thumb|Dans un sol humide et oxygéné, il existe peu de traitement permettant aux bois vulnérables (ici résineux) de résister longtemps à la dégradation bactérienne et fongique thumb|Détail de la photo ci-dessus Longtemps, les traitements conservateurs des bois n'ont pas fait appel à des produits chimiques (fongicides, algicides, ou insecticides). Les traitements conservateurs des bois sont aujourd'hui nombreux. Ils se font par application externe, imprégnation, chauffage Ce sont des traitements: physiques (séchage, rétification, traitement thermique) par des produits naturels (huile de lin, vernis de gomme-laque, cire d'abeille, colophane...) ou par des produits chimiques (pesticides à base de métaux lourds (cuivre, arsenic, chrome, plomb...) et/ou de molécules synthétisées par la chimie organique)

Certains de ces produits posent des problèmes non résolus de toxicité, rémanence (polluants organiques persistants) et devenir en fin de vie des matériaux traités. Ce sont des sources possibles de ce qu'on appelle Pollution intérieure et d'intoxication des bricoleurs, artisans ou ouvriers professionnels devant travailler (percer, scier, poncer) des bois pré-traités (dont les déchets sont parfois à considérer comme déchets toxiques)I. Subra, G. Hubert, S. Aubert, M. Héry, J.M. Elcabache, Exposition professionnelle aux métaux lors de l’usinage des bois traités au cuivre, chrome, arsenic, Service Évaluation et prévention du risque chimique, Centre de recherche de l'INRS, Nancy ; Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail - , 1999

Histoire Théophraste (371-287 avant J.-C.) a dressé une liste de bois durables. Le chêne est en Europe l'essence la plus utilisée sous le rapport de la durabilité. On croyait également que la saison d'abattage des arbres ou les phases de la lune influençaient la durabilité naturelle du bois (Indian Rig-Véda, 1000-400 avant J.-C.; Hésiode, environ 700 avant J.-C. et Confucius, 551-479 avant J.-C.), mais les connaissances actuelles n'accordent la plupart du temps aucune ou peu d'importance à ces critères. Des recommandations ont également été émises concernant l'écorçage et le stockage à l'air libre des grumes ou dans l'eau afin de minimiser les attaques de ravageurs et d'empêcher les fentes: un bois complètement immergé et imbibé d'eau (conditions anoxiques) se conserve de manière illimitéeFCBA, Forstliche Versuchs und Forschungsanstalt. Par l’équipe de spécialistes de l’Action Concertée QLK5-CT2001-00645 STODAFOR. Coordination : Didier Pischedda Guide technique sur la récolte et la conservation des chablis. Année 2004 ; depuis le néolithique, les établissements lacustres expérimentent quotidiennement cette capacité de l'eau ; les constructeurs de navires savaient également depuis une période indéterminée, que les parties immergées de la coque sont protégées des attaques fongiques. Une méthode de conservation des grumes survit de nos jours réalisée par trempage du bois dans l'eauAntoine Joseph de Fréminville. Traité pratique de construction navale. A. Bertrand, 1864 - lire en ligne.

Les différentes traditions constructives en bois que ce soit pour des bâtiments de mer ou les bâtiments de terre, montrent un souci de perfectionnement qui vise à rendre le bois plus résistant aux attaques des insectes et des champignons. Pour les derniers, la mise hors d'eau par des procédés adéquats de construction, et l'utilisation de bois plus durs et résistants dans les parties à risque diminuent les risques de dégradation rapide du bois. Les premiers débuts de la préservation chimique des bois comprenaient la carbonisation, le stockage dans l'eau salée et le badigeonnage à l'huile, au goudron de pin ou au brai.

Les acides résiniques contenus dans la résine des plantes, assurent une protection naturelle contre insectes, champignons, blessures. On a déterminé au que les mâts des navires fabriqués à partir de pins provenant de la Scandinavie, riches en résine, appelés « mâts du Nord » étaient naturellement protégé des attaques des insectes. Les acides résiniques des pins sont récupérés par distillation des produits du gemmage pour former la colophane, employée par ailleurs ainsi que différents produits moins purs ou mélangés (brais, poix et goudrons) dans le calfatage des navires et pour imperméabiliser les cordages. Au A General Discourse of Commerce. Consulter en ligne, la Suède fait un commerce florissant de son goudron de Stockholm (commercialisé sous le nom de Stockholm Tar). Le goudron de pin obtenu par carbonisation du pin à l'abri de l'air puis distillation, est un produit visqueux et collant souvent de couleur noire, qui a été largement utilisé pour la protection des bois de marine, et des bois de construction en général; il a servi également comme remède à usage interne pour l'homme, finalement comme antiseptique vétérinaire (goudron de Norvège)Apollinaire Bouchardat. Manuel de matière médicale de thérapeutique et de pharmacie, Volume 1. Germer Baillière, 1864 Lire en ligne. Le spalme est la marque d'un enduit inventé milieu , destiné à remplacer le goudron de pin pour le calfatage les navires de la marine française, fabriqué par la Manufacture royale du spalme.

Au Moyen Âge, les recettes de l'Antiquité ont été largement adoptées, mais de nouvelles substances chimiques ont également fait leur chemin dans la préservation du bois. On sait que Léonard de Vinci (1452-1519) a enduit les panneaux de bois de ses peintures de chlorure de mercure (II) et d'oxyde d'arsenic (III). Le médecin et chimiste Guillaume Homberg (1652-1715) en 1705 recommande également le chlorure de mercure (II) pour lutter contre les foreurs du bois. On lui attribue sous le nom de sal sedativum Hombergi l'invention de l'acide borique, aujourd'hui l'un des plus importants agents de conservation préventif du bois. En 1718, un "Holtz-Balsam" (baume de bois) a été breveté et, au début du , l'Encyclopædia Britannica contenait déjà des listes de produits de préservation du bois.

