Corps () est une commune française située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle est membre de la communauté de communes de la Matheysine. Ses habitants sont dénommés les Corpatus.

Géographie

Situation et description Corps est une petite commune du sud-est de la France, située dans la région du Beaumont au cœur des Alpes françaises, proche des Alpes du Sud à la frontière entre le département de l'Isère et celui des Hautes-Alpes. Elle se situe à au nord de Gap, au sud de Grenoble et au nord de Marseille.

Le village de Corps est encerclé par de hautes montagnes, dont l'Obiou dans le massif du Dévoluy qui surplombe le magnifique lac du Sautet. Le village est au départ de la route qui mène au sanctuaire marial de La Salette, lieu de pèlerinage où la Vierge de La Salette serait apparue à deux petits bergers corpatus, Mélanie Calvat et Maximin Giraud.

Communes limitrophes

Géologie Le territoire de Corps domine le lac du Sautet formé par un barrage situé à à l'ouest du village, et qui barre les deux rivières situées au sud de la commune. Le plateau d'Ambel, situé sur l'autre rive, est l'un des résidus d'une ancienne plaine alluviale créée par un verrou glaciaire situé à l'emplacement du barrage actuel, et recreusée depuis par le Drac et la Souloise. Les territoires de Corps et Pellafol sont situés sur les bords latéraux de cette ancienne plaine, à la même altitude qu'Ambel, ce qui donne au paysage local un aspect particulier, les trois villages se faisant face mais par-dessus des gorges aujourd'hui partiellement noyéesPour une distance à vol d'oiseau inférieure à , il faut de (mauvaise) route pour aller d'Ambel à Pellafol, et pour aller à Corps, qui est le chef-lieu du canton, on transite par les Hautes-Alpes, la route directe ayant été noyée par le lac..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pellafol à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Hydrographie

Le territoire communal est bordé dans sa partie méridionale par le lac du Sautet, créé par l'édification d'un barrage sur le Drac, en aval de son confluent avec la Souloise et qui le sépare du territoire de la commune d'Ambel.

Voies de communication Le territoire de la commune est traversé par la RN 85, selon un axe est-ouest. Cette voie routière importante permet de relier les agglomérations de Grenoble et de Gap. Elle est également connue sous le nom historique et touristique de Route Napoléon.

La RD212c permet de rejoindre le site de Notre-Dame de La Salette, et la RD517 la station de sports d’hiver de SuperDévoluy (commune de Dévoluy).

Urbanisme Typologie Au , Corps est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (69,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (69,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (18,5 %), zones agricoles hétérogènes (10,8 %), prairies (9 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (8,7 %), zones urbanisées (2,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques naturels et technologiques Risques sismiques

L'ensemble du territoire de la commune de Corps est situé en zone de sismicité , dite « modérée » (sur une échelle de 1 à 5), comme la plupart des communes de son secteur géographique. Elle se situe cependant au sud de la limite d'une zone sismique classifiée de « moyenne »Site de la préfecture de l'Isère, carte des zones de sismicité. +Terminologie des zones sismiquesArrêté du relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 3Sismicité modérée accélération =

Autres risques

Toponymie Le nom de la commune serait issu de « Campus Corvus », le « camp du Corbeau », situé à la rencontre de deux voies romaines. Une autre hypothèse évoque également un lien possible avec la tribu gauloise des Tricorii (ou Tricores), peuple celto-ligure installé au cœur des AlpesSite http://jc-michel.fr/, chapitre sur Corps..

Histoire

Les plus anciennes traces d'occupation humaine du pays de Corps remontent à quelque avant notre ère. Il s'agissait probablement de groupes altaïques venus d'Asie centrale, qui auraient apporté dans leur vocabulaire des racines comme 'alp' (alpage), 'ar' (rivière, d'où dérive le nom du Drac), et 'bal' (montagne, d'où dérive le nom du Beaumont). Vers -800, un habitat ligure important existait à quelques kilomètres en aval de Corps, sur l'actuelle commune de Quet-en-Beaumont. Aux environs de -300, quelques Celtes arrivés des Alpes suisses se mêlèrent aux Ligures locaux, et formèrent le « peuple des trois enseignes », ou Tricorii, dont le nom a donné celui de TrièvesJean Gueydan, Les seigneurs du Beaumont, éd. du Cosmogone, Lyon, 2003, , pages 32 à 35..

