Le Concours Eurovision de la chanson est un évènement annuel organisé par l’UER, l’Union européenne de radio-télévision. Il réunit les membres de l’Union dans le cadre d’une compétition musicale, diffusée en direct et en simultané par tous les diffuseurs participants. Le concours est retransmis à la télévision (par câble et satellite), la radio et sur InternetHAAN Marco, DIJKSTRA Gerhard et DIJKSTRA Peter, « Expert Judgment Versus Public Opinion – Evidence from the Eurovision Song Contest », Journal of Cultural Economics, 29, 2005, p.62..
Certains principes sont demeurés inchangés depuis 1956. Néanmoins, la plupart des règles du concours ont évolué au fur et à mesure des éditions et des développements technologiques et musicaux.
Historique Les règles de la toute première édition du concours demeurent, à bien des égards, exceptionnelles. Ainsi, chaque pays présenta deux chansons, point rendu nécessaire par le nombre restreint de pays participants. Seuls des artistes en solo furent admis à concourir et toute chorégraphie fut interdite. Le présentateur, Lohengrin Filipello, s’exprima exclusivement en italien, la règle obligeant les présentateurs à s'adresser au public dans les deux langues officielles de l'UER (le français et l'anglais) n'étant pas encore entrée en vigueur. Enfin, aucune règle concernant la durée et la langue des chansons ne fut fixée. Le vote, quant à lui, fut décidé entièrement par un jury international. Chaque pays participant envoya sur place deux jurés, sauf le Luxembourg. L’UER permit à ce pays de se faire représenter par les jurés suisses. Chaque juré pouvait attribuer deux points à la chanson de sa préférence. Les jurés avaient le droit de voter pour une chanson de leur propre pays. Les résultats complets ne furent jamais rendus publics. Le président du jury, Rolf Liebermann, se contenta d’annoncer le nom de la chanson victorieuse et de son interprète. Les bulletins de vote furent détruits immédiatement. Il n’y eut donc ni deuxième, ni dernière place.
L'édition 1957 marqua le véritable point de départ du concours dans sa forme actuelle. Ainsi, les pays participants ne purent présenter qu'une seule et unique chanson. En revanche, des duos furent admis à concourir. Il fut également décidé que la procédure de vote deviendrait part intégrale du spectacle. Les jurys seraient désormais contactés par téléphone et donneraient leurs résultats oralement et en direct. C’est alors que fut introduite une règle fondamentale du concours : il fut désormais interdit aux membres des jurys nationaux de voter pour leur propre pays. Durant la procédure, les votes furent affichés et additionnés au fur et à mesure sur un tableau d’affichage.
Par la suite, le règlement du concours fut adapté selon les circonstances.
Emploi des langues En 1965, pour la toute première fois, un participant interpréta sa chanson dans une autre langue que la langue nationale de son pays. Il s'agit du représentant suédois, Ingvar Wixell, qui chanta en anglais. Cette démarche, non prévue par le règlement et vivement contestée, conduisit à une modification des règles et, dès l'année suivante, à l'obligation aux pays participants de chanter dans une de leurs langues nationales. En 1973, l'UER mit fin à cette obligation, puis la réinstaura en 1977, avant de l'abolir définitivement en 1999.
Ex aequo En 1969, pour la première fois, le vote se termina sur un ex aequo. L’Espagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni obtinrent chacun 18 votes. Cette possibilité n’ayant pas été envisagée par le règlement, ces quatre pays furent déclarés vainqueurs et il y eut donc quatre chansons gagnantes. Afin d'éviter à nouveau ce cas de figure, l'UER adapta le règlement du concours. Désormais, si deux ou plusieurs chansons obtenaient le même nombre de votes, elles seraient chantées à nouveau. Les jurys des autres pays devraient alors revoter et choisir laquelle leur semblait la meilleure. En cas de nouvel ex aequo, les chansons concernées seraient toutes déclarées gagnantes. En 1989, l'UER modifia la règle. Désormais, en cas d'ex aequo, la victoire serait attribuée au pays ayant remporté le plus de « douze points ». Si deux ou plusieurs pays avaient reçu en nombre égal la note maximale, ils seraient départagés par le décompte des « dix points », etc.. En 2003, l'UER modifia une dernière fois la règle en matière d’ex aequo. Désormais, si deux ou plusieurs pays obtenaient le même score final, serait déclaré vainqueur, le pays ayant reçu des points du plus grand nombre de pays participants. En cas de nouvelle égalité, il serait alors procédé au décompte des « douze points », puis des « dix », etc.
Financement En 1976, une vive polémique éclata en Suède sur la participation du pays à l'Eurovision. Il y eut plusieurs manifestations d'opposition au concours, jugé trop commercial. De plus, la télévision publique suédoise estima n'avoir plus les moyens d'organiser une nouvelle édition, en cas de victoire du pays. La Suède se retira alors. L'UER décida en conséquence de modifier les règles de financement du concours : désormais, chaque télédiffuseur devrait payer une quote-part. Cela permit de ne plus faire assumer l'intégralité des frais par le télédiffuseur hôte.
Orchestre En 1976, une règle importante du concours fut modifiée : pour la toute première fois, le playback instrumental fut autorisé. Mais à condition que certains passages de la composition ne puissent être reproduits par l'orchestre. En 1999, le recours à un orchestre devint facultatif. La télévision publique israélienne se saisit de cette opportunité pour réduire le budget de l’organisation et ne fournit simplement aucun orchestre aux participants. Ce fut donc la première fois dans l’histoire du concours qu’aucune musique ne fut interprétée en direct durant la retransmission et que tous les interprètes furent accompagnés d’une bande-son.
