Le premier tour des élections générales uruguayennes a eu lieu le . Il a été remporté par le Front large (Frente Amplio, coalition de gauche), qui a obtenu de voix, soit 47,96 % des suffrages, ce qui lui donne une majorité absolue au Congrès (16 sénateurs sur 30 et 50 députés sur 99). José Mujica (« Pepe »), l'ancien guérillero Tupamaro candidat du Front large pour la présidence, a remporté le second tour, le , avec 52,9 % des voix El FA ganó en 5 y creció en los 19 departamentos, La República, 30 novembre 2009 ), contre 42,9 % pour Luis Alberto Lacalle, l'ancien président candidat du Parti national (ou Parti blanco). José Mujica prendra ses fonctions le Christine Legrand, Un ancien guérillero va devenir président en Uruguay, Le Monde, 30 novembre 2009 . L'alliance, au second tour, du Parti blanco, du Parti colorado et du Parti indépendant, n'a ainsi pas suffi à bloquer la seconde victoire consécutive du Front large Federico Fasano Mertens, Del aljibe al sillón, éditorial de La República, 30 novembre 2009 .

Avec Danilo Astori (Assemblée Uruguay, candidat du Front large à la vice-présidence et ministre de l'Économie du gouvernement Vázquez), José Mujica s'est rendu au Chili et au Brésil pendant la campagne, pour rencontrer respectivement Michelle Bachelet et Lula. Le colistier de Lacalle est Jorge Larrañaga, qui présida le Parti blanco de 2004 à 2008 et fut battu à l'élection présidentielle de 2004 par Tabaré Vázquez.

Résultats +Résultats des élections générales uruguayennes de 2009 Uruguay: cómputo definitivo otorga al Frente Amplio el 47,96 % de los votos, Infolatam, novembre 2009 Corte electoralFichier:Uruguay Chamber of Deputies 2009.svgFichier:Uruguay Senate 2009.svgPartiCandidats à la présidenceet colistiersPremier tourSecond tourSiègesVotes%Votes%Chambre+/–Sénat+/–Front large (FA)José MujicaDanilo Astori 49,34 54,63 50 3 16 1Parti national (PN) Luis Alberto LacalleJorge Larrañaga 29,90 45,37 30 6 9 2Parti Colorado (PC)Pedro BordaberryHugo De León 17,51 17 7 5 2Parti indépendant (PI)Pablo MieresIván Posada 2,56 2 1 0 Assemblée populaire (UP)Raúl Rodríguez da SilvaDelia Villalba 0,69 0Nv 0NvVotes valides 97,21 95,90Votes blancs et nuls 2,79 4,10Total1001009930Abstention 10,09 10,82Inscrit/participation 89,91 89,18

Second tour

Malgré l'alliance des partis traditionnels (blanco et colorado), le candidat du Front large, José Mujica, l'a emporté contre le « nationaliste » libéral Luis Alberto Lacalle, avec 52,9 % des voix contre 42,9 %. Mujica s'est imposé dans les départements les plus habités d'Uruguay, en particulier le département de Montevideo (environ 1 million d'habitants pour une population totale de 2,5 millions d'habitants), où il a obtenu près de 59,5 % des voix, de Canelones, Salto, Paysandú et Soriano. Lacalle s'est imposé dans les autres départements Pese a la derrota, Lacalle logró imponerse en 14 de los 19 departamentos uruguayos, El Clarín, 30 novembre 2009 , mais même dans ceux-là, le Front large a obtenu environ 11 % de suffrages en plus au second tour qu'au premier tour El FA creció en departamentos blancos del interior del país, La República, 20 décembre 2009 .

Dans le département de Montevideo, la formule Mujica-Astori l'a nettement emporté dans les quartiers populaires Balotaje: La izquierda ganó en 94 de 108 series electorales de Montevideo, La República, 15 décembre 2009 : 628 votes contre 141 à ; au premier tour dans le , contre pour les partis traditionnels; ou encore à Casabó; à La Teja, la gauche a triplé ses résultats par rapport à 2004; à Sayago, Mujica obtenait plus de 72 % des voix, et à Peñarol, autre quartier important pour le réseau ferroviaire, Mujica obtenait 65 % des voix. Au contraire, la droite fait le double de voix à Trouville et Villa Biarritz (quartiers de Montevideo), ainsi qu'à bon score à , où se trouve la Rambla de Montevideo. Par ailleurs, le Front large a aussi obtenu des bons scores parmi les classes moyennes La votación del FA, La República, 16 décembre 2009 .

