, également nommé de Lyon (? - † avant 1010) par certains auteurs.
Il fut comte mentionné à Lyon et il est souvent considéré comme le premier "comte de Forez". Il est possible qu'il ait bénéficié de ce titre par son mariage avec la comtesse Thiberge de Forez. Ses parents avaient des possessions en Forez mais son père (issu de la lignée des vicomtes de Limoges ?) ne parait pas avoir porté le titre de comte.
Origines familiales et premières mentions 100px|vignette|droite|L'église de Dracé (), où Artaud tenu un plaid peu avant de devenir comte vers 980. 100px|vignette|droite|L'église Saint-Irénée à Lyon fondée par Artaud. Sépulture familiale des comtes de Forez.
Artaud était issu de la haute aristocratie, il est certain qu'avant lui des membres de sa famille aient déjà exercé des charges publiques à la période de Hugues le Noir"Certains membres de la lignée exercent des fonctions publiques: le vicomte Artaud par exemple, ou encore cet homonyme - s'agit-il du même personnage? - qui tient un plaid à Dracé au début des années 980, et qui portera bientôt le titre comtal. Avant cela, les Artaud gravitent dans l'orbite de la vassalité des marquis-comtes. Ce n'est pas un hasard si, parmi les fidèles de Hugues le Noir qui assistent lors du plaid de Thoissey, en 944, un Girard et un Artaud figurent côte à côte". P. GANIVET, 2000, . tel le mentionné avant 979/984"Si l'on ajoute la spécificité anthroponymique à cette géographie, il reste fort peu de chance pour qu'Artaud (910/922 - 938), frère d'un Gérard qui est père d'Artaud et de Girard, Artaud vicomte de Lyon au (avant 979/984) et Artaud, fils de Girard et père d'Artaud et de Gérard/Géraud, comte à partir de 984/993, n'appartiennent pas à une même lignée! L'hypothèse de Poupardin semble se muer en quasi-certitude: c'est pour telle que nous la tiendrons." P. GANIVET, 2000, .. Pour Hubert Gerner, l'anthroponymique indiquerait une origine familiale commune aux Bermond/Guigue/Guichard et Artaud qui ferait remonter la lignée au préfet Bermond du début du "Les premiers comtes locaux en Lyonnais ont tenu au cours du , au moins temporairement, la charge vicomtale, leur prétention au titre comtale pouvant même être ramenée, par le biais des Bermond, au début du , jusqu'au préfet Bermond", H. GERMER, Lyon im Frühmittelalter, et 135..
Ont été signalés comme ascendants potentiels d'ArtaudE. FOURNIAL, "Recherches sur les comtes de Lyon aux " in Le Moyen Age, ( série-), 1952.P. Ganivet, 2000, p. 324-330. : Artaud et son épouse Hildegarde (910/922-938), qui font donation à l'abbaye de Cluny de la chapelle Saint-Victor d'AjouxChartes de Cluny, , p. 356, n° 378. Lire en ligne.. Cette donation fut confirmée par le roi RaoulIn nomine sanctæ et individue Trinitatis. Rodulfus, divina propitiante clementia, pius augustus atque invictissimus rex (...) Confirmamus etiam donationem quam vir bonus, Leutbaldus, de Blanusco fecit, sed et illam de capella Sancti Victoris quę est in Alsgogia, vel de aliis rebus quas Artaldus vel alii ad predictam capellam tradentes Cluniaco delegaverunt. Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny, n° 396 Lire en ligne. ; Son frère Géraud († vers 938), époux d'Ermengarde et père d'Artaud (futur vicomte et oncle d'?) et Girard (père du comte ?), possessionné à Quincié-en-Beaujolais ou QuincieuxArtaud, exécuteur testamentaire de son frère Gérard, donne à l'abbaye de Cluny le manse de Quinciacus situé dans l'agro Canaviacense au lieu-dit Monte Madio (le petit Montmay?), en Lyonnais. Chartes de Cluny, , p. 466, n° 482. Lire en ligne. ; En 944, Artaud et Géraud apparaissent dans l'assistance du marquis Hugues le Noir lors d'un plaid à Thoissey, arbitrant le désaccord entre Cluny et le vicomte AdémarCart. de Cluny, , n° 656, p. 610. Lire en ligne. ; Un "Artaud laïc" souscrit à la charte de fondation de l'abbaye de Ris en 978Cart. de Cluny, , n° 1450, p. 503. Lire en ligne. ; Une mention à la terra Artaldi à Saint-Georges-de-Reneins permet de localiser les possessions du groupe familiale des "Artaud" à proximité de celles de la famille du vicomte Guigues.
