La campagne de Lorraine désigne l'ensemble des opérations militaires qui se sont déroulées en Lorraine, pendant l'hiver 1944-1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Contexte historique Pour désigner l'ensemble de ces opérations militaires dans le nord-est de la France, l'armée américaine distingue officiellement deux campagnes, la campagne Northern France (France du Nord) et la campagne Rhineland (Rhénanie)Le terme « Campagne de Lorraine » fut utilisé par Hugh M. Cole en 1950. Comme le précisait l'auteur : Bien que le terme de « Campagne de Lorraine » ne soit pas officiel, il représente un usage plus classique du terme « campagne », car les batailles décrites par ce terme faisaient partie d'une opération de grande envergure qui avait un objectif fixé. En revanche, les noms officiels de campagne de l'armée américaine se référent à des campagnes multiples avec de grandes organisations militaires ayant des objectifs divers.. La première phase de la « Campagne de Lorraine » commence le La libération de Verdun et de Bar-le-Duc par la armée américaine, les 31 août et septembre 1944 est acquise dès le début de la campagne de Lorraine. et se termine le . Cette première phase de la campagne, menée par la armée américaine, s'est terminée par la victoire des Alliés dans les secteurs de Nancy, Lunéville, Épinal, Saint-Dié, Thionville, Sarrebourg et Metz. La seconde phase de la « Campagne de Lorraine » concerne la libération des territoires mosellans encore occupés après le . L'ensemble du territoire ne sera libéré qu'en par la armée américaineForbach sera libéré le 13 mars, Bitche le 16 mars, et Sturzelbronn le 19 mars 1945..
Chronologie de la campagne Sur le plan opérationnel, la « campagne de Lorraine » concerne la bataille de Metz, celle de Nancy, les combats dans les Vosges, la progression en Moselle jusqu'à la frontière franco-allemande de 1939 et les combats de janvier à .
Elle peut se décomposer en trois étapes.
Progression vers la Moselle
Devant Metz, la armée US menaçait gravement les défenses du Reich, et en particulier la ligne Siegfried, à moins de 60 kilomètres. Espérant gagner du temps pour renforcer cette ligne fortifiée, l'OKW décida de freiner la progression de Patton en renforçant les points stratégiques de ce front. La Moselstellung, une ligne fortifiée de forts construits pendant l’annexion de 1871 dans la vallée de la Moselle entre Metz et Thionville, constituait un excellent point d'appui pour les troupes allemandes. Le secteur relevait alors de la armée allemande. Le , la défense de Metz fut confiée au général Walter Krause et la ville fut déclarée forteresse du Reich six jours plus tard. Pour l'OKW, arrêter Patton était une priorité. Le haut-commandement n’hésita pas à affecter de nouvelles troupes sur le secteur, comme la SS-Panzergrenadier-DivisionRené Caboz, La bataille de Metz, 25 août - 15 septembre 1944, Sarreguemines, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1984..
Blocage devant Metz
La armée, manquant d'essence, fut incapable de prendre rapidement à la fois Nancy et Metz, à la différence des actions qui avaient caractérisé l'avance rapide de Patton à travers la France. Après l'engagement d'Arracourt, la libération de Nancy et le combat de Mairy, la armée américaine fut stoppée par les défenses de Metz. Jusqu'au et le début de l'assaut sur Metz, une météo exceptionnellement pluvieuse gêna en outre les opérations militaires. Ces problèmes logistiques, combinés à la combativité des troupes allemandes et à une bonne utilisation des défenses de Metz, retarda la chute de la ville jusqu'à la fin de novembre 1944.
Progression vers la ligne Siegfried
Après la chute de Metz, la armée lança une offensive pour atteindre la ligne Siegfried. L'attaque sur la Sarre était en cours quand les Allemands lancèrent l'offensive des Ardennes. Les opérations sur la Sarre furent stoppées, la armée déplaçant ses troupes vers le nord pour contre-attaquer sur le flanc sud de l'offensive en Belgique et au Luxembourg. Ce changement d'objectif marqua la fin de la première phase de la campagne de Lorraine. Les combats reprirent avec la VIIe armée américaine du général Patch. Après l'offensive allemande de , très meurtrière, les combats se poursuivirent dans les secteurs de Forbach et Bitche jusqu'en .
