L'abbaye de Chaumousey était une abbaye de l'ordre de Saint-Augustin, située à Chaumousey, dans le département des Vosges. Il n'en reste que des ruines.
Historique Elle fut fondée en 1090, lorsqu'un prêtre nommé Séhère (Seherus), né vers 1050 et mort en 1128, (originaire d'Épinal ou de Remiremont) établit un oratoire avec l'aide de Thierry, seigneur de Chaumousey et Hadwige, sa femmeSource : Charles Louis Richard et Jean Joseph Giraud, notice «Chamousey», in Bibliothèque sacrée, vol.6, 1822, . .
Grâce à ces donateurs qui concédaient à l’œuvre naissante un ample territoire de forêts et de champs, s’éleva bientôt une abbaye dédiée à Notre-Dame et rattachée à la règle de saint Augustin, tout comme l’abbaye contemporaine d’Hérival et celle d’Autrey, postérieures d’un demi-siècle.
Le , le cardinal Richard (ou Richer), évêque d'Albanie, légat du pape, consacra son église sous le titre du saint Sauveur. C’était un édifice de style rhénan, offrant par ses proportions une étonnante ressemblance avec l’église toute proche Saint-Maurice d’Épinal, son aînée qui s’honore d’avoir été consacrée par le pape lui-même, saint Léon IX. vignette|gauche|Gardien du tombeau, vers 1525. Musée départemental d'art ancien et contemporain d'Épinal. L’abbaye de Chaumousey connut des siècles de gloire et de prospérité au point de se classer parmi les plus puissantes de Lorraine. Ses bâtiments conventuels, agrandis au cours des âges, occupaient tout le versant du ruisseau d'Ambafosse, affluent de l’Avière naissante. Il n’en subsiste plus aujourd’hui que des ruines éparses, aménagées en ferme sur le bord de l’étang de Bouzey, créé artificiellement au moyen d’une digue, tristement célèbre par la catastrophe du . Deux statues, un Christ et une Vierge encastrés dans les murs de deux habitations sont les traces du passé prestigieux de l'abbayeSergio de Gouveia, « Les vestiges de l'abbaye pour unique héritage », Vosges Matin, 11 janvier 2010..
C’est à Chaumousey que saint Pierre Fourier fit ses débuts dans la vie religieuse, avant de devenir curé de Mattaincourt. Il y entra en 1585, y célébra sa première messe le et revint de 1595 à 1597 y occuper les fonctions de maître des novices et de pitancier en même temps qu'il administrait la paroisse de Chaumousey. Alors qu'il lança sa réforme des chanoines réguliers de Saint-Augustin en Lorraine à partir de 1623 à l'instigation du Cardinal de Lorraine, l'abbaye de Chaumousey n'entra dans la congrégation de Notre-Sauveur (congrégation des réformés de Pont-à-Mousson) qu'en 1653, ruinée par la guerre de Trente Ans.
L'abbaye connut alors une période de prospérité (fin - début ) marquée par des travaux importants, notamment la reconstruction de l'église abbatiale et du logement de l'abbé. vignette|Ruines de l'abbaye en 1820, dessin de Henri Joseph Hogard. À la Révolution, l’abbaye de Chaumousey, bâtiments et dépendances, fut vendue comme bien national, le 27 prairial an IV (), au citoyen Jean Hoener, imprimeur du département, pour la somme de livres. Ensuite elle fut démolie et ses richesses furent dispersées.
Description vignette|droite|Retable de l'église de Girancourt (originaire de l'abbaye de Chaumousey). Il ne reste que peu de choses à l'emplacement actuel. En 1995, la commune de Chaumousey entreprit la réalisation de l'assainissement du secteur de l'abbaye. Et les pelleteuses mirent au jour quelques vestiges, car d'après les études, c'est sur le cimetière de l'abbaye que les travaux sont réalisés. La DRAC intervient alors, retirant notamment la pierre tombale d'un père supérieur de l'abbaye, ainsi qu'un sarcophage taillé dans la pierre et renfermant quelques ossements. Si la pierre tombale est actuellement dans un musée, le sarcophage, lui, est toujours dans la commune et devrait être mis en valeur lors de la création de la nouvelle mairie. Pour le reste quelques colonnes de monuments funéraires et c'est tout. Cependant, lorsque l'étang de Bouzey est très bas, il est encore possible de découvrir les lavoirs du jardin.
Une tentative de descritption à partir de plans a été effectuée par Georges Durand. Un plan de 1837 dressé à partir de relevés de 1738 montre une église de 58 m de long sur 20 m de large, avec une nef de cinq travées. La description se poursuit avec l'aide de ruines de 1820.
