Les relations entre la Hongrie et la Slovaquie ont été établies en 1993, faisant suite aux relations hungaro-tchécoslovaques après la dissolution de la Tchécoslovaquie. Les deux pays ont de frontière communeFrance-Diplomatie: Présentation de la Slovaquie - Politique extérieure, consulté le 8 décembre 2009 ; il y a environ Hongrois habitant en Slovaquie, ce qui constitue environ 10 % de la population, principalement dans le Sud du pays et environ Slovaques en Hongrie (soit environ 0,17 % de la population).

La Hongrie a une ambassade à Bratislava Ambassade hongroise à Bratislava, consulté le 8 janvier 2010 et la Slovaquie a une ambassade et un centre culturel à Budapest, un consulat général à Békéscsaba Missions diplomatiques slovaques, consulté le 13 avril 2013.

Les deux pays font partie de l'OTAN, de l'Union européenne et du groupe de Visegrád.

Bien que les deux pays soient alliés, des difficultés subsistent, tenant à l'histoire et à la présence d'une importante minorité magyarophone en Slovaquie. Un accord bilatéral la concernant a été signé en décembre 2003 entre les deux pays.

Les relations sont tendues en raison de la propagande active des partis ultra-nationalistes dans les deux pays, tels que le Jobbik ou le HVIM en Hongrie, et le PNS en Slovaquie « The Slovak National Party (SNS), a partner in the Meciar-led coalition government until it lost the 1998 general elections, is clearly an extremist nationalist party. (Le Parti national slovaque (SNS), partenaire dans la coalition gouvernementale menée par Mečiar jusqu'à sa défaite aux élections législatives de 1998, est clairement un parti extrémiste et nationaliste.) »Stephen Roth Institute: Antisemitism And Racism in Slovakia, consulté le 8 décembre 2009.

Perspectives historiques De la Grande-Moravie à la couronne hongroise et à la Tchécoslovaquie thumb|Carte linguistique du recensement austro-hongrois de 1910 avec en superposition les frontières modernes. Les limites linguistiques du slovaque (brun) sont sous-évaluées en comparaison des recensements tchécoslovaques ultérieurs. Les slaves ancêtres des Slovaques habitent l'actuelle Slovaquie depuis le . Le pays a d'abord fait partie des états slaves de Grande-Moravie et de Nitrie, avant d'être conquis par le royaume de Hongrie au et appelé « Haute-Hongrie » (Felső-Magyarország, Oberungarn, Horné Uhorsko). Avant la formation de la Première République tchécoslovaque, les noms slovaques n'avaient pas de reconnaissance officielle car seul le hongrois était langue officielle. Pozsony (Požun en slovaque, aujourd'hui Bratislava) fut pendant un temps capitale du royaume de Hongrie. L'Autriche-Hongrie ne reconnaissait que les formes allemandes ou hongroises des noms, la langue slovaque n'était enseignée qu'à l'école primaire, et les associations culturelles slovaques étaient étroitement surveillées et souvent persécutéesRobert William Seton-Watson, A History Of The Czechs And Slovaks, Archon Books, Hamden, Connecticut, 1965 ( éd. Hutchinson & Co., Londres 1943).

Après la dislocation de l'empire austro-hongrois en 1918, en réaction à la situation antérieure, une politique de la slovaquisation a été entreprise, ressentie comme une persécution par le demi-million de Magyars vivant du côté tchécoslovaque de la frontière et majoritaires dans certaines villes comme KošiceĽubomír Lipták, Petite histoire de la Slovaquie, Institut d'Études Slaves, Paris 1996, 127 p. ..

Le traité de Saint-Germain de 1919 officialisa la fin de l'Autriche-Hongrie et l'indépendance de la Tchécoslovaquie. La Hongrie, devenue brièvement communiste, essaie de récupérer son territoire, entamant au printemps 1919 une guerre contre la Tchécoslovaquie, la Roumanie et les Serbes et créant autour de Prešov une « république slovaque des conseils ». Mais la contre-offensive de la coalition formée autour des légions tchécoslovaques par les armées roumaines et françaises met fin au gouvernement communiste hongrois. En 1920, le traité de Trianon officialise les nouvelles frontières du royaume de Hongrie reconstitué sur un territoire réduit des deux tiers, dont le régent, l'amiral Miklos Horthy, réclame la révision.