Le procédé Boucherie innove en injectant dans tous les vaisseaux du bois, un liquide qui a la propriété de rendre « inattaquables aux insectes, toutes les substances solubles, alimentaires et putréfiables qui entrent dans la composition chimique et physique du boisSociété Scientifique du Dauphine. Bulletin, Volume 1. 1838. Lire en ligne. » Du sulfate de cuivre est injecté. Les poteaux télégraphiques, les traverses de chemin de fer et les bois de marine sont traités de cette manière.

Le chimiste anglais John Howard Kyan, après des années d'expérimentation, obtient en 1832 un brevet pour le traitement par trempage du bois avec du chlorure de mercure (II) , marquant ainsi le début de la préservation moderne du bois. D'autres substances et procédés sont rapidement arrivés sur un marché en développement. En 1874, l'œuvre de Robert Hartig Beiträge zur Mycologie und Phytopathologie für Botaniker und Forstmänner a stimulé la recherche de produits de préservation du bois appropriés, qui ont abouti au tournant du siècle à de nombreuses nouvelles préparations.

Le bois mais aussi la pierre subissent la concurrence de l'acier et du béton. Un négociant en bois conclut milieu établit rapidement: . La même année Joseph Lambot, présente l'Exposition universelle de 1855 un nouveau matériau, le Ferciment, précurseur du béton « destinée à remplacer le bois tant pour les constructions navales que pour celles qui ont à combattre d'humidité, telles que madriers Bulletin de la société d’encouragement pour l'industrie nationale. 1918». thumb|Goudron de pin, Maihaugen folk museum, Lillehammer, Norvège. Au et début du des produits toxiques biocides tels que la céruse de plomb ou du minium de plomb (très toxiques, non-biodégradables et non-dégradables) ont été efficacement testés, mais ils se sont montrés trop dangereux pour les usagers ou les animaux en contact avec ces bois traités. L'industrie chimique, et celle des biocides est dopée par les progrès réalisés lors de la Première Guerre mondiale, par l'emploi des gaz de combatAnnie Thébaud-Mony. La science asservie: Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs. La Découverte, 20 nov. 2014. Lire en ligne.

Les progrès rapides de la préservation du bois industriel n'ont eu d'abord pratiquement aucun impact sur les pratiques de conservation des objets en bois. Jusqu'en 1852-1855, Adalbert Stifter a traité l' en Autriche avec du sel de table qui est complètement inefficace contre les insectes. Les tentatives en 1916-1918 de chasser les foreurs de l'autel en le brossant avec du pétrole et de l'hexachloroéthane ont également échoué. Ce n'est qu'en 1929 avec l'utilisation du sinistre cyanure d'hydrogène, qui était utilisé depuis 1880 en Amérique, contre les ravageurs des plantes et des produits stockés, que des résultats sont obtenus.

Des traitements du bois sont réalisés avec un mélange de cuivre, chrome et arsenic (CCA) dès 1934.

Seconde moitié du , des dizaines et centaines de produits commerciaux apparaissent sur le marché.

Signe des temps, une réunion d'experts se réunit à Rome en sous l'impulsion de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), à propos de la préservation du bois: ses conclusions sont que l'on peut réduire l'exploitation des essences à bois très durable en utilisant des bois qui le sont moins ou pas du tout, mais qui ont subi un traitement de préservation; pour accroître les ressources en devises étrangères, on réserve les bois qui valent cher à l'exportation. Un pays importateur peut par ailleurs en traitant les bois qu'il achète, allonger leur période d'utilisation et réduire ainsi les dépenses extérieures. Grâce à l'utilisation d'un plus grand nombre d'essences, l'exploitation de nouvelles forêts peut devenir rentable; il est possible aussi d'améliorer la gestion de celles qui sont déjà exploitées; augmenter la durabilité du bois, c'est accroître les ressources en bois; presque partout, mais surtout dans les régions tropicales, « l'emploi judicieux de techniques de préservation du bois peut contribuer à améliorer les conditions de logement et à augmenter la longévité des constructions en boisOrganisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Le travail de la FAO. La préservation du bois sur fao.org ».

Des tentatives récentes ont été faites pour remplacer des substances hautement toxiques et peu respectueuses de l'environnement comme le cyanure d'hydrogène, le bromométhane et l'oxyde d'éthylène par des gaz inertes tels que le dioxyde de carbone, l'azote ou l'argon. La destruction des insectes par la réduction ou le remplacement de l'oxygène vital par ces gaz, renvoie à une méthode pratiquée dans l'Antiquité, où les grains étaient stockés dans des conteneurs hermétiquement fermés, ce qui entraînait une réduction de la teneur en oxygène à tel point que les insectes nuisibles n'avaient pas chance de survie.

Réglementation Ces produits sont soumis à des réglementations de plus en plus précises, notamment en Europe et Amérique du Nord. Aux Pays-Bas Aux Pays-Bas, les producteurs néerlandais n'ont plus le droit d'utiliser des conservateurs du bois contenant du cuivre, du chrome ou de l'arsenic et des bois ainsi traités pour des applications à l'extérieur Réponse du 7 juin 2000 de la commission (M. Liikanen) à une question (C 46 E/86 Journal officiel des Communautés européennes FR 13.2.2001) En Europe