Amblie est une ancienne commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie et à l'extrémité nord-est du Bessin. Devenue le commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Ponts sur Seulles, elle est définitivement supprimée en comme les autres communes déléguées de Ponts sur Seulles.
Géographie Amblie se trouve à des plages du débarquement, à mi-chemin entre Bayeux () et Caen () et à de Ouistreham, « la porte vers l'Angleterre ». Elle est située au beau milieu de deux vallées, celles de la Thue et de la Seulles, non loin de la plaine de Caen.
Ses plaines alluviales (prés et marais), ses légers coteaux, et sa plaine agricole, lui confèrent une riche production agricole.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Amblida en 1080. L'origine est obscure. Albert Dauzat évoque les hypothèses du latin amalocia/amalusta, « camomille », suffixé de -etum, ou de l'anthroponyme germanique Amalo. D'après M. de BeaurepaireCahier Léopold Delisle, 1959, p. 51., Amblie viendrait d'un nom roman Ambleta issu du gaulois Aballos ou Amballos qui signifie « pommier », auquel est adjoint le suffixe -etum pour qualifier un lieu : « Amblie, le lieu où il y a des pommiers ».
Le gentilé est Ambliais ou Ambligeois.
Histoire Les origines de ce petit village, situé sur la route des moulins, sont incertaines. La présence de l'homme y est cependant ancienne, comme en témoignent des traces humaines remontant à l'Antiquité. Durant plusieurs siècles, le territoire est attaché à la noblesse française à travers deux familles, dont sont issus notamment Achard de Bonvouloir et le comte du Buisson de Courson.
L'activité textile est développée au siècle, employant en majorité des femmes. Des moulins à eau établis au bord de la Thue, qui fonctionnent encore jusqu'en 1945, traitent ainsi les fils textiles mais également le grain. Le village, comme tant d'autres, subit de plein fouet la dépopulation dès le début du siècle. Après la Première Guerre mondiale, des paysans belges s'installent sur le territoire. Épargnée pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que très proche des plages du débarquement, la ville apporte son aide à Caen accueillant dans un centre de réfugiés et de blessés des milliers de sinistrés. Intégrée dans la sphère d'influence caennaise, la commune subit une fois encore l'exode rural vers la grande ville.
Le , le Red Ensign canadien flotte sur le quartier-général de la Première Armée canadienne près d'Amblie. Pour la première fois dans l'histoire, les forces armées canadiennes se battent sous leurs propres couleurs.
Cette cérémonie est présentée au Centre Juno Beach ainsi que sur cette page où est aussi présenté le drapeau : le Red Ensign canadien comporte, sur le côté gauche, l'Union Flag ou Union Jack, drapeau du Royaume-Uni formé de la superposition des croix de saint Georges, saint Patrick et saint André. Il est frappé de l'écu des armoiries canadiennes, créées par le roi George en 1924. Le Red Ensign demeure le drapeau national du Canada jusqu'en 1965. Il est alors remplacé par l'unifolié rouge et blancPhoto de la cérémonie du 29 juin 1944.
Le , Amblie intègre avec deux autres communes la commune de Ponts sur Seulles. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes d'Amblie, Lantheuil et Tierceville deviennent des communes déléguées et Lantheuil est le chef-lieu de la commune nouvelle. Le , le conseil municipal vote la suppression des communes déléguées à partir du , page 6..
Politique et administration
Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et trois adjoints. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Ponts sur Seulles le jusqu'en 2020 et Yves Beaudoin devient maire délégué.
Démographie
Amblie a compté jusqu'à en 1806.
Économie
Lieux et monuments Monuments historiques L'église Saint-Pierre porte les marques de nombreux remaniements. La nef romane du , comme en témoignent les godrons, a conservé un seul bas-côté. La façade occidentale est refaite au . Au , une tour a remplacé un clocheton du , établi sur l'arcade séparant le chœur de la nef. Le chœur vouté primitif a été retravaillé en partie et une chapelle latérale a été retranchée. Seules, les cinq arcades ouvrant sur le bas-côté nord sont romanes. Certaines sculptures aux figures fantaisistes, telle une grosse tête d'homme ou des personnages mordus par des animaux mystérieux, relèvent davantage de plaisanteries d'atelier que de style roman typique. Au sujet du portail, il serait du , il est percé sur la façade occidentale, et entouré d'un tore orné d'anneaux. La présence de ce motif est rare, ne figurant qu'en très peu d'endroits en France. Le portail occidental a été classé monument historique par arrêté du et le reste de l'église a été inscrite par arrêté du . Des bénévoles de l'association Chantiers Histoire et Architecture Médiévales participèrent entre 1999 et 2001 à la restauration du cimetière et des escaliers menant à l'église. Le château des Planches date de 1785. Au , le domaine appartient à la famille des Planches. En 1738, il passe par mariage aux du Buisson de Courson. De 1785 à 1789, cette année étant inscrite sur une souche de cheminée, Nicolas du Buisson de Courson fait construire ce château à la place d'une construction vétuste. Décorée sobrement, la nouvelle demeure est composée d'un corps de bâtiment central couronné d'un fronton triangulaire sur chacune des façades et flanqué de deux pavillons. Il a été inscrit par arrêté du .