En 1938, lors des accords de Munich, la Hongrie de Horthy représentée par son ministre des affaires étrangères Kálmán Kánya, obtient de la Tchécoslovaquie la cession de dont dans l'actuelle Slovaquie et dans l'actuelle Ukraine : ce sont les zones où les Magyars de Tchécoslovaquie sont localement majoritaires. L'année suivante, la Hongrie de Horthy attaque la Slovaquie nouvellement indépendante (guerre hungaro-slovaque de mars 1939) et lui ravit encore . La magyarisation forcée de la population slave dans les territoires perdus au profit de la Hongrie et la fermeture des institutions nationales slovaques telles que la Matica slovenská ajoutent au ressentiment des slovaques envers leurs anciens maîtres.

La frontière du traité de Trianon est rétablie au traité de paix de Paris en 1947, mais la participation de la République populaire de Hongrie à l'invasion de la Tchécoslovaquie pour mettre fin au socialisme à visage humain et étouffer le Printemps de Prague n'est pas faite pour améliorer les sentiments réciproques hungaro-slovaques.

Controverses sémantiques et « historisme raisonnable » thumb|188px|Statue équestre de Svatopluk érigée en 2010 au château de Bratislava. Les controverses sémantiques et historiques ne sont pas anodines mais représentent des enjeux identitaires forts dans chaque pays. Le nationalisme slovaque et le nationalisme hongrois se nourrissent l'un de l'autre en s'affrontant : le second promeut l'idée de « Hongrie historique » (Történelmi Magyarország) qui se décline en trois variantes: le « protochronisme » qui affirme que les Magyars étaient une importante composante de l'Empire hunnique dès le et du Khaganat avar au , anticipant ainsi de cinq siècles l'arrivée des Magyars dans le bassin du moyen Danube et présentant la Pannonie comme un État proto-hongrois précédant les Slaves (donc les Slovaques) dans ce périmètre; l'« historisme » qui affirme que la « Hongrie millénaire » (Millenniumi Magyarország fastueusement commémorée en 1896) est le seul État historique de la région, ses voisins étant tous plus tardifs et, pour la plupart, apparus seulement en 1918, les peuples qu'ils affirment représenter n'ayant donc pas d'histoire ; selon cet historisme, dans le bassin du moyen Danube, seuls les toponymes magyars sont « historiques » tandis que les noms des mêmes lieux en d'autres langues, même quand ils sont d'origine slave comme Košice, seraient des « néologismes » apparus en 1918 lorsqu'ils sont devenus officiels. ; l'« ethnicisme » qui considère comme « Hongrois » non pas, selon le droit du sol et le droit international, les citoyens de la Hongrie et eux seuls quelles que soient leurs origines et langues, mais, selon droit du sang, les Magyars de souche dont ceux de Slovaquie, quelle que soit leur citoyenneté. Ainsi, les minorités non-magyares de Hongrie ne sont pas considérées comme hongroises, tandis que les Magyars d'outre-frontières (devenus un enjeu dans la politique intérieure hongroise sur le thème de leurs droits historiques) le sont, et Budapest leur offre, s'ils le demandent, la citoyenneté hongroise (magyar állampolgárság) même s'ils résident à l'étranger et ont déjà une autre citoyenneté... Cela crée des tensions avec les États voisins.. Ce dernier point rapproche la Hongrie de la Russie qui, elle aussi, considère comme « Russes » toutes les personnes d'origine russe quelle que soit leur citoyenneté et leur pays de résidence, quitte à éventuellement annexer les territoires où ces « Russes ethniques » sont nombreux (voir Nationalisme russe).. gauche|vignette|Sur cette illustration austro-hongroise de Valaques, de Magyars, de Slovaques et d'Allemands de Hongrie, les Slovaques (troisième couple de gauche à droite) sont appelés en hongrois Tótok.

