thumb|right|Cathédrale Saint-Ignace, construite par les jésuites français. Xújiāhuì 徐家汇 (en shanghaïen: Ĵīkàŭē) est un quartier du district de Xuhui de Shanghai, la plus grande ville de République populaire de Chine. Ici se trouvait le quartier général de la mission des jésuites français du , à la limite ouest de la concession française de Shanghai. Zhang Chongren, qui fut à l'origine du personnage de Tchang dans les aventures de Tintin, est originaire de ce quartier.
Géographie
Urbanisme
Transports Routes principales (Ancienne Route de Zi-Ka-Wei) (Ancienne Avenue Haig) (Ancienne Avenue Pétain)
(Ancienne rivière)
Transports ferroviaire Les ligne 1, ligne 9, et ligne 11 du métro de Shanghai desservent Xujiahui.
Toponymie Xujiahui signifie en mandarin « domaine de la famille Xu à la jonction des deux rivières ». C'est à cette famille qu'appartenait Xu Guangqi (1560-1633, autrefois Hsu Kouang-tchi en français) l'un des lettrés chinois converti au catholicisme les plus célèbres de l'histoire de Chine.
Le dialecte shanghaïen de la langue Wu prononce l'endroit comme « Zi-ka-wei », et c'est ainsi que les ouvrages de l'époque (et nombre de guides touristiques actuels) y font référence. Sa variante anglaise est « Ziccawei ».
Histoire Origines : domaine de la famille Xu ()
Le catholicisme est implanté à Xujiahui dès le grâce à Xu Guangqi, ministre de la cour impériale, disciple de Matteo Ricci qui l'a baptisé, et premier catholique chinois de haut rang. Il introduit les savoirs occidentaux en Chine et établit son domaine à la confluence des rivières Zhaojiabang, Puhuitang et Licongjing pour y effectuer des expérimentations agricoles. Ce lieu devient par la suite le site du tombeau familial des Xu.
À la mort de Xu Guangqi, son fils Xu Ji poursuit l’évangélisation du Kiang-nan avec le jésuite italien Francesco Brancati, missionnaire actif dans la région. Xu Ji et Brancati y développent une présence catholique modeste mais durable autour du tombeau familial.
, petite-fille de Xu Guangqi, catholique engagée, soutient la missions jésuites dans le Kiang-nan et contribue à la diffusion du christianisme. Son action ainsi que celle de ses descendants maintiennent à Xujiahui une présence catholique discrète mais continue, dans un contexte de tolérance impériale intermittente envers le christianisme.
Déclin et transformations sous les Qing (XVIIe-XIXe siècles) Sous les Qing, Xujiahui reste un lieu de faible développement urbain, marqué par une présence chrétienne limitée et fragile. Le catholicisme en Chine traverse une période de plus en plus défavorable, surtout après la proscription officielle du christianisme sous les empereurs Yongzheng et Qianlong, conduisant les communautés chrétiennes à une existence semi-clandestine. À Xujiahui, le site demeure essentiellement attaché à la mémoire funéraire de Xu Guangqi et à une petite communauté catholique locale, sans véritable dynamique de construction religieuse ou intellectuelle. Le tombeau et ses environs accueillent des chrétiens qui y maintiennent une pratique religieuse discrète, dans un contexte national de restriction et de surveillance impériale.
Renaissance catholique et installation des jésuites français (1847-1949) thumb|Plan de Zi-Ka-Wei vers 1920 C'est en que trois jésuites français arrivent dans la région de ShanghaiLes PP. , Claude Gotteland et Benjamin Brueyre, marquant la reprise des missions jésuite en Chine après leur disparition à la fin du . Ils s'établissent d'abord à Hengtang dans le district de Qingpu, où ils fondent leur première résidence, avant de transférer leur centre d'activité à Xujiahui en . Les descendants de Xu Guangqi y entretiennent alors une chapelle catholique et mettent à la disposition des missionnaires une partie du domaine familial situé à proximité de la tombe de leur ancêtre.
En , les jésuites y construisent une église et fondent le pour les garçons, premier établissement d'enseignement catholique moderne de Chine, au sud-ouest de ce qui deviendra la concession française, et qui lui sera rattaché pendant un certain temps. Les bâtiments sont encore visibles au no de la rue Hongqi et abritent aujourd'hui une école secondaire publique.
