Le Kerala ou Kérala est un État indien. La langue principale est le malayalam qui fait partie des langues dravidiennes, famille linguistique dominante en Inde du Sud. Ses habitants, spécifiquement les malayalophones natifs, sont connus sous le gentilé « Malayâlis ».

Le Kerala, densément peuplé, s'étend sur près de dans le sud-sud-ouest de la péninsule indienne. Il est couvert de denses forêts sur les contreforts des Ghats occidentaux et traversé d'un réseau de lagunes et canaux le long de la côte de la mer des Laquedives. Il est parfois surnommé « le pays de Dieu » (God's own land).

Le Kerala possède un indicateur de développement humain élevé par rapport à son niveau de développement économique. L'espérance de vie et le taux d'alphabétisation sont très au-dessus de la moyenne nationale, et ce malgré des disparités. De nombreuses personnes originaires du Kerala ont émigré à l'étranger, en grande partie dans les pays du Golfe. Les fonds envoyés par ces personnes équivalent à plus de 20 % du produit intérieur brut...

Étymologie Le mot Kerala est mentionné pour la première fois sous la forme Keralaputo (« fils de Chera » en prâkrit) dans une inscription rupestre du IIIe siècle avant notre ère, laissée par l'empereur maurya Ashoka (274-237 avant notre ère), dans l'un de ses édits relatifs au bien-être. À cette époque, l'un des trois États de la région était appelé Cheralam en tamoul classique : Chera et Kera sont des variantes du même mot. Le mot Cheral fait référence à la plus ancienne dynastie connue des rois du Kerala et dérive du mot vieux tamoul signifiant « lac ». Keralam pourrait provenir du tamoul classique cherive-alam « déclivité d'une colline ou d'un versant de montagne » ou chera alam « pays des Cheras ».

Une étymologie populaire fait dériver le nom Kerala du mot malayalam « kera » signifiant « cocotier » et « alam » signifiant « terre », soit « terre des cocotiers », surnom donné à l'État par ses habitants en raison de l'abondance de cocotiers. Dans les milieux du commerce extérieur, le Kerala était également appelé Malabar. Dès l'époque de Cosmas Indicopleustès (), les marins arabes désignaient le Kerala sous le nom de « Male ».

Histoire Les populations proto-australoïdes du Kerala, locutrices aujourd'hui de langues dravidiennes, sont considérées comme les plus anciens autochtones et sont en grande partie mélangées avec les autres types physiques arrivés plus tardivement« », article publié en 2006 dans Molecular Biology and Evolution, par Catherine Hill, Pedro Soares, Maru Mormina, Vincent Macaulay, William Meehan, James Blackburn, Douglas Clarke, Joseph Maripa Raja, Patimah Ismail, David Bulbeck, Stephen Oppenheimer, Martin Richards..

Dès le , Grecs et Romains faisaient déjà du commerce avec le Kerala qui se trouvait alors à la convergence des mondes occidental et extrême-oriental. Ses productions comme la noix de coco, la noix d'arec, et les épices s’échangeaient contre du riz, du sucre, des perles, des pierres précieuses ou des cotonnades.

Au , des juifs issus de la première diaspora fondent la première communauté juive d'Inde.

Selon la tradition l'apôtre Thomas diffuse le mouvement des nazôréens (la forme juive du mouvement créé par Jésus) à partir du milieu du de l’ère chrétienne.

Les premiers chrétiens nestoriens, issus des missions venues des communautés chrétiennes d'Orient s'y installent ou diffusent le christianisme dès le , en particulier sur la côte, grâce aux routes maritimes reliant l'Empire romain d'Orient et l'Égypte au Kerala.

Au début du Moyen Âge, les relations commerciales sont alors dominées par les marchands perses et arabes qui se sont substitués aux gréco-romains. À ce moment-là, le Kerala est divisé entre de nombreux royaumes, mais au une identité régionale se forme, lorsque le malayalam se différencie nettement du tamoul.