Après la défaite d'Hannibal par les Romains, ceux-ci entreprirent de contrôler l'au-delà des Alpes. En -151, le Beaumont, comme toute la région, était soumis. Mais aucune civitas n'était établie en Beaumont. Une voie romaine, d'importance secondaire, reliait la vallée de la Durance à Cularo (Grenoble) en passant par le Champsaur et le Beaumont. Il semblerait que ce soit à l'emplacement de l'ancien hameau de Saint-Brême, aujourd'hui noyé sous les eaux du lac du Sautet, que se situait le lieu dénommé Geminae sur la carte de Peutinger, embranchement d'une voie se dirigeant vers Mens. Là serait né le premier village du pays de Corps, les vestiges trouvés ailleurs n'étant liés qu'à de petites villae agricolesJean Gueydan, Les seigneurs du Beaumont, pages 40 & 141..

À partir de l'an 1202, une famille Alleman possédait en alleu, c'est-à-dire sans suzerain autre que l'empereur du Saint-Empire, une maison forte à Corps. En 1247, l'empereur cède au Dauphin de Viennois le « haut-domaine », c'est-à-dire la juridiction majeure, sur ses alleus en Beaumont. Celui-ci ne se privera pas d'en profiter pour s'approprier les biens de ses sujets.

En 1250 est créé le mandement de Corps, comprenant, sur la rive droite du Drac : Corps, Saint-Bénigne (Saint-Brême), Saint-Jean des Vertus (les Côtes-de-Corps), la Salette (sans les Fallavaux) et Saint-Julien (lieudit aujourd'hui disparu), et sur la rive gauche : Pellafol, Beaufin, Ambel et le Monestier d'Ambel, qui formeront bientôt deux mandements distinctsid., pages 141.. Cependant aucun châtelain n'est connu avant 1309.

En 1321, le régent Henri octroie au bourg de Corps des chartes de franchise municipales et individuelles, confirmées en 1324 par Béatrix de Hongrie, mère du Dauphinid., page 143.. À partir de 1349, Corps est l'une des châtellenies sur lesquelles repose la rente octroyée à Humbert II de Viennois, qui a vendu ses possessions au roi de Franceid., pages 129 & 130.. En 1374, Reynaud II Raymond, coseigneur de Sigottier, Furmeyer et autres lieux, achète la maison-forte de Corps et ses terres à Guigues III Alleman. Son fils Henri II Raymond en devient seigneur en 1406id., pages 384 & 385..

Dans la première moitié du , le dauphin Louis II, futur roi de France sous le nom de Louis XI, fait régulièrement étape à Corps en se rendant à Montorcier en Champsaur.

Durant les Guerres de religion, Corps, fidèle à la foi catholique, est pris et repris plusieurs fois par les armées adverses, et finalement ruiné en 1577. Par la suite, et à deux reprises, la seigneurie tombe en main-morte et est reprise par le Roi. En 1781, les habitants de Corps purent se plaindre d'un préjudice dû à l'absence de seigneurid., pages 144 à 146..

Napoléon fit étape à Corps et passe la nuit du 6 au 7 mars 1815 à l'hôtel du Palais, au retour de l'Ile d'Elbe. Tous les ans à la Pentecôte, Corps fête cet événement sous l'intitulé « Aventurier à Corps, Prince à Grenoble ». Le 19 septembre 1846, la Vierge Marie serait apparue à deux enfants de Corps, Maximin Giraud et Mélanie Calvat, dans la montagne au-dessus du village de La Salette. L'apparition mariale ayant été reconnues par l'Église catholique, un pèlerinage s'est développé vers le sanctuaire de La Salette.

Entre 1930 et 1935, la construction du barrage du Sautet provoque un afflux de travailleurs étrangers, d'où un développement économique important pour le bourg jusqu'ici resté exclusivement agricole. En 1932, la ligne de chemin de fer de la Mure est prolongée jusqu'à Corps, établissant une liaison depuis Grenoble. Elle eut un relatif succès, notamment pour les pèlerins de la Salette, mais, les autocars donnant bientôt un accès direct au sanctuaire, et faute d'achèvement de la liaison vers Gap, la ligne périclita, le service fut interrompu en 1949, et la ligne définitivement abandonnée en 1952.

La prise de Corps par les Réformés

Un récit plus ou moins légendaire évoque le faitGabrielle Sentis, La légende dorée du Dauphiné, éditions Didier-Richard, Grenoble, 1984 . que, les troupes protestantes étant inférieures en nombre aux défenseurs de la ville, un des lieutenants de Lesdiguières alla dans la nuit attacher des lanternes aux cous des bêtes d'un troupeau qu'il dirigea ensuite vers la ville. Les habitants, impressionnés par cette attaque hardie, se rendirent sans combattre.

Les débuts de l'école de Corps Le , monsieur Jean-Claude Neyret de Mens est nommé instituteur à Corps. Les classes s’ouvrent en été à 5 h du matin jusqu’à 11 h et de 13 h à 20 h, soit de classe par jour.