Référendums

Deux référendums furent organisés en même temps que le premier tour.

Le premier, organisé à l'initiative des parlementaires du Front large, portait sur la possibilité de voter par correspondance pour les uruguayens, qui n'ont pas le droit, aujourd'hui de voter Christine Legrand, En Uruguay, un ex-guérillero largement en tête au premier tour de la présidentielle, Le Monde, 30 novembre 2009 . Il n'obtint que (37,42 %), soit moins que le seuil de la moitié des suffrages requis.

Le second, un référendum d'initiative populaire organisé à l'instigation de la confédération syndicale PIT-CNT, du SERPAJ (Association Paix et Justice), de la FEUU (Fédération des étudiants universitaires d'Uruguay) et du Front large, portait sur l'abrogation de la Loi de Caducité de 1986, amnistiant les violations des droits de l'homme commis par les militaires pendant la dictature (1973-1985). Cette proposition fut rejetée, seuls des Uruguayens (47,98 % des suffrages) ayant voté en sa faveur. Un référendum organisé en 1989 avait aussi échoué à abroger cette amnistie, considérée comme contraire au droit international par la Commission des droits de l'homme des Nations unies.

Les listes pour les sénatoriales et les législatives

En vertu de la ley de lemas modifiée par la réforme constitutionnelle de 1997, qui établit une sorte de scrutin proportionnel plurinominal (ou représentation proportionnelle à scrutin de liste), chaque parti ou coalition de partis présente une lema, ou liste, principale, qui peut être divisées en sublemas (sous-listes). Chaque électeur vote pour une sublema en particulier.

Le résultat global d'une lema (de toutes les sublemas du groupe politique) est pris en compte en dernière instance pour le calcul des sièges de sénateurs et de députés, lesquels sont ensuite répartis par chaque groupe politique en fonction des scores proportionnels obtenu par chaque sous-liste. En d'autres termes, la lema ayant gagné le plus de votes est considérée victorieuse, les sièges accordés à celle-ci en fonction de son résultat étant ensuite redistribués entre toutes les sous-listes.

Ce système peut conduire une sous-liste ayant eu moins de vote qu'une autre sous-liste, mais appartenant à la liste principale victorieuse, à obtenir plus de sièges que sa rivale. Il explique notamment la constitution de trois grands blocs politiques, le Front large, le Parti blanco et le Parti colorado, disposant chacun de tendances rivales qui présentent des sous-listes.

Trois partis mineurs (le Parti des travailleurs, les Cuatro Puntos Cardinales, et les Comisiones Unitarias Antiimperialistas, COMUNA) n'ont pas obtenu assez de voix aux élections primaires de pour être autorisés à présenter des listes aux élections généralesPartidos "chicos" dudan de resultados. Sondages vignette|centre|redresse=2|Moyenne lissée des sondages préélectoraux

Primaires et listes du Front large vignette|gauche|redresse=0.7|Lucía Topolansky en campagne, . Épouse de José Mujica, elle était tête de liste du MPP pour les sénatoriales, et élue à Montevideo. Le Front large a présenté trois sous-listes principales pour lesquelles les électeurs pouvaient voter, qui sont des formes de coalitions au sein de l'alliance de gauche. Une fois de plus, le Mouvement de participation populaire (MPP, qui inclut le Mouvement de libération nationale - Tupamaros, MLN-T) s'est imposé comme la première force politique du Front large, qui a fait élire, au total, 16 sénateurs Los nuevos integrantes del Parlamento, Norte, 29 octobre 2009 . Le MPP a ainsi 6 sénateurs sur les 16 du Front large, et 25 députés sur les 50 du Front large, représentant à lui seul 1/5 du Sénat et 1/4 de la Chambre des représentants.

Les 16 sénateurs du Front large vignette|redresse=0.7|Héctor Tajam, député élu à Montevideo sur la liste 609 du MPP, il fait partie de l'équipe de conseillers économiques de José Mujica. 6 sénateurs appartiennent à la liste 609 (Mouvement de participation populaire) : Lucía Topolansky (la femme de José Mujica), Eduardo Bonomi (ministre du Travail du gouvernement Vázquez), l'économiste indépendant Alberto Couriel, l'ingénieur agronome Ernesto Agazzi (ministre de l'Agriculture de 2008 à 2009), l'ancien blanco Jorge Saravia et la politologue Constanza Moreira.

