Albert Peyriguère (Trébons, 1883 - Casablanca, 1959) est un prêtre catholique français qui fut ermite au MarocPrésentation sur le site du diocèse de Rabat.
Biographie Né à Trébons (Hautes-Pyrénées) près de Lourdes le dans une famille d’artisans qui s’installa ensuite à Talence, Albert Peyriguère fait des études à Bordeaux, puis est ordonné prêtre en 1906 et devient professeur au Petit Séminaire. Il fait des retraites dans les monastères, trappe et chartreuse (Chartreuse de La Valsainte, Sainte-Marie-du-Désert).
Il devient brancardier pendant la guerre de 1914-1918, où sa conduite héroïque lui vaut une médaille militaire, et la croix de guerre mais aussi une très grave blessure à la mâchoire. Parti en Tunisie pour sa convalescence, il est alors aumônier d’un pensionnat de garçons et curé d’Hammamet et Nabeul. Il découvre les musulmans et l'Islam et lit alors la biographie de Charles de Foucauld, écrite par René Bazin en 1921. Enthousiaste et illuminé par cet écrit, il décide de consacrer toute sa vie à l'idéal du Père de Foucauld, dont il sera un des tout premiers disciples avec Charles Henrion et Charles-André Poissonnier. Il porte alors le burnous orné du Sacré-Cœur sur la poitrine du Père de Foucauld.
. vignette|gauche|Vue générale d'El Kbab en 2006. Avec un autre prêtre, en 1926, il essaie de vivre à la manière de Charles de Foucauld près de Ghardaïa (en Algérie). Il cherche sa voie, en Tunisie, au Sud-algérien, puis au Maroc. A son époque, le Père de Foucauld célèbre en effet souvent la messe en songeant au Maroc, pays parcouru avec le rabbin Mardochée Aby Serour avant sa conversion, pays qu'il aime beaucoup et où il n'y a alors pas de prêtre. Albert Peyriguère est envoyé par son évêque soigner les malades du typhus à Taroudant. Le médecin et un frère franciscain meurent et lui tombe malade : il est transporté à Mogador (Essaouira). C’est au cours de sa convalescence qu'il découvre en accompagnant son évêque en tournée, un village du Moyen-Atlas, à de Khénifra, El Kbab, et s'installe dans une petite maison en pisé, avec chambre d'hôtes, chapelle qu'il construit et cellule comme le Père Poissonnier ; là il accueille et soigne inlassablement les BerbèresIl soigne sans interruption de 8 h 15 à 17 h. dans un dispensaire. Il soigne et habille tous les enfants, accueille les indigents et les miséreuxLire Père Peyriguère : Revue Études ..
Il devient ethnologue (il a appris le berbère à Marrakech) et un spécialiste de la langue et de la culture berbères, en particulier des Aït Oumalou, recueillant comme Charles de Foucauld contes, récits, poésies, chansonsAinsi ce chant timawayin, recueilli en 1929 : in : Michael Peyron's working papers : Part VI Aspects of Berber oral Littérature … « A lqbab, li ger teddu diwt, lan digs lanfao / d-irumin d-widayn gas ayt ibernusn ayd ssaran y tindar n -issant » O El Kebab où accourait la foule, il n'y a chez elle que des canons/ Roumis et Juifs, rien que des types au burnous, qui souillent la demeure des héros ! (Jeannine DROUIN 133)..
Il écrit beaucoup, une abondante correspondance, publiée en partie après sa mort sous le titre Laissez-vous saisir par le Christ (lettres à une religieuse). Il publie des articles comme Recherches sur la vraie pensée du Père de Foucauld, et dans le journal le Maroc Catholique sous le pseudonyme de Paul Hector. Il fait aussi des conférences tout en gardant une vie contemplative, fondée sur l'adoration souvent nocturne, du Saint Sacrement :
Il nourrit notamment sa spiritualité d'Élisabeth de la Trinité, carmélite, et de saint Paul (un livre sur Saint Paul du Père Prat Ferdinand Prat La Théologie de Saint Paul.) mais lit aussi pendant trente cinq ans les écrits du Père Lagrange - en particulier son Commentaires des ÉvangilesPère Lagrange, Evangile selon Saint Matthieu .. Il s'agit pour lui de faire « l'Expérience de la Présence ». Il mène dans son « trou de chacal » une vie ascétique dormant sur une planche et mangeant très pauvrement, travaillant beaucoup, sans souci des puces et des punaises avec lesquelles il doit cohabiter. Il reçoit la visite du futur Cardinal Journet.
