Valence (officiellement et en valencien : . ; ) est une ville d'Espagne, capitale de la province homonyme et de la Communauté valencienne. Sa population en 2025 est de , si l'on inclut son . C'est la troisième ville et zone métropolitaine la plus peuplée d'Espagne, derrière Madrid et Barcelone. vignette|redresse=1.3|Vue panoramique de Valence depuis le Micalet.
Valence est fondée par les Romains en tant que colonie en 138 av. J.-C. sous le nom de Valentia Edetanorum. Après les périodes romaine et wisigothique, en 711, les musulmans occupent la ville, comme la plus grande partie de la péninsule Ibérique, apportant leur culture et leurs techniques, notamment en matière agricole, avec des systèmes d'irrigation performant et l'introduction de nouvelles cultures. En 1238, Jacques Ier, roi d'Aragon et comte de Barcelone, conquiert la ville et répartit les terres entre les colons participant à la conquête et au repeuplement ultérieur. Il institue une nouveau corpus législatif pour la ville, les fors de Valence, bientôt étendus à l'ensemble du nouveau royaume de Valence. Au sein de la couronne d'Aragon, Valence et son royaume connaissent une période de prospérité qui culmine au cours du dénommé siècle d'or valencien, entre les dernières décennies du et le . Au début du , Philippe V abroge les fors pour punir le royaume de Valence qui avait majoritairement défendu ses rivaux les Habsbourg au cours de la guerre de Succession d'Espagne, les institutions du royaume disparaissent et son territoire est intégré à la couronne de Castille. En 1982, Valence devient capitale de la Communauté Valencienne, une communauté autonome d'Espagne.
La ville est située sur les rives du fleuve Turia, sur la côte orientale de la péninsule Ibérique, au centre du golfe de Valence. À l'époque de sa fondation par les Romains, elle était située sur une île fluviale du Turia, à environ quatre kilomètres de la mer. À environ dix kilomètres au sud de la ville se trouve la lagune de l'Albufera, propriété de la municipalité de Valence depuis 1911, abritant un écosystème remarquable.
En 2012, l'économie de la ville était axée sur les services, puisque près de 84 % de la population active occupée appartenait à ce secteur. Cependant, la ville a conservé une base industrielle, représentant 5,5 % de la population active. L'activité agricole se maintient encore sur le territoire municipal, principalement à travers des vergers, des cultures d'agrumes et maraîchère, qui forment sa célèbre huerta.
Valence dispose d'un patrimoine historique et monumental et de différents espaces paysagers et culturels, qui en font une des principales destinations touristiques d'Espagne. Parmi ses monuments les plus représentatifs figurent le Micalet, la Cathédrale Sainte-Marie, les tours de Serranos, les tours de Quart, et la Loge de la soie, déclarée patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1996. D'autres espaces touristiques et artistiques importants sont le musée des Beaux-Arts, l'Institut valencien d'art moderne (IVAM) et la Cité des Arts et des Sciences, inaugurée en 1998 et devenue un nouvel emblème de la ville. Le tribunal des Eaux, déclaré en 2009 patrimoine culturel immatériel de l'humanité, témoigne d'une longue tradition locale liée à l'activité agricole.. Les fallas, festa major de la ville, sont entrées au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO en 2016. Valence a accueilli divers événements mondiaux qui ont contribué à façonner l'image de la ville et à lui donner une projection internationale.
Toponymie Le toponyme « Valence » ( ; ) dérive du latin Valentia Edetanorum, que lui donnèrent les Romains lors de sa fondation. Ce nom fait référence aux Edetans, peuple ibère local, et correspond à l'habitude, attestée au , de fonder des colonies avec des toponymes allégoriques de vertus militaires. Valentia est dérivé de , , participe présent du verbe (« être fort, vigoureux, en bonne santé »). La désinence du pluriel neutre du participe provient de l'expression (« places fortes vigoureuses », c'est-à-dire « valides, actives »), par opposition aux (« vieilles places fortes », c'est-à-dire « places fortes abandonnées »). Valentia signifie donc littéralement « force, vigueur ».
Cette appellation contraste avec l’étymologie du nom de la Valence musulmane : sous le prince Abd al-Rahman , Valence devient une ville islamique et les géographes qui la mentionnent l'appellent Madinat al-Turab, « ville de terre », probablement parce que Valence était construite sur un sol d'alluvion et non sur la roche, et parce que ses rues n'étant pas pavées, la poussière y était abondante. Ils réservent le terme Balansia à toute la taïfa de Valence. À l'époque d'Abd al-Aziz, la ville récupère le toponyme d'origine romaine Balansīa.
Tout au long de l'histoire, la ville reçoit plusieurs surnoms, tels que « la ville aux mille tours » (). au cours des , « la capitale Turia » ou « la ville du Turia ». Au Moyen Âge, la ville est appelée «» (« Tête [ou Chef] et foyer» [du royaume], une dénomination encore usitée aujourd'hui). Celle-ci, comme l'expression courante de «» (« Ville et Royaume »), illustrent l'étroit lien unissant la ville et son territoire, la première se constituant comme métropole du second. Au moment de sa conquête temporaire par Rodrigo Díaz de Vivar, elle est surnommée « Valence du Cid » ( ; ), une appellation reprise par certains écrivains de tendance conservatrice et désormais associée avec l'idéologie du franquisme. Au , Valence devient aussi connue comme la « ville couvent », selon la description qu'en fait Victor Hugo dans Les Orientales (1829) (« Valence a les clochers de ses trois cents églises »).
En catalan-valencien, le nom de la ville s'écrit València (prononcé [vaˈlensia] en valencien général, [baˈlensia] en valencien central et en catalan nord-occidental) ; historiquement, on trouve, bien que rarement, la graphie Valéncia, mais cette forme n'est pas retenue par l'AVL.
