est le troisième album studio du groupe britannique de rock progressif Van der Graaf Generator. Il est sorti en 1970 sur le label Charisma Records.

Enregistré de manière sporadique au cours de la deuxième moitié de l'année 1970, il est marqué par le départ du bassiste , qui réduit le groupe à un quatuor. Parmi les cinq morceaux qui le constituent, certains abordent des thèmes comme l'amour perdu ou la solitude tandis que d'autres racontent l'histoire d'un requin tueur ou d'astronautes perdus dans l'espace-temps , reflétant l'intérêt du chanteur et parolier Peter Hammill pour la science-fiction.

À sa sortie, connaît un succès moindre que son prédécesseur malgré de bonnes critiques dans la presse musicale britannique. Il est considéré a posteriori comme l'un des meilleurs albums de Van der Graaf Generator et du genre rock progressif en général.

Histoire

Contexte

Van der Graaf Generator connaît un certain succès critique et commercial en Europe avec son deuxième album studio, , sorti en . Le projet suivant du quintette est une bande originale pour le film Les Inconnus de Malte, mais la musique qu'ils proposent, jugée trop sinistre, est rejetée.

Le groupe commence à se bâtir une réputation sur scène au cours de l'année 1970, mais il s'attire une critique incendiaire de Chris Welch dans pour son concert au Royal Festival Hall au mois de juin. L'écriture de nouveaux morceaux pour un nouvel album démarre vers la même période.

Enregistrement

vignette|redresse|gauche|Robert Fripp en 1974.|alt=Photo d'un homme muni d'une guitare parlant dans un micro

En raison de son programme de concerts chargé, le groupe ne peut travailler sur son nouvel album que par intermittence entre juin et . Comme le précédent, il est enregistré aux studios Trident de Londres avec le producteur , qui a développé une bonne relation de travail avec les cinq musiciens. Dans l'ensemble, les musiciens passent de bons moments dans le studio, même si leurs chansons abordent des sujets sombres, et ils s'amusent beaucoup à expérimenter avec leurs instruments.

Peter Hammill souhaite faire appel au guitariste de King Crimson Robert Fripp pour la chanson . Fripp, qui n'a jamais endossé le rôle de musicien de studio jusqu'alors, se laisse convaincre par John Anthony, d'autant plus facilement qu'il a bien aimé . Il enregistre deux versions de sa partie de guitare sans jamais avoir entendu le morceau auparavant, et ces deux versions sont mélangées sur l'enregistrement final. Fripp travaille à nouveau avec Van der Graaf Generator en 1971 sur leur album suivant, .

Pendant l'été, Van der Graaf Generator participe à une série de festivals, ce qui interrompt l'avancement de l'album. En juillet, ils se produisent ainsi à Munich et à Aix-la-Chapelle avec Deep Purple, Pink Floyd, Black Sabbath et Fairport Convention. En août, ils jouent au festival de Plumpton et participent à l'émission de radio , durant laquelle ils interprètent , un morceau prévu pour leur nouvel album.

Le bassiste annonce son départ juste après le concert de Plumpton. Le nouveau disque n'est pas encore terminé et Potter n'apparaît que sur trois morceaux : , et . Pour le remplacer, le groupe auditionne au pied levé Dave Anderson, un roadie de Brinsley Schwarz qui fait partie de leurs connaissances, mais il ne se mêle pas bien au son de Van der Graaf Generator. L'organiste Hugh Banton propose à la place d'assurer lui-même le rôle de bassiste, non seulement en jouant de cet instrument, mais aussi en se munissant d'un pédalier. Il fait l'acquisition d'un orgue Hammond en plus de son Farfisa habituel, tandis qu'Anderson devient quant à lui simple roadie du groupe. Le saxophoniste David Jackson commence de son côté à expérimenter avec les versions électriques de son instrument et avec les boîtes d'effets comme le wah-wah.

Parution et accueil

est publié en au Royaume-Uni par le label Charisma Records. Son titre fait référence à la formation de noyaux d'hélium (He) à partir de noyaux d'hydrogène (H) par fusion nucléaire dans le cœur des étoiles. Il séduit moins le public que et n'entre pas au classement britannique des meilleures ventes d'albums. Charisma souhaiterait publier en single, comme l'avait été au début de l'année, mais les musiciens refusent, craignant que Van der Graaf Generator soit catalogué comme un groupe de hard rock. Ils ressentent une forme de conflit d'intérêts dans le fait que leur imprésario, Tony Stratton-Smith, n'est autre que le propriétaire de Charisma Records. Bien qu'elle ne soit pas éditée en single, devient rapidement l'un des morceaux les plus populaires du groupe sur scène..

