variété, la durée du cycle est essentiellement déterminée par les besoins en unité de chaleur de la plante (somme des températures). Plus la variété est précoce et moins elle a besoin d'unités de chaleur pour atteindre la maturité. À l’inverse, plus la variété est tardive et plus ses besoins en unités de chaleur ou somme des températures sont élevés. À partir de la connaissance de la somme des températures nécessaire pour atteindre la floraison, on détermine les zones de culture de chaque variété. Le calcul est basé sur la somme des températures efficaces exprimées en « °C × jour » (Degré jour de croissance), la température efficace d’un jour donné se définissant par le quotient : T efficace = [(T max + T min)/2]-6 avec T efficace=0 lorsque T moyenne<6 et T max considéré comme=30 lorsque T max>30 Selon ces critères, la culture du maïs requiert une somme de températures efficaces de : moins de × jours pour les variétés très précoces qui, du fait de leur génétique, sont toutes de type corné denté à × jours pour les variétés précoces à × jours pour les variétés semi-précoces corné-denté à × jours pour les variétés semi-précoces denté à × jours pour les variétés semi-tardives denté à × jours pour les variétés tardives dentées (+ 15 % par rapport aux variétés précoces) à × jours pour les variétés très tardives dentées (+ 25 % par rapport aux variétés précoces)'Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées.' C. Doré,Fabrice Varoquaux - Editions Quae - 2006
Historique Avec les grandes explorations, le maïs traverse l’Atlantique dès le et arrive sur le vieux continent : Christophe Colomb l’introduit au Portugal, Jacques Cartier en Normandie.
La culture du maïs pour fourrage est enregistrée à Bayonne en 1523, à Navarrenx en 1636, en Languedoc en 1590, dans le Béarn et en Franche-Comté en 1608Aureliano Brandolini (avec A.G. Brandolini), Il mais in Italia: storia naturale e agricola. CRF Press, Bergame 2005.
En 1785, Antoine Augustin Parmentier écrit le premier document de référence français sur le maïs : "Mémoire quel seroit le meilleur procedé pour conserver le Mais""Mémoire quel seroit le meilleur procedé pour conserver le Mais" - Texte intégral
La première classification des variétés de maïs se trouve dans la monographie Histoire naturelle, agricole et économique du maïs"Histoire naturelle, agricole et économique du maïs" - Texte intégral (1833) écrite par Matthieu Bonafous.
En France on trouve presque seulement des maïs cornés, parfois des dentés, rarement des sucrés et des pop corn. C’est au que les premiers maïs de type denté sont importés d’Amérique en Europe.
Apparition de variétés-populations locales
Des chemins différents le font évoluer au gré des croisements, des régions aux conditions variées auxquelles il doit s’adapter et aussi de la sélection massale réalisée par des agriculteurs, qui récoltaient leurs épis favoris puis les replantaient l’année suivante.
Des populations de pays spécifiques à chaque région ont été créées de cette façon. Dans les Pyrénées, des maïs complètement différents ont ainsi émergé d’une vallée à l’autre, se diversifiant en 270 populations reconnues comme typiquement françaises. Ce type de variété population était un mélange à forte proportion d'hétérozygotes issus de la fécondation croisée au sein de ces populations.
Le premier congrès international du maïs se réunit à Pau en 1930 sous l'égide de la Compagnie des Chemins de Fer du Sud-Ouest. Carles de Carbonnières y fait une intervention claire et documentée sur le développement des maïs hybrides aux États-UnisCarles de Carbonnières reprend à cette occasion une communication qu’il a déjà faite en 1924 ou 1925 dans la Revue de botanique appliquée. Cette intervention, dont le fond est mal compris par la plupart des professionnels qui ne perçoivent l'amélioration qu'à travers la sélection généalogique, aura peu d’échoLe professeur Vincent Ducomet aurait procédé à des essais d'hybridation de maïs en 1912-1913Frédéric Thomas, L’introduction et l’expansion des hybrides en France, 1930-1970, Colloque "L'amélioration des plantes, continuités et ruptures", Montpellier, octobre 2002 http://www.semencespaysannes.org/bdf/docs/ma__s_hybride1930_1970-1.pdf
En France, la recherche publique date des années 1930 et c’est en 1937 que le Catalogue officiel français du maïs est ouvert.
Dans le Sud du Massif central (Lacaune), une population précoce a été à la source de lignées qui, combinées avec des lignées de la Corn Belt des États-Unis, ont permis l'extension du maïs jusque dans le nord de l'Europe.
En 1932 est créée la première station d’amélioration du maïs à Saint-Martin-de-Hinx (Landes). S'inscrivant dans le mouvement corporatif d’organisations agricoles amorcé plus tôt pour d'autres cultures, les maïsiculteurs fondent l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) en 1934.
Introduction et développement du maïs hybride Au sortir de la guerre, les variétés de maïs hybrides, qui occupent 90 % de la surface cultivée en maïs aux États-Unis en 1945, sont inexistantes en France. Les variétés américaines hybrides basées sur l'effet hétérosis sont testées en France à partir de 1948 et sont inscrites à partir de 1951 au Catalogue mais elles n’étaient pas adaptées à toutes les régions du Nord de la Loire. En effet, dans les années 1950, son aire de culture en France se limitait au Sud-Ouest, à la Bresse et à l'Alsace.
Surtout concentrée dans le Sud-Ouest, la culture du maïs - représentée donc exclusivement par des « variétés populations locales » (maïs non hybride F1, souvent sélectionné par les agriculteurs eux-mêmes) - est alors essentiellement destinée à l'alimentation du bétail et de la famille ; la France est alors importatrice nette, principalement depuis les territoires d'Outre-mer et les colonies. Les sélectionneurs privés ne s’intéressent alors pas à ce marché trop étroit.
À la Libération, les nouvelles possibilités technologiques, la perspective de développement de l'élevage et de la production laitière et la manne financière du Plan Marshall ouvrent des possibilités de développement au maïs hybride. Les autorités françaises, attelées à la reconstruction et à la modernisation de l'agriculture accompagneront activement ce développement tout en ayant le souci de préserver l'indépendance nationale, et de limiter les importations. Tandis que des efforts sont faits, notamment par l'ONIC pour organiser la profession et permettre la diffusion de semences sélectionnées, l'INRA, nouvellement créé, a pour mission de développer des variétés françaises.
Plusieurs experts français du Sud-Ouest tels que Louis Saint-Martin et Jacques Etchebarne de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), Xavier Bonnemaison, futur directeur de la Coop de Pau (l’ancêtre d’Euralis) ou encore Louis Bidau, maire de Gan et président de l’AGPM de 1948 à 1973, partent en voyages d'études en Iowa, Minnesota et Wisconsin où ils découvrent une plante hybride, bien plus homogène et plus verte qu’en Europe.
L'AGPM (Association générale des Producteurs de maïs, créée dans les années 1930), lance la production de semences dans le Sud-ouest dès 1947; le est créée à Toulouse la Fédération Nationale des Producteurs de Semence de Maïs (FNPSM); en juin le CTPS (Comité Technique Paritaire des Semences) crée la Commission Officielle de Contrôle des semences pour le maïs (COC) qui rend obligatoire l'adhésion des multiplicateurs à un syndicat membre de cette fédération.