Forces en présence
Première phase (août 1944 - décembre 1944)
Les forces américaines sont supérieures en nombre et en équipements aux forces allemandes, malgré les problèmes logistiques dus à l'allongement des lignes de ravitaillement entre la Normandie et la Lorraine. Les forces américaines disposent surtout d'une supériorité aérienne écrasante, supériorité qui lui permettra de surmonter les difficultés rencontrées entre la Meuse et le RhinRené Caboz, La Bataille de Metz. 25 août - 15 septembre 1944, Sarreguemines, 1984.. Le , la ligne de front en Lorraine voit s'opposer : Forces américaines de la IIIe armée américaine corps d'armée du Major General Walton H. Walker (région de Verdun) corps d'armée du Major General Manton S. Eddy (région de Toul-Pont-à-Mousson) corps d'armée du Major General Haislip (région de Chaumont) Unités américaines du corps d'armée : de cavalerie (Drury, puis Polk), corps d'armée Armored Division (division blindée): (Lindsey H Sylvester), corps d'armée Armored Division, corps d'armée Infantry Division, corps d'armée Infantry Division, corps d'armée Infantry Division, corps d'armée Artillery Corps, corps d'armée
Unités américaines du corps d'armée :
Unités américaines du corps d'armée :
Forces allemandes de la I armée allemande LXXXII. Armeekorps ( d'armée) du General der Artillerie Johann Sinnhuber (entre Longwy et Arnaville, face au corps US) XLVII. Panzerkorps ( d'armée) du General der Panzertruppen Hans Freiherr von Funck puis Heinrich Freiherr von Lüttwitz (entre Arnaville et Lunéville, face au corps US))
Unités de blindés allemandes : Éléments de la 21e Panzerdivision du LXVI corps d'armée (secteur de Charmes - Epinal) Éléments de la 11e Panzerdivision (secteur Château-Salins - Sarreguemines) Panzer-Brigade Feldherrnhalle (secteur de Briey - St-Privat puis Pont-à-Mousson - Château-Salins) Panzer Brigade (secteur Epinal - Lunéville - Château-Salins) Panzer Brigade (secteur Epinal - Lunéville) Panzer Brigade de Seckendorff (secteur Lunéville - Château-Salins) 3e Panzergrenadier Division du XLVII. Panzerkorps: Panzer Grenadier Regiment et la Panzer-Abteilung du d'armée (secteur d'Arnaville - Pont-à-Mousson) 15e Panzergrenadier Division du XLVII. Panzerkorps: Panzer Grenadier Regiment du d'armée (secteur d'Arnaville - Pont-à-Mousson) Panzergrenadier Division: Panzer Grenadier Regiment du LXXXII. Armeekorps (secteur de Metz)
Divisions d'infanterie allemande : Infanterie Division (secteur de Pont-à-Mousson) Infanterie Division du LXXXII. Armeekorps (secteur de Longwy - Thionville) Infanterie Division du LXXXII. Armeekorps (secteur Metz - Sarreguemines) Infanterie Division du LXXXII. Armeekorps, sous les ordres de Krause (secteur de Metz) Volksgrenadier Division du LXXXII. Armeekorps (secteur de Thionville - Metz) 553e Volksgrenadier Division du XLVII. Panzerkorps (secteur de Pont-à-Mousson - Nancy) Volksgrenadier Division du LXXXII. Armeekorps (secteur de Saint-Avold)
Les pertes estimées à ce moment de la campagne furent de pour les Américains et entre 50 et pour les Allemands. Du au , la Troisième armée de Patton a perdu 105 blindés légers, 298 blindés moyens, 1080 véhicules légers et 34 pièces d'artillerie (> )Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (). Les dégâts infligés aux moyens de transport et à l'artillerie allemande par la Troisième armée et le Tactical Air Command ont été très largement supérieurs à ceux infligés à la Troisième armée.