Autres sites et monuments Le château de la famille Achard de Bonvouloir. Corps principal 1792 et milieu , calcaire de Creully ; la propriété appartient à des descendants d'Achard, l'un des compagnons de Guillaume le Conquérant durant la bataille d'Hastings. Le château, entouré d'un grand parc, est composé d'un pavillon central surmonté d'un fronton triangulaire et flanqué de deux avant corps. Durant la Seconde Guerre mondiale, un camp destiné à accueillir les milliers de sinistrés et de blessés de la ville de Caen est installé dans le bâtiment. Les fermes fortifiées : La ferme du Bourg, dit « des Fiquet » de style . Cette ferme a été très largement remaniée aux . La ferme anciennement Levallois des , , est une ferme typique du Bessin avec sa cour fermée, son pigeonnier, ses écuries, sa boulangerie, son grenier à blé, ses charretteries, ses deux porches de 1739 pour le porche principal et 1710 pour le porche qui menait anciennement aux champs face au château de Bonvouloir ; sur le corps d'habitation des traces d'architecture tels que deux lavabos « puisette » de style et son pignon occidental, et sa tour à escalier à vis typique du Moyen Âge abritait naguère un logis seigneurial très remanié au siècle. Au nord du corps d'habitation se jettent la Thue et la Seulles, tout près du moulin de la Porte qui possédait deux roues. Ce moulin abrita durant le débarquement le quartier général de la canadienne commandée par le général Harry Crerar. La ferme du château siècle, « ferme des Fiquet Vallerande ». Une curiosité architecturale pour la région car de style Maine Anjou. Les différents moulins de la commune (sans roue). Situé sur la route des moulins, le village disposait au d'une dizaine de moulins repartis sur la Thue. Ces établissements jouent un rôle important dans l'industrie, abritant des minoteries dans cette région essentiellement céréalière, ou foulant les textiles, comme à Cully. La vallée de la Seulles et de la Thue (les deux rivières bordant la commune). Le Jardin Nature des Marettes, jardin associatif pédagogique à vocation potagère. Le vieux pressoir dans le domaine du château de la famille de Bonvouloir. Bâtisse de style moyenâgeuse, datant approximativement des et s peut-être même antérieur, fut à une certaine période le pressoir du village, on peut encore y apercevoir son tour à cidre et son pressoir. Le vieux pont piétonnier (1743), en calcaire de Creully (300 × 200 × 400), Situé après le dernier moulin d'Amblie, ce pont enjambe la Seulles. Le second bras de la rivière est franchi par une passerelle. Le pont était emprunté par les vaches allant paître de l'autre côté de la rivière. Délabré par cet usage, il a été restauré après l'aménagement d'un gué en aval, destiné au passage du bétail. La carrière de pierre d'Orival (époque mérovingienne). De cette carrière, exploitée à ciel ouvert, est extraite la pierre appelée localement « carreau d'Orival » ou « pierre de Creully », calcaire oolithique à un grain plus gros et est donc plus résistante au gel que celle de Caen. Dès l'époque mérovingienne, l'exploitation de la carrière constitue un pôle économique important pour plusieurs communes. Des traces d'anciens fours à chaux en sont un témoignage. Aux , le carreau d'Orival est employé dans la construction de monuments tels que la cathédrale de Bayeux. Ces carrières sont mentionnées pour la première fois en 1692 dans les fermages de l'abbaye de Fécamp. Dès le , la pierre, toujours extraite au début du , est exportée à de grandes distances. Le site est classé et constitue la réserve naturelle régionale des anciennes carrières d'Orival. Le menhir des Planches.
Activité et manifestations
Personnalités liées à la commune Harry Crerar (1888-1965), général canadien et « commandant des armées de terre » du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fit son quartier général à Amblie le .
Notes et références Notes
Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2014 (site de l'IGN, téléchargement du mars 2015)
Voir aussi Articles connexes Liste des anciennes communes du Calvados
Liens externes
Site communal Résumé statistique d'Amblie sur le site de l'Insee Inventaire des archives communales sur le site des Archives départementales du Calvados
Catégorie:Ancienne commune dans le Calvados Catégorie:Commune déléguée dans le Calvados Catégorie:Portail:Bessin/Articles liés