Il écrit trois ans avant sa mort : Il lui parait important de ne se réclamer d'aucun groupe mais de rester seul. Il sent l'idéal du Père de Foucauld menacé. Il considère aussi la présence de la France au Maroc comme une faute grave, écrit des lettres, dénonce les exactions françaises, envoie des lettres aux intellectuels français, (il est alors invité à une réunion à Paris, présidée par François MauriacClaire Guyot, Entre morale et politique. Le centre catholique des intellectuels français face à la décolonisation, 1952-1966.) et passe pour un communiste et un révolutionnaire auprès des autorités françaises du Maroc et de l'armée. Lorsque le Maroc sera indépendant en 1956,le prince héritier Moulay Hassan, de passage à El Kbab, lui dira : « Mon père et moi, nous savons tout ce que vous avez fait et tout ce que vous faites ! »Père Peyriguère et l'indépendance du Maroc. Michel Lafon..
À la fin de sa vie, il échange à de nombreuses reprises avec Sr Odette Prévost, alors jeune religieuse, et qui sera béatifiée comme martyre en 2018. Il meurt à l'hôpital de Casablanca le à . Il est enterré à El Kbab. Un de ses disciples, le Père Michel Lafon vient habiter l'ermitage dès 1959Sur le Père Michel Lafon Entretien avec le père Michel Lafon page 1O.
Lors de ses obsèques un jeune berbère lit ce poème d'adieu :
Le , les reliques du Père Peyriguère ont été transférées d’El Kbab (province de Khénifra), où il avait été inhumé, à l'abbaye Notre-Dame de l'Atlas.
Écrits Laissez-Vous saisir par le Christ, Le Centurion, 1962 (réédition, Seuil, 1981) Par les chemins que Dieu choisit. Écrits spirituels, Le Centurion, 1965 Le Temps de Nazareth. Mystique D'Une vocation, Seuil, 1964 Une Vie qui crie L'Évangile. Lettres de 1920-1935, Centurion, 1967 Voice from the Desert, Sheed & Ward, New York, 1967 Aussi loin que l’Amour - Lettres du Maroc (1933-1957), Cerf, 1970 Missionnaires avec le père de Foucauld : testament spirituel du père Peyriguère Dictionnaire Psychologie linguistique berbère. In Compte rendu Des Conférences de l'année 1930, 27-32. PubLg: Grench. Cat: historical linguistics, 1930.
Notes et références
Annexes Articles connexes Charles de Foucauld Charles-André Poissonnier
Bibliographie , Bibliographie du Père Peyriguère, Michel Lafon Michel Lafon, Le Père Peyriguère Seuil – 1963 Michel Lafon, Albert Peyriguère, disciple de Charles de Foucauld Sarment, Fayard (Paris) 1993. Michel Lafon, La jeune carmélite et le vieux marabout, Carmel Venasque 1981, , G. Gorree, Au-delà du Père De Foucauld, Le Père Peyriguère, Centurion, 1961 G. Gorree et G. Chauvel, Albert Peyriguère. Vie et spiritualité Tours. Mame. 1968. In-12°. L'ermite d'El Kbab, vivra jusqu'en 1959 dans le sillage de Charles de Foucaud. Recherches sur Albert Peyriguère, écrivain. 2 tomes. Albert Peyriguère : l’apôtre sous le gourbi. Ébauches et Fragments. Manuscrit inédit d’Albert Peyriguère (Édition posthume), Boucrot, Marc Pro manuscripto, Bordeaux, 1985. M Boucrot, Peyriguère (Albert) Biographie (1883-1959), œuvres scientifique et théologique Catholicisme, Hier, Aujourd'hui, Demain, 1986, , , (1/4 p.).
Liens externes Diaporama de 58 pages et photographies Dieu parmi nous. Émission radio, conférence Sœurs de la Consolation du Sacré-Cœur et Accueil du Père Albert Peyriguère (1883-1959) à Notre-Dame de l’Atlas
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