Léopold Humbert Follioley, couramment appelé labbé Follioley, né le à Colmar, mort le à Douai, est un ecclésiastique, écrivain, enseignant et journaliste français, le dernier prêtre proviseur d'un établissement public, le lycée de Nantes, de 1890 à 1898. Il a été successivement professeur au petit-séminaire d'Arras et au collège ecclésiastique de Marcq-en-Barœul, principal des collèges universitaires de Saint-Claude et de Lesneven, proviseur des lycées de Laval, Caen et Nantes.

Biographie Origine Il est né à Colmar où son père tenait alors garnisonEn tant qu'Alsacien, de circonstance, il opta pour la France après la guerre de 1870-71..

La famille Follioley est originaire de Donnas en Vallée d'Aoste. Plusieurs branches de cette famille s'installèrent en France, notamment dans le Briançonnais. Son grand-père paternel était notaire. Son père Joseph-Imbert, né en 1787, est un militaireSoldat des armées de Napoléon Ier, il est sous-officier au siège de Dantzig en 1813. Officier, il reste en France, où il est capitaine-trésorier au léger à Toulon (1825), puis au de ligne et à Perpignan (1832), capitaine de recrutement à Colmar (1835) et à Avignon (1839). Il prend sa retraite à Avignon en 1841. Il part habiter Grenoble, où il meurt le 14 octobre 1853. Il est chevalier de la Légion d'honneur.. Son grand-père maternel avait été directeur des postes. Sa mère — Mélanie Alliey — appartenait à une famille de petits propriétaires terriensElle tenait à la famille Chabas, dont François Chabas, égyptologue célèbre est un membre..

Études Il fait des études secondaires au lycée de Grenoble où il entre comme externe en 1845Il y eut pour camarades : Amédée-Pierre Bovier-Lapierre.. Il est bachelier en 1852. Il est poussé par son père pour suivre ensuite la préparation à l'École polytechnique au Lycée de Metzannée de Logique scientifique.. En 1853, il rejoint le Lycée Charlemagne pour faire une vétérance de rhétorique pour accéder à l'École normale supérieure, section lettres sans toutefois passer les concours. Il part rejoindre sa mère à Grenoble, devenue veuve.

Journaliste Il devient d'abord en 1854 journaliste dans le journal de Louis Veuillot, L'Univers. Il est pendant quelques mois le secrétaire de Veuillot, et il laisse à l'Univers de fidèles amitiés. Par la suite, il est d'abord attaché à la rédaction du journal catholique La Bretagne, de Saint-Brieuc, puis, en , rédacteur en chef d'un nouveau journalParaissant trois fois par semaine. : le Messager de l'Ouest de RennesC'est de son nom qu'est signé le programme du journal breton, dont voici le passage le plus caractéristique conforme au programme ultramontain de Louis Veuillot : Persuadés que le catholicisme est trop au-dessus des changements et des révolutions pour que ses intérêts puissent en rien dépendre de la forme sous laquelle s'exerce le pouvoir, nous ne sommes les hommes d'aucun parti, d'aucune combinaison, d'aucune fusion politique... C'est assez dire que nous saurons être reconnaissants envers le gouvernement de l'Empereur; nous n'avons pas souhaité son élévation; nous n'y avons pas concouru, et nous nous avouons franchement impérialistes du lendemain ; mais il nous paraîtrait injuste de ne pas aider de nos sympathies un pouvoir qui a enchaîné toutes les libertés dangereuses et qui a fait un pas vers la seule liberté utile, celle de l'Église. Là est toute notre politique.. Ce journal n'eut sans doute qu'une existence éphémère.

Redevenu disponible, Follioley rentre à Paris, à L'Univers peut-être. Dans les premiers mois de 1857, il se lie avec Pierre-Louis Parisis, évêque d'Arras, dans la bataille menée, de 1840 à 1850, en faveur de la liberté d'enseignement.

Ecclésiastique En , Follioley suit en son diocèse d'Arras son nouveau protecteur. Il s'engage alors dans l'état ecclésiastique. C'est aux côtés mêmes de Parisis et sous sa direction particulière qu'il entreprend ses études théologiques, prend successivement les ordres mineurs et majeurs, la tonsure, le sous-diaconat, le diaconat, et se fait ordonner prêtre en .

