Barbara Woolworth Hutton, née le à New York et morte le à Beverly Hills, est une socialite américaine, surnommée « la pauvre petite fille riche » (« Poor Little Rich Girl ») en raison de sa vie mouvementée. Elle fit don de la Winfield House au gouvernement des États-Unis, pour servir de résidence à l'ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni, lors d'une transaction pour un dollar symbolique, après la Seconde Guerre mondialeAmbassador's Residence: Winfield House - Embassy of The United States in London, U.K..
Biographie Née à New York, Barbara Hutton est la fille unique d'Edna Woolworth (1883–1918), elle-même fille de Frank W. Woolworth, fondateur des populaires magasins « five and dime » Woolworth. « Five and dime » est un magasin où l'on vend tout à cinq ou dix cents (soit environ 0,0790 € ou 0,0395 €)..
Le père de Barbara Hutton est Franklyn Laws Hutton (1877–1940), un homme riche, cofondateur de E. F. Hutton & Company, une société new-yorkaise d'investissement et de courtage en bourse, propriété du frère de Franklyn, Edward Francis. Elle est la nièce par alliance de Marjorie Merriweather Post, héritière d'un empire céréalier, et qui est, de 1920 à 1935, l'épouse de E.F. Hutton ; leur fille, l'actrice Dina Merrill (née Nedenia Hutton), est cousine germaine de Barbara Hutton.
Edna Hutton se suicide alors que Barbara a cinq ans. C'est l'enfant qui découvre le corps de sa mère. Après une enquête bâclée à la demande de Frank Woolworth qui veut éviter un scandale à la famille, on conclut à une mort accidentelle.. Barbara vit chez différents membres de sa famille, et elle est élevée par une gouvernante. Sa cousine, Dina Merrill, raconte dans la « Biographie des Woolworth » diffusée sur A&E, que Barbara vit avec eux, après la mort de sa mère, son père l'ayant abandonnéeBarbara Hutton; a candid biography, page 17.. Son grand-père Frank Woolworth prit grand soin de l'enfant jusqu'à sa mort le .. Et après la mort de sa femme Jennie Woolworth, (une malade mentale), Barbara hérite de de dollars, auxquels s'ajoute le legs de sa mère Edna : de dollars..
Elle devient une enfant introvertie, qui ne communique pas avec les jeunes de son âge. Son plus proche ami et seul confident est son cousin Jimmy Donahue, le fils de sa tante maternelle.
Selon les traditions de la haute société new-yorkaise, Barbara Hutton participe à un bal de débutante fastueux lors de son , où sont invités les familles Astor et Rockefeller, entre autres élites. Des vedettes comme Rudy Vallee, Meyer Davis et son orchestre animent la soirée, tandis que Maurice Chevalier accueille les invités.. Trois ans plus tard, en 1933, pour son , son héritage, qui est évalué à plus d' de dollars actuels, fait d'elle l'une des femmes les plus riches du monde. Sa réception d'anniversaire coûte entre et dollars de l’époque, alors que le pays sort à peine de la Grande Dépression. La critique publique est très intense. Mais surtout, Barbara n'a pas trouvé le beau parti qu'elle espérait rencontrer, et elle s'entiche d'un play-boy du nom de Phil Plant. C'est la raison pour laquelle son père l'embarque pour l'Europe, vers la Grande-Bretagne et ses aristocrates..
Vie personnelle Bien que Barbara Hutton est dépeinte dans la presse comme une jeune femme « chanceuse » qui a tout, le grand public n'a aucune idée des problèmes psychologiques qu'elle connaît, et qui la mènent à une vie de victimisation et d'abus. Elle se marie sept fois : 1933 – Alexis Mdivani, soi-disant prince géorgien, dont le mariage a lieu en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky. Le couple divorce en 1935 ; 1935 – le comte Curt Heinrich Eberhard Erdmann Georg von Haugwitz-Hardenberg-Reventlow, dont elle divorce en 1938 ; 1942 – Cary Grant, dont elle divorce en 1945 ; 1947 – le prince Igor Troubetzkoy, dont elle divorce en 1951 ; 1953 – Porfirio Rubirosa, dont elle divorce en 1954 ; 1955 – le baron Gottfried Alexander Maximilian Walter Kurt von Cramm, dont elle divorce en 1959 ; 1964 – le chimiste vietnamien Pierre Raymond Doan, dont elle divorce en 1966.