L'une des raisons du voyage de Vasco de Gama depuis le Portugal vers le Kerala, en 1498, est de briser le contrôle musulman sur le commerce des épices, des gemmes et des parfums entre les producteurs locaux et le Moyen-Orient. Il fait construire la première forteresse portugaise, Fort Emmanuel, en terre indienne à Cochin (Kochi) en 1503, puis, prenant avantage de la rivalité entre les rajahs de Calicut et de Cochin, entreprend de détruire ce monopole.

Cette lutte entre Calicut et Cochin, permet finalement aux Hollandais d'intervenir, puis d'expulser les Portugais de leurs forts. Les Anglais s'implantent dans la zone par l'intermédiaire de la Compagnie anglaise des Indes orientales et s'installent fermement au Kerala au début du .

En 1792, Tipû Sâhib essaie de regagner du territoire sur celui tenu par les Britanniques, mais sans succès.

L'État moderne du Kerala est créé officiellement, le , à partir de l'union du Malabar (alors une partie de l'État de Madras, anciennement présidence de Madras), du Travancore et de Cochin. Les maharajahs de ces deux derniers États princiers ont eu la particularité de se préoccuper de l'éducation et du bien-être de leurs sujets.

Géographie vignette|Massif du Pothigai, Kerala. Le Kerala consiste en une étroite bande de terre le long de la côte sud-ouest de l'Inde dont la largeur varie de 35 à . Il est bordé par la mer des Laquedives à l'ouest et par les Ghats occidentaux à l'est, culminant à l'Anamudi avec .

Situé entre 18' et 48' de latitude nord et 52' et 22' de longitude est, sa modeste superficie, , représente 1,18 % du territoire indien.

Les États du Karnataka au nord et du Tamil Nadu à l'est sont les voisins immédiats du Kerala. Le district de Mahé qui fait partie du territoire de Pondichéry, est enclavé dans le Kerala. La façade maritime de l'État fait face à l'archipel des Laquedives, qui forme notamment le territoire des Lakshadweep, et donne une ouverture sur les Maldives au sud-ouest.

vignette|Les .

Le Kerala est divisé en trois zones distinctes : les montagnes et vallées profondes se situent à l'est, sur les contreforts des Ghats occidentaux. Elles sont couvertes de forêts denses et les courtes et nombreuses rivières kéralaises y prennent leurs sources pour se jeter dans la mer des Laquedives ; la plaine centrale est constituée de collines et de larges vallées agricoles ; sur la côte, longue de , les embouchures des fleuves abritent de nombreux ports. Longeant la côte, les Backwaters constituent un vaste réseau de lagunes, très riches en biodiversité, reliées par des canaux communiquant avec la mer. De Thiruvanathapuram à Vadakara, ils représentent de voies navigables, utilisées pour le transport, avant de devenir une attraction touristique. Le lac Vembanad, entre Alappuzha et Kochi, est la plus importante réserve d'eau de l’État ().

Climat Le climat du Kerala est tropical avec un régime de mousson du sud-ouest de juin à septembre. Les précipitations sont abondantes, en moyenne (Inde : ) et il pleut entre 120 et 140 jours par an. En été, d'avril à juin, les températures atteignent , ce qui est relativement raisonnable en Inde.

Inondations de 2018 En août 2018, des font plus de quatre cents morts.

Elles dévastent l'essentiel du Kerala (13 des 14 districts, tous hormis celui de Kasaragod) et provoquent le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Il s'agit des plus importantes inondations dans l’État depuis plus d'un siècle..

Radioactivité naturelle Certaines zones du Kerala sont exposées à une radioactivité naturelle intense due à la présence de monazite dans le sol..

Flore et faune vignette|Rizière près de Sultan Bathery. vignette|Paysan soignant ses bœufs. La variété géographique et le climat expliquent l'importance de la biodiversité.

La forêt couvre 26 % de l’État, on y rencontre des essences recherchées telles que le teck, le bois de rose ou le santal, ainsi que de nombreuses herbes aromatiques.

