La sophrologie est une pratique pseudo-scientifique, psycho-corporelle utilisée comme méthode de relaxation, psychothérapie , et technique de développement personnel. Elle est créée à partir de 1960 par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo, celui-ci la définissant comme une .

La Centre d'information et de prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes (CIPPAD, 2002) la qualifie de .

Les sources d'inspiration de la sophrologie sont multiples : l'hypnose, la phénoménologie, la relaxation progressive d'Edmund Jacobson, le training autogène de Schultz, ainsi que le yoga, la méditation zen, tibétaine, et le tummo.

Elle est utilisée dans le sport et le monde de l’entreprise ou encore dans la gestion du stressMinute 28 à 32, avis de Gérald Bronner relativement à la sophrologie utilisée dans le cadre du stress des examens. ..

Elle a fait l'objet de mises en garde concernant le risque d'emprise ou de dérive sectaire, et des critiques existent, notamment sur l'absence d'efficacité thérapeutique prouvée ou certains aspects pseudo-scientifiques .

Définition

Étymologie et origine du terme Le mot sophrologie est un néologisme. Selon le médecin sophrologue Patrick-André Chéné, la notion est en fait reliée à un mouvement collectif :

L'étymologie de « sophrologie » se compose selon trois racines de grec ancien : / (« bien portant », « harmonie »), / (« conscience », « esprit ») et / (« étude », « science »). C'est donc littéralement « l'étude de la conscience bien portante » ou , Caycedo dit . Selon lui, . La devise de la sophrologie, dont l'objectif est la recherche de la conscience et des valeurs de l'existence, est « Ut conscientia Noscatur » [« Pour que la conscience soit connue »].

L'utilisation du suffixe « -logie » (« science » ou « discours » se rapportant à une science) est contestée par les opposants à cette discipline, qu'ils considèrent comme une pseudoscience, jugeant qu'il serait destiné à lui donner une apparence scientifique « jusque dans son nom ».

Qualificatifs multiples La sophrologie (indistinctement caycédienne ou non) est parfois qualifiée de technique de développement personnel., de psychothérapieLa sophrologie est classée parmi les relaxation et techniques à médiation corporelle () puis parmi les psychothérapies à médiation corporelle () dans le livre Thérapeutique psychiatrique, par J.-L. Senon, D. Sechter et D. Richard, Hermann éditeur, 2003 .Place des psychothérapies contemporaines dans le traitement de la dépression, par Jean Cottraux, éditions Doin, coll. « Références en psychiatrie », 2006.La sophrologie et la sophrologie caycédienne ont été listées parmi les psychothérapies dans le RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D'ENQUÊTE relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs en 2006 durant la douzième législature de l'Assemblée nationale française. Dans ce même rapport, il est affirmé que la sophrologie est une activité « n'ayant fait l'objet d'aucune étude validée scientifiquement ».1977, premier symposium panaméricain, et troisième congrès mondial de sophrologie à Recife (Brésil). Nomination du et A. Caycedo comme professeur honoris causa de l'université de Pernambouc et déclaration des valeurs de l'homme (ou Déclaration de Recife), création de la branche socioprophylactique et du développement personnel pour contribuer à l'aide en faveur des pays en développement., de méthode de relaxation« Elle manque de validation scientifique, mais cela n'enlève rien à l'intérêt de la sophrologie que l'on peut considérer comme la véritable première technique intégrative de relaxation. » : Dominique Servant, de La Relaxation : nouvelles approches, nouvelles pratiques, Masson éditeur, coll. « Pratiques en psychothérapie », 2009 .Page 596, la sophrologie est classée parmi les « méthodes de relaxation centrées sur les perceptions sensorielles » dans le Manuel de psychiatrie, sous la direction de J.D Guelfi et F.Rouillon, éditions Masson, 2007, .Psychologie: science humaine et science cognitive, par Jo Godefroid, De Boeck Université, 2001.Une approche psychosomatique: la bioénergie : de Wilhelm Reich à nos jours, par Françoise Elbaz, Éditions Ellebore, 1996., de pratique psychocorporelle., de médecine alternativeMédecines alternatives à l'hôpital, article publié par le quotidien Le Monde le 18 juin 2008., de , de technique de bien-être, citation reprise de la Chambre syndicale de la sophrologie. , Selon l'auteur qui précise Cet entendement se rapport au mouvement Caycedienvoire un outil thérapeutique Cet entendement se rapporte à la « sophrologie plurielle », aux approches non caycediennes. Les approches de la sophrologie sont multiples, et parfois .

Selon le mensuel Psychologies Magazine :

Santé Magazine la qualifie de qui affirme pouvoir aider les pratiquants à retrouver un équilibre de vie et à mieux gérer leur quotidien, à retrouver une certaine harmonie entre le mental et le physique. Le magazine ajoute . Elle aiderait aussi, selon certains de ses partisans, à voir les choses telles qu’elles sont, ce qui permettrait d’être plus efficace dans l’action grâce à l’écoute de nos sensations et de ce que nous renvoie notre corps.

Principes La sophrologie se base sur quatre grands principes : l’action positive (la recherche d’une action bénéfique et vertueuse pour les pratiquants), le schéma corporel (redécouvrir son corps sans a priori), la réalité objective (s’affranchir de tout jugement au cours de la pratique) et l’adaptabilité (tout exercice doit être adapté à la personne qui le pratique et non l’inverse). Elle est en outre régulée par deux «lois» : prendre en compte la vivance sophronique, c’est-à-dire les ressentis physiques, émotionnels et moraux de la personne, et assurer la répétition vivantielle, c’est-à-dire la pratique régulière des exercices.

