Bas-Caraquet est un ancien village du Nouveau-Brunswick, au Canada. Il fait partie de la ville de Caraquet depuis la réforme de la gouvernance locale du .
Géographie
Géographie physique Situation vignette|left|Bas-Caraquet, photo prise du Parc des Fondateurs. La marina est visible à gauche. Le village de Bas-Caraquet est situé sur des basses terres bordées au nord par la baie des Chaleurs et au sud par la baie Saint-Simon. Il est limitrophe de Caraquet à l'ouest et de Pokesudie à l'est. Il fait face à l'île de Caraquet. La péninsule gaspésienne, située à une trentaine de kilomètres au nord, est visible du village et on peut distinguer les montagnes et même les maisons. Bas-Caraquet a une superficie de ..
Bas-Caraquet est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie.. vignette|left|350px|Carte topographique de Bas-Caraquet.
Topographie Le village de Bas-Caraquet est situé dans les basse-terres des Maritimes. Le terrain est généralement plat et légèrement incliné vers l'est, sauf à l'ouest où le terrain est plus ondulé. Un plateau d'une altitude de trente mètres se trouve au sud-est du village et ayant une pente de 9 % à 16 %. Dans le village, les pentes varient entre 3 % et 8 %. L'altitude varie entre 0 et , sauf dans la partie ouest où elle varie de 8 à . Il y a de petites falaises à l'ouest, soit entre les deux ports. Entre le village et Pokesudie se trouve l'Islet, ou Petite-île. Celle-ci a une superficie de 18 acres et est entourée de marécage.
Hydrographie
En raison de sa situation sur une petite péninsule, le village ne possède pas de bassin hydrographique important. Dans le sens horaire, à partir du nord-ouest, on retrouve le ruisseau Isabelle, le ruisseau à Osias et son affluent le ruisseau à Sivret, le ruisseau de la Chaloupe, le ruisseau à Canard, le ruisseau creux et le ruisseau à Chenard, à ne pas confondre avec un autre du même nom coulant à Caraquet. Les trois premiers se déversent dans la baie des Chaleurs, tandis que les autres le font dans la baie Saint-Simon. Il y a aussi quelques autres ruisseaux de faible importance. Il y a quelques étangs dans les terres.
Le village est séparé de Pokesudie par la Petite Passe. Dans ce détroit se trouve une autre île plus petite appartenant au village, la Petite Île.
Bas-Caraquet compte également plusieurs grandes tourbières, qui sont elles aussi à l'extérieur des quartiers habités. Il y a enfin plusieurs marais côtiers, dont les principaux sont près du centre du village, au ruisseau à Osias et l'autre est dans la Petite Passe.
Géologie Le sous-sol de Caraquet est daté d'un intervalle débutant au Pennsylvanien et se terminant au cours du Trias. Les dépôts de surface sont probablement d'origine marine. La roche-mère consiste en grande partie de roches sédimentaires, soit du grès, du schiste et des conglomérats qui sont souvent très fracturés. Une grande partie de l'eau souterraine provient de ces failles à l'intérieur du socle rocheux. Le sol est aussi recouvert d'une couverture de plaine: dépôt de charbon, sable, silt et gravier remanié au-dessus d'une couche de tilt d'ablation de texture argileuse ou de dépôt marin, et ce, sur une assise rocheuse composée de grès fissuré d'une épaisseur de 0,5 à .
Climat
Le village de Bas-Caraquet est situé à la limite du climat maritime, dû à la présence de la baie des Chaleurs et du golfe du Saint-Laurent. Les hivers sont plus doux que dans le reste du pays et les étés y sont plus frais. La température moyenne pour le mois de janvier est de et de pour le mois d'août. Le taux d'humidité relatif est de 76 % pour le mois de janvier et de 72 % pour le mois d'août. La moyenne annuelle des précipitations est d'environ , un peu sous la moyenne provinciale. Les chutes de neige sont d'environ par hiver. Le littoral est exposé à de forts vents, qui endommagent les arbres situés près de la côte. Une station météorologique d'Environnement Canada est située au village et fournit des données pour la région.
Faune et flore
Bas-Caraquet est couvert à 50 % de forêt.