Ces forêts et plantes donnent lieu à une activité économique appréciable : exportation de bois, artisanat, encens, huiles essentielles.

La faune est également très riche : léopards, tigres, éléphants, écureuils, singes, cerfs, ours et de nombreuses variétés d'oiseaux. Nombre de ces plantes et animaux étant endémiques au Kerala, pour protéger cette richesse, l’État a créé plusieurs parcs nationaux et réserves naturelles : Chinnar Wildlife Santuary, Eravikulan National Park, Jumarlom Bird Santuary, Periyar National Park, Silent Valley National Park.

Démographie Avec 33,4 millions d'habitants pour en 2011, le Kerala a une densité de population de . C'est l'une des plus élevées du pays ().

La concentration de population la plus forte se rencontre dans la plaine côtière où la densité diffuse de l'habitat crée une continuité ville-campagne.

Les villes principales sont : Thiruvananthapuram ()Recensement 2001, Site officiel du Gouvernement indien., capitale de l'État (son nom est souvent utilisé sous sa forme coloniale de Trivandrum), Kozhikode () et Kochi (), capitale économique, abritant le principal aéroport.

Le taux de natalité, , est un des plus bas de l'Inde (). Le taux de mortalité global, ainsi que la mortalité infantile, , sont également faibles. Ces chiffres ont permis au Kerala de limiter sa croissance démographique à 9,4 % sur la période 1991-2001, alors qu'elle est de 21,3 % pour l'ensemble du pays.

Le Kerala fait ainsi figure de modèle de transition démographique dans le pays. D'après Le Monde diplomatique, ce succès serait dû à une « politique ambitieuse en matière d’éducation et de santé : vaccination et réduction de la mortalité infantile, recul de l’âge du mariage, disponibilité de la contraception et de la stérilisation, mais aussi action sociale, élévation du niveau d’éducation et promotion de l’égalité femmes-hommes ».

L'espérance de vie, en moyenne (79 ans pour les femmes et 74 ans pour les hommes), y est également l'une des plus élevées de l'Inde et de 5,5 années supérieure à la moyenne () en 2025.

Évolution de la population . Année Population 1951 — 1961 + 24,8 1971 + 26,3 1981 + 19,2 1991 + 14,3 2001 + 9,4 2011 + 4,9

Le Kerala bénéficie du meilleur indice de développement humain des États indiens.

Il est le seul État indien où les femmes sont plus nombreuses que les hommes (104 femmes pour 100 hommes).

Alphabétisation Cet État a le plus fort taux d'alphabétisation en Inde avec 99 % en 2025 contre 78 % en moyenne pour l'ensemble du pays en 2025. Ce taux d'alphabétisation est quasiment équivalent chez les hommes et les femmes.

Religions vignette|redresse|Enfants devant une mosquée aux environs de Varkala. vignette|redresse|Kerala : religion majoritaire ou première religion par sous-district selon les données du recensement indien de 2010.

D'après le recensement de 2011, 54,73 % des résidents du Kerala étaient hindous, 26,56 % musulmans, 18,38 % chrétiens, et 0,32 % soit n'ont pas d'affiliation religieuse soit sont d'une autre religion.. Une étude du Centre for Policy Studies (CPS) indique que la part des naissances musulmanes a dépassé celle des naissances hindoues après 2015. La composition démographique en 2021 aurait évolué vers environ 52,6% d'hindous, 29,1% de musulmans et 17,9% de chrétiens.

La proportion de minorités religieuses est ainsi nettement supérieure à la moyenne nationale.

Cependant, la création en 1990 de lIslamic Sevak Sangh, dissout en 1992, mais qui réapparaît sous la forme d'un parti politique fondamentaliste, le People's Democratic Party, bien qu'ayant une audience très limitée, traduit des tensions communautairesMarc Gaborieau et Christophe Jaffrelot (dir.), Les musulmans de l'Inde, in L'Inde contemporaine, 2006..

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