Un Artaud (son oncle?) est mentionné à deux reprises à Dracé: Une première fois vers 960, Artaud approuve la donation à Cluny de biens situés à ThoisseyCart. de Cluny, , n°1008, p. 103. Lire en ligne. ; Une seconde fois lors de la tenue d'un plaid où il exerce déjà les fonctions de justice (ap. 974): arbitrant en faveur de l'abbaye de Cluny une rétrocession de biens à Corcelles-en-BeaujolaisC. de Cluny, , n° 2527, p. 599 Lire en ligne..
Enfin, le est enregistré dans l'obituaire de l'église de Lyon le 9 des calendes d'avril pour avoir fait don à l’Église de Lyon de la villa de Lucenay avant 970. Il s'agit probablement de l'oncle du comte Artaud.
Hubert Gerner émit l'hypothèse que le jeune Artaud, fils de Géraud et promis à une certaine Adélaïde, recevant du roi Conrad et de la reine Mathilde des dépendances de l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne vers 975/80Cartulaire de Saint-André-le-Bas de Vienne, , . Lire en ligne.Conrad 3 roi de Bourgogne, Mathilde reine de Bourgogne pour Artaud. Lire en ligne., était celui qui allait devenir le fondateur de la lignée des comtes de Lyon et de ForezH. GERNER, op. cit. , ..
Dans une première charte de donation à Savigny (avant 994) il est dit "comte", "fils de feu Géraud, de noble lignage, et de Gimberge" Cart. Savigny, Carta Artaldi comitis, , ... Ses parents paraissent avoir été possessionnés à la fois en ForezUn acte signalé par Fournial mentionne Géraud et Gimberge faisant don de biens situés à Rozier-en-Donzy et Albucennacum(?), Cart. de Savigny, , , . Lire en ligne., lorsqu'ils firent don à Savigny de leurs possessions à Rozier-en-Donzy et à AlbucennacumH. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE, Mélange Celtique in Mémoire de la Société de linguistique de Paris, , 1892, p. 9. Lire en ligne. (Bussy-Albieux?), et en Lyonnais (ApinostGimberge fait don à Savigny la moitié d'une vigne d'Apinost. Cart. Savigny, , , . Lire en ligne.). Ils donnèrent également de l'église de Monthieux à l'abbaye Saint-Pierre de Lyon par l'intermédiaire de leur fille Adaltrude qui y fut nonne, puis vraisemblablement abbessec.f. infra note ..
Dans les sources, il paraît avoir été possessionné dans l'actuel Beaujolais, au sud de la Dombes, en Forez et en Roannais"(...) dès avant 954, un certain Artaud lègue à Cluny l'église roannaise de Saint-Haon, villa qui, vers 1100, est le siège d'une "viguerie" (domaine) appartenant aux derniers comtes issus de la lignée des Artaud" note "La donation de cet Artaud n'a pas été conservée, mais elle est mentionnée dans une bulle confirmative du pape , de mars 954 : aecclesiam sancti Abundi, quad Artaldus moriens ad predictum reliquit cenobium (ZIMMERMAN ); Saint-Haon (Le-Châtel) (Loire, ch.-l. cant.), viguerie comtale vers 1100: Cartulaire des Francs-Fiefs de Forez, n°I." P. GANIVET, op. cit. ..
C'est probablement lui qui apparaît avec d'autres "milites" dans un acte de "Artaldus milites". CARTA BURCHARDI ARCHIPRAESULIS, DE CAPELLA SANCTE CRUCIS DE SALVINICO. Cart. d'Ainay, . . Lire en ligne..