Mdivani et Reventlow
Ses deux premiers maris puisent largement dans sa grande fortune, en particulier le très autoritaire Curt Haugwitz-Reventlow, dont elle a son seul enfant, un fils, Lance ReventlowThis fabulous century, page 156. (1936-1972).
Reventlow lui fait subir des violences verbales et physiques, ce qui oblige Barbara à aller à l'hôpital et Reventlow est envoyé en prison. Il la persuade d'abandonner sa citoyenneté américaine pour adopter la nationalité danoise (qu'il détenait lui-même de naissance), pour des raisons fiscales. Elle y consent en devant une cour fédérale à New-York. Dès lors, elle sombre dans l'abus de médicaments, puis devint anorexique pour le reste de sa vie.
Lorsqu'elle divorce de Reventlow, elle obtient la garde de leur fils, et, comme son père l'avait fait avec elle, elle laisse l'éducation de Lance à une gouvernante et à des écoles privées.
Le poète populaire Ogden Nash compose un poème sur la vie privée dévoilée en public de Hutton en composant les vers suivants :
Cary Grant Devant la menace de la Seconde Guerre mondiale en 1939, Barbara Hutton déménage en Californie. Pendant la guerre, elle donne de l'argent aux Forces françaises libres et fait don de son yacht à la Royal Navy. Se servant de son image de femme du monde pour vendre des obligations de guerre, elle redore son image publique, après avoir été tournée en dérision par la presse à la suite de ses scandales conjugaux. À Hollywood, elle rencontre Cary Grant, l'une des plus grandes stars du cinéma de l'époque, et l'épouse. D'elle, l'acteur ne semble n'avoir eu besoin ni de son argent, ni de son nom ; sinon en avoir été sincèrement amoureux. Néanmoins, ce mariage échoue également sans que le jugement de divorceCary Grant: A Class Apart, Graham McCann, page 159. n'ait effectivement fait état de demande ou d'indemnités quelconques.
Igor Troubetzkoy Barbara Hutton quitte la Californie et déménage à Paris, avant de faire l'acquisition d'un palais à Tanger. Elle commence alors à fréquenter Igor Troubetzkoy, un autre prince russe expatrié, de maigre fortune mais de renom mondial. Au printemps de 1948, elle l'épouse à Zurich. Cette même année, il est le pilote de la première Ferrari engagée dans un grand prix automobile. Il prend part au Grand Prix de Monaco, puis remporte le Targa Florio. Il demande finalement le divorce. La tentative de suicide de Barbara Hutton occupe les grands titres de la presse mondiale. Étiquetée par la presse comme la « pauvre petite fille riche », sa vie est un sujet de prédilection des journaux, qui l'exploitent pour l'offrir à un public fascinéBarbara Hutton; a candid biography, page 160..
Porfirio Rubirosa, « La crema y nata » Son mariage suivant ne dura que 53 jours, du au , avec le dominicain Porfirio Rubirosa. Ce dernier, l'un des plus illustres playboys internationaux, épouse la vulnérable Barbara Hutton tout en continuant sa relation avec l'actrice Zsa Zsa Gabor.The very rich: a history of wealth, page 135..
Barbara Hutton passe alors du temps avec les Américains James Douglas et Philip Van Rensselaer. Cependant, son train de vie dépensier continue, et bien que déjà propriétaire de nombreux domaines autour du monde, elle fait bâtir en 1959 un luxueux palais de style japonais sur un terrain de à Cuernavaca, au MexiqueFrommer's Portable Acapulco, Ixtapa & Zihuatanejo, page 156..
Gottfried von Cramm Son mari suivant est un ami de longue date, le baron Gottfried von Cramm, vedette du tennis allemand. Ce mariage se termine encore une fois par un divorce. Il se tue dans un accident d'automobile près du Caire en 1976Barbara Hutton; a candid biography, page 214..
