Line Vautrin, née le à Paris où elle est morte le Relevé des fichiers de l'Insee, est une artiste française, designer, créatrice de bijoux et d'objets de décoration. Tout au long de sa vie, elle fabrique des milliers d'objets, dont des « miroirs de sorcière » au pourtour circulaire souvent décoré au moyen de « talosel ».

Biographie

Fille de bronzier d'art, elle quitte l'école à Dominique Paulvé, « Charmeuse de métal », Vanity Fair n°28, octobre 2015, pages 154-159.. Artiste originale et indépendante, elle crée ses premières œuvres avant d’atteindre l’âge de . Elle travaille brièvement dans la maison Elsa Schiaparelli, où elle est chargée d’ouvrir la porte à la clientèle, avant de vendre ses premières créations au porte-à-porte, soucieuse d’être pleinement indépendante et de jouir d’une certaine liberté.

Elle assoit sa renommée lors de l’Exposition universelle de Paris en 1937 où elle tient un stand. Elle y présente une collection diversifiée reprenant ses célèbres boutons en bronze, mais aussi des colliers, des bracelets, des boucles d’oreilles ainsi que de nombreux autres accessoires de modes ; elle montre en particulier un bronze doré qui représente Adam et Ève au paradis, monté sur une chaîne en forme de tuyau de gaz d'échappement). Sa collection reçoit un certain engouement. L’année suivante, à l’âge de , elle ouvre sa première boutique non loin des Champs-Élysées, un petit local situé rue de Berri. En 1939, elle expose au salon des artistes décorateurs des poudriers des boîtes à fard ou encore des piluliers à bronze dorés, dont les couvercles sont incrustés de rébus.

Au début des années 1940, ces dernières boîtes (dont également des cendriers) font sa renommée. Durant l'Occupation, alors que la mode subit le rationnement, elle lance des thèmes , ou encore , créant également des boutons coqs gaulois patriotiques ainsi que d'autres objets reprenant les codes couleur bleu-blanc-rouge. Elle épouse en 1942 le peintre Jacques-Armand Bonnaud (1917-1980). Leur fille Marie-Laure Bonnaud-Vautrin (née en 1943) a poursuivi dans la voie familiale. Ils s’installent dans le Marais, dans l'hôtel particulier Mégret de Sérilly (106 rue Vieille-du-Temple) qu’ils rénovent entièrement et qui servira de toile de fond pour la présentation des œuvres de Line. Jacques-Armand Bonnaud met tout en œuvre pour que Line ait davantage de visibilité. La presse magazine montre alors un intérêt croissant pour ses créations qui suscitent un réel enthousiasme.

En 1949, le couple déménage à Casablanca, Jacques-Armand Bonnaud étant demandé par la maison royale marocaine afin de réaliser des décors dans leurs palais. Leurs personnalités sont cependant très différentes, lui menant une vie mondaine assidue alors que Line Vautrin reste discrète. Par ailleurs, le penchant du peintre pour les hommes amène la créatrice à demander le divorce au bout de trois ans de mariage. Elle rentre alors à Paris avec sa fille Marie-Laure. La séparation du couple marque un tournant dans l’évolution artistique de Line Vautrin.

Line Vautrin s’intéresse à l’acétate de cellulose dont elle tire un matériau qu’elle baptise « talosel » et qu’elle façonne, taille ou chauffe afin d’en optimiser l’usage. Elle crée ainsi, avec cette matière plastique nouvelle, des articles de décoration de toutes sortes, par exemple des culots de lampes, des paravents ou des tables et des miroirs. Ses miroirs sorcières, miroirs convexes, miroirs déformants aux cadres finement ciselés sont très célèbres. Souvent ornées de rébuts, les créations de Line Vautrin reflètent son caractère joueur.

Elle ouvre une nouvelle boutique, 3 rue de l'Université, où elle présente des objets de décoration et des miroirs « sorcière ». Elle compte parmi ses clients Françoise Sagan, Ingrid Bergman ou encore Yves Saint Laurent. Dépassée par des problèmes de gestion, elle ferme sa boutique en 1962. Avec sa fille, elle ouvre une école, y enseignants son art et ses techniques. Ses élèves sont autant des femmes désireuses de remplir leur temps libre que des artisans à la recherche de nouvelles techniques. Au début des années 1980, elle décide de fermer l’école et se retire dans un petit appartement où elle continue à créer ses œuvres qu’elle vend au compte-gouttes. La rencontre fortuite, quelques années plus tard, avec un collectionneur de Londres, David Gill, lui sera, en quelque sorte, providentielle. David Gill joue un rôle prépondérant dans la redécouverte de Line Vautrin. Il organise des expositions dans le monde entier ce qui permet à Line de voyager énormément – ce qu’elle ne s’était jamais permis de faire auparavant.

En 1986-1987, elle met en vente une partie de sa collection, achetée notamment par le galeriste britannique David Gill. Regain de popularité, ses collections sont par la suite présentées dans des galeries, comme celle de Naïla de Monbrisson à Paris ou, en 2013, la Maison Gérard à New York. L'architecte Peter Marino et l'ex-chanteuse Victoria Beckham comptent parmi ses acheteurs. En , sa fille Marie-Laure Bonnard, met en vente sa collection personnelle chez Christie's.

En 1992, elle reçoit le Prix national des Métiers d’Art pour ses recherches sur les techniques de décoration. Elle meurt brutalement d’un arrêt cardiaque le , deux ans avant sa rétrospective au musée des arts décoratifs de ParisCette biographie de Line Vautrin est inspirée du site officiel de l'artiste : www.line-vautrin.fr.

Œuvres dans les musées

Soleil enchaîné (broche), collections du musée des arts décoratifs de Paris L'éclipse (broche), collections du musée des arts décoratifs de Paris Saint-Guérisseur breton (broche), collections du musée des arts décoratifs de Paris Saute-mouton (collier), collections du musée des arts décoratifs de Paris Vertèbres (collier), collections du musée des arts décoratifs de Paris Vertèbres (collier), collections du musée des arts décoratifs de Paris

Expositions

Secret de bijoux, Line Vautrin et onze créateurs d'aujourd'hui, du au aux Arts décoratifs de Paris "MIROIRS", Line Vautrin, du au à la Galerie Chastel-Maréchal à Paris

Bibliographie

À la rencontre du dragon ou l'Aventure du dedans, Ziolo, Paris, 1986 Line Vautrin : bijoux et objets, Line Vautrin et Patrick Mauriès, Thames & Hudson, Londres et Paris, 1992 Rébus, Line Vautrin et Patrick Mauriès, Le Promeneur, Paris, 1994 Line Vautrin, Galerie L’Arc en Seine, Paris, 2002-2003 Line Vautrin - Poesie in Metall, Anne Bokelberg, Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg, Hamburg, 2003 Line Vautrin - Miroirs, Patrick Mauriès, Galerie Chastel-Maréchal/Le Promeneur, Paris, 2004

Notes et références

Liens externes

Une biographie et des œuvres de Line Vautrin sur le site de la galerie Chastel Maréchal

Catégorie:Artiste contemporaine française Catégorie:Naissance en avril 1913 Catégorie:Naissance dans le 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1997 Catégorie:Décès dans le 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 83 ans