Le fait que l'on ignore les détails de son accession au titre de comte et le contexte de violence qui accompagne ses premières mentions conduisirent les historiens du Lyonnais à le considérer comme un usurpateur (...) c’est bien un pas décisif que le fils de Girard et de Gimberge franchit, vers 985, en s’emparant du titre comtal, à l’instar de bien d’autres lignages vicomtaux au cours du . Artaud doit-il sa promotion à la faveur du roi, ou à celle de l’archevêque? Les historiens du Lyonnais considèrent plutôt qu’elle résulte d’une violente usurpation. P. GANIVET, 2000, .. Les sources suggèrent plutôt que le titre comtal lui fut octroyé par le roi lors de l'accession de Burchard au trône épiscopal"D'où l'hypothèse suivante: les promotions de Bourchard et d'Artaud sont concomitantes et résultent d'une transaction entre l'entourage royal et une aristocratie locale, d'un compromis que traduit quelque temps plus tard, au tournant des années 980 et 990, la clémence (pénitence légère) voir la bienveillance (élection de sépulture à Saint-Irénée) de l'archevêque envers le comte". P. GANIVET, "Représentation, répartition et évolution des pouvoirs à Lyon autour de l'an Mil", Le Royaume de Bourgogne autour de l'an mil (ouv. coll.) Chambéry, 2008, ..
Il agit en habile diplomate par les donations qu'il fit à l'abbaye de Savigny, à l'église de Saint-Just et à Saint-Irénée"Fev. IDUS Artaldus, comes, qui dedit Sancto Stephano Flacanges villam ad usus fratrum et cupam argenteam du centorum solidorum. Orb. de l'Église de Lyon. Lire en ligne., s'assurant du soutien des prélats issus des grandes familles féodales de la région afin d'y affirmer sa positionId..
Éléments biographiques
Entre 984 et 993P. GANIVET, 2000, ., le comte Artaud reconnaît les dommages qu'il a occasionnés aux dépendances de l'abbaye de Savigny"Bien sûr, sa faute est lourde puisqu’il a commis des dégradations sur des terres monastiques, s’en prenant sans doute aux paysans qui y résidaient et les travaillaient. On imagine d’ailleurs que les dépendants de Savigny ne furent pas les seuls touchés. Mais la seule faute qui appelle réparation est cependant celle qu’il commit envers saint Martin, dont heureusement, il n’avait apparemment attaqué ni les moines, ni le sanctuaire. L’Église lui infligea une sanction à l’image de ses fautes : levius, précise le texte. Il fut quitte pour une aumône et un sincère repentir" P. GANIVET, 2000, . lors d'un premier conflit mené "tant pour l'acquisition que de la défense de l'honneur lié à sa fonction" et fait don à l'abbaye de terres situées en Forez et dans l'actuel BeaujolaisCart. Savigny, Carta Artaldi comitis, , Lire en ligne.Il donne à l'abbaye l'ensemble de ses possessions de l'ager Cogniacensis (Cogny?) dont la villa de Toriniaco (Turrin près de Villefranche-sur-Saône?), ses possessions à Cassoco ainsi qu'à Miseriaco (Mizérieux) et à la Motte (commune de Feurs) ainsi que celles situées entre la rivière Morgon et Saint-Georges-de-Reneins.Recueil de mémoires et documents sur le Forez, La Diana, vol. 8, .. La donation est reconnue par le concile d'Anse de 994E. FOURNIAL, Rech. sur les comtes de Lyon au ..., , ..
Il établit en 993 un impressionnant acte de fondation pour l'église Saint-Irénée de Lyon Charte de fondation de l'église Saint-Irénée éditée dans l'Histoire des Ducs de Bourbon et des Comtes de Forez de Jean-Baptiste de la Mure.. Il y fait don des terres de Létra"terras fitas in Lugdunensi comitatu, & in agro Tarnantense, videlicet æcclefiam sancti Martini, quæae vulgo dicitur a Lestrada, Artaldi Comitis Chartae, Lugduniensis historiae, op. cit. . pour la sépulture de son frère Étienne et l'âme de tous ses parents. Il établit dans l'église lyonnaise sa sépulture et celle de sa famille, la nécropole des comtes de Lyon et de Forez (qui fut détruite par les protestants en 1562).
En 995, Artaud fait donation à l'abbaye de Cluny de l'église Saint-Pierre de Maroglio (Marroles, aujourd'hui commune de Saint-Jean-Soleymieux)Chartes de Cluny, , 2292, . Lire en ligne..