Géographie humaine Transport
La principale route du village est la route 145. Un nouveau chemin de fer, l'Acadian Railway, sera probablement construit dans la région et les travaux commenceront au début 2008 TRAINS Magazine - New freight railroad proposed for New Brunswick's Acadian Peninsula - 14 septembre 2007 Consulté le 25 septembre 2007. Cela est encore à l'état de rumeurs, mais il y aurait une extension de construite vers le port, où des barges se rendrait vers Lamèque. Il y en fait une importante piste qui suit le tracé de l'ancien chemin de fer et qui parcourt toute la région Conseil sentier Nouveau-Brunswick Inc. Consulté le 10 septembre 2007..
Les gens de Bas-Caraquet se déplacaient autrefois en calèche ou en bateau. Ensuite vint le train, peu à peu remplacé par l'autobus. Ces moyens de transports ayant disparu, le seul moyen de se déplacer sur de longues distances est l'automobile, rendant Bas-Caraquet relativement difficile d'accès. La gare routière et la gare de Bathurst sont situés à l'ouest. L'aéroport régional de Bathurst est situé quant à lui à et l'aéroport international du Grand Moncton est à au sud. Les gens ont souvent à se rendre à Montréal () pour prendre l'avion.
On parle aussi depuis des décennies de construire un pont entre Morais et Shippagan, ce qui faciliterait le transport vers cette ville, Lamèque et Miscou.
Morphologie urbaine
Au nord-ouest se trouve un des deux principaux quartiers. Il est la continuation du quartier LeBouthillier de Caraquet, quartier aussi appelé Middle Caraquet. On y retrouve les deux ports et le parc industriel. Quelques centaines de mètres plus loin à l'est et séparé par un marécage se trouve le bourg de Bas-Caraquet, un quartier centré sur l'église. On y trouve les institutions et quelques commerces. Environ trois kilomètres au sud se trouve le hameau de Morais.
Logement Le village comptait 700 logements privés en 2006, dont 600 occupés par des résidents habituels. Parmi ces logements, 90,0 % sont individuels, 4,2 % sont jumelés, 1,7 % sont en rangée, 2,5 % sont des appartements ou duplex et 1,7 % sont des immeubles de moins de 5 étages. 83,3 % des logements occupés le sont par le propriétaire et 16,7 % sont loués. 81,7 % ont été construits avant 1986 et 17,5 % ont besoin de réparations majeures. Les logements comptent en moyenne 6,2 pièces et ont une valeur moyenne de , comparativement à pour la provinceRecensement Statistique Canada 2006: Familles et ménages.
Histoire
Toponymie
Le village est nommé d'après la baie de Caraquet. Deux théories tentent d'expliquer l'origine de son nom. Ce serait un mot en langue micmaque qui signifie , en référence à la rivière du Nord et la rivière Caraquet. Selon la deuxième, le nom ferait référence à un type de bateau, la caraque "Caraquet." Encyclopædia Britannica. 2007. Encyclopædia Britannica Online. 3 août 2007 <http://www.britannica.com/eb/article-9020221>.. Les Micmacs appellent la ville Calaket. Le gouverneur Nicolas Denys est le premier à faire mention du nom Caraquet, en 1672, dans son livre Description géographique et historique des côtes de l'Amérique septentrionale, avec l'histoire naturelle de ce pays. Il y faisait une courte description des Îles de Tousquet, qui sont les îles de Caraquet et Pokesudie. Ce nom est une erreur parce qu'elles figuraient sur sa carte comme Îles de Caraquet. Les différentes orthographes utilisées au fil des années incluent Karaquet, Quaraqu, Carraquet et Caraquette William Francis Ganong, The history of Caraquet and Pokemouche, New Brunswick Museum, Saint-Jean, 1948.. Certaines personnes utilisent plutôt le nom l'en bas de Caraquet ou des variantes. Le village est parfois appelé Lower Caraquet en anglais..