Concernant les biens mobiliers de l'abbaye, plusieurs ont été vendus et préservés : le maître autel est remonté dans le chœur de l'église Saint-Brice de Girancourt. C’est une œuvre monumentale de bois doré, du . Entre les deux colonnes centrales, sous un baldaquin fastueux, une statue de la Vierge à l’Enfant. Élégante, d’une grâce un peu maniérée, elle semble jouer avec l’Enfant, qui s’ébat joyeusement en agitant les bras. Le groupe est accompagné de deux anges adorateurs au geste emphatique. L'ensemble est classé MH depuis le . Tout cela, bien dans l’esprit du , constitue dans la série des Madones vosgiennes, un spécimen typique de l'art religieux à la veille de la Révolution. une cloche est à l'église Saint-Laurent de Belmont-sur-Buttant la chaire est à l'église Saint-Romaric d'Uxegney l’ostensoir est à l'église Saint-Maurice de Darnieulles etc
Liste des abbés
(D’après Ruyr, Dom Calmet, la Gallia, le Cartulaire de l’abbaye et la Notice sur Chaumousey)
1091 - : Séhère 1128, 1137 : Jocelin 1140, 1160 : Rory 1168 : Viard Un abbé de Chaumousey, nommé Guido, est témoin à cette même date d’une confirmation par l’évêque de Toul, Pierre de Brixey, des biens de l’abbaye Notre-Dame de Mureau. (Cartulaire de Mureau, I, fos 175 et 301 v°). 1170 : Vidric 1172, 1180 : Gui 1187 : Pierre 1189 : Hugue 1193, 1197 : Humbert 1204 : Gui 1224, 1229 : Guillaume HuguesVit encore en 1257 et est désigné comme ancien abbé (voy. XII H, t II. p 25, à la date de 1257). 1235 : Séhère 1243, 1257 : Guillaume II 1274 - avant 1281 : Regnault de Darnieulles 1284 : Oscelinus 1292, 1295 : Demenge 1297 : Guillaume III 1308, 1313 : Jean, dit de la Porte 1317, 1345 : Ponce 1354, 1356 : Liébaut Election ratifiée 1363, 1378 : Thierri de Dompaire 1394, 1406 : Thiébaut de Dompaire 1427 : Jean de Buffignécourt 1452, 1456 : Jean de la Grant Maison de Parroie 1469 : Guillaume de Vaulx 1487 - : Philippe de Craincourt 1505 - : Charles de Frainel (ou Fresnel) 1520 - : Jean de Frainel 1560, 1566 : Claude de Frainel N. De Mercy, abbé commendataire Nicolas de Louppy, abbé commendataire Élu 1569 - : Gérard du Hautoy Élu 1586 - : François Pasticier 1601 - : François II Pasticier, neveu du précédent 1654 - 1680 : Antoine du Bourg 1680 - : Antoine de Lenoncourt Élu 1699 - : Jean Le Gagneur 1714 - : Nicolas Verlet 1726 : Sigisbert Verlet 1726 - : François Huguin, général des chanoines réguliers Vacance de trois ans. 1741 - 1758 : Jean, comte de Krakinski, abbé commendataire 1758 - 1765 : Jean-Anaclet de Bassompierre, abbé commendataire 1765 - 1790 : Stanislas-Louis de Bassompierre, abbé commendataire
Voir aussi Sources et bibliographie Cédric Andriot, Les Chanoines réguliers de Notre-Sauveur. Moines, curés et professeurs, de Lorraine en Savoie, s, Paris, Riveneuve, 2012. Le Troubadour, « Notre-Dame de Chaumousey, à Girancourt » in La Croix de Lorraine, 557, P. Christophe, . Julien Louis, « La Statuaire médiévale de l'abbaye de Chaumousey », in Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 2002-2003. Fondation de l'abbaye de Chaumousey, par Louis Jouve
Articles connexes Liste d'abbayes augustiniennes de France Liste des abbayes et monastères
Liens externes
Série H. Clergé régulier avant 1790. 12 H. Abbaye de Chaumousey (Répertoire numérique détaillé établi par André Philippe, archiviste départemental, et présenté par Raymonde Florence, Archives départementales des Vosges) L'abbaye sur la base Mérimée du ministère de la Culture À la découverte de Chaumousey, La Dec, association loi de 1901
Notes et références
Chaumousey Chaumousey Chaumousey Chaumousey Chaumousey Chaumousey