Le comté de Sponheim (en ) est un ancien État du Saint-Empire romain germanique, située dans la région du Hunsrück, aujourd'hui en Rhénanie-Palatinat, (Allemagne). Fondé au début du , ce territoire immédiat a existé jusqu'à l'annexion française en 1798, après la guerre de la Première Coalition.

Territoire vignette|gauche|Le Hunsrück (Hundesrucha) à la frontière entre la Lotharingie et la Franconie occidentale vers l'an mil. Le comté s'étendait dans la région frontalière de la Rhénanie avec le Palatinat et la Hesse rhénane au sud-est, le Rhin à l'est, la Moselle puis le Bedgau (Bitburg, amorce l'Eifel et le comté d'Ardenne, à l'ouest ; le Hunsrück au nord (chaîne qui commence à l'orient de la Moselle et se prolonge au sud de Trarbach et Zelle, et qui confine au nord-est avec le Trachgau, ce dernier occupant l'angle sud entre Rhin et Moselle inférieure : région de Trechtingshausen et Kastellaun) ; et au sud l'ancien district de Nahegau.

Ses bornes étaient autrefois beaucoup plus reculées qu'elles ne le sont devenues ensuite, puisque ses anciens comtes étendaient leur domination ou du moins leur influence depuis la Moselle, par la Westrich et le Nahegau, jusque dans le Speiergau (Spire), le Wormsgau (Worms), et même dans la Basse-Alsace ou l'Alsace bossue. Les principautés voisines étaient les archevêchés de Trèves et de Mayence, le Palatinat du Rhin, le Nahegau et le Rheingau des Wild-, Rau- et Rhingraves.

Ce comté est traditionnellement divisé en deux parties : la part antérieure, en amont selon le confluent des rivières avec le Rhin, proprement nommée de Sponheim – et Burgsponheim – à l'ouest de Bad Kreuznach, ou Bas-Sponheim, entre la Nahe (avec sa rive gauche au niveau de Kreuznach et Sponheim) et le Rhin (le qualificatif Bas indique le relief, qui rejoint vite la plaine du Rhin s'avançant vers Mayence : à Sponheim et à Bad-Kreuznach), et la part ultérieure ou d'aval, appelée de Starkenbourg, au nord de Bernkastel, ou Haut-Sponheim, sur la Moselle, d'altitude un peu plus élevée dans ses zones les plus hautes ( à Birkenfeld).

Ces deux parties sont séparées par la forêt appelée Saau-Wald (Soon-Wald, au sud du Trachgau et de Simmern, dans le prolongement nord-est du Hunsrück), qui leur sert de lisière. Mais les limites n'étaient pas nettes, une branche de la famille pouvant posséder des biens situés chez l'autre : ainsi le comté ultérieur détenait le bailliage de Winterburg, qui est placé vers Kreuznach et qui doit donc appartenir originellement au comté antérieur ; et ce dernier possédait le bailliage de Kirchberg qui appartient proprement au comté ultérieur.

Origines du titre

Branche aînée Les comtes de la maison de Sponheim (ou Spanheim, Spanheym, Spœnhein, Spanhem, &c.) apparaissent au avec Siegfried († 1065), qui participa à l'expédition punitive de l'empereur Conrad II le Salique contre le duc Adalbéron de Carinthie en 1035. Son père Eberhard († vers 1044) est possiblement lié aux descendants d'Aribo , comtes palatins de Bavière.

Une fois arrivé dans le sud-est de l'Empire, Siegfried épousa Richarde/Richgard, la fille héritière d'un : Engelbert IV († 1040), comte bavarois de Pustertal (cf. le val Pusteria) en Tyrol, avoué des évêques de Brixen – et de Lavanttal en Carinthie. Par son père, Richarde était apparentée aux Eppenstein de Styrie, ducs de Carinthie depuis 1012. La mère de Richarde, Liutgart, était probablement une fille de , comte de Frioul et d'Istrie.