Une séance de sophrologie se compose typiquement d’une anamnèse, d’exercices, puis d’un échange entre le sophrologue et le(s) pratiquant(s) sur leurs ressentis. Les exercices de sophrologie sont regroupés en deux types : les relaxations dynamiques (techniques de respiration et de relâchement musculaire) et les «sophronisations» (qui font plus souvent appel à la visualisation et à des formes de méditation). Ces exercices sont généralement pratiqués assis ou debout; on évite la position allongée qui peut entrainer l’endormissement.

Historique

1960-1968 : Origines et fondation

La sophrologie naît dans un service de neuropsychiatrie madrilène. Le nom . vient remplacer celui de . en . Le qui a avalisé cette décision précise : Propos tenus en 1972. Par ailleurs, son initiateur préfère placer la naissance officielle de la sophrologie au congrès de Vienne l'année suivante avec la présentation de la sémantique associée Selon Caycedo qui rapporte au passage commentaire de Lopez Ibor sur son discours de l'époque ,

C'est Alfonso Caycedo qui est à l'origine de cette initiative, un neuropsychiatre et professeur de psychiatrie passionné par l'étude de la conscience et ayant fait sa thèse doctorale sur l'électroencéphalogramme en 1959. Il essaye l'hypnose comme alternative aux électrochocs et aux comas médicamenteux qu'il souhaite limiter dans le traitement des patients en psychiatrie, et crée en 1959 à Madrid la société d'hypnose clinique et expérimentale Chapitre I, page. Il ajoute rapidement à l'hypnose classique issue de l'école de Nancy (qu'il est allé étudier à Nancy Il étudie auprès du Docteur André Cuvelier et traduit sa thèse doctorale sur l'école de Nancy en espagnole) le Training autogène de Schultz et la relaxation progressive de Jacobson. C'est ce nouvel ensemble de techniques qui est nommé sophrologie, avec ? chapitre Un projet orienté par la phénoménologie.

L'inspiration phénoménologique est affirmée par Caycedo dans l'ouvrage L'aventure de la sophrologie et prend appui entre autres sur les travaux et concepts de Hegel et Husserl. Pour Caycedo, , mot qui signifie littéralement l'étude de ce qui apparaît et qui désigne un courant philosophique consacré à l'étude de la conscience. C'est non pas les dysfonctions, mais les mécanismes fonctionnels et leurs sources profondes qui seraient ainsi étudiés. La terminologie « tirée de Platon » porte cette orientationDu dialogue des Charmides il tire le (beau discours) qui s'adresse au thymos du malade, le point de jonction entre corps et esprit ainsi que les racines du mot sophrologie au travers de celui sophrosyne ., ce que l'on retrouve dans l'expression : .

Après une première diffusion de cette sophrologie naissante (1960-1963), Caycedo part étudier la phénoménologie (entre 1963 et 1964) à la clinique suisse de Kreuzlingen (le « Sanatorium Bellevue ») auprès de Ludwig Binswanger. Ce dernier propose une application médicale de la phénoménologie : la Daseinsanalyse (ou analyse existentielle), ce que l'on retrouve chez Caycedo dans l'idée de sophrologie existentielle affiliée à l'analyse existentielle Schémas de filiation : Husserl → l'analyse intentionnelle → Heidegger → L'analytique existentielle → Binswanger → L'analyse existentielle ↔ Caycedo → La Sophrologie existentielle.

En Suisse toujours, il rencontre et épouse une française qui pratique le yoga et semble l'ouvrir à Propos de l'auteur qui inclut le corps. L’enthousiasme de Binswanger Caycedo rapporte la réponse de Binswanger lorsqu'il évoque le sujet des pratiques orientale : l’encourage à partir étudier les approches corporelles orientales. Il le fait durant deux ans (1965-1967) en Inde auprès des yogis, (et en tire deux livres édités en Inde: Letters of silence et India of yogi), dans le nord de l'Inde auprès des lamas avec l'appui du Dalaï-lama, et au Japon dans les deux principales écoles zen (Rinzai et Sōtō). Plus précisément, les sources utilisées en sophrologie sont, d'après Chéné,

Phénoménologie et rapport aux sciences L'intention phénoménologique de la sophrologie, et son rapport à la science selon Caycedo, se trouve dans l'ouvrage l'aventure de la sophrologie où Alfonso Caycedo explique que ne pouvant se référer à la phénoménologie pure, il a créé sa méthode « d’approximation sophrologique » en trois étapes : La réduction phénoménologique avec le retour aux choses elles-mêmes, la suspension du jugement et mise entre parenthèses (en référence à Husserl) ; L'étude existentielle (en référence à Binswanger) ; Et la vérification systématique, selon une approche statistique classique en science. Il précise que sa recherche consiste à tenter de réunir la recherche phénoménologique pure telle qu'il l'a apprise de Husserl et Binswanger, avec cette vérification de type statistique.

Dans le même l’ouvrage, le chapitre « Amener la phénoménologie à la psychiatrie » explique l'intention de sa pratique, et dans le chapitre « Étudier les phénomènes de la conscience humaine » comment il se réfère à Husserl. On y trouve aussi la façon dont il se réfère à Hegel qui a créé les bases de la phénoménologie, ou « science de l’expérience de la conscience » selon le sous-titre de son ouvrage phénoménologie de l'espritLe chapitrage est créé par Davrou, et non pas par Caycedo.

Ruptures et apparition de divers courants Plusieurs branches distinctes de la sophrologie se sont déjà émancipées du fondateur lorsqu'en 1978 Caycedo tente de définir la sophrologie, dont il affirme qu'elle doit désormais intégrer une dimension sociale et .

En effet, plusieurs sophrologues de la première heure ne le suivent plus et différentes écoles de formation à la sophrologie, variant le contenu des apprentissages, sont déjà présentes et qualifient ce qu'elle propose de « sophrologie », un terme libre de droit.