vignette|Un dimanche, par Paul Signac, 1890.

Le dimanche est le jour de la semaine privilégié pour le repos hebdomadaire dans plusieurs pays du monde, dont la France. La norme internationale ISO 8601 considère que le dimanche clôt la semaineEn France notamment, la semaine de travail commence le lundi et les calendriers sont imprimés avec le dimanche à la fin de la semaine. Certains dictionnaires récents le définissent comme le dernier jour de la semaine. En revanche, aux États-Unis ainsi que dans plusieurs autres pays du globe, le dimanche est toujours considéré comme le premier jour de la semaine., et le code avec le chiffre 7.

Pour les religions bibliques, le dimanche est le premier jour de la semaine juive et chrétienne. Pour les chrétiens, le dimanche est le jour de la résurrection du Christ (« jour du Seigneur ») ainsi que celui de la Pentecôte. Selon toute vraisemblance, les premiers chrétiens ou Nazôréens se réunissaient déjà le dimanche pour célébrer le culte et partager la cène, et certains faisaient cohabiter Shabbat et dimancheActes 20, 7 ; 1 Corinthiens 16, 2Les Pères Apostoliques : texte intégral (Collectif).

En Europe, le dimanche est considéré comme un jour de repos depuis le règne de l'empereur romain Constantin qui en a fait le « Jour du Soleil » par une loi du en hommage au Soleil invaincuPortail de la liturgie catholique édité par le Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle (SNPLS) de la Conférence des évêques de France - Dimanche - Dom Robert Le Gall : Ainsi pouvait-on donner un sens chrétien à ce jour que les païens appelaient « jour du soleil » (encore sonntag en allemand et sunday en anglais) et qui était le deuxième de la semaine planétaire (jours de Saturne, du Soleil, de la Lune, de Mars, de Mercure, de Jupiter et de Vénus, d’où viennent les noms des jours de la semaine). Le dimanche peut être le jour du soleil, car c’est le jour où le Christ, vrai « soleil de justice » (Ml 3, 20), s’est levé après le coucher de sa mort rédemptrice.. De nos jours, la législation évolue pour en faire un jour chômé auquel des dérogations sont accordées.

Étymologie vignette|upright=1.3|Dimanche matin, par Edward Hopper (1930), Whitney Museum of American Art.

En français, le mot « dimanche » est un nom commun issu de *diominicu (*non attesté), qui remonte au gallo-roman *didominicu par dissimilation consonantique, lui-même du latin chrétien dies dominica (latin dies Dominicus) ou « jour du Seigneur »Albert Dauzat et alii, Nouveau dictionnaire étymologique, Paris, Larousse, , V° Dimanche.Article « Dimanche », Le Robert historique de la langue française. En espagnol castillan, il y a identité entre le nom donné à ce jour du Seigneur et le prénom Dominique, « domingo ».Bruno Mauguin, Le nom des jours de la semaine, Espace des sciences.

L'étymologie du terme peut être retracée à partir de l'Apocalypse (1,10) et de la Didachè : Dies dominicus est une traduction du grec Kuriake Heméra (quoique la Didaché ne définisse pas le « jour du Seigneur » de façon explicite comme étant le dimanche).

En ancien français, ce jour se dit dïenencheAlain Rey, Dictionnaire Historique de la langue française, 2011, , à l'origine des mots français « dimanche » [di.mɑ̃ʃ], italien « domenica » ou encore portugais et espagnol « domingo » ou roumain duminicӑ, wallon dimegne... On parle ainsi du « repos dominical ».

L'expression appliquée à ce jour de la semaine est un usage chrétien, quand les chrétiens se réunissant chaque semaine pour commémorer l'eucharistie de la résurrection de Jésus-Christ, qui aurait pris place le premier jour de la semaine juive (le lendemain du Shabbat), ce premier jour devenant ainsi le dies dominicus soit le « jour du Seigneur ».

Place dans la semaine La norme internationale ISO 8601 considère que la semaine commence un lundi et code le dimanche avec le chiffre 7.

Les calendriers rédigés en anglais et en japonais sont généralement imprimés avec le dimanche en premier et certains sites internet, ou des logiciels informatiques (comme SAS pour son format des dates), continuent cette pratique. Toutefois la tendance générale semble aller vers l'adoption de la norme ISO 8601.

Le Littré de 1863 indique seulement : « premier jour de la semaine »Cette tradition se manifeste aujourd'hui encore dans la langue portugaise, où le lundi se dit segunda-feira.. L'Académie française note, en 1990, dans la neuvième édition de son dictionnaire : « Du latin chrétien dies dominicus, « jour du Seigneur ». Il comportait aussi la prescription du repos. Dans la langue courante, septième et dernier jour de la semaine »Dictionnaire de l'Académie française Neuvième édition.

Les peuples germaniques adoptent le système de la semaine introduit par les Romains mais l'adaptent à leurs propres dieux (à l'exception de Saturne) selon un procédé appelé Interpretatio Germanica, entre le et le , et ainsi, ne suivent pas le modèle des langues romanes s'inspirant de Mercure pour le mercredi. Les noms des jours dans les langues scandinaves étant calqués sur les noms germaniques, l'islandais , l'allemand et le finnois (notre mercredi) signifient « milieu de semaine (ou mi-semaine) », ce qui confirme que le dimanche est considéré, à l'époque, comme le premier jour de la semaine.