Siegfried de Sponheim est nommé margrave à la frontière hongroise par l'empereur Henri III vers 1045, il fut également comte en Pustertal et en Lavanttal. Son fils, le comte Engelbert/Engelbrecht († 1096), lui succède : il est le père d'Henri IV († 1123) qui a finalement été inféodé avec le duché de Carinthie et la marche de Vérone en 1122, suivi par son frère cadet Engelbert II, marquis d'Istrie et de Carniole (et père, entre autres enfants, d'Ida de Sponheim, l'épouse de Guillaume III de Nevers). vignette|Les ruines du château de Sponheim (1834). La branche aînée des Sponheim, ducs de Carinthie, va se poursuivre, mais le comté rhénan de Sponheim passe alors à une branche cadette, avec le comte Étienne, un personnage mal connu et aux origines discutées. D'abord, il semble exister deux comtes, et Étienne II, le père et le fils, mais certains auteurs considèrent qu'ils ne font qu'un. S'ils sont bien deux, Étienne meurt vers 1080 et Étienne II décède vers 1101/1118, et le champ chronologique est vaste : Étienne peut naître entre 1010 et 1050, Étienne II entre 1150 et 1190 ! S'il n'y a qu'un seul Étienne, ce serait Étienne (II). En tout cas, s'ouvrent bien des hypothèses pour la filiation : quel serait donc le père d'Étienne ?

On a proposé un comte Eberhard (II) (Everard, Evrard) , qualifié de comte de Naumbourg – du nom du château de Neuenbourg ou sur la Nahe à Bärenbach – et qui vivait encore vers 1063/1065. Il fonda en 1044 une église sur la colline du Feldberg à Sponheim, qu'Étienne II transforma en abbaye bénédictine en 1101 : ce qui persuada qu'Eberhard était le premier comte de Sponheim dont il reste un monument (témoignage) sûr. Mais tout cela est mis en cause, même sa fondation ; surtout, on ne sait trop comment rattacher Eberhard à la branche aînée (ducale). Il est parfois dit fils d'une comtesse Hedwig (la bru du comte Siegfried ci-dessus, épouse d'Engelbert , porte ce nom et c'est peut-être une Billung de Saxe, fille de Bernard II : Eberhard (II) serait-il un frère ou un demi-frère utérin du duc Henri IV de Carinthie ? ; son fils serait alors un seul Étienne ; on ne peut rien affirmer, la mère supposée d'Eberhard (II) reste en fait une inconnue). Ou bien Eberhard (II) serait un frère cadet de Siegfried, et donc un fils d'Eberhard , né vers 1020.

On a aussi présenté Étienne comme un frère ou un cousin du comte Siegfried – voire son fils ou son gendre ? Les choses se compliquent encore quand on sait qu'un fils cadet du comte Siegfried s'appelait aussi Siegfried, † 1070, ayant peut-être contracté un mariage inégal : pourrait-il lui aussi être en jeu ?

Encore, on l'a identifié à un Étienne vogt (avoué, vidame, défenseur, bailli) de Worms, frère d'un Markwald/Markwart, fl. 1068, ce qui pourrait le rattacher à la famille des comtes de Blieskastel (Castres), comtes palatins de Metz, comtes de Lunéville, souvent vogt von Worms. Mais remarque aussi que Markwart est un prénom courant chez les Eppenstein, anciens ducs de Carinthie (cf. le duc Adalbéron), dont la femme du comte Siegfried semble issue...

note aussi l'absence de mariages inter-branches, et des prénoms fort différents portés dans les deux branches (sauf, indirectement, Mé(gi)nhard : c'est le fils d'Étienne (II), et c'est aussi un nom fréquent aux – avec Engelbert – dans la maison de Goritz/Gorizia issue des Sieghardinges, ancêtres de la femme supposée du comte Siegfried).

peut conclure que les comtes Étienne et Eberhard II ne sont pas vraiment comtes de Sponheim, en tout cas pas comtes principaux, puisqu'ils sont contemporains des comtes Siegfried et Engelbert : mais ils peuvent être comtes secondaires en tant que cadets ou cousins. Ils peuvent d'ailleurs simplement porter le nom de Sponheim en tant que nobles attachés à la branche aînée et à la familia castrale (l'entourage, le compagnonnage comtal) du château de Burgsponheim, ou exerçant une fonction très importante à Sponheim, et décorés personnellement du titre de comtes parce que membres ou proches de la dynastie, ou issus d'une autre famille comtale alliée. En effet, il n'est pas prouvé qu'Étienne ou Eberhard (II) soient des Sponheim par les mâles : ils peuvent très bien être des gendres ou des cousins, neveux et autres petits-fils se rattachant à la dynastie par les femmes. En tout cas, leurs liens avec la branche aînée sont suffisamment étroits pour leur permettre de succéder à cette dernière à Sponheim au , avec Étienne (Il) et Méginhard, comtes de Spanheim.