5 sénateurs appartiennent aux listes 2121 – 99000 – 738 (Frente Líber Seregni) : Danilo Astori (avec comme suppléant Enrique Pintado, Astori ayant été élu au second tour vice-président), Rodolfo Nin Novoa, Rafael Michelini, Carlos Baraibar et Susana Dalmás.

La liste 90, du Parti socialiste, a fait élire deux sénateurs, Daniel Martínez (ministre de l'Industrie de Vázquez) et Mónica Xavier.

La liste 7 373, du CAP-L, a fait élire un sénateur, l'ancien Tupamaro Eleuterio Fernández Huidobro.

La liste 77 (Axe artiguiste, centre-gauche) a fait élire un sénateur, Eduardo Rubio.

Enfin, la liste (Parti communiste) a fait élire un sénateur, Eduardo Lorier.

Les listes proposées + Députés élus sur la liste 609 (Mouvement de participation populaire, Parti pour la victoire du peuple, etc.) Seules les circonscriptions où des députés de l'Espace 609 ont été élus sont indiqués. Il y a en tout 19 circonscriptions en Uruguay. Circonscription et nombre de sièges offerts Nombre Noms (et liste apparentée le cas échéant) Artigas (2) :1Patricia Ayala (liste 609-1011 ; membre du MPP Entrevista a Patricia Ayala, la primera diputada de Artigas en la historia, Oceano FM, 29 octobre 2009 ) Canelones (14, 7 élus sur les listes du Front large)4Esteban Pérez, Sebastián Sabini, Víctor Semproni et Dionisio Vivián. Colonia (3)1Mario Perrachón (liste 609-1 001) Durazno (2) 1 Martín Tierno (liste 609-1 001) Flores (2)1Roberto Pereira Aljas (liste 609-73 321) Florida (2)1Álvaro Vega Lavalleja (2)1 Roberto Fracchia département de Montevideo (40 députés au total, 23 du Front large) :10Ivone Passada, Héctor Tajam, Julio Battistoni, Ruben Martínez Huelmo, Oscar Groba, Susana Pereira, Felipe Carballo, Gonzalo Mujica, Luis Puig et Gonzalo de Toro. Paysandú (3)1Gustavo Rombys. Río Negro (3)1Miriam Cáceres Rocha (2)1Aníbal Pereira San José (3)1Walter de León (liste 609-1001) Tacuarembó (2)1 Edgardo Rodríguez. Total de députés élus26 (sur un total de 99 députés, dont 50 appartiennent au Front large)

Les listes proposées étaient les suivantes :

Sublema « El presidente para todos» : Espace 609 (regroupé autour du Mouvement de participation populaire, avec en sus le Movimiento Claveles Rojos, Participación Masoller et le Parti pour la victoire du peuple, PVP), avec en têtes de listes Lucía Topolansky, Eduardo Bonomi, Alberto Couriel, Ernesto Agazzi, Jorge Saravia, Constanza Moreira, Víctor Vaillant, Luis Puig ; Liste 1001 (Parti communiste), menée par Eduardo Lorier, Oscar López Goldaracena, et Juan Castillo ; Cabildo 1813, menée par Darío Pérez (élu député de Maldonado) Liste 5271 (Courant de gauche), mené par Darío Estades Compromiso Frenteamplista Corriente de Unidad Frenteamplista d'Eduardo Mendez Camaran ; autre liste menée par Andrés Gedraz

Sublema «Unidad y Pluralismo Frenteamplista» : Frente Líber Seregni, mené par Danilo Astori, Rodolfo Nin Novoa, Rafael Michelini, Carlos Baraibar et Susana Dalmás. Les listes qui font partie de cette coalition centriste sont la (Assemblée Uruguay : Danilo Astori, Susana Dalmas, Carlos Baráibar), 738 (Alliance progressiste, avec Rodolfo Nin Novoa et Héctor Lescano), (Nouvel Espace de Rafael Michelini), 642 (Mouvement d'intégration alternatif), (Uruguay Affirmatif), et 13 (Regroupement du , avec une liste de députés menée par l'afro-uruguayenne Alicia Esquivel13 de Diciembre). Dans la province, des fusions entre ces diverses listes ont pu avoir lieu (à Canelones ou Maldonado). Espacio 90 (Parti socialiste), mené par Daniel Martínez, Mónica Xavier, Reinaldo Gargano, Álvaro García et Daisy Tourné le Parti ouvrier-révolutionnaire, liste 871 menée par Raúl Campanella (aucun élu).

Sublema «Más unidad, más compañeros» :