Raymond Doan Vinh na Champassak C'est à Tanger qu'elle rencontre son septième et dernier mari, le chimiste vietnamien Pierre Raymond Doan, trop plébéien à son goût, auquel elle achète un titre auprès de la famille Na Champassak du LaosMarc Lambron, « Babara Hutton, la vie scandaleuse d’une héritière croqueuse de diamants… et de maris », Madame Figaro, 11 juillet 2021.. Ce dernier mariage est également éphémèreF.W. Woolworth and the American five and dime: a social history..
Barbara Hutton apparaît fréquemment prise de boisson en public et ses dépenses se poursuivent sans relâcheCo-starring famous women and alcohol, page 26.. Elle se met à passer du temps avec des hommes plus jeunes qu'elle, et il lui arrive de faire des cadeaux à de parfaits inconnusThe dilemmas of family wealth: insights on succession, cohesion, and legacy, page 150.Million dollar baby: an intimate portrait of Barbara Hutton, Philip Van Rensselaer..
Arts et joaillerie Au fil des ans, et outre un héritage important qui comprenait des toiles de maîtres et d'importantes sculpturesF.W. Woolworth and the American five and dime: a social history, p. 203., elle se constitue elle-même une magnifique collection regroupant le spectre des arts, de la porcelaine, des bijoux de valeur, y compris des pièces historiques sophistiquées ayant appartenu à Marie-Antoinette et à l'impératrice Eugénie et d'importantes pièces de Fabergé et CartierCartier, Hans Nadelhoffer, p. 124.Barbara Hutton; a candid biography, p. 166.F.W. Woolworth and the American five and dime: a social history, p. 166..
Diadème d'émeraudes des Romanov Cartier achète à Marie Pavlovna de Russie un diadème d'émeraudes faisant partie de sa collection de bijoux. Barbara Hutton l'achète à Cartier. En 1947, elle demande à Lucien Lachassagne, le créateur de la maison Cartier, de concevoir un nouveau diadème à partir du joyau des Romanov. Dans le milieu des années 1960, elle revend le diadème à Van Cleef & Arpels pour financer son divorce avec Pierre Raymond Doan.
Bague sertie du diamant Pasha of Egypt Le Pasha of Egypt, ou Pasha Diamond, est un diamant octogonal de 40 carats. Il constitue la plus belle pierre du trésor ottoman. Il appartient à la dynastie royale égyptienne. Le roi Farouk d'Égypte vend le diamant à Bulgari dans les années 1940. Barbara Hutton l'achète et demande à Cartier de le retailler pour lui donner une forme ronde en taille brillant. Le poids du diamant est ramené à 36 carats et il est monté sur une bague.
Collier de jadéite Barbara Hutton reçoit de la part de son père, pour son mariage avec le prince Alexis Mdivani en 1933, un collier de jadéite composé de 27 perles. Ce collier, qui a probablement appartenu à la famille impériale chinoise au début du , est acheté par Cartier, qui le dote d'un fermoir en platine. Barbara Hutton le fait ensuite modifier dans l'esprit art déco, en remplaçant le fermoir par une attache ronde en or jaune sertie de diamants et de rubis. En 2013, Cartier rachète le collier pour de dollars, dans une vente aux enchères chez Sotheby's à Hong Kong.
Bracelet Ludo En 1935, Barbara Hutton collabore avec Van Cleef & Arpels pour créer le bracelet Ludo, dans l'esprit des boucles de ceinture masculines. Elle en commanda une version platine et diamants.
Collier de perles de Marie-Antoinette Également acheté chez Cartier par son père lors de son premier mariage, ce collier est réputé avoir appartenu à Marie-Antoinette.
Parure d'émeraudes de la comtesse de Castiglione En 1936, elle achète à Ganna Walska la parure d'émeraudes (diadème, collier, pendentifs, bracelet) offerte par Napoléon III à la comtesse de Castiglione..
Dernières années thumb|right|Mausolée de la famille Woolworth.