Branche cadette, comtes de Sponheim/de Spanheim Étienne II de Sponheim : x 1092 Sophie (de Formbach/Vornbach, ) ?, née vers 1050-1055, probable fille du comte Méginhard IV ou V, et veuve d'Hermann de Luxembourg-Salm anti-roi en 1081-1088) ; il convertit l'église du Feldberg de Sponheim en une abbaye, transformation qu'acheva Mégin(h)ard ou Ménard/Meinhard/Meynard († vers 1136/1145), son successeur et probable fils ; il en céda la vidamie et le droit de protection (avouerie) à l'aîné de ses fils, et ensuite à l'aîné de ses descendants, qui sera en même temps seigneur de Creutzenach (Bad Kreuznach) ; x Mechtild/Mathilde, fille du comte Adalbert/Albert II de Nellenburg, comte de Mörsberg et MörsburgCf. le commentaire sous le tableau généalogique de l'article comté de Sarrebruck : la fille de Mechtild de Nellenburg et de Méginard, Mathilde de Sponheim, serait la femme du comte Simon Ier de Sarrebruck. ; Mechtild aurait épousé en deuxièmes noces Adalbert Ier de Dillingen et Kybourg ; Eberhard et Mechtild, après Méginhard et Hedwige, ont refondé le monastère de Schwabenheim vers 1130 Godefroi/Gottfried († après 1159), son fils et successeur, donna le et ses dépendances en apanage à son frère Crafton, qui les transmit au couvent de Sponheim dont il fut fait abbé ; x Mathilde, fille de Simon duc de Lorraine ? ; on présume qu'il eut pour fils : Godefroy/Gottfried II († après 1183), probable gendre du comte Gerlach ( ?) de Veldenz (certains auteurs fusionnent Gottfried Ier et II) ; ses frères seraient : Walram, Henri (), Simon, Albert et Ludwig (), tous morts entre 1183 et 1200 (1175/1185-1218/1223) est l'auteur de tous les comtes suivants ; il possédait Sponheim ultérieur (Starkenbourg) et antérieur (Sponheim et Kreuznach) ; il avait épousé Adélaïde († 1263), sœur du comte Henri III de Sayn († 1246/1247) qui nomma ses neveux héritiers de ses terres ; veuve, elle aurait marié en deuxièmes noces Eberhard IV d'Eberstein ; Parents de... … (vers 1206-1266), l'aîné, obtint le comté de Sayn et le tiers environ du comté de Sponheim, c'est-à-dire les châteaux de Starkenbourg et d'Ellenbach ou Allenbach, avec Wendiche, Winningen, Truize, et la co-seigneurie des châteaux de Sponheim et de Dill ; il laissa ces domaines à ses deux fils ; il résidait au château de Starkenbourg sur la Moselle ; il épousa sans doute une fille du comte Frédéric d'Altena-Isenberg, d'où : Sayn : Godefroi/Gottfried Ier (IV) († 1282/84), qui reçut le comté de Sayn, x vers 1259 Jutte/Judith/Bonne fille d'Henri II d'Isembourg, et fut la souche : - des comtes de Sponheim-Sayn (par leur fils aîné Jean II : branche fondue plus tard dans la branche cadette par le mariage d'Anne-Elisabeth de Sayn avec Guillaume III de Sayn-Wittgenstein en 1591) ; - et des comtes de Sayn-Hombourg (Nümbrecht) qui prendront vers 1345 le nom de Sayn-Wittgenstein (par leur fils cadet Engelbert de Sayn-Hombourg, grand-père de Salentin x Adélaïde de Wittgenstein), et : Sponheim ultérieur/Haut Sponheim - Starkenbourg : (III) (1235-1289), frère de Godefroi/Gottfried Ier, qui continua la branche de Sponheim-Starkenbourg, x Blancheflor, † 1330, fille de Guillaume IV de Juliers/Jülich Jean II (vers 1265-1324), marié à Catherine, fille d'Otto IV d'Ochsenstein (neveu maternel du roi Rodolphe Ier-IV de Habsbourg) Henri II (c. 1292-1323), marié à Laurette fille de Jean de Salm-Vosge (c. 1315-1398), marié à Mechtild/Mathilde de Bavière-Palatinat, fille de Rodolphe Ier, nièce de l'empereur Louis IV et grand-tante du roi Robert Ier-III de Bavière-Palatinat ci-dessous, d'où : (c. 1338-1413/14), marié à Elisabeth, fille héritière du comte Walram de Sponheim-Kreuznach (Sponheim antérieur), leur fils Jean V (c. 1359-1437), réunit tout l'ancien comté de SponheimSauf le 1/5 du comté antérieur légué par sa cousine Elisabeth au roi Robert Ier/Robert III de Bavière-Palatinat. : de Sponheim-Starkenbourg (comté ultérieur) par son père, et de Sponheim-Kreuznach (comté antérieur) en 1417 par sa mère ; marié sans postérité à Walburge de Leiningen-Rixingen,