vignette|alt=Représentation du banquet (quelques tablées visibles)|Le banquet des maires à Paris — Un repas de , illustration de Charles Crespin et Fortuné Méaulle dans le supplément illustré du Petit Parisien. Le banquet des maires de , ou banquet des Tuileries, est un gigantesque banquet qui se tint au jardin des Tuileries à Paris le et où furent conviés l'ensemble des maires de France.

Organisé à l'initiative du président de la République, Émile Loubet, et de son président du Conseil, Pierre Waldeck-Rousseau, à l'occasion de l'exposition universelle de 1900 qui eut lieu à Paris du au , il réunit plus de .

Date choisie La date du fut choisie comme étant le de la naissance de la Première République le , premier jour du calendrier républicain et lendemain de la proclamation de l'abolition de la royauté. Le président ne manqua pas de le rappeler, en parlant des ancêtres de la Révolution :

Cette festivité fut reportée comme conviviale et amicale dans la presse de masse, alors qu'elle fait à l'époque un possible usage de la caricature.

Contexte des banquets

L'organisation de banquets de grande taille était une pratique qui remontait surtout à l'époque de la Deuxième République (alors organisés par les opposants à la monarchie de Juillet mécontents de la politique de Guizot).

Elle s'était transformée en coutume moins hostile au cours de la Troisième République à l'instar du banquet du où le président Sadi Carnot, nouvellement élu, offrit un banquet à tous les maires des chefs-lieux d’arrondissement et de cantons et où environ répondirent à l'invitation.. On trouve celui du donné aux maires des principales villes de France en l'honneur du centenaire de l'historien Michelet.. On trouve précédemment aussi à celui-ci le banquet du , dit banquet du Centenaire, prodigué par la municipalité de Paris à l'occasion du centenaire de la Révolution française et qui vit réunis au palais de l'Industrie pendant l'exposition universelle de Paris de ..

Nombre de convives Le chiffre est assez controversé. . Le nombre de convives est à distinguer du nombre de maires présents. Selon Adolphe Démy, . Pierre Jeambrun retient également le nombre de . Bruno Girveau. et Jean Vitaux donnent .

Organisation Dans le jardin des Tuileries, furent dressées deux immenses tentes reliées entre elles par des tentes perpendiculaires. de de long chacune pouvant recevoir de 32 à , soit sept kilomètres, furent installées.

À droite du président de la République, est assis le président du Sénat, Armand Fallières ; à sa gauche, se trouve Paul Deschanel, président de la Chambre des députés. Le président du Conseil, Waldeck-Rousseau, les ministres, les députés, les sénateurs, la magistrature, l'armée, les personnages éminents de la nation sont à la table présidentielle, d'après l'almanach Vermot, ..

Les convives venant de France, d'Algérie et d'Outre-mer furent classés par département : du Nord et 688 du Pas-de-Calais participent au banquet. et par ordre alphabétique, ce qui provoqua des querelles de préséance (par exemple le doyen en âge et le doyen en exercice de la fonction de maire).

Selon le vœu du président de la République, le repas ne dura pas plus de .

Les quantités de matériel nécessaire furent fort importantes, à l'image de la manifestation : de nappes molletonnées, de molletons, de nappes, avec reproduction en fac-similé de la tapisserie « Armes de la République » réalisée par la manufacture des Gobelins., exposée dans l'enceinte du banquet, , , , .

Six bicyclettes furent prévues pour transmettre rapidement les ordres de service. De même, une automobile (De Dion-Bouton de 4 CV) permettait au général de brigade de circuler entre les tables.

Environ furent employées pour la cuisine et le service et furent organisées par un seul traiteur, Potel et Chabot : . : « gros bonnets », , , , .

De la même façon, les fournitures pour le repas sont encore impressionnantesLes chiffres pour le bœuf et les canetons ne sont pas fournis. : de saumon, , , de mayonnaise, , de raisin, de café.

Carte vignette|Menu du banquet. vignette|Couverture du menu. Au : Le Triomphe de la République sur fond de pavillons de l'Exposition universelle en bord de Seine, avec un listel .. Au : un faisceau de licteur, une couronne triomphale, un coq gaulois, un monogramme « RF » et un bonnet phrygien.

La carte est marquée d'un écu aux couleurs du drapeau de la France, frappé du monogramme « RF » (« République française »). En entête : l'inscription . Sur la partie gauche se trouve le menu du repas, et sur la partie droite, le programme des festivités qui se déroulèrent en parallèle, à la salle des fêtes.

Menu Hors-d'œuvre Darnes de saumon glacées parisienne Filet de bœuf en BellevueLa cuisson « en Bellevue » consiste en un lustrage à la gelée des viandes, surtout pour les poissons (après cuisson au court-bouillon) et les volailles. Pains de canetons de Rouen Poulardes de Bresse rôties Ballotines de faisans Saint-Hubert Salade PotelDu nom du traiteur, Potel et Chabot. Glaces Succès - Condés Dessert

Pour les vins, dont furent utilisées : Preignac servi en carafe ; Saint-julien servi en carafe ; Haut Sauternes ; Beaune MargauxA priori, ce cru n'a pas de rapport avec le vignoble de Margaux. Jean Calvet ; Champagne Montebello.

Le personnel ne fut pas en reste puisqu'il eut droit à de « gros rouge ».

Festivités

Le programme des festivités est le suivant :

PROGRAMME ————— SALLE DES FÊTES ————— La Marseillaise ————— DANSES DE JADIS ET DE NAGUÈRE

— Danses Barbares — Danses Grecques — Danses Françaises — Danses Modernes ————— LE CHANT DU DÉPART ————— Avec le concours de la Comédie-Française et de l'Académie nationale de musique et de danse (Orchestre de l'Opéra)

Plaquette commémorative Une plaquette commémorative en bronze fut éditée à cette occasion, d'après Frédéric de Vernon.. Il l'exposa au Salon des artistes français de ...

De format rectangulaire (), elle est signée « F. Vernon » sur le revers où deux allégories féminines, dont l'une représente la République sous la traits de Marianne et l'autre la Ville de Paris, portent des libations au banquet. Sur l'avers, inscription . En dessous de l'inscription, dans un cartouche se détachant sur un faisceau de licteur et des ramures de chêne et de laurier, étaient gravés l'initiale du prénom et le nom du maire.

Ces plaquettes bifaces se retrouvent encore dans les collections privées, dans des mairies ou dans des musées (par exemple le musée Carnavalet. et le musée d'Orsay.).

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . . . .

Articles connexes Léopold Mourier

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