L'église Saint-Martin se situe sur la commune de Besse, dans le département français de la Dordogne. Elle est classée monument historique le . Consulté le 19 janvier 2010.
Présentation L'église, de plan cruciforme, comprend deux parties distinctes : la nef romane, le transept et le chœur gothiques. La nef à vaisseau unique comprend plusieurs parties : la travée située près du transept est du , le reste de la nef est du , plus tard, la nef a été doublée en hauteur par une chambre de défense.
Historique L'église est construite à la fin du . Elle serait un ancien prieuré bénédictin. Ils sont remplacés par des augustins au . L'église était construite contre le château vieux de Besse.
Il en subsiste la travée de la nef la plus proche du transept et la façade occidentale avec le portail. Les deux premières travées de la nef sont construites au milieu du . Une des travées est voûtée en berceau. La nef est surmontée d'une chambre de défense. Les murs sont percés d'archères permettant de tirer des flèches sur les assaillants. Pendant la guerre de Cent Ans on pouvait y installer des hourds qui permettaient de tirer sur tout guerrier venant attaquer la base des murs. C'est grâce à l'ensemble fortifié que constituaient l'église mise en défense et le château vieux que Raymond-Bernard de Gauléjac, châtelain de Besse, a pu repousser les attaques des Anglais. Mais l'église et le village sont sortis de la guerre abandonnés au point qu'en 1454 un notaire de Gourdon écrivit, à la suite d'une visite du village, qu'il était «devenu tout infertile et destitué d'habitants à cause de la guerre et des sinistres évènements advenus dans le Quercy et le Périgord dans lequel lieu on ne pouvait passer et traverser les bois, feuillages, buissons et espines, ce qui faisait compassion et était capable de donner et exciter à douleur». Pour repeupler le village, Raymond-Bernard de Gauléjac fait venir de nouveaux tenanciers du haut Quercy et du RouergueFrançoise Auricoste, voir Bibliographie, tome 1, 70-76.
Au , l'église devient paroissiale. Le transept et le chœur datent du . Au siècle suivant, l'église dépend du chapitre canonial de Biron. En 1648, on restaure l'église avec des matériaux du vieux château qui la jouxtait et en 1811, on envisage de la détruire.
En 1961, des peintures sont découvertes dans le croisillon sud.
Portail
Le portail est la partie la plus remarquable de l'église. Le portail comprend deux voussures ornées en plein cintre sous archivolte, reposant sur des colonnettes et encadrées de dosserets latéraux qui montent à hauteur des impostes. Ces colonnettes se poursuivent au-dessus de l'archivolte jusqu'à une corniche portée par des modillons servant de base à un fronton triangulaire à appareil losangé (opus reticulatum).
Les thèmes du portail, exprimant la Rédemption messianique, sont de gauche à droite : Isaïe debout esquisse un mouvement de recul à la vision d'un ange qui tend un charbon ardent vers ses lèvres, Séraphin vêtu de ses trois paires d'ailes et montrant les paumes de ses mains, Adam et Ève cachent leur sexe et se tiennent près de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Adam se retourne pour écouter Yahvé, À gauche il est écrit ADA VBI ES et à droite XI RINVS, Faute d'Adam et Ève, ils sont vêtus, le serpent s'enroule autour de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, Un cerf galope devant un chasseur. Un petit personnage apparaît entre les cornes du cerf. Il s'agit de la légende de la chasse de saint Eustache, Saint Michel debout terrasse le dragon.
Peintures du croisillon sud thumb|240px|Peintures du mur ouest du croisillon sud. Ces peintures découvertes en 1961, ont été décapées sans autorisation du service des Monuments historiques. Elles n'ont probablement pas été dégagées avec la minutie nécessaire. Elles ne sont pas toutes lisibles.
Sur le mur ouest, on peut voir le Christ outragé par quatre soldats, une scène de martyre.
Sur le mur sud, à droite de fenêtre, Arrestation du Christ à la descente du jardin de Gethsémani avec le baiser de Judas. À gauche, un christ mort.
Les peintures peuvent dater de la troisième décennie du .
Notes et références Sources
Voir aussi
Bibliographie Jean Secret - Périgord roman - Zodiaque (collection "la nuit des temps" n°27) - La Pierre-qui-Vire - - 1979 Pierre Dubourg-Noves - Besse, église Saint-Martin dans Congrès archéologique de France. . Périgord Noir. 1979 - pp. 245-254 Société Française d'Archéologie - Paris - 1982 Françoise Auricoste, La bastide de Villefranche du Périgord, capitale de la châtaigneraie (1261-1800), tome II : 1500-1800, 61-66, Éditions du Roc de Bourzac, Bayac, 1994
Anna-Maria Moubayed. 2022. "A Polysemic Interpretation of the West Façade of Saint-Martin-de-Besse: Time, Space, and Chiasmus Carved in Stone" Religions 13, no. 2: 152. https://doi.org/10.3390/rel13020152
Articles connexes Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Sarlat-la-Canéda Église fortifiée
Liens externes
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