Deuxième phase (décembre 1944 - mars 1945) thumb|right|Front en Lorraine, le janvier 1945. En , la situation change avec le départ de la IIIe armée américaine et la reprise des combats par la VIIe armée américaine. Côté allemand, la armée allemande assure toujours la défense du Reich dans ce secteur du front. La ligne de front se confond maintenant avec la Ligne Siegfried. C'est dans ces conditions qu'eut lieu l'opération Nordwind, du , dans le nord de la Lorraine et de l'Alsace. L'objectif de l'offensive était double. L'OKW voulait d'une part soulager les troupes allemandes engagées dans la bataille des Ardennes, en mobilisant des forces alliées dans le nord-est de la France. D'autre part, il voulait détruire la américaine qui menaçait toujours la ligne Siegfried. Le Groupe d'armées G du général Johannes Blaskowitz attaque avec 4 corps d'armée, le LXXXII. Armeekorps, le XIII. SS-Armeekorps, le LXXXX. Armeekorps et le LXXXIX. ArmeekorpsAnthony Kemp: Lorraine - Album mémorial - Journal pictorial : 31 août 1944 - 15 mars 1945, Heimdal, 1994. (). Le Heeresgruppe sera renforcé par le Volks-Artillerie-Korps 410, les et Volks-Werfer-Brigaden, la Schwere Panzerjäger Abteilung 653, la Mörser-Batterie 428 et les Panzer-Flamm-Kompanien 352 et 353. À la fin du mois de janvier, l'offensive, stoppée par les troupes alliées, fut abandonnée. Malgré l'échec de l'offensive, les Américains n'exploitent pas la situation. Ils campent sur leurs positions en Lorraine jusqu'au déclenchement de l'opération Undertone le . La Infantry Division prend Bitche le , mettant ainsi un terme à la Campagne de Lorraine.
Forces américaines de la armée corps d'armée de Milburn (région de Sarreguemines) corps d'armée de Haislip (région de Forbach - Wingen-sur-Moder) corps d'armée de Brooks (région de Saverne - Haguenau) Forces allemandes de la armée LXXXII. Armeekorps sous les ordres du General der Infanterie Walter Hörnlein (région de Sarrelouis-Forbach) 416. Infanterie-Division 719. Infanterie-Division 347. Infanterie-Division SS-ArmeekorpsErich Spiwoks, Hans Stober: Endkampf zwischen Mosel und Inn: XIII. SS-Armeekorps, Munin-lVerlag, Osnabruck, 1976. () sous les ordres du SS-Gruppenführer Max Simon (région de Sarreguemines - Rohrbach-lès-Bitche) 19. Infanterie-Division 36. Infanterie-Division 17. SS-Panzer-Grenadier-Division 21. SS-Panzer-Division (en réserve) 25. Panzer-Grenadier-Division (en réserve) LXXXX. Armeekorps sous les ordres du General der Flieger Erich Petersen (région de Bitche) 257. Infanterie-Division 559. Infanterie-Division LXXXIX. Armeekorps sous les ordres du General der Infanterie Gustav Höhne (région de Éguelshardt-Philippsbourg-Wissembourg) 361. Infanterie-Division 245. Infanterie-Division 256. Infanterie-Division 6. Gebirgs-Division (en réserve)
Notes et références
Orientation bibliographique René Caboz: La Bataille de la Moselle : -, éditions Pierron, Sarreguemines, 1981. René Caboz: La Bataille de Metz : -, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1984.. René Caboz: La bataille de Thionville ou La libération du pays des trois frontières : -, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1991. René Caboz: La bataille de Nancy : Luneville, Château-Salins, Faulquemont : -, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1994. René Caboz: La bataille de Maizières-lès-Metz : - ; suivi de Maizières la martyre : sélection de documents et photographies Ville de Maizières-lès-Metz, 1994. Anthony Kemp: Lorraine Album Memorial - , Heimdal, 1994. sur base de The Lorraine Campaign, Hugh M. Cole, Washington: Center of Military History, 1950. Cole, P. XIII.
Articles connexes Bataille de Metz Libération de Nancy Bataille d'Arracourt Bataille de Bruyères Libération de Bitche Chronologie de la Libération en France Bataille des Vosges (Seconde Guerre mondiale) Bataille d'Alsace
Liens externes The Lorraine Campaign online U.S. Army brochure on the Northern France Campaign U.S. Army brochure on the Rhineland Campaign Le siège de Bitche 1944-1945, documentaire, 59mn, Mallory Grolleau
* Catégorie:Bataille de 1944 Catégorie:Bataille impliquant l'Allemagne Catégorie:Bataille de la Seconde Guerre mondiale impliquant les États-Unis