Origine du repos dominical

Source torahique Texte vignette|Décalogue par , Amsterdam, 1768. Dans la Bible hébraïque, le Livre de la Genèse raconte que Dieu, après avoir achevé l'Univers en six jours, se repose le septième jour (Gn 2-3), et le quatrième des Dix Commandements prescrit que le septième jour, soit le Shabbat (hébreu שבת) de chaque semaine devra être un jour de repos (Exode 20:8-11) pour les êtres humains (qu'ils soient hommes libres, femmes ou esclaves) et les animaux. Ce jour du Chabbat est rappelé en multiples autres occurrences (Ex 16:23 (« le Shabbat solennel, le saint chômage en l'honneur de l'Éternel »), Ex 31:14-16 ; Deut 5:12-14 ; Lév 23:3...) de la même source. Le Commandement est ainsi donné aux Hébreux :

Étymologie et sens Le Chabbath est un temps de repos assigné, de cessation d'activité, commençant le vendredi soir à la tombée de la nuit jusqu'au samedi soir ; ainsi, l'heure de début et de fin de Chabbath change-t-elle chaque semaine (voir calendrier hébraïque). Le mot vient de l'hébreu shābbath, שבת, dérivant du verbe shābath « s'arrêter, se reposer » (Gen 2:2-3), passé ensuite au grec puis au latin sabbatum. De façon indirecte, le français « samedi » en est dérivé à partir de sambe-di en vieux français.

En hébreu moderne, le mot « samedi » ou l'expression « la journée du samedi » se disent « Shabath ».

Durant le Chabbath, se reposer de tout acte de création, du travail de la semaine, permet de régénérer son âme et respectant l'ordre divin, répond à la sanctification du nom de Dieu ; « c’est faire publiquement la profession de foi que Dieu a créé l’Univers..., que Son Esprit domine la matière, qu’Il Est le Maître de notre force de travail, de notre vie »Choulhan Aroukh abrégé du grand-rabbin Ernest Weill, cité par Joseph-Élie Charbit, in Siddour Pata'h Eliyahou.

Christianisme ancien Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ dit à ses disciples : « le Fils de l’homme est maître même du Sabbat » (Marc 2:28). Il n'attaque jamais le principe de la loi de Dieu concernant le sabbat et ne le viole pas ; « au contraire, il le confirme, obéissant radicalement au commandement sabbatique ».

La génération apostolique montre que Jésus n’a pas aboli le Shabbat car elle continue à l'observer, et bien d'autres également qui la suivront : « On fréquente le Temple (Ac 2:46 ; 3:1 ; 5:20-42) et la synagogue (Ac 9:2). Saül/Paul de Tarse connu pour son engagement en faveur de l'évangélisation des païens commencera toujours ses missions par les synagogues, le jour du sabbat (Ac 13:14 et ss ; 16:33 ; 17:2 ; 18:4...) »« Comment les chrétiens sont passés du shabbat au dimanche ? », Paroisse Saint-Honoré. Lire en ligne. Paul s’oppose aux tendances judaïsantes qui se manifestent dans les communautés de la Galatie et de Colosses, qui veulent proposer l’observance du Shabbat comme élément essentiel à l’obtention du salut pour les éthno-chrétiens aussi (Gal 4;8-10 ; Col 2:16-17). Au concile de Jérusalem, au milieu du , les apôtres choisissent de ne rien imposer aux païens en plus du baptême, à l’exception de certaines obligations liées à la nourriture licite.

Aussi, Paul de Tarse établit-il un jour déterminé pour mettre à part les offrandes qui doivent être envoyées aux pauvres de l’Église de Jérusalem « chaque premier jour de la semaine » (1 Co 16:2). Il s'agit là d’une application de l’usage caritatif (« panier des pauvres ») qu’une bonne part du judaïsme contemporain de l'époque (aussi de nos jours) réserve à la veille du Shabbat pour que les indigents puissent le célébrer dignementCette collecte « prend, dans le cadre de l’Église, une place analogue à celle qu’occupait dans le judaïsme le ramassage hebdomadaire du panier des pauvres, à la veille du sabbat », « Du sabbat juif », II, p. 31-32.

Lente évolution différenciée Pour une majorité de chrétiens, le Shabbat, qui représentait l'achèvement de la première création est toutefois remplacé par le « jour du Seigneur », soit le dimanche, le premier jour de la semaine hébraïque, qui rappelle la création nouvelle inaugurée à la résurrection de leur messie, Jésus-Christ, célébrée hebdomadairementCatéchisme du Vatican, troisième commandement : En bref.« La Résurrection du Seigneur n’est pas célébrée une fois par an, mais constamment, tous les huit jours », (Origène, Homilia in Isaiam, 5,2, cité in Isabelle Rak, « Sabbat et dimanche », Revue Resurrection , novembre 2009-décembre 2010. Dès le , les évangélistes considèrent qu'en accomplissant son sacrifice à la Croix, Christ rend à perpétuité sans objet tout le cérémonial de la Loi juive et ses multiples prescriptions ; l'Épître aux Hébreux traite ce thème en profondeur ou en Jean « car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jn 1:17).

Toutefois, l’Église des quatre premiers siècles connaît une triple position concernant le maintien ou non de l'observance du jour du Shabbat juif : l’attitude favorable à la conservation de l’observance sabbatique en plus du dimanche, voire exclusive, dans les milieux judéo-chrétiensW. Rordorf, Sabato e domenica nella chiesa antica ; Traditio Christiana 2, Turin, 1979, p. XV. ; la tendance, qui s’est affirmée dès le , qui souligne la rupture avec le Shabbat en faveur de l’observance uniquement du dimanche (sans pour autant que des formes de vénération et de culte sabbatique aient complètement disparu aux ) dans les milieux pagano-chrétiens C. S. Mosna, op. cit., p. 201-206 ; enfin, la position intermédiaire attestée dans les Églises d’Orient du , où une observance sabbatique spiritualisée, non sujette à prescriptions légales ni à l’abstention absolue du travail, cohabite avec la fête dominicale, qui maintient sa suprématie par rapport au shabbat juif et aux autres jours de la semaine.