L'endroit à l'époque des jésuites est alors marécageux avec quelques maisons, mais le collège accueille en pension les fils de meilleures familles de lettrés chinois. Joseph Ma Xiangbo, qui fut à l'origine de l'Université l'Aurore et ses frères, y font leurs études. Il y a douze élève la première année, et quatre-vingt-deux, dix ans plus tard.. Le quartier se construit et devient un endroit résidentiel.
Les jésuites ouvrent une école primaire et une imprimerie (T'ou-Sè-WèTushanwan aujourd'hui, fameuse notamment pour ses publications des Variétés sinologiques) qui s'agrandit au début du et font aussi construire un observatoire astronomique et une bibliothèque, la , pour les sinologues et les chercheurs, sous la direction des PP. Angelo Zottoli et Henri Havret. C'est aujourd'hui un monument protégé.
Les pères ouvrent aussi un orphelinatDirigé par le P. Durand, des ateliers de sculpture sur bois, de charpentiers et de menuisiers (pour le mobilier d'église, mais pas uniquement). Plus tard entre 1905 et 1910, ils décident de construire la Cathédrale Saint-Ignace de Shanghai de style néogothique, qui remplace leur ancienne église de 1847 devenue trop petite.
Au cours de la seconde moitié du , Xujiahui devient le principal centre des missions jésuites du Jiangnan et le siège effectif de l'administration du . Xujiahui s'impose alors comme le principal centre religieux, éducatif, scientifique et culturel du catholicisme dans la région de Shanghai, et plus largement dans le delta du Yangzi Jiang.
En 1924, le premier synode de Chine se tient dans la cathédrale de Xujiahui, ce qui constitue un événement majeur pour l'histoire du catholicisme en Chine.
Xujiahui dans le Shanghai moderne (1949 à nos jours) L'arrivée au pouvoir des communistes met fin à l'existence des congrégations religieuses européennes, qualifiées d'impérialistes et de bourgeoises. Lorsque l'armée populaire de libération s'empare de Shanghai, la plupart des jésuites ont fui pour Macao ou Manille. Ceux qui restent sont emprisonnés, comme le futur cardinal Ignatius Kung Pin-mei qui passe plusieurs décennies aux travaux forcés, ou bien sont exécutés. La plupart des bâtiments sont convertis en fabriques ou en usines et la cathédrale est transformée en entrepôt. Après la création en 1957 de l', chargée d'administrer l'Église catholique reconnue par les autorités de la République populaire de Chine, Xujiahui conserve une importance symbolique particulière en raison de son rôle historique dans le développement du catholicisme chinois. La cathédrale Saint-Ignace demeure l'un des principaux lieux de culte catholique de Shanghai et le quartier reste associé à l'héritage des missions jésuites dans la région du Jiangnan. À partir des années 1990, la spéculation immobilière transforme le quartier avec la construction de hautes tours.
Le quartier de Xujiahui est un quartier commercial très actif, notamment pour les produits hi-tech et informatiques. Beaucoup d'édifices anciens ont été démolis, sauf certains présentant un intérêt historique. Le conservatoire de musique de Shanghai se trouve à proximité.
Culture locale et patrimoine Collection Heude Le ministre des Affaires étrangères Drouyn de Lhuys décide en 1868 d'approcher les jésuites pour constituer une collection de faune et de flore, et ceux-ci envoient le P. Pierre Heude et le P. Courtois de leur mission du Kiang-nan à Zi-ka-wei. Le P. Heude va parcourir la Chine pendant les premières années pour constituer ce qui devient le museum de Zi-Ka-Wei rassemblant une collection exceptionnelle.
Le museum est officiellement inauguré par le et dirigé par le P. Heude. Il devient correspondant du museum d'histoire naturelle de Paris et parcourt la région du Yangtsé, explore l'ouest et le nord. Il va ainsi amasser une collection remarquable, jusqu'à sa mort en 1902. La collection, entretemps exploitée et augmentée par d'autres chercheurs, déménage en 1933 dans un grand bâtiment Art déco, spécialement construit toujours visible aujourd'hui et qui faisait partie des terrains de l'Université l'Aurore.