Préhistoire
Colonisation européenne
Les Vikings seraient les premiers Européens à avoir visité la région, à partir du Mentionné sur l'article Vinland de la Wikipédia anglophone. Cette information semble provenir du livre The Norse Atlantic Sagas, par Gwyn Jones (À vérifier). D'après un article du magazine Popular Science (mai 2001), l'anthropologiste norvégien Thor Heyerdahl aurait écrit en 2000 un livre sur une recherche, basée sur les sagas Viking et les archives du Vatican, qui prouverait que la population Viking en Amérique du Nord aurait atteint jusqu'à et qu'ils y seraient restés pendant au moins un siècle. Ce livre, Ingen Grenser, semble ne pas avoir été traduit du norvégien.. En effet, des coquilles de noyer ont été découvertes à L'Anse aux Meadows. Il n'y a pas de noyer à Terre-Neuve, et l'endroit le plus près où cet arbre pousse est sur la côte est du Canada, incluant le Nouveau-Brunswick.
Selon ce que rapporte Donat Robichaud, la région est visitée par des pêcheurs Normands et Bretons dès la fin du Donat Robichaud, Le Grand Shippagan, 1976. . Les Bretons sont en fait bien établis avant 1536. Les Basques chassent la baleine en Europe à partir du ou plus tôt mais, à la suite de l'effondrement de la population de ces cétacés, commencent à les chasser au sud du Labrador au , en plus de pêcher la morue. Ces pêcheurs viennent surtout du Pays basque espagnol mais ceux du Pays basque français deviennent de plus en plus nombreux. Ils sont déjà bien installés vers 1540. Contrairement à une idée répandue, ils n'ont pas chassés la baleine de plus en plus loin jusqu'à atteindre l'Amérique mais s'y sont rendus directement. Vers 1632, les pêcheurs de morue basques se déplacent dans des endroits plus reculés, dont Caraquet, Paspébiac et Shippagan, notamment pour éviter les attaques des Inuits et des pirates anglais ou danois, mais aussi à cause de la baisse de la population de baleine et de l'ouverture de la pêche au Svalbard. La pêche basque à Caraquet dure sans encombre jusque vers la fin du .
Jacques Cartier jeta l'ancre dans la région de Miscou en et explora la région pendant quelques jours Lacoursière, Jacques, Jean Provencher et Denois Vaugeois (2000). Canada-Québec 1534-2000 Québec : Septentrion. .
En 1619, l'Association des marchands de Bordeaux fonda un poste de pêche à Miscou. Des jésuites vinrent ensuite pour évangéliser les amérindiens de la région. Nicolas Denys faisait du commerce sur la côte de la baie des Chaleurs et du golfe du Saint-Laurent, incluant à Caraquet. L'association fut ensuite dissoute, les jésuites rappelés en France et Nicolas Denys forcé de quitter l'île pour Nipisiguit Corinne Albert-Blanchard, Caraquet, Quelques bribes de son histoire, 1967..
Le , le Conseil souverain donne la concession de Pokemouche à Philippe Hesnault, de Nipisiguit, lui ajoutant trois lieues de largeur de chaque côté de la vallée, pour un total de huit lieues par quatre« Philippe Hesnault », dans Revue d'histoire de la Société historique Nicholas Denys, Vol. XXXIV, no. 3, sept.-décembre 2006, ., un territoire qui inclut le site de Bas-Caraquet. Michel Degrez, qui possédait auparavant la seigneurie, devait 200 livres à Hesnault, ce qui explique probablement cette décision. Hesnault ne s'établit pas sur les lieux et d'autres marchands en profitent pour chasser sur ses terres. Il porte plainte au Conseil et obtient gain de cause le contre le directeur général de la Compagnie de Mont-Louis, Jean de Clarmont. On ne sait pas avec précision ce qui est arrivé au fief de Pokemouche après la mort d'Hesnault.
Fondation En 1731, le Français Gabriel Giraud dit St-Jean est probablement le premier colon à s'établir en permanence dans la région. Il serait en fait arrivé vers les années 1710 et on sait qu'il vivait à Miramichi en 1727. Il serait né en Bretagne. Il vivait sur la rive est du ruisseau Saint-Jean (aujourd'hui Isabelle), à trois quarts de lieues de la route, à la limite entre Caraquet et Bas-Caraquet. Il se maria avec une Micmac et ils eurent au moins deux enfants, Angélique et Jean-Baptiste, ce dernier se mariant lui aussi à une Micmac. Leur nom a disparu mais ils ont quelques descendants, principalement en Gaspésie.