Âge limite En 1989, deux des participants suscitèrent une vive controverse dans les médias, en raison de leur jeune âge. Le représentant israélien, Gili, était en effet âgé de douze ans. Quant à la représentante française, Nathalie Pâque, elle en avait à peine onze. Sans oublier la candidate Sandra Kim, représentant la Belgique, avec sa chanson "J'aime La Vie" en 1986 alors âgée de 13 ans. L'UER décida alors de modifier le règlement du concours. Dès l'année suivante, il fut imposé aux candidats d'avoir seize ans révolus, le jour du concours
Relégation et demi-finales En 1994, l’UER introduisit une nouvelle règle, visant à réguler le trop grand nombre de pays souhaitant participer au concours : la relégation. Désormais, les six pays terminant aux dernières places du classement final perdaient leur droit à concourir l’année suivante. En 1997, la règle de relégation fut adaptée. Désormais, les pays participants seraient relégués selon la moyenne des résultats obtenus lors de leurs cinq dernières participations. Aucun pays ne pourrait être relégué plus d’une année. En 1999, l’UER décida de créer un statut particulier pour ses plus importants contributeurs financiers. Ceux-ci recevraient désormais la garantie d’une place automatique en finale, quels que soient leurs résultats des cinq années précédentes. Cette mesure concerna à l’époque l’Allemagne, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni, connus désormais sous l’appellation collective de « Big Four ». L’Italie vint les rejoindre en 2011 et ensemble, ils formèrent alors le groupe des « Big Five ». En 2000, la règle de relégation fut modifiée pour la dernière fois. Désormais, seraient qualifiés d’office pour la finale de l’année suivante : les « Big Five », les pays ayant été relégués et les quinze pays ayant obtenu le meilleur classement (ce compris le pays vainqueur).
En 2004, face au nombre croissant de pays souhaitant concourir, l’UER décida de supprimer le système des relégations et d’introduire une demi-finale, afin de déterminer les participants à la finale. Désormais, seraient qualifiés d’office pour cette dernière : les « Big Five » ainsi que les dix autres pays ayant terminé en tête du classement (ce compris le pays vainqueur). Tous les autres pays devraient passer par la demi-finale, organisée le mercredi précédent la finale et au terme de laquelle dix autres pays se qualifieraient. Les pays non qualifiés conserveraient néanmoins leur droit de vote pour la finale. Le nombre croissant de pays participants et la controverse sur les résultats de l’édition 2007 poussèrent l’UER à modifier les règles du concours. Le principe d’une demi-finale unique, utilisé depuis 2004, fut supprimé et remplacé à partir de l'Eurovision 2008 par celui de deux demi-finales, organisées le mardi et le jeudi précédant la finale. Désormais, ne seraient plus qualifiés automatiquement pour la finale que le pays hôte (vainqueur de l’édition précédente) et les « Big Five ». Tous les autres pays participants devraient passer par une des deux demi-finales pour se qualifier.
Format La dénomination officielle de l'évènement est « Concours Eurovision de la chanson », suivie de l'année durant laquelle il a lieu. Cette dénomination doit être utilisée par tous les diffuseurs participants. Ils peuvent néanmoins recourir à une traduction dans une de leurs langues nationales, à condition d'en demander la permission aux Services Permanents de l'UER..
Le concours est une coproduction internationale, organisée par l'Union européenne de radio-télévision et réunissant les membres de celle-ci. Il consiste en trois émissions diffusées en direct : deux demi-finales (ayant lieu le mardi et le jeudi) et une finale (ayant lieu le samedi). Ces trois émissions sont produites et retransmises en direct par le diffuseur hôte, et relayées par le réseau Eurovision.
Les trois émissions se doivent d'être des productions télévisuelles de haute qualité artistique et de dimension internationale. Elles voient la présentation successive des chansons choisies par les membres actifs de l'UER pour les représenter au concours.
Les trois émissions sont animées par des présentateurs internationaux. Ceux-ci doivent s'exprimer en anglais et en français. Les diffuseurs doivent appointer des commentateurs nationaux pour relayer l'évènement à l’attention de leur audience nationale respective.
La finale se conclut par la remise du trophée aux auteurs, compositeurs et interprètes de la chanson gagnante, ainsi qu'aux représentants du diffuseur victorieux ; puis, par la reprise de la chanson gagnante.
Participants Seuls les membres actifs de l’UER peuvent participer au concours. La participation au concours n’est cependant obligatoire pour aucun de ces membres.
Les membres actifs de l’UER sont soit les diffuseurs des pays situés dans la Zone européenne de radiodiffusion et membres de l’Union internationale des télécommunications ; soit les diffuseurs des pays situés en dehors de la Zone européenne de radiodiffusion et membres du Conseil de l’Europe. Ces diffuseurs doivent opérer dans leur pays avec l’autorisation des autorités compétentes et fournir un service public de caractère et d’importance nationale.
Les diffuseurs doivent en outre remplir plusieurs autres conditions pour devenir membres actifs. Ils doivent pouvoir procéder à des retransmissions radio et télé de qualité technique satisfaisante. Ils doivent offrir une offre de programmes équilibrée et susceptible de s’adresser à toutes les catégories de la population du pays concerné, indépendamment de tout critère d’audimat ou de rentabilité. Ils doivent produire ou commissionner une partie substantielle de leurs programmes, sur leur propre budget et selon leur propre ligne éditoriale. Enfin, ils ne doivent pas être liés à une agence de droits sportifs en compétition avec l’UER, pour l’acquisition de droits de retransmission.