Jardin Notre-Dame Le Sheng Mu Yuan (jardin Notre-Dame) est un vaste complexe hospitalier qui jouxte Xujiahui construit par les Sœurs auxiliatrices d'Eugénie Smet, arrivées à la demande des jésuites en 1867. Quatorze bâtiments hospitaliers sont bâtis, pour lesquels travaillaient plus de mille personnes, ainsi qu'un couvent, un noviciat, une école de sourds-muets, une crèche, des ateliers de broderie, de couture et de buanderie et, au milieu du vaste jardin, la prestigieuse école de l'« Étoile du Matin » qui enseignait à l'occidentale les filles des familles chinoises fortunéesElles étaient 300 élèves, dont la pension servait à financer l'orphelinat.
Monuments thumb|Bibliothèque jésuites de Zi-Ka-Wei, construite par Angelo Zottoli et Henri Havret thumb|Observatoire de Zikawei
dans le Parc Xujiahui
L'Ensemble historique catholique de Xujiahui est constitué de plusieurs bâtiments historiques liés culturellement : Cathédrale Saint-Ignace, appelée aussi « cathédrale de Xujiahui », construite par les jésuites français (166 Puxi Lu-280 Caoxi Bei Lu) L'observatoire astronomique a ensuite été déplacé au début du sur la colline de SheShan, à l'ouest de Shanghai, en raison de la pollution urbaine. (80 Caoxi Bei Lu) , ancien bâtiment Chongsi (68 Hongqiao Lu) (201 Caoxi Bei Lu) Ancien orphelinat de Tushanwan (T'ou-Sè-Wé) (55 Puhuitang Lu) (336 Caoxi Bei Lu) - École primaire Jingyan, École de filles Chongde, École de filles Qiming, Lycée No. 4 de Shanghai (100 Tianyaoqiao Lu) (595 Caoxi Bei Lu)
Personnalités liées au district Jésuites Xu Guangqi (Paul Xu) (1562-1633): ministre de la cour impériale, disciple de Matteo Ricci et premier catholique chinois de haut rang, à l’origine du nom de Xujiahui et du développement du quartier autour de son tombeau familial. Francesco Brancati (1601-1671) : jésuite italien, missionnaire, poursuit l’évangélisation de la région du Xang-nan avec l’aide de Xu Ji, fils unique de Xu Guangqi. (1607-1680): petite-fille de Xu Guangqi, catholique engagée, qui soutient la mission jésuite dans la région du Xang-nan, et contribue à la diffusion du christianisme. Louis Marie de Besi (épiscopat:1839-1848) : évêque, initiateur de la reprise des missions jésuites dans la région après la période d’interdiction du christianisme. Claude Gotteland (1803-1856): jésuite français, fondateur de la nouvelle mission jésuite, pionnier de la présence jésuite à Xujiahui. Mathurin Lemaître (1816–1863): jésuite français, missionnaire, actif dans la reprise des missions catholiques de la région, second père fondateur de Xujiahui. Henri Le Lec : jésuite français, fondateur de la première station météorologique. Angelo Zottoli (1826-1902): jésuite italien, sinologue, philologue, auteur d’un grand ouvrage de grammatique chinoise, traducteur de classiques confucéens en latin, enseignant puis principal du collège Saint-Ignace, formateur de Ma Xiangbo et Li Wenyu. Augustin Colombel (1833–1905) : jésuite français, scientifique et premier directeur de l’observatoire, chargé de la mise en place des observations astronomiques et météorologiques. Pierre Heude (1836-1902): jésuite français, naturaliste et zoologue, fondateur du muséum d’histoire naturelle de Xujiahui, premier de Chine, et père de la biologie chinoise moderne. (1836-1880): jésuite chinois, dirigeant de l'atelier de peinture de Tushanwan, auteur du tableau de Notre-Dame des Victoires béni en 1868 à la basilique de She Shan. (1833-1891): jésuite allemand, sinologue, historien, membre de la mission scientifique du Kiang-nan, spécialiste des échanges culturels Chine–Occident.