La région habitée par les Slovaques au nord de la Hongrie d'avant 1918 n'avait pas de statut légal, constitutionnel ou politique mais avait, en revanche, une identité culturelle que les Magyars eux-mêmes reconnaissaient à travers la dénomination de Tótokország (« pays slovaque »). Des sources du y font référence sous les dénominations Sclavonia ou encore Slováky, noms qui qualifiaient une aire à la fois géographique et ethnique, aux limites indéfinies.

À l'époque des guerres ottomanes, le terme hongrois (littéralement : « Hongrie Supérieure », en , en ) correspondait à la partie nord-est du royaume de Hongrie (l'est de la Slovaquie), alors que les régions au nord-ouest (l'ouest de la Slovaquie) appartenaient à la Basse-Hongrie ( « Hongrie inférieure ») : c'est ainsi que dans la nouvelle organisation administrative et militaire () de la Hongrie royale, la capitainerie de Haute-Hongrie () était située à l'est de la capitainerie des villes minières () dont le territoire correspond à peu près à la moitié ouest de la Slovaquie actuelle. Lorsque la plus grande partie de cette zone nord-est de la Hongrie royale est devenue brièvement entre 1682 et 1685, sous Imre Thököly, une principauté indépendante vassale de l'Empire ottoman, elle a gardé ce même nom de Haute-Hongrie ().

Le mot slovaque Horné Uhorsko fait référence à la Hongrie dans son territoire d'avant 1918 ethniquement hétérogène : Uhorsko, tandis que le terme Maďarsko désigne quant à lui la Hongrie en tant qu'État-nation ethniquement homogène des Magyars, issue de la fragmentation en 1918 de la précédente, et dont les frontières furent dessinées par la « commission Lord » en 1919 et officialisées au traité de Trianon en 1920. D'usage encore rare en hongrois au et devenant fréquent à partir du , le terme désignait les zones montagneuses du nord du royaume de Hongrie, à population mélangée consistant principalement en Slovaques, avec des minorités hongroises, allemandes, ruthènes et juives. Le mot, avec son élément essentiel « du haut », s'opposait aux plaines du sud (grande plaine de Hongrie) et (petite plaine de Hongrie) avec leur élément « du bas », et pouvait être utilisé comme synonyme de . Ce nom géographique a pour équivalents en , en , en yiddish : .

Cependant, la signification de ce nom propre a évolué après la Première Guerre mondiale, alors que « Hongrie supérieure » n'était plus utilisé. fut alors utilisé en hongrois pour désigner les régions détachées de la Hongrie au nord du pays (Slovaquie et Ruthénie subcarpathique), puis après la Seconde Guerre mondiale pour désigner la Slovaquie seule, la Ruthénie subcarpathique (ou Transcarpatie) ayant été annexée par l'URSS.

Aujourd'hui en Hongrie, peut être utilisé pour désigner la Slovaquie. C'est également le seul terme utilisé dans l'historiographie hongroise pour parler de la Slovaquie actuelle au Moyen Âge (de façon anachronique, puisque le terme n'était pas encore utilisé en hongrois à l'époque), tandis que les trois comitats de l'ancienne Haute-Hongrie qui restèrent intégrés à la Hongrie après la Première Guerre mondiale ne sont jamais appelés Haute-Hongrie (), mais uniquement Hongrie du Nord ().

Cet usage de « Haut-Pays » pour désigner l'ensemble de la Slovaquie d'aujourd'hui est perçu par les Slovaques comme offensant, et comme inapproprié par les Hongrois non-nationalistes.. est par ailleurs couramment employé depuis l'ouverture du rideau de fer dans un sens autonomiste territorial par la minorité hongroise du Sud de la Slovaquie., pour désigner uniquement les régions de Slovaquie à population majoritairement hongroise : c'est ainsi que le quotidien de Slovaquie de langue hongroise Új Szó distingue systématiquement de « Slovaquie ». Un certain nombre de membres de la minorité hongroise de Slovaquie se désignent eux-mêmes comme (littéralement : « Hongrois du Haut-Pays »).