Pour promouvoir , Stratton-Smith organise une tournée en Angleterre en janvier et avec Van der Graaf Generator, Genesis et Lindisfarne. Le groupe de Peter Hammill ayant été le premier à signer chez Charisma, il est la tête d'affiche de ce « Six Bob Tour » (en référence au prix des billets, six shillings). Les concerts rencontrent un grand succès auprès du public et des dates supplémentaires sont organisées en avril.

Dans l'ensemble, la presse musicale britannique réserve un accueil favorable à l'album. Si juge le son du groupe « reconnaissable, mais un peu ennuyeux », applaudit « le brio des chansons », apprécie le saxophone de Jackson et estime que Van der Graaf Generator est l'un des groupes qui a le plus de chances d'exploser en 1971.

Postérité

Les critiques rétrospectives de le classent parmi les meilleurs albums de Van der Graaf Generator et les meilleurs albums de rock progressif, à l'image du classement établi par le magazine en 2000. Plusieurs musiciens professionnels, comme le chanteur de Iron Maiden Bruce Dickinson ou le guitariste de Blur Graham Coxon, ont exprimé leur admiration pour ce disque.

Caractéristiques artistiques

Paroles et musique

vignette|redresse|gauche|Le titre de l'album fait référence au processus de fusion nucléaire.|alt=Schéma d'une réaction de fusion produisant un atome d'hélium à partir de deux atomes d'hydrogène

La première chanson de l'album, , est aussi la première à avoir été enregistrée. Elle est issue de la combinaison de plusieurs fragments d'autres chansons. La structure de base provient d'un morceau écrit par Peter Hammill en 1968, mais elle reprend aussi des éléments de (), morceau écrit par (un membre fondateur de Van der Graaf Generator qui a quitté le groupe en 1968), et un riff de rock écrit par Hugh Banton en s'inspirant de , un single du groupe de pop The Move. Les paroles s'adressent à un requin qui vit seul au fond de l'océan et tue tous les poissons qui s'approchent de lui.

Suit la ballade , dernière chanson écrite pour l'album. Son narrateur éprouve des difficultés à nouer des relations avec les autres. Hammill réutilise la métaphore de la maison par la suite dans sa carrière solo. , qui conclut la première face du 33 tours original, raconte l'histoire d'un tyran tourmenté par les fantômes des gens qu'il a soumis à la torture. Elle combine une introduction et une conclusion sombres avec une section centrale plus rock, propulsée par sa ligne de basse. , morceau d'ouverture de la deuxième face, est une chanson d'amour, thème rarement abordé par Van der Graaf Generator. Sa structure de base est développée par les membres du groupe, chacun apportant une section instrumentale.

La suite finale, , est coécrite par Hammill avec le saxophoniste David Jackson. Elle est enregistrée en plusieurs morceaux qui sont assemblés dans un second temps, ce qui la rend impossible à jouer sur scène. Elle raconte l'histoire d'un groupe d'astonautes qui parviennent à atteindre une vitesse supraluminique (le du titre désignant la vitesse de la lumière). Piégés dans une situation où le temps s'écoule de manière non-linéaire, ils sont incapables de rentrer sur Terre. Tous les membres du groupe contribuent aux arrangements pour exprimer musicalement les sentiments d'isolation et de peur des paroles, à l'image de l'oscillateur dont Hugh Banton se sert comme d'un instrument.

Pochette et photographie

La pochette est l'œuvre du peintre Paul Whitehead. Il s'agit d'une toile achevée avant l'album intitulée « » qui représente un rayon de lumière frappant la ville de Londres, en référence à sa naissance. Whitehead est également responsable de l'illustration de la pochette intérieure, « », qui représente une galaxie et deux mains gigantesques. Il travaille à nouveau avec Van der Graaf Generator sur leur album suivant, , ainsi que pour d'autres artistes de Charisma Records.

Fiche technique

Titres

a été réédité en 2005 avec deux titres bonus :

Musiciens

Van der Graaf Generator

Peter Hammill : chant, guitare acoustique ; piano sur David Jackson : saxophone ténor, saxophone alto, saxophone baryton, flûte, chœurs Hugh Banton : orgue Hammond, orgue Farfisa, piano, oscillateur, chœurs ; basse sur et Guy Evans : batterie, tympanon, percussions : basse sur , et les deux versions de

Musicien supplémentaire

Robert Fripp : guitare électrique sur

Équipe de production

: production Robin Cable : ingénieur du son David Hentschel : ingénieur du son assistant Paul Whitehead : pochette

Références

Bibliographie

. .

Liens externes

Catégorie:Album de Van der Graaf Generator Catégorie:Album musical sorti en 1970 Catégorie:Album publié par Charisma Records Catégorie:Album publié par Dunhill Records Catégorie:Album publié par Philips Records Catégorie:Album produit par John Anthony Catégorie:Album enregistré aux studios Trident