Enseignement Nord de la France Parallèlement, il enseigne dans des établissements catholiques du Nord de la France à partir de 1858. Follioley entra dans la Société de Saint-BertinIl s'agit une société enseignante de prêtres diocésains, fondée sous les auspices de Pierre-Louis Parisis. Ce n'était pas une congrégation — elle ne fut pas autorisée par le Saint-Siège à se transformer en congrégation. Elle possédait ou dirigeait plusieurs établissements dans le Nord, le petit séminaire d'Arras, le collège de Saint-Bertin de Saint-Omer, le collège de Marcq-en-Barœul. en 1858. Il est dispensé par la Société de Saint-Bertin du grand séminaire, et par elle chargé de l'enseignement de l'histoire, puis de la rhétorique et même, à la fin, de la direction des études (-). En outre, il dut avoir une large part dans la fondation, par la Société de Saint-Bertin, d'un noviciat à Saint-OmerC'était une sorte d'école normale secondaire qui devait initier et former des professeurs plus exercés à l'enseignement et mieux outillés que les jeunes prêtres sortant directement du séminaire., dont il est directeur des études.

La Société de Saint-Bertin fonde alors à Arras le collège Saint-Joseph, et en confie la direction à l'abbé Follioley en 1863, qui obtient un certificat de stage pour l'enseignement secondaire. Il est ensuite nommé par la société professeur de rhétorique en 1864 au collège de Marcq-en-Barœul.

L'enseignement ecclésiastique n'avait pas rempli ses espérances. Il cherche à réjoindre l'Université. Il reste néanmoins un an supplémentaire pour sa dernière année d'enseignement libre. Il se consacre alors à la préparation d'un troisièmeLes deux premiers, qui correspondent à son enseignement littéraire d'Arras et de Marcq, avaient paru à Paris, chez Belin, en 1864-1866. volume de son Histoire de la littérature Française au XVIIe siècle et à des conférences littéraires qu'il alla faire chaque semaine à Roubaix, au cercle Ozanam, qu'il avait contribué à fonder.

Il veut rejoindre l'Université. Dans une lettre au Ministre de l'Instruction publique (), il indique: «Si vous avez quelque part un collège en souffrance et qu'il soit possible de relever, je l'accepte d'avance, afin de faire mes preuves. Il sera celui qui relève les collèges tombés et remonte les lycées en déclin.

Saint-Claude En 1865, il demande un poste de principal de collège public et est nommé à Saint-Claude. Trois ou quatre principaux s'étaient succédé au chevet du Collège en mauvaise situation, et un procès en cour d'assises avait achevé de donner au collège une notoriété des plus fâcheuses. L'abbé Follioley cumule, avec ses fonctions de principal, l'unique classe de rhétorique et de seconde (1867-68). En deux ans, il redresse la situation et fait passer l'effectif de 32 à 140 élèves. Il y crée un enseignement spécial avec le caractère d'une école professionnelleLes élèves sont exercés au dessin, à des travaux pratiques de tournerie, de menuiserie ou d'ajustage. : avec une année préparatoire, puis une première et une deuxième année d'enseignement spécial, qui réunirent bientôt 50 élèves.

Il est fait officier d'Académie en 1868.

Lesneven De 1868 à 1873, il est principal du collège de LesnevenIl s'agit du collège ou avait été muté Francisque Sarcey.. Le collège dirigé auparavant par l'abbé Cohanec est de plein exerciceOn n'y donne que l'enseignement classique.. Il est à effectif complet de professeurs, avec 218 élèves116 pensionnaires, 69 demi-pensionnaires, et 33 externes .. Follioley fait passer l'effectif en 1873 à 340 élèves. Il fait moderniser le collègeIl fait racheter par la ville les droits de propriété que l'évêque avait dans le collège même. Il fonde successivement un cabinet de physique, une bibliothèque, une lingerie. Il fait construire deux ailes de deux étages pour de nouveaux réfectoires et dortoirs.. La fin de son principalat est pourtant voilée de tristesseUne épidémie de fièvre typhoïde éclata au collège dans les premiers mois de 1873, et fit plusieurs victimes. Le licenciement du collège eut lieu, mais trop tard, et l'on rendit le principal responsable de cette longue temporisation..