Géographie Localisation vignette| Vue aérienne de Valence et ses environs en août 2017, photo du satellite Sentinel-2 du programme Copernicus de l'Agence spatiale européenne. La ville de Valence se situe sur la côte méditerranéenne de la péninsule ibérique, sur la plaine alluviale des fleuves Júcar et Turia, en plein centre du golfe de Valence. La noyau urbain primitif était situé à environ quatre kilomètres de la mer, sur une île fluviale du Turia. Les montagnes les plus proches de la ville sont quelques-uns des derniers contreforts du système ibérique dans la Communauté valencienne, comme le Cabeçol d'El Puig et la Serra Calderona, à environ 12 et 25 km au nord de la ville respectivement.
Valence a été traditionnellement capitale de l'ancienne comarque historique et naturelle de l'Horta de Valence, qui a été divisée en 1989 pour former les comarques de l'Horta Nord, l'Horta Sud, l'Horta Oest et celle de la « ville de Valence ». La comarque de Valence s'étend à la ville, ses écarts («») et à la lagune de l'Albufera. La « ville de Valence » est limitrophe au nord avec les comarques de l'Horta Nord et du Camp de Túria, à l'est avec la mer Méditerranée, au sud avec les comarques de l'Horta Sud et la Ribera Baixa, et à l'ouest avec celle de l'Horta Oest.
Municipalités limitrophes L'exclave de Rafalell et Vistabella est limitrophe de Masamagrell, Masalfasar et la mer Méditerranée.
L'exclave de Mauella et Tauladella est limitrophe de Museros, Albuixech et Albalat dels Sorells.
L'exclave de Cases de Bàrcena est limitrophe de Foios, Meliana, Almàssera, Bonrepòs i Mirambell et Vinalesa .
Topographie vignette| Carte topographique de Valence (2007). La ville de Valence se trouve au centre de la dépression valencienne, au sud du système Ibérique. Cette plaine est la plus étendue de tout le bassin méditerranéen espagnol. La dépression est bordée par la Serra Calderona au nord, les monts du Turia au nord-ouest, la à l'ouest, le au sud-ouest et la Serra de Corbera et le au sud.
La dépression n'est pas entièrement une plaine, car les zones extrêmement plates les plus proches de la côte sont connectées via de vastes contreforts intérieurs, comme le ou le (deux comarques historiques). La plaine est parsemée de petites collines qui en brisent l'unité, comme le Cabeçol d'El Puig, la montagne des Saints de Sueca, la de Torrent ou la de Cullera. L'altitude la plus élevée de la commune est de 104 m, mesurée à la ravine () d'Horteta. Les paysages traditionnels de cette unité de relief sont les champs de cultures de la huerta, les zones humides comme l' Albufera et les marais de Rafalell et Vistabella et .
Une ville fluviale Valence est une ville fluviale, née à l'époque romaine sur une île au milieu du fleuve Blanc, l'actuel Turia. La ville est d'ailleurs surnommée « la capitale du Turia » ou « la ville du Turia ». Le fleuve est protagoniste de sa géographie et de son histoire, un facteur décisif dans la culture valencienne et une préoccupation constante à cause de ses catastrophes régulières. Selon l'historien Francesc Martínez Sanchis, la comarque de l'Horta Sud a connu au moins 12 crues entre 1864 et 2024, dont cinq « catastrophiques ».. Sans le fleuve, ni la morphologie de la ville ni la ville construite ne peuvent être comprises. Le rôle de l'ancien lit du Turia a été déterminant pour l'évolution et la configuration du centre urbain fortifié.
Les Romains choisirent une terrasse fluviale plus haute que le terrain environnant afin que la ville soit à l'abri des crues violentes et proche du port fluvial. C'est autour de ce noyau initial que s'organisera de façon compacte tout le développement urbain ultérieur. L'expansion urbaine à l'époque médiévale se fera sur des zones inondables, des zones que les Romains évitaient et qui, en même temps, génèreront une ségrégation urbaine : les zones les plus hautes, sans risque d'inondation, contiennent les bâtiments les plus importants de la ville : la Cathédrale, la Generalitat, l' ; ils accueillent les élites politiques (la noblesse et le clergé), tandis que les zones concaves environnantes abritent le reste de la société et les activités de loisirs et d'artisanat.
Tout au long de l'histoire, l'eau du Turia a été utilisée pour irriguer les champs, pour lesquels un réseau d'irrigation complexe a été développé, caractéristique de la huerta de Valence
Les huit canaux d'irrigation (seguias) sont, sur la rive droite : la seguia de Quart, d'où part ensuite la seguia de Benàger i Faitanar, qui a également la catégorie de « seguia mère » ; la seguia de Mislata ; la seguia de Favara ; et celle de Rovella . Et sur la rive gauche : la seguia de Tormos ; la seguia de Mestalla ; et celle de Rascanya.
Les toponymes de Ciutat Vella indiquent explicitement des élévations et des dépressions hors de portée des inondations ainsi que des concavités susceptibles d'être affectées par les débordements du fleuve : davallada de Burguerins, dels Genovesos (« Descente des Gênois »), pujada de la taverna del Toledà (« montée de la taverne du Tolédan »), rambla de Predicadors, carrer de la Mare Vella (du fleuve), el Tros Alt (plaça del Tossal), permettant de mieux comprendre les préoccupations des personnes qui les ont créés et l'importance du fleuve dans la configuration de Valence tout au long de son histoire.
Après la démolition des au milieu du , le fleuve est pendant des siècles une frontière physique et psychologique, qui entrave l'expansion de la ville vers le nord. Les représentations cartographiques, les vues de la ville et les photographies témoignent de la présence et de la prééminence du fleuve dans le portrait de la ville dans le temps.