Laval En 1873, il est nommé proviseur du lycée de Laval où il reste jusqu'en 1886, redressant là aussi l'effectif des élèves de 272 à 565. Il amène avec lui une suite véritable, une douzaine de collégiens, avec des Jurassiens, provenant de Saint-Claude comme Albert David-Sauvageot, Félicien RegadMort capitaine près de Tombouctou., et Jeantet, des Nordistes, Abel Thulliez et les Macaux, des Bretons comme Tison, Dein et d'autres encore. Il réussit à faire du petit lycée de Laval le premier lycée, ou peu s'en faut, de l'Académie de Rennes, la « maison-modèle de l'Ouest »« Le lycée de Laval... je n'aimerai jamais davantage, je ne servirai jamais mieux aucune maison. Je lui ai donné quatorze années de ma pleine maturité, quatorze années parfaitement heureuses... ». Paroles prononcées par l'abbé Follioley au banquet qui lui fut offert à Paris, le 7 décembre 1895, à l'occasion de sa nomination comme Officier de la Légion d'honneur..

Le lycée s'étend : on édifie coup sur coup un bâtiment de quarante mètres de long, avec des études, des dortoirs et de larges escaliers, une cour des plus vastes, dite des petits moyens, et, une salle de concert.

Il est même question en 1878 de fonder un petit lycée d'enseignement spécial et de classes élémentaires jusqu'à la sixième classique, comme succursale, à MayenneAu centre d'un arrondissement peuplé et favorable à l'éducation universitaire.. Le projet n'aboutit pas. Pour dégager d'autant le grand lycée et porter la concurrence au cœur même de la clientèle adverse, l'abbé Follioley obtint en 1881 de l'État et de la Ville que l'on construisît un petit lycée sur la rive gauche de la Mayenne. Ce petit lycée fut ouvert à la rentrée de 1885. Il deviendra le Lycée Henri Rousseau.

Le lycée de Laval brille d'ordinaire au premier rang aux concours académiques de RennesEn 1878, il n'y remporta pas moins de onze prix, dont le prix d'honneur, et de vingt-quatre accessits.. Les Quatre S font l'honneur à l'époque du Lycée de Laval : Georges Savary, Suret et les deux normaliens Auguste Salles et Emile SinoirBulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 1905, .. De plus en plus d'élèvesC'est à cette génération qu'appartiennent le commandant Prosper Jules Charbonnier et l'ingénieur Max Bahon, anciens élèves de l'École polytechnique ; le capitaine Félicien Regad, le commandant Adrien Surer, le capitaine Raphaël Toutain, d'autres encore, sortis de l'École de Saint-Cyr. accèdent aux grandes écoles. Dans les dernières années de sa direction, l'abbé Follioley y créa même un cours de Saint-Cyr. Le lycée sort beaucoup de professeurs, et l'on put dire du lycée de Laval qu'il était devenu, au sens premier du mot, l'un des séminaires de l'Université.. Sous l'impulsion de l'abbé Follioley il y eut toujours un élève du Lycée de Laval à l'École normale supérieure. Il s'en trouva même jusqu'à trois à la foisSont entrés à l'École normale supérieure : Albert David-Sauvageot (1878) ; Frédéric Houssay (1879) ; Georges Savary (1881), mort en 1886 professeur d'histoire au lycée de Laval; Emile Sinoir (1882) ; Auguste Salles (1882); Louis Gallouédec (1885) ; Edmond Surer (1886) ; Paul Rolland (1887) ; Robert de Martonne (1888) ; Henri Douxami (1889), Jules Cholet et Emmanuel de Martonne (1892), et Carle Bahon (1893).. Beaucoup d'autres passèrent par les FacultésComme Le Bansais, Ludovic Dugas, G. Derennes, Georges Dottin, Oger, Védier, Labbé, Bellier-Dumaine, Francis Delaisi, etc. Aux environs de 1882, une vingtaine d'élèves étaient entrés ou